Argentine: Déroute des Kirchner

Publié le 29/06/2009 par " Le Grand Journal "

argentine kirchner Argentine: Déroute des KirchnerLourde défaite pour le couple Kirchner en Argentine. A l’issue des élections législatives de dimanche, la formation de la présidente Cristina Kirchner perd la majorité au Sénat et à la Chambre des députés.

C’est aussi une défaite pour son mari, l’ancien président Nestor Kirchner. Candidat dans la province de Buenos Aires, il espérait se servir du scrutin comme tremplin pour la présidentielle de 2011. L’élection faisait figure de test pour le couple Kirchner, au pouvoir en Argentine depuis six ans. Le résultat est sans appel: les Argentins, qui étaient appelés à renouveler les 257 sièges de la Chambre des députés, et le tiers des 72 sièges du Sénat, ne lui ont pas renouvelé leur confiance.

Le parti justicialiste de la présidente Cristina Fernandez de Kirchner perd la majorité dans les deux assemblées, après dépouillement de 87% des bulletins de vote. Le couple a reconnu la défaite. “Ce fût une élection très serrée, nous devons désormais faire notre autocritique”, a commenté l’ancien président Nestor Kirchner (2003-2007), selon le quotidien argentin La Nacion, qui titre lundi: “La dure déroute de Kirchner”.

Il s’agit donc d’une défaite personnelle pour le couple Kirchner, et d’abord pour la présidente. Moins de deux ans après avoir succédé à son mari à la tête du pays, Cristina Kirchner apparaît en effet très affaiblie. Son parti perd notamment les régions rurales de Cordoba et de Santa Fe, provinces dans lesquelles la présidente a dû affronter l’an dernier le puissant secteur agricole, qui protestait contre sa volonté d’augmenter les taxes sur le soja. Il s’agit aussi d’un lourd revers pour son mari, Nestor Kirchner. “Kirchner abattu”, titre ainsi le quotidien Clarin lundi.

Il faut dire que c’est l’ancien président argentin (2003-2007) qui avait convaincu son épouse d’avancer les législatives d’octobre à juin, espérant ainsi prendre de court une opposition éclatée entre dirigeants péronistes* déçus du kirchnérisme, droite libérale, sociaux-démocrates, socialistes et parti minoritaires de gauche. Il souhaitait se servir de ce scrutin comme tremplin pour la présidentielle de 2011. Candidat dans la province de Buenos Aires, région clé et base électorale du couple, il n’est arrivé qu’en deuxième position, derrière Francisco de Narvaez, candidat de centre-droit (32,3% des suffrages contre 34,56%).

Les Kirchner face à la crise

Le couple, en froid avec la presse, souvent accusé de paranoïa, paie visiblement son style, jugé agressif. Mais les Kirchner subissent aussi le contexte économique, marqué par l’augmentation de l’inflation et la hausse sensible du chômage. Fini le temps où les époux surfaient sur un taux de croissance à 8%, fruit de la politique de réindustrialisation qui a permis de redresser l’économie après la crise de 2001-2002 avec l’aide de la hausse du prix des matières premières agricoles, dont l’Argentine est un des premiers producteurs mondiaux. Aujourd’hui, et malgré les dénégations du gouvernement, l’Argentine est entrée en récession.

La défaite de couple Kirchner est donc aussi celle du centre-gauche argentin, dont les réponses face à la crise ont été jugées insuffisantes par les Argentins. Le principal rival des Kirchner, le riche entrepreneur Francisco De Narvaez incarne, avec son allié le maire de Buenos Aires Mauricio Macri, le retour des idées néolibérales de l’ancien président Carlos Menem (1989-1999). A la tête d’un vaste empire économique, il a dépensé des milliers de dollars pour sa campagne, notamment dans des spots télévisés. Son mot d’ordre: “Faire mordre la poussière aux Kirchner”. Homme de centre droit, il a créé la surprise la semaine dernière en se prononçant pour le contrôle par l’Etat de certains secteurs économiques, message qui a visiblement séduit les électeurs. Surnommé “el colorado” en raison de sa couleur de cheveux – roux -, il a également axé sa campagne sur la deuxième préoccupation majeure des Argentins après l’économie: la lutte contre la criminalité. Sa victoire de dimanche laisse augurer une nouvelle bataille entre péronistes de droite et péronistes de gauche en 2011. Il faudra toutefois compter sans Francisco De Narvaez. Né en Colombie, il ne peut pas se présenter à la présidence.

*Le terme “péronisme” est issu du nom du général Juan Domingo Perón, qui a dirigé l’Argentine entre 1946 et 1955, puis de 1973 à 1974. Il désigne davantage un style politique qu’un courant, puisqu’on compte des péronistes de gauche et de droite. Il est parfois associé au “populisme”.

Le JDD.fr

A lire aussi :

Dites nous ce que vous en pensez

If your website is claim enabled, it will be notified that you have posted here.

Vous êtes sur Twitter ?!
Identifiez-vous et vous n'aurez pas à le refaire.

Copyright © Le Grand Journal du Mexique. Responsable de l'édition : Alain Figadère.
Réalisation : MotsAndCo