Le vin rosé ne sera pas coupé
Publié le 08/06/2009 par " Le Grand Journal "
La Commission européenne a décidé que la production de vin rosé par coupage de vin blanc et de vin rouge restera interdite dans l’UE pour les vins de table.
décision est intervenue par surprise lundi, quelques heures après la victoire électorale européenne de la droite, qui a réalisé un très bon score en France où la mesure était très critiquée et a eu valeur de symbole pendant la campagne. “Il est important que nous écoutions nos producteurs quand ils sont inquiets des changements de régulation. Il est devenu clair ces dernières semaines qu’une majorité au sein du secteur viticole estimait que le coupage pouvait endommager l’image du rosé traditionnel, a dit dans un communiqué la commissaire à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel. Je suis toujours prête à écouter les bons arguments et c’est pourquoi je fais ce changement.”
Le ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier a salué la décision de la Commission et a indiqué que l’argument clé avait sans doute été que la pratique heurtait le modèle alimentaire traditionnel de l’Europe. “Au nom du commerce on ne peut pas tout faire, a-t-il assuré. C’est d’ailleurs dans le même esprit que nous avions combattu le poulet chloré américain ou le boeuf aux hormones. Je suis très heureux de l’issue des discussions que nous avons eues avec la Commission et les autres Etats membres (…) Cela prouve qu’à Bruxelles dans le dialogue on peut faire bouger les lignes.”
A Paris, les parlementaires qui s’étaient mobilisés contre le coupage eux aussi ont crié victoire. “C’est une excellente nouvelle car c’était assez monstrueux comme projet (…) C’est une vraie victoire pour le vin, pour la France, pour notre savoir-faire et pour nos traditions”, a déclaré la sénatrice UMP Catherine Dumas, co-présidente d’un club de sauvegarde du rosé réunissant élus de droite et de gauche.
Jusqu’à lundi, la Commission s’était toujours montrée inflexible sur cette question et l’un de ses principaux responsables avait même récemment qualifié les réactions françaises de “populistes”.Cette annonce, qui représente un virage à 180 degrés pour l’exécutif communautaire, a lieu quelques jours avant le vote d’un comité d’experts sur cette pratique pour lequel la France semblait être en passe de constituer une minorité de blocage.
Surtout, le dossier embarrassait le président de la Commission, José Manuel Barroso, qui part favori pour un nouveau mandat à la tête de l’exécutif communautaire mais est maintenu sous pression par la France, qui réclame qu’il s’engage sur un programme politique clair avant sa reconduction.
France Soir.fr -(legrandjournal.com.mx)
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