Avec la Suède,une présidence verte pour l’UE

Publié le 02/07/2009 par " Le Grand Journal "

suede barroso Avec la Suède,une présidence verte pour lUELa République tchèque a laissé mercredi le fauteuil de la présidence européenne à la Suède. L’économie et le climat devraient être les préoccupations majeures de Stockholm durant les six prochains mois.

Les autorités suédoises devront notamment préparer la conférence de Copenhague de décembre, lors de laquelle doit être décidée la suite à donner au protocole de Kyoto. Le challenge s’annonce ardu.

Une éco-présidence. Voilà l’ambition de la Suède pour son mandat à la tête de l’Union européenne (UE), pendant six mois. Car la présidence suédoise de l’Union, qui s’ouvre mercredi, sera marquée par un grand rendez-vous climatique, la conférence de Copenhague en décembre. Objectif: parvenir à signer un nouveau traité de lutte contre le réchauffement climatique. Soit l’après protocole de Kyoto. Dans ce dossier, la Suède espère faire valoir son expérience pour obtenir un texte ambitieux. Mais la mission s’annonce difficile. La question du financement et des transferts d’argent et de technologie à destination des pays les plus pauvres est loin de faire l’unanimité, y compris au sein des Vingt-sept. Le Conseil européen des 18 et 19 juin n’a pas permis de trouver un accord: plusieurs Etats, notamment d’Europe de l’Est, refusent par exemple de mettre la main à la poche, jugeant leurs économies encore trop fragiles.

Autre priorité de Stockholm durant les six prochains mois: la crise économique. Comme pour ses prédécesseurs – Prague et Paris -, le sujet est inévitable. Là aussi, la Suède entend faire valoir son expérience. Le modèle suédois a d’ailleurs relativement bien résisté à la crise. En la matière, le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, prône un retour à la rigueur, après une séquence 2008-2009 marquée par les plans de relance. La Suède entend notamment tirer la sonnette d’alarme sur l’explosion de la dette dans l’Union européenne. Et demander aux Vingt-sept de prendre des plans spécifiques de sortie des déficits publics. Le sujet devrait faire l’objet d’âpres débats.

Les suites du traité de Lisbonne

Mais avant le climat et l’économie, un tout autre sujet devrait s’imposer à Stockholm: la reconduction – ou non – de Jose Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Le Parti populaire européen (PPE) souhaite que le patron sortant de l’exécutif européen soit intronisé dès le 14 juillet, à l’occasion de la session inaugurale du Parlement. Mais les socialistes européens (PSE) et les Verts, qui espèrent toujours former un front anti-Barroso, refusent que le vote soit organisé mi-juillet. Le dossier pourrait être repoussé à la rentrée, après les législatives allemandes du 27 septembre.

En matière d’institution, la Suède devra aussi gérer les suites à donner au traité de Lisbonne. Le texte réformant les institutions de l’UE passe une seconde fois devant les Irlandais lors d’un référendum organisé en octobre. Le 19 juin dernier, les dirigeants européens ont fourni à l’Irlande une série de “garanties” sur le traité de Lisbonne pour faire accepter le texte à Dublin. Et aux Irlandais. Ces derniers souhaitaient que le traité ne remette pas en cause la législation nationale en matière d’avortement (interdit en Irlande), de neutralité militaire ou de fiscalité et que soit maintenu le principe d’un commissaire européen par Etat membre dans le futur exécutif communautaire. Les Vingt-sept en ont donc fait la promesse. Mais l’éventualité d’un nouveau rejet du texte en Irlande est toujours possible. Si tel était le cas en octobre, l’UE entrerait dans une grave crise institutionnelle. Et Stockholm ne pourrait pas y faire grand chose. Pour son premier dossier, la Suède n’a donc pas vraiment la main.

La présidence suédoise devra par ailleurs s’atteler aux autres grands dossiers: nucléaire iranien – le dossier s’est récemment compliqué avec la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence -, différend gazier russo-ukrainien, Corée du Nord ou encore Proche-Orient. La Suède devra également s’atteler au lourd dossier de l’élargissement de l’Union. Plusieurs anciens satellites de l’URSS sont sur les rangs, sans compter la Turquie, bien sûr. Stockholm soutient l’adhésion d’Ankara à l’Union et ce, contre plusieurs capitales, Paris en tête. Enfin, les autorités suédoises tenteront de faire oublier la présidence tchèque, marquée par la chute du gouvernement de Mirek Topolanek, l’euroscepticisme, et les critiques formulées à l’encontre des plans de relance. Certains diplomates européens la qualifient déjà de “présidence la plus désastreuse de toute l’histoire de l’UE”.

Le JDD.fr

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