BRUXELLES (AFP) — La Belgique fédérale en crise a gagné jeudi un sursis supplémentaire d’un mois et demi face à l’impatience des Flamands qui exigent plus d’autonomie face aux francophones, mais le moment de vérité semble se rapprocher à grands pas pour le pays.
Le roi des Belges Albert II a prolongé jusqu’à “la deuxième moitié de septembre” une mission qu’il a confiée à trois médiateurs pour préparer le lancement du “dialogue”, c’est-à -dire de négociations sérieuses sur la réforme de l’Etat entre ses sujets néerlandophones et francophones aux intérêts économiques et culturels de plus en plus antagoniques.
Cette mission de médiation lancée le 17 juillet en raison de l’incapacité du Premier ministre Yves Leterme de faire accepter les bases d’un compromis, même à ses propres troupes du parti chrétien-démocrate flamand CDV et à son allié nationaliste de la NVA, devait à l’origine s’achever le 31 juillet.
Le bref rapport intérimaire présenté au roi n’a fait que constater la volonté des partis politiques belges d’en arriver à un nouveau partage des compétences entre l’Etat et les “entités fédérées” -Régions et Communautés-, a précisé l’un des médiateurs, le libéral bruxellois François-Xavier De Donnea.
Les médiateurs, selon un communiqué du Palais, devront se concentrer désormais sur la manière d’associer les divers niveaux du pouvoir -Etat fédéral, régions et communautés- à cette “réforme approfondie de l’Etat”.
C’est la question clé aussi bien pour les partis flamands qui réclament que les négociations soient dirigées par les deux communautés, néerlandophone et française, que pour les partis francophones qui veulent que les trois régions -Flandre et Wallonie mais aussi Bruxelles- siègent en tant que telles.
Si les Flamands sont à la fois les plus nombreux -60% des 10,5 millions de Belges- et les plus riches, ils sont très minoritaires à Bruxelles.
De gros nuages s’amoncellent déjà à l’horizon, faisant craindre que le pays, en crise quasi-ininterrompue depuis les législatives de juin 2007, ne connaisse un nouvel accès de fièvre dès l’automne. Avec en ligne de mire, l’échéance des élections régionales de juin 2009, peu propice aux compromis.
A l’annonce de l’extension de la mission de médiation, les nationalistes flamands de la NVA, se sont plaint qu’aucune de leurs exigences n’ait été satisfaite.
Mais M. De Wever tranchera lors d’un congrès que doivent tenir ses adhérents le 21 septembre, laissant ainsi un peu de répit aux médiateurs ainsi qu’à ses alliés du CDV.
Le cartel formé par le CDV et la NVA a d’ailleurs réaffirmé vouloir que la “logique confédérale” s’applique immédiatement. Cela passe par “un dialogue de Communauté à Communauté”, auquel seraient invitées ponctuellement les Régions, permettant d’arriver à des résultats avant les élections régionales de juin 2009.
Côté francophone, on a aussitôt relevé le gant.
Les centristes du CDH, dirigés par Joëlle Milquet, surnommée “madame Non” en Flandre, ont prévenu qu’ils resteraient fermes dans “la défense des droits des francophones autour et dans Bruxelles” et que “le dialogue interinstitutionnel doit impliquer sur un pied d’égalité” Régions et Communautés, outre l’Etat fédéral.
“Les Flamands veulent que les francophones rendent les armes sans combattre sur le statut de Bruxelles et de sa périphérie, avant même de commencer à négocier”, a affirmé de son côté, une autre bête noire de la Flandre, Olivier Maingain, le chef du Front des francophones (FDF) de Bruxelles.
Il a dit “redouter une crise profonde qui conduira à des élections anticipées” bien avant juin 2009.
Article du 20 juillet 2008
La Fête nationale belge a lieu ce lundi, dans un contexte de grave crise politique et dans l’indifférence quasi générale. Là -bas, pas de feux d’artifice ni de bals populaires. Nous sommes allés cette semaine à Mons, la wallonne, à la rencontre de ses habitants pour qui le 21 juillet est avant tout… un jour férié.
Il pleut, ce mercredi-là sur Mons. Temps maussade, ciel gris, terrasses désertes et quand même quelques badauds pour braver les gouttes, attirés par les soldes des rues commerçantes. Sujet de conversation principal : la démission, deux jours plus tôt, du premier ministre Yves Leterme, qui rappelle douloureusement à ce petit pays qu’il n’est pas près de sortir de la crise politique dans laquelle il est embourbé depuis des mois.
Dans ce contexte, il faut vraiment être Français pour venir parler de la Fête nationale. Seuls au milieu d’une terrasse (couverte) de café, Edgar et Claudine, « plus de septante ans », haussent les épaules : « La Fête nationale ? Mais la Belgique n’existe plus ! lâche Edgar. Tout le monde s’interroge sur ce qui va se passer avec tous les crétins qu’on a mis au pouvoir. »
De toute façon, ajoute Edgar, « la Fête nationale, c’est pas comme chez vous, ça ne représente pas grand’chose ». À ses côtés, Claudine acquiesce : « On s’en fout un peu. » Lorsqu’on évoque le 21-Juillet, la politique reprend inévitablement le dessus. Myriam, commerçante, n’est pas très Fête nationale par nature : « Je ne regarde pas les défilés militaires, j’aime pas la guerre, j’aime pas les tanks. » Alors ce n’est pas cette fois qu’elle s’y intéressera : « Cette année, je regarderai encore moins que d’habitude.
Dans l’état actuel des choses, on a autre chose à penser. La politique belge, c’est une catastrophe nationale : on va battre les Italiens si ça continue… » Pour elle, comme pour beaucoup de Belges, la Fête nationale représente d’abord « un jour de congé ». « Je ne l’ai jamais fêtée confirme Grâce, jeune étudiante. Comme c’est un jour de congé, on a souvent autre chose à faire. C’est pas aussi important que le Doudou ! »
« Il ne se passe rien »
Ainsi, les Belges profitent de l’un des symboles de l’unité nationale aujourd’hui mise à mal pour s’octroyer un long week-end ou aller faire leurs courses en France. « Le 21-Juillet, ça ne va pas trop perturber la vie du Belge, résume Murielle, croisée sur la Grand-Place.
C’est chouette, on a congé, mais il ne se passe rien, tout est fermé. » Plusieurs Belges nous ont toutefois confié que le 21-Juillet conservait une petite spécificité : « C’est le jour de la “drache nationale”, vous connaissez pas ? Tous les ans, à cette époque-là , il pleut. » Cette année plus que d’habitude ?
La rédaction - (www.legrandjournal.com.mx)
Les nationalistes flamands font de nouveau monter la pression en Belgique
BRUXELLES (AFP) — L’allié nationaliste flamand du Premier ministre belge Yves Leterme fait déjà planer la menace d’un nouvel épisode de crise politique, en promettant de quitter la majorité fin juillet faute de garanties que les querelles avec les francophones seront réglées d’ici là .
Moins de 24 heures après l’annonce jeudi soir par le roi Albert II du maintien en poste du Premier ministre démissionnaire, la NVA, qui forme un cartel électoral avec le parti chrétien-démocrate (CDV) de M. Leterme, a exprimé sa mauvaise humeur, en lançant ce que la presse décrit samedi comme un “ultimatum”.
“C’est la dernière chance. Les francophones devront nous dire comment ils voient les choses. Soit nous marquerons notre accord, soit c’en sera fini. S’il n’y a pas d’accord, la majorité ne pourra pas continuer”, a tonné son président Bart De Wever cité dans la presse, prévenant qu’alors la NVA “sera un parti d’opposition”.
Cette “dernière chance” fait référence à la mission confiée par le roi à trois “sages” qui doivent préparer rapidement la réforme de l’Etat exigée par les Flamands - en vue d’accroître l’autonomie de leur région- pour continuer à cohabiter avec les francophones au sein du même pays.
Ce trio doit rendre son premier rapport le 31 juillet et la NVA exige à cette date des “résultats” et des “garanties” des francophones concernant cette réforme de l’Etat, faute de quoi elle “jettera le gant”, a noté samedi le quotidien flamand De Standaard.
M. De Wever réclame en particulier la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dit “BHV”. Cet arrondissement bilingue regroupant Bruxelles, ville majoritairement francophone, et 35 communes flamandes de sa périphérie, est considéré comme une “anomalie” par les partis flamands, qui exigent sa scission au nom de l’homogénéité linguistique de la Flandre.
“Ces garanties que la NVA demande sont impossibles, donc c’est assez logique de son point de vue d’aller d’ultimatum en ultimatum”, estime Pascal Delwit, de l’Université libre de Bruxelles, soulignant qu’un “parti séparatiste ne pourra jamais se satisfaire d’une solution de compromis”.
Donc “à un moment donné, la NVA peut franchir le rubicon et partir d’elle même”, ajoute-t-il, doutant malgré tout qu’elle puisse le faire le 31 juillet.
“Cela sent déjà le roussi”, estime de son côté le quotidien Le Soir à la Une de l’édition de samedi, soulignant que “le retour de Leterme ne résout rien”.
Malgré tout, le gouvernement de coalition formé en mars après bien des difficultés pourrait formellement survivre à un passage de la NVA dans l’opposition.
“La NVA n’est pas indispensable car la coalition garderait la majorité absolue au parlement”, note ainsi le politologue Jean Faniel.
Mais la “tradition implicite” veut aussi que le gouvernement ait la majorité chez les francophones et les Flamands, or sans la NVA, M. Leterme ne serait soutenu que par 42 des 88 députés flamands du parlement fédéral. “Cela poserait un problème politiquement”, a-t-il insisté.
“Le gouvernement perdra en plus la majorité des deux tiers qui est nécessaire pour adopter une réforme de l’Etat”, a ajouté Pascal Delwit.
Le CDV se trouverait d’autre part dans une situation très délicate dans la perspective des élections régionales de juin 2009.
Une explosion de son cartel avec la NVA pourrait en effet pousser cette dernière à s’allier en Flandre à la Liste Dedecker, mouvement flamand populiste et radical qui ne cesse de monter dans les sondages.
“Cela compliquerait encore la donne pour le CDV” au niveau fédéral, a noté Jean Faniel.
Article du 17 juillet 2008
Le roi des Belges Albert II a refusé jeudi soir la démission que lui avait soumise trois jours plus tôt le Premier ministre flamand Yves Leterme, illustrant la difficulté à trouver une issue à la crise politique qui secoue la Belgique depuis plus d’un an.
Le chrétien-démocrate Yves Leterme, qui avait posé sa démission sur la table dans la nuit de lundi à mardi faute d’avoir réussi à négocier une nouvelle réforme de l’Etat belge entre francophones et néerlandophones, est ainsi remis en selle pour la troisième fois en un an.
Faute de volontaire pour le remplacer, il devra se remettre au travail et tâcher de trouver malgré tout la voie du “dialogue institutionnel” entre les deux grandes communautés linguistiques du pays.
Le communiqué du palais diffusé jeudi soir ne lui donne pas le choix: “le roi a refusé la démission du gouvernement et a demandé au gouvernement de promouvoir au maximum les chances de ce dialogue”.
Vu l’impossibilité jusqu’ici -malgré des mois de tractations -à arriver à un accord sur une réforme des institutions fédérales du pays, le roi a néanmoins chargé trois personnalités d’”examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d’une manière crédible un dialogue institutionnel”.
Ces trois “sages” sont le député francophone bruxellois François-Xavier de Donnea (libéral), l’eurodéputé wallon Raymond Langendries (centriste), ainsi que le ministre-Président de la petite communauté germanophone de Belgique, le socialiste Karl-Heinz Lambertz, selon un communiqué du palais.
Ces médiateurs auront pour seule mission de préparer le terrain à la réforme de l’Etat.
Ils auront ainsi la tâche ardue de convaincre enfin les partis flamands, à commencer par le cartel CDV/NVA dont est issu M. Leterme, de la volonté des francophones “de s’engager dans une discussion communautaire sans tabou”, commentait tard jeudi soir le quotidien La Libre Belgique sur son site internet.
Ces trois hommes devront travailler vite pour montrer que les choses ne s’enlisent pas une fois de plus: ils devront faire un rapport au roi à “la fin du mois”, dit le communiqué de Palais.
Selon La Libre Belgique, ils seront reçus dès mardi prochain par le roi, au lendemain de la fête nationale belge le 21 juillet.
L’impossibilité de s’entendre sur les conditions d’une réforme de l’Etat est au coeur de la crise politique qui agite la Belgique depuis les législatives de juin 2007.
La méfiance est en effet flagrante dans les relations entre néerlandophones et francophones. Les premiers, les plus nombreux avec 60% des 10 millions d’habitants du pays, veulent à tout prix obtenir plus d’autonomie pour leur riche région, la Flandre. Les seconds les accusent de vouloir faire de l’Etat fédéral une coquille vide pour mieux faire éclater la Belgique dans un deuxième temps.
De nombreux analystes s’accordent à pronostiquer pour la Belgique, dont les institutions fédérales datent de 1993, un avenir confédéral.
BRUXELLES (AFP) — La démission du Premier ministre belge Yves Leterme a forcé les francophones à admettre que la Belgique fédérale avait vécu et que, pour éviter la sécession de la Flandre, elle allait sans doute devoir évoluer vers une forme de confédération.
Il y a encore un an, au lendemain des législatives du 10 juin 2007 qui ont allumé les hostilités, les partis francophones soulignaient qu’ils n’étaient “pas demandeurs” de la réforme de l’Etat que la Région de Flandre réclamait.
A la Flandre plus riche et plus peuplée –60% des 10,5 millions de Belges–, qui demandait plus d’autonomie, la Wallonie et Bruxelles, officiellement bilingue mais à 85% francophone, opposaient une fin de non recevoir.
Pour ces deux régions à l’économie moins dynamique, les demandes flamandes allaient détruire la solidarité à l’échelon national.
Plus d’un an après, l’idée d’une réforme institutionnelle profonde est acceptée par tous les francophones, y compris socialistes et centristes, les plus opposés au départ.
Parmi les libéraux du Mouvement réformateur, premier parti côté francophone, on en proclame même aujourd’hui la nécessité absolue devant les risques de radicalisation flamande.
“On a besoin d’une réforme de l’Etat pour stabiliser le pays”, souligne mercredi dans le quotidien La Libre Belgique un dirigeant historique des libéraux, le commissaire européen au Développement Louis Michel.
“On est à l’heure de vérité” et “il est temps que les francophones se regardent dans un miroir”, a-t-il expliqué, sans préciser jusqu’où cette réforme pourrait aller.
La Flandre, où les partisans d’une sécession restent encore minoritaires même s’ils ont le vent en poupe, rêve désormais d’une Belgique confédérale, et non plus fédérale comme elle l’est depuis 1993.
Le parti chrétien-démocrate flamand, le CDV, craint, s’il reculait sur cette exigence minimale à ses yeux, de se brouiller avec ses alliés nationalistes de la NVA et d’essuyer un sérieux revers aux élections régionales prévues en juin 2009.
Côté francophone, la perspective confédérale ne fait plus aussi peur, mais “chacun doit faire un pas vers l’autre”, a souligné la chef du parti centriste CDH, Joëlle Milquet.
Elle a été, comme la présidente du CDV Marianne Thyssen et les dirigeants de tous les grands partis, reçue mercredi par le roi Albert II, dans le cadre des consultations entamées mardi pour tenter de sortir le pays de cette nouvelle crise politique.
Selon la presse belge, quelque chose de fondamental a changé mardi dans le Royaume, lorsque le souverain a décidé de recevoir d’abord les ministres-présidents des trois Régions belges - Flandre, Wallonie et Bruxelles-Capitale.
Jusque là , la réforme de l’Etat évoquée depuis les législatives de juin 2007 était exclusivement négociée par les partis fédéraux flamands et francophones.
En procédant de la sorte, le roi a semblé reprendre à son compte une proposition de M. Leterme, dont il n’a toujours pas dit s’il acceptait sa démission ou s’il souhaitait le maintenir à son poste.
Le Premier ministre, attribuant son échec à négocier une réforme de l’Etat à celui du fédéralisme belge dont le “modèle de concertation a atteint ses limites”, avait lui-même proposé un grand forum institutionnel avec la participation des “entités fédérées”.
Mais ce changement de méthode risque de ne pas suffire à faciliter une sortie de crise.
Les Flamands insistent pour que ce “forum” n’implique que les deux Communautés, la flamande et la française, cette dernière incluant Wallonie et Bruxelles, à 85% francophone. Or le ministre-président de Bruxelles-Capitale, Charles Picqué, a jugé cette perspective “inacceptable” pour les francophones. “C’est plus facile pour la Flandre face à la Wallonie” toute seule, a-t-il estimé, en dénonçant une manoeuvre flamande.
Article du 13 Juillet 2008
BRUXELLES (AFP) — Le Premier ministre belge Yves Leterme a échoué dans sa tentative d’arracher un accord entre Flamands et francophones sur une grande réforme de l’Etat, mais il continuait lundi à se battre pour sauver sa coalition.
“Il est clair pour chacun qu’un accord sur la réforme de l’Etat n’est plus possible pour le 15 juillet. Nous devons voir maintenant ce qu’il faut faire pour l’avenir sans plonger le pays dans le chaos et sans que le gouvernement tombe”, a déclaré le président des libéraux flamands, Bart Somers.
Yves Leterme “a fait le constat qu’il n’y aurait pas d’accord dans l’immédiat”, a expliqué une source proche du Premier ministre, sous le couvert de l’anonymat.
“C’est clairement sur la question de BHV que ça a bloqué”, a ajouté cette source, en référence à l’épineuse question de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, sur laquelle Flamands et francophones campent sur des positions inconciliables depuis des années.
Le Premier ministre, un chrétien-démocrate flamand de 48 ans, ne s’est pas exprimé publiquement de toute la journée sur l’échec de ce qui était son principal objectif lorsqu’il a pris la tête du gouvernement fin mars.
Il devrait réserver ses commentaires pour la déclaration qu’il doit prononcer mardi à 15H00 (13H00 GMT) devant les députés, avant de leur demander de lui renouveler leur confiance.
La survie du gouvernement dépendra surtout de la capacité d’Yves Leterme à faire accepter un report des négociations aux membres de son propre parti, le CDV.
Une réunion des mandataires du parti d’Yves Leterme prévue lundi soir, qui devait permettre partisans d’une ligne “dure” et aux “réalistes” de se compter, a été annulée en dernière minute, laissant le suspense perdurer jusqu’à mardi.
Pour obtenir le soutien de ses propres troupes, M. Leterme compte mettre en avant les premières réalisations de sa coalition: baisses d’impôts et relèvement des retraites, et leur promettre d’impliquer les gouvernements des régions, Wallonie et Flandre, dans la négociation d’une profonde réforme de l’Etat qui devrait reprendre à l’automne.
Lundi soir, le gouvernement régional flamand a réservé sa réponse, même si son chef, Kris Peeters (CDV), a affirmé qu’il soutenait un scénario qui permettrait d’éviter une crise profonde au pays, après celle de 2007.
