Haïti: Le bilan s’élève à plus de 200.000 morts

Publié le 03/02/2010 par " Le Grand Journal "

enfants HaïtiLe bilan s’allourdit à Haïti. Le violent séisme qui a dévasté Haïti le 12 janvier dernier a fait “plus de 200.000 morts”, a indiqué ce mercredi soir le Premier ministre haïtien, Jean-Mar Bellerive, lors d’un entretien accordé à l’Agence France Presse (AFP). Le dernier bilan officiel faisait état de 170.000 morts.

Le chef du gouvernement a également fait état de 300.000 blessés, admis “soit dans des hôpitaux, soