“Coco avant Chanel”: le fabuleux destin de Mademoiselle Gabrielle (vidéo)

Publié le 20/04/2009 par " Le Grand Journal "

coco avant chanel 225x300 Coco avant Chanel: le fabuleux destin de Mademoiselle Gabrielle (vidéo)Qui était Coco Chanel avant de devenir célèbre, avant de faire son chemin dans la haute couture, avant d’être la première femme à s’imposer dans ce monde d’hommes?

La réalisatrice Anne Fontaine tente de répondre à la question dans son film “Coco avant Chanel”, qui ne s’intéresse qu’aux premières années de la vie du personnage et n’est donc pas un “biopic” comme ont pu l’être récemment les films sur Piaf ou Sagan.

C’est Audrey Tautou qui incarne celle dont le prénom était Gabrielle, née en 1883 dans une famille provinciale et modeste, placée avec sa soeur dans un orphelinat religieux. Après y avoir appris les rudiments de la couture, elle est engagée à 20 ans dans une bonneterie mais s’ennuie à faire des ourlets dans l’arrière-boutique et tente sa chance, le soir, dans un beuglant où elle pousse la chansonnette avec sa soeur (Marie Gillain).

C’est là qu’elle rencontre Etienne Balsan (Benoît Poelvoorde), riche propriétaire de chevaux à Compiègne, homme influent et intelligent, qui lui trouve son surnom: Coco. Parce qu’avec sa soeur elle chante “Coco”, l’histoire du chien Coco qui a disparu près du Trocadéro… Un surnom qu’elle n’aime pas (”Ca fait basse-cour”), mais qui lui survivra.

La jeune femme est assez habile pour s’accrocher aux basques de son ami Balsan, homme à femmes qui ne déteste pas l’avoir dans son lit mais la traite avec condescendance, refusant de l’introduire dans la haute société. Mi-victime, mi-profiteuse de la situation, Coco s’installe dans son château et observe ce petit monde, se faisant déjà une idée de ce qu’elle pourrait y changer. Robes sans corsets, chaussures sans talons, chapeaux sans plumes: elle déteste le superflu et préfère s’habiller en garçon, cravates et pantalons.

Elle ne croit pas à l’amour, non plus. Et puis, un matin, en descendant de sa chambre en pyjama, elle fait la connaissance d’un bel Anglais moustachu qui joue du piano, Boy Capel (Alessandro Nivola), un ami de Balsan, dont elle tombe follement amoureuse. De son côté, cet homme charmant n’est pas insensible à son tempérament et la trouve singulière: “Tu as un destin à part. Tu ne ressembles à personne”, lui prédit-il…

“C’est intéressant de voir que Chanel, dont le nom symbolise aujourd’hui la Haute Couture, ne s’intéressait pas vraiment à la mode au départ: elle a voulu être danseuse, chanteuse, actrice”, explique Anne Fontaine. “Sa carrière fulgurante s’est construite quasiment à son insu, après qu’elle se soit résolue à laisser tomber ses rêves d’artiste”.

C’est donc la naissance d’un destin, les années précédant la gloire, que la réalisatrice raconte. Avant Chanel et sa fameuse petite robe noire, il y eut Coco. Audrey Tautou, corps androgyne, regard noir, cheveux courts, cigarette à la bouche en travaillant, a ce petit air désagréable et insolent qui convient quand Coco décide de ne pas se laisser faire et a réponse à tout. A ses côtés Benoît Poelvoorde n’a jamais été mieux dirigé que par Anne Fontaine, comme il l’avait été dans un précédent film de la réalisatrice, “Entre ses mains”.

Le film est plutôt bien ficelé et pas ennuyeux, et pourtant le sujet (les premières années de la vie de Coco Chanel) n’était pas des plus renversants. “Il faut toujours ôter, toujours dépouiller. Ne jamais ajouter”, disait celle qui avait fait de la simplicité et de l’épure sa marque de fabrique. Le film est comme le style Chanel: sans froufrous.

Le Nouvel Observateur.com -(legrandjournal.com.mx)

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