Chiapas – Le Soconusco, nouvel eldorado du tourisme écologique! (Vidéo Grand Journal)
Publié le 30/12/2009 par " Jeanmy Cochois "
A l’extrême sud-ouest du pays, le Soconusco reste une région à l’écart des circuits touristiques habituels. Pourtant, entre montagne et mer, plantations de café et mangroves, cette partie méconnue du Chiapas a tout pour séduire le visiteur!
Une équipe du Grand Journal s’est rendue sur place et vous propose aujourd’hui un aperçu de ses merveilles, avant de vous les faire découvrir plus en détail au cours du mois de janvier !
Le Chiapas pourrait représenter à lui seule toute la diversité du Mexique. Les soubresauts révolutionnaires Néo-Zapatistes à la fin du siècle dernier ont sûrement beaucoup contribué à la notoriété de cet état, montagneux et tropicale à la fois. Les villages, d’un dénuement extrême, se multipliant au gré des lacets incessants de la route…
Et pourtant, le Soconusco diffère sur certains points de l’image que l’on se fait communément de cet état. Tout d’abord il ne s’agit pas d’une région à forte population indigène… L’identité multiculturelle de la zone -marquée par différentes vagues d’immigrations- est frappante, mais c’est surtout la proximité avec le Guatemala voisin qui crée une atmosphère unique.
Tapachula, porte d’entrée du Soconusco.
Entouré de sept municipalités voisines et le Guatemala, Tapachula de Cordova y Ordoñez (nom complet de la destination), est la deuxième plus grande ville de l’État du Chiapas. Elle a été fondée en 1486 par les Aztèques.
Ville frontière avec le Guatemala, marquant la scission géographique entre l’Amérique du nord et l’Amérique centrale, Tapachula est aujourd’hui une ville très cosmopolite où règne une ambiance très dynamique.
Demandez quelle est la spécialité culinaire de la ville et on vous répondra sans hésiter: la cuisine chinoise! En effet les chinois y sont venus en nombre à l’époque de son développement économique, quand le chemin de fer fonctionnait encore à toute vapeur.
Cette étape constituera votre porte d’entrée pour le Soconusco. Vous pourrez en effet y démarrer votre périple vers la côte toute proche; la région montagneuse et ses “fincas” de café fondées par des immigrants européens au début du siècle dernier; la zone archéologique d’Izapa, unique vestige de la rencontre entre les aztèques et les mayas; ou bien encore le volcan Tacaná, dont la silhouette majestueuse veille sur la ville !
On peut arriver à Tapachula en avion, l’aéroport est à seulement 20 minutes de la ville et dispose d’un bon service de taxis. La gare routière est également très bien desservie et les autoroutes sont en bon état.
La visite des environs peut commencer!
La Barra de San José
Rejoindre San José à partir de Tapachula prend environ une heure. San
José est un petit village encore totalement en dehors des circuits touristiques et garde son identité intacte. Ici la vie coule au gré de la pèche, ressource essentielle et très diversifiée car la Barra de San José est bordée d’une mangrove à l’est et du pacifique à l’ouest. Aujourd’hui entièrement protégée, elle possède une faune et une flore abondante et paisible.
Peu d’infrastructures sont actuellement disponibles pour des voyageurs trop exigeants. Cependant, sur la plage vous aurez la possibilité de louer des chambres ( certes spartiates ) pour passer une belle nuit bercée par le bruit des vagues qui s’agitent à 20 mètres… Sans doute le plus grand luxe qui soit ! La ballade de la mangrove en bateau est un enchantement : des oiseaux migrateurs se reposent, planent au dessus des arbres en quête de leur repas. Une destination encore vierge à découvrir absolument!
La Barra de Zacapulco, qui fait partie de la municipalité d’Acapetahua possède une mangrove encore plus vaste et des plages magnifiques. Direction l’embarcadère afin d’aborder une petite barque qui vous permettra de la traverser. La visite permet d’évaluer l’abondance des colonies d’oiseaux migrateurs présents ainsi que les crocodiles qui, lors du passage de l’embarcation, glissent doucement dans l’eau, marquant d’un regard inquiétant leur désapprobation!
