Les trésors de la collection Kenzo aux enchères
Publié le 15/06/2009 par " Le Grand Journal "
Désireux de “tourner une page”, ce sont pas moins de 1.043 objets de sa collection d’art que Kenzo Takada va disperser aux enchères mardi et mercredi chez Drouot-Montaigne à Paris.
Cette impressionnante collection, dont l’écrin était jusqu’alors le domicile parisien du quartier de la Bastille que le couturier japonais, également peintre et designer, vient de céder, est évaluée entre 1,5 et 1,8 million d’euros.
“Je n’ai jamais eu l’âme d’un vrai collectionneur et pour passer à autre chose, avancer, tourner une page, il faut savoir se délester de ce qu’on a accumulé”, explique Kenzo Takada. Sa collection s’est “construite au fil du temps, sans a priori”, même si elle fait la part belle à l’art issu des cultures et civilisations d’Extrême-Orient, ajoute le styliste âgé de 70 ans.
Ce Japonais francophile a depuis toujours construit son image et sa renommée en Occident et plus particulièrement à Paris. A tel point qu’en 1999, le géant du luxe LVMH rachetait sa maison de couture tout en conservant le nom de sa marque (son prénom) dont les motifs multicolores avaient séduit les podiums parisiens dès le début des années 70.
Simples amateurs d’art, véritables collectionneurs et même enchérisseurs institutionnels devraient trouver leur bonheur au cours des trois vacations organisées par la maison de vente Aguttes et déclinées en thématiques ayant pour fil conducteur les différentes pièces de la maison où ces trésors étaient entreposés depuis 1989. La vente est baptisée “Kenzo Takada, la collection d’un citoyen du monde”.
Attendu comme le clou attendu de cette dispersion, un cheval de bois de l’époque Han, vieux de 2.000 ans et caractéristique des tombeaux du Nord-Ouest de la Chine, est estimé entre 80.000 et 100.000 euros.
Un énigmatique Bouddha de l’ancien royaume birman de Pagan (XIe siècle) devrait être adjugé entre 60.000 et 80.000 euros. Deux figurines funéraires en partie recouvertes de soie brodée (III ou IVe siècle avant notre ère) sont, elles, estimées entre 40.000 et 60.000 euros.
Extrêmement rare parce qu’ayant été la propriété de moines zen du XVIe siècle, de la vaisselle en bois laqué rouge dont chaque pièce pourrait trouver preneur (selon le format) entre 2.000 et 25.000 euros, pourrait aussi faire des heureux.
De nombreux autres lots sont proposés à des mises à prix bien plus démocratiques. Il en va ainsi pour des collections de kimonos, des vases, des parures océaniennes, des céramiques japonaises ou des statuettes kachinas amérindiennes, dont certaines sont annoncées comme ayant appartenu à André Breton, père du surréalisme.
Quant à ceux qui affectionnent la griffe Kenzo, ils pourront enchérir sur l’une des nombreuses créations que le styliste a signé pour l’art verrier, dont un prototype de paravent réalisé pour Baccarat.
Sur le Net: http://www.aguttes.com et http://www.drouot.com
AP
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