Quoi qu’il arrive, M. Leterme va cependant sans doute devoir faire le deuil du “cartel” électoral qu’il avait forgé avec le petit parti nationaliste flamand NVA. Celui-ci, qui réclamait une réforme immédiate, va sans doute basculer dans l’opposition, d’où il pourrait faire très mal au CDV lors des prochaines élections.
Yves Leterme s’était fixé la date du 15 juillet pour réconcilier les partis flamands, représentant 60% des 10,5 millions de Belges, et francophones (40%) sur une réorganisation du paysage institutionnel belge.
La Flandre, la région la plus riche du royaume, exige une plus grande autonomie en matière d’emploi et de sécurité sociale. Les francophones ont accepté la négociation, à condition qu’elle ne mette pas en cause la “solidarité nationale”.
Le dossier qui aura fait capoter les discussions est cependant celui de l’arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dont les Flamands exigent la scission pour mettre fin au droit, pour la minorité francophone de la périphérie de Bruxelles –environ 120.000 personnes–, de voter pour des candidats bruxellois francophones aux législatives.
En échange, les francophones ont proposé l’élargissement de Bruxelles à certaines communes flamandes à forte population francophone. Inacceptable pour la Flandre.
Article du 13 juillet 2008
Le Premier ministre belge Yves Leterme lance un sprint final pour arracher un accord qui réconcilierait Flamands et francophones et éviterait à la Belgique de nouvelles convulsions.
Sous un crachin qui plombe le moral des Belges depuis début juillet, les réunions à huis clos se succèdent autour d’un chef du gouvernement qui s’est enfin décidé à “mettre les bouchées doubles”, selon un membre de la majorité, alors que la date en principe butoir de mardi approche pour aboutir à un compromis.
Mais les chances d’y parvenir paraissent très faibles. La presse belge estime qu’Yves Leterme, un chrétien-démocrate flamand de 47 ans arrivé au pouvoir fin mars, cherche surtout à gagner du temps et à éviter la chute de son gouvernement, qui plongerait la Belgique dans une crise peut-être fatale.
M. Leterme est attendu devant la Chambre des députés mardi 15 juillet à 15H00 (13H00 GMT). Il est censé y dresser les grandes lignes d’une réforme des institutions qui modifierait profondément l’équilibre entre l’Etat fédéral et les trois régions du pays: la Flandre néerlandophone (nord), la Wallonie francophone (sud) et la région bilingue de Bruxelles.
Il devrait ensuite demander au Parlement de lui renouveler sa confiance lors d’un vote, prévu jeudi 17 juillet, dont le résultat est encore loin d’être acquis. Mais d’abord présenté comme une échéance, le 15 juillet fait à présent figure de simple étape, selon le Premier ministre.
Mardi, “il faudra faire le point”, explique-t-il, en insistant surtout sa politique de défense du pouvoir d’achat. “Nous ferons tout pour arriver à un accord communautaire (durant les prochains jours, ndlr). Mais il est clair qu’il ne s’agira pas de textes aboutis”, précise-t-il, comme pour tempérer les attentes. Ce scénario, qui reporte à une date incertaine la réforme des institutions réclamée par la Flandre mais que les francophones rechignent à négocier, irrite jusque dans les rangs de la formation du Premier ministre.
“En refusant d’avancer, les francophones vont saborder la Belgique fédérale. Si Leterme présente une déclaration communautaire trop légère, le parti ne pourra pas le suivre. On ne restera pas au gouvernement”, averti un membre du parti chrétien-démocrate d’Yves Leterme, le CDV.
Pour faire face aux défis de la mondialisation et au vieillissement de leur population, les Flamands, qui sont les plus riches en Belgique, exigent plus de compétences économiques pour leur région, ainsi qu’une autonomie fiscale accrue. Mais les francophones freinent, craignant de voir la solidarité nationale se rompre, et le royaume avec lui.
Les discussions menées en toute discrétion n’ont pas encore donné de résultats tangibles, selon les participants. La négociation bloque en particulier sur le sujet sensible des droits des francophones vivant dans la périphérie flamande de Bruxelles: le dossier de l’arrondissement judiciaire et électoral bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dit “BHV”.
