Lors des défilés de mode, les “petites mains” font bien plus de 35 heures

Publié le 29/01/2010 par " Le Grand Journal "

Dans touKoshino coulisses defile mode Paris pics 809 150x150 Lors des défilés de mode, les petites mains font bien plus de 35 heuress les défilés de mode – ils battent leur plein cette semaine à Paris -,  il existe un “backstage” assez méconnu. Depuis des années,  les maisons de couture  se font épingler par les inspecteurs du travail qui leur infligent de solides amendes pour non-respect du droit.

En effet, la quasi-totalité des maisons de couture ou de prêt-à-porter sont dans l’illégalité et ne peuvent pas mathématiquement respecter les 35 heures pendant la semaine précédant les défilés.

Toutes leurs “petites mains” travaillent,  quatre fois par an,  de façon stakhanoviste,  pour terminer à temps les collections,  retoucher une robe,  l’ajuster… Or,  la mode fait partie des secteurs qui n’ont pas signé un accord d’annualisation du travail,  permettant un assouplissement des 35 heures.

“Souplesse”

Pressé en coulisses par de nombreux patrons du secteur,  Christian Estrosi,  le ministre de l’industrie, a promis, le 25 janvier, devant la presse,  qu’il comptait “accorder une certaine souplesse” à ces entreprises.

“Beaucoup se sentent pénalisées”
, a-t-il constaté, en assurant qu’il allait tout faire pour que la législation du travail soit adaptée au rythme des collections.

Ce qui pourrait à terme permettre aux ateliers de ces maisons de couture de travailler jusqu’à 70 heures par semaine, avec des heures supplémentaires, quatre fois par an, quitte à moduler, ensuite, le rythme de travail des employées.

Magazine Vogue

M. Estrosi avait, dans l’après-midi, reçu la “papesse” de la mode américaine, Anna Wintour, l’influente rédactrice en chef de la version américaine du magazine Vogue.

“A sa demande”,  a précisé le ministre, pas fâché qu’elle lui ait proposé une telle rencontre.  Le ministre a salué cette “grande dame”, très impliquée dans l’aide aux jeunes créateurs.

Mais si New York et Milan rivalisent avec Paris comme capitale de la mode,  M. Estrosi s’est empressé d’affirmer qu’il voulait conserver la place de cette dernière au firmament.

Ses projets en faveur de la mode – cette industrie génère 125 000 emplois – passe par un plan en faveur des façonniers et par la création d’une banque de la mode.  Les contours de celle-ci restent assez flous – elle donnerait accès aux guichets existants comme Oseo,  le Fonds stratégique d’investissement ou la Caisse des dépôts mais pourrait aussi impliquer des compagnies d’assurances.

Enfin,  le ministre veut créer dans l’Hexagone une grande école de la mode,  pouvant rivaliser avec la Saint Martin’s de Londres ou La Cambre à Bruxelles.  Quitte à mutualiser le meilleur des écoles françaises existantes afin de délivrer des masters, sésames obligatoires pour atteindre une reconnaissance internationale.

Le monde.fr

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