Agnès Varda récompensée au Festival International de Ciné de Guadalajara (vidéo)

Publié le 19/03/2010 par " Nicolas Quirion "

Une 150x150 Agnès Varda récompensée au Festival International de Ciné de Guadalajara (vidéo)“J’ai reçu des médailles et des trucs dans tous les pays, parce que c’est le privilège et la marque de la vieillesse. C’est une petite compensation…”, C’est avec ces mots que la cinéaste française Agnès Varda, invitée d’honneur du 25ième Festival de Ciné de Guadalajara, a reçu le prix “Mayahuel de Plata” en récompense de l’ensemble de sa carrière.

La soirée  s’est déroulée jeudi soir au théâtre Diana de la ville de Guadalajara. Le gala organisé pour l’occasion a rassemblé plus de 1500 personnes et était destiné à récolter des fonds en faveur de 5 associations caritatives.

“Je suis très heureuse d’être ici, j’étais déjà venue à Guadalajara il y a 30 ans, mais personne ne savais que j’étais là. Maintenant les gens le savent… un peu” a poursuivi Varda.

La cinéaste a précisé qu’elle avait reçu en 1965 le prix “Palenca” à Acapulco, avec son époux le réalisateur français Jacques Demy, précisant qu’ils avaient eu “le plaisir de passer deux belles soirées avec Luis Buñel”

Avant de prendre congé du public mexicain, Agnès Varda a commenté le court montage projeté en avant de son intervention, sorte de compilation de ses films : “Ca m’a beaucoup surpris, parce que quand les autres personnes choisissent dans vos films c’est comme si  on découvrait une autre façon de les regarder.”

Une cinéaste maint fois récompensée mais modeste!nez Agnès Varda récompensée au Festival International de Ciné de Guadalajara (vidéo)

Avec plus de 40 films à son actif, dont “Sans toit ni loi” ou “Cléo de 5 à 7″, mais aussi des documentaires comme  “Black Panthers” Agnès Varda est considérée comme la principale représentatrice féminine du cinéma d’avant-garde des années 60 et en particulier du mouvement dit de la “Nouvelle Vague”.

Cinq de ses films ont été présentés durant le 25ième Festival International de Guadalajara, en plus de 8 longs-métrages de réalisateurs français compris dans la sélection “Voila le cinéma”.

Après la cérémonie, Varda s’est rendue à une projection spéciale afin de présenter au public son film “Le plages d’Agnès”.

Au cours de cette intervention, la cinéaste a indiqué malicieusement que, pour elle, le fait de recevoir des prix était “seulement de la vanité”. Dans son film “Les plages d’Agnès” on voit d’ailleurs une scène qui illustre ces propos :

“C’est une partie du film qui se passe en face de ma maison dans un endroit où il y a du sable, ici nous avons mis tous les prix et les choses que Jacques Demy et moi  avions gagnés : mon Lion d’or de Venise, ma Palme d’or de Cannes, mon César français, deux statues que l’on m’a donné à Acapulco et beaucoup d’autres trucs . Après nous avons fait une tempête de sable et tout a disparu ! Avec ceci j’ai voulu dire que tout est vanité”.

Varda a ajouté que ce qui comptait vraiment pour elle était que son œuvre continue a être reconnue dans le monde et qu’elle soit toujours d’actualité :  “C’est un très grand plaisir d’arriver dans des villes où il y a des gens qui connaissent mon travail” a-t-elle déclaré.

La Nouvelle Vague, mythe ou réalité ?

varda tapis rouge“Je n’ai pas fait partie d’un groupe, la Nouvelle Vague a été un manière d’étiqueter un grand nombre de cinéastes qui ont fait les premiers films des années 70″,  a répondu Varda quand on l’a questionné sur ses débuts dans le cinéma.

Elle a expliqué que ceux de sa génération furent des précurseurs car ils étaient jeunes, qu’ils travaillaient avec des budgets réduits et que leur écriture cinématographique était différente. “Il y a eu tout un feu d’artifice et on a appelé ça la Nouvelle Vague, mais ce n’était pas un groupe comme les surréalistes ou les fauvistes, nous étions des individus et nous travaillions séparément”.

Au sujet de son apport en tant que femme dans un milieu qui était  encore très masculin elle a tenu a préciser qu’elle s’était distingué en proposant un style différent : “il y a eu des femmes avant moi, mais j’avais une écriture différente. ça me fait plaisir qu’aujourd’hui il y ait des femmes dans tous les secteurs du cinéma : des réalisatrices, des scénaristes… il y a de tout ! La seule chose que je n’ai pas vu ce sont des femmes machinistes”.

Pour conclure, Varda a affirmé que parmi les directeurs mexicains actuels celui qui emportait sa préférence était Carlos Reygadas, auteur de “Bataille dans le ciel” “Pour son écriture, sa vision de la lutte des classes, de la religion, de l’armée et parce qu’il montre un Mexique complètement contrasté et contemporain. Nous avons eu une très belle surprise il y a quelques années au Festival de Cannes avec Carlos, bien que presque tout le monde ait été scandalisé par son travail, moi je trouve que c’est un directeur très intéressant” a terminé la cinéaste.

Voir la vidéo de la remise du prix:

Nicolas Quirion – (legrandjournal.com.mx)

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