Différents scénarios ont été évoqués ces derniers jours, pour être aussitôt rejetés faute d’accord. Les treize mois de crise qui se sont écoulés depuis les législatives du 10 juin 2007 ont surtout été marqués par les ultimatums et les polémiques entre les deux communautés linguistiques, dont certains leaders s’accusent à présent mutuellement de préparer l’éclatement du pays.
Selon un sondage publié cette semaine, une “réconciliation” avec les francophones est “possible” pour 66% des Flamands. Mais ils pensent également, à 88%, que c’est aux francophones de faire des concessions.
Article du 18 mars 2008
Neuf mois après ses élections législatives, la Belgique sort de 282 jours de crise et retrouve un gouvernement «définitif». Dès cette semaine, une coalition, dirigée par Yves Leterme, devrait reprendre les rennes du pays après 282 jours de crise institutionnelle.
Un accord entre cinq partis politiques
Après vingt et une heure de discussions, les négociateurs de cinq partis politiques, qui forment depuis décembre le gouvernement de transition belge, une alliance allant des libéraux aux socialistes, ont approuvé le programme d’un gouvernement de coalition.
Dirigée par le vainqueur des législatives de juin 2007, le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme, l’équipe gouvernementale constituée du CDH (les centristes démocrates humanistes), des démocrates-chrétiens flamands (CDV), des libéraux flamands (Open VLD) et francophones (MR), et des socialistes francophones, entrera en fonction jeudi.
L’accord qui comprend un important volet social et fiscal «des mesures équilibrées» souligne Yves Leterme- s’attaquera au problème de pouvoir d’achat auquel est confrontée la Belgique. Le programme de coalition, qui sera dévoilé mardi après-midi, associerait, d’après des fuites,une augmentation du salaire minimum et une revalorisation des allocations familiales et des pensions de retraite, avec une diminution de l’impôt grâce à un relèvement du minimum imposable et de la simplification des barèmes fiscaux. Des dispositions mises en Å“uvre progressivement en fonction de l’état du budget du royaume.
En matière d’immigration, objets d’âpres débats cette nuit, le regroupement familial et l’accès à la nationalité deviendraient plus restrictifs. La création d’une commission, chargée d’examiner les demandes de régularisations, en tenant compte de l’ancrage local« a été évoquée.
La réforme des institutions belges abordée en juillet
Les membres de la coalition pentapartite ont jusqu’à jeudi pour se répartir les portefeuilles. Les médias belges estiment que le gouvernement Leterme I ne sera pas très différent du gouvernement Verhofstadt III, à l’exception notable du départ de son patron, le premier ministre sortant Guy Verhofstadt. Battu en juin 2007, le libéral flamand n’avait accepté la direction du gouvernement intérimaire, dont le mandat se limitait aux affaires courantes, à la préparation du budget 2008 et à la poursuite du débat sur la réforme institutionnelle, qu’à la condition de passer le relais au plus tard le 23 mars à son rival, Yves Leterme.
Entamant désormais «une année sabbatique», Guy Verhofstadt envisage de se présenter aux élections européennes de juin 2009. Considéré comme le «sauveur» du royaume pour avoir su installer un climat de confiance minimale entre les Wallons et les Flamands, il est au sommet de sa popularité. Pendant son intérim, la majorité des partis s’étaient mis d’accord sur le principe d’une réforme constitutionnelle limitée.
L’accord de gouvernement n’offre toutefois aucune solution à l’origine de la crise : la réformes des institutions belges réclamées par néerlandophones (60% des 10,5 millions de Belges), qui militent pour une plus grande autonomie de la région flamande ce que refusent les francophones qui y voient le début de la fin de la Belgique. Ce dossier, le plus épineux qui attend Yves Leterme, malmené dans les sondages, a été renvoyé à des négociations censées aboutir d’ici à la mi-juillet.
La rédaction (www.legrandjournal.com.mx)

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