Gastronomie – L’hommage aux maîtres du Crocodile de Strasbourg
Publié le 10/07/2009 par " Le Grand Journal "
« Vous avez contribué au rayonnement international de Strasbourg », s’est enthousiasmé Roland Ries, mercredi soir, lors de la cérémonie organisée à l’hôtel de ville, en l’honneur de Monique et Émile Jung, les maîtres du Crocodile, le célèbre restaurant étoilé.
Pendant 38 ans, les Jung – lui en cuisine, elle en salle — ont travaillé inlassablement à faire du Crocodile une référence dans le monde de la gastronomie, tout en participant, chaque fois qu’ils étaient sollicités, aux actions en faveur du patrimoine culinaire ou d’œuvres caritatives.
Le maire de Strasbourg a relevé aussi leurs qualités humaines. Ils ont accueilli avec autant de chaleur les intellectuels, les sportifs et les grands de ce monde qui se sont succédé rue de l’Outre – ou au palais des Rohan où Émile Jung a « beaucoup œuvré » pour les hôtes prestigieux de la ville, les derniers ayant été Barack Obama et Nicolas Sarkozy – que ceux qui avaient « cassé leur tirelire » pour s’offrir un moment magique ou encore les enfants venus s’initier à la cuisine. En leur remettant une médaille de la ville gravée à leur nom et une estampe, il a espéré qu’ils resteront disponibles pour « porter la parole de Strasbourg à l’extérieur ».
Volonté, audace et passion
« Ce face à face avec la ville de Strasbourg est pour nous l’instant inespéré auquel nous ne pensions guère lorsque nous avons posé nos valises d’espoir, rue de l’Outre, en 1971 », a répondu Monique Jung, en évoquant leurs itinéraires respectifs, ceux de deux jeunes Haut-Rhinois qui avaient pour eux « la volonté de grandir et l’audace de la jeunesse », mais surtout « la passion pour leur métier ». Avec beaucoup de finesse, elle a évoqué leur rencontre à Masevaux, leur mariage en 1965, puis la 1 re étoile en 1966 qui vient couronner leurs efforts à la tête de l’Hostellerie Alsacienne.
C’était avant leur installation à Strasbourg, « ville alors en plein essor », où ils obtiendront la 2 e étoile en 1975, puis la 3 e en 1989. Lorsque celle-ci leur a été retirée, les Jung ont continué à se battre et leurs clients leur ont témoigné « une fidélité inébranlable ». Après avoir salué aussi leurs collaborateurs, Monique Jung – passionnée de littérature — a « confié au Crocodile, le dieu Sobeck, la charge de porter chance à ses nouveaux maîtres, Philippe Bohrer et Damien Delaleau ». Pour les Jung, c’est « la dernière page d’une belle histoire d’amour qui se tourne… »
… Une pluie d’étoiles
C’est en 1966, à Hostellerie Alsacienne à Masevaux, qu’Emile Jung, âgé de 25 ans, et son épouse, sont récompensés de tous leurs efforts – ils décrochent leur première étoile Michelin-. A l’époque ce sont les plus jeunes étoilés de France. Heureux présage !
C’est en 1971 que Monique et Émile choisissent de venir s’installer dans la capitale Alsacienne pour s’ouvrir de nouveaux horizons gourmets et gourmands. Ils achètent le restaurant « Au Crocodile », vieille affaire sur le déclin, qui ne demandait qu’à trouver un nouveau souffle.
A force de volonté et de persévérance, de courage et de travail, le jeune couple réussit à séduire les strasbourgeois, et à s’imposer dans le paysage gustatif et régional.
Tout le monde se presse à cette nouvelle adresse pour venir déguster la fine cuisine d’Émile Jung et pour découvrir l’ambiance raffinée d’un Crocodile entièrement décoré avec sensibilité par Monique son épouse.
Au cœur de la ville, le Crocodile est désormais devenu un havre de paix, élégant et distingué où il est de bon ton de se restaurer. Ici, outre une cuisine de qualité qui se renouvelle au gré des saisons, plane une âme chaleureuse et bienveillante qui charme les convives en quête de supplément d’âme. Alliant avec habileté, professionnalisme et créativité, le couple complémentaire démontre ses capacités à honorer la table à la Française. Ceci le plus noblement du monde, en accueillant autrui avec une générosité et une exigence sans limites. Entourés d’une équipe respectueuse et compétente, à leur image, Monique et Émile Jung ont choisi de dédier leur vie à cette belle passion qui flirte subtilement avec l’Art. L ’Art de donner pour recevoir…Émotion et partage intenses, éphémères et sincères…
D’où vient l’origine du nom Crocodile
La légende raconte que le crocodile trônant aujourd’hui dans le restaurant est une conquête ramenée de la fameuse Campagne d’Egypte par le Capitaine Ackermann, aide de camp du Général Kléber. Nostalgique de ses chasses dans le Massif Vosgien, Ackermann s’aventura sur les bords du Nil pour traquer le Crocodile. Un jour, après un combat des plus terribles, il vint à bout d’un crocodile qu’il exhiba, triomphant dans son camp. Souhaitant le ramener chez lui à Strasbourg, il fit empailler son trophée, long de trois mètres. De retour au pays, il acheta une vieille ferme au 10, rue de l’Outre à Strasbourg, la restaura, la transforma en estaminet, y exposa le saurien et le baptisa “Au Crocodile”. La nouvelle fit le tour de la ville et tout le monde se pressa pour venir admirer le reptile.
www.lalsace.fr – (www.legrandjournal.com.mx)
A lire aussi :