Puis c’est le bruit des vagues s’écrasant sur l’immense plage qui s’allonge à perte de vue. Le lanchero vous guide vers le Centro Touristico de Zacapulco : trois cabanas de deux chambres, un restaurant accueillant et vous avez fait le tour de la propriété. Pour le reste, c’est à dame nature qu’il faudra s’adresser ! Les cabañas sont joliment décorées et bénéficient d’un confort tout à fait honnête à des prix très accessibles. Le restaurant quant à lui propose des plats à base de mariscos lesquels -inutile de le préciser- sont de toute première fraicheur!
Sur la plage, à quelques minutes du Centre Touristique, vous pourrez également visiter une ferme de tortues, développée sur les bases d’un vaste programme de réinsertion dans leur milieu naturel. Gravement affectées par le braconnage certaines espèces sont en effet menacées d’extinction. Un travail de titan pour l’équipe réduite qui gère l’élevage puisqu’il s’agit de récolter l
es œufs sur 40 km plages, puis de les ensevelir sous vingt centimètres de sable afin de permettre une incubation à l’abri des nombreux prédateurs, dont l’homme est sans doute le plus redoutable!
Des Fincas de café à l’accent germanique…
C’est dans zone montagneuse du Soconusco qu’est produit l’un des meilleur café du monde. Une dizaine de fincas productrices de cet or noir règnent sur la région. 5 d’entre elles se sont ouvertes au tourisme et proposent des infrastructures et des séjours qui devraient satisfaire les voyageurs les plus exigeants.
La finca Argovia est la plus proche de Tapachula, située à une cinquantaine de kms de la ville et à 600 mètres d’altitude. Fondée en 1880 par une famille suisse la fi
nca est rachetée en 1900 par une famille allemande, les Giesemann. Argovia jouit d’un cadre naturel d’exception, entre forêt tropicale et montagne. Mais surtout, le travail acharné de son actuel propriétaire Bruno Giesemann a permis de développer un ambitieux projet de préservation de l’environnement. L’exploitation est autonome en énergie électrique et traite la totalité de ses eaux usées. Il s’agit de plus d’une exploitation diversifiée puis qu’aujourd’hui sa principale activité réside dans la production de fleurs, toutes plus belles les unes que les autres. Côté hébergement les cabanes en bois et les bungalows mis à la disposition des visiteurs offrent un confort et une sérénité unique et le restaurant propose une cuisine fusion succulente… le tout à des prix encore une fois très accessibles!
Plus difficile d’accès la finca Hamburgo est perchée à quelque mille mètres d’altitude, la garantie d’un café de la meilleure qualité. Mais la beauté du panorama qui s’offre à vous une fois arrivé, fera bien vite oublier la mauvaise qualité de la route… En contrebas, les villes de Huixla et de Tapachula s’étendent; et dans leur prolongement, lorsque le temps est assez clair, le pacifique peut être aperçu… La finca Hamburgo pratique la monoculture du café, c’est l’endroit idéal pour découvrir tous les secrets de l’0r noir, depuis la récolte jusqu’à la torréfaction et le conditionnement. C’est également un lieux dédié au tourisme et vous pourrez aller explorer deux autres fincas: Irlanda et San Francisco qui bénéficient toutes d’une personnalité et de caractéristiques distinctes.
Union Juarez et la route des volcans
A 45 km de Tapachula, Union Juarez est une petite ville pittoresque de 2500 habitants perchée à 1300 mètres d’altitude. Son surnom de “Suisse chiapanèque” n’est en rien usurpé! Les chalets de bois parsèment la ville qui, bénéficiant d’un climat agréable, offrent une halte paisible.
Aux portes de la ville, le volcan Tacaná, qui dresse majestueusement ses trois sommets à 4200 mètres d’altitude. Sa particularité est de se partager entre le Mexique pour son versant ouest et le Guatemala à l’est. Un volcan détenteur de la bi-nationalité, voilà qui n’est pas commun! L’escalade du Tacaná ne présente pas de grandes difficultés techniques et est accessible aux amateurs de bonnes balades vivifiantes .
A suivre…
Jean-My Cochois et Nicolas Quirion - (legrandjournal.com.mx)
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