Gastronomie: Un Breton aux fourneaux pour Obama
Publié le 03/06/2009 par " Le Grand Journal "
Devine qui vient dîner ce soir? Barack Obama! Plutôt surpris Michel Richard, le chef breton, de recevoir dans son restaurant de Washington, le président des États-Unis, venu fêter, avec son épouse, ses cent jours d’investiture.
Des «VIP» et des «people», Michel Richard, qui est né à Pabu (22), en a vu défiler, en 35 ans: «A Los Angeles, je voyais plus de vedettes du spectacle. L’autre jour, Barbra Streisand est venue manger. Mais, ici, on reçoit plutôt des politiciens. Schwarzenegger vient de temps en temps. Mais le président, ça m’a fait tout drôle». L’affaire démarre de façon anodine: la Maison Blanche commande deux dîners pour 18h. «Je ne me suis pas méfié. On a beaucoup de gens du Pentagone qui viennent manger au Citronelle. C’est quand j’ai vu les gros 4X4 noirs des services de sécurité qui bloquaient toute la 30erue que je me suis posé des questions. Un agent est venu me dire que Barack et Michelle Obama allaient venir manger». Pas de quoi démonter le chef: «Ils sont arrivés, décontractés, très élégants». Michelle lui a fait deux beaux bisous et Barack, une franche poignée de main avant de rejoindre la petite salle qui leur était réservée. «Ils sont sympas. On dirait des teenagers!».
«Délicieux»
Pour ce tête-à-tête en amoureux, la première dame des États-Unis a choisi un crabe du Maryland, enrobé d’une pâte à beignet, au coulis d’aubergine. Le président a dégusté un napoléon à la niçoise (thon et crêpe de pommes de terre) puis un pavé de boeuf frites, Michelle préférant un hamburger de homard. Le tout arrosé de deux martinis. Dessert à l’unisson: un millefeuille. «C’était délicieux», ont commenté les Obama en quittant le Citronelle au bout de deux heures. Seul petit accroc au protocole gastronomique: «Ils n’ont mangé que la crème. Ils ont laissé mon feuilleté croustillant!». Pas une affaire d’État. Mais, quand même, ça chiffonne un peu quand on a été sacré meilleur chef des États-Unis (en 2007).
Meilleur restaurant 2008
La consécration pour l’ancien chef pâtissier de chez Lenôtre, à Paris: «M.Lenôtre m’a envoyé ouvrir une pâtisserie à NewYork. Je devais y rester un an. J’y suis toujours, 35 ans plus tard». Le temps d’ouvrir son propre restaurant à Santa Fe puis d’émigrer à Los Angeles et de révolutionner la cuisine californienne: «Oh, j’ai simplement cuisiné comme si on était sur la Côte d’Azur, à base d?huile d’olive et de choses légères, en y ajoutant des influences de la Chine et du Japon», confie modestement le maître. Le succès aidant, Michel Richard ouvre une douzaine de restaurants aux États-Unis et au Japon. Pour finalement – «Trop de boulot» – n’en conserver que trois: Un à Carmel et deux à Washington, dont le tout récent Central, «meilleur nouveau restaurant des USA» en 2008.
Offrir de l’émotion
Et la saga Michel Richard est loin d’être finie. Car la vie n’aurait plus de sel ni de piment pour cet «impressionniste de la cuisine» s’il ne pouvait plus offrir de belles émotions dans l’assiette: «On donne aux clients du plaisir à manger, sans trop les faire grossir, tout en essayant de faire maigrir leur portefeuille. Car le Citronelle, ce sont 90 employés et de belles fleurs», confie-il avec humour et un bel accent breton. De cet accent si exotique pour les Américains qui l’ont fait leur désormais. À commencer par leur président.
Le Télégramme.com -(legrandjournal.com.mx)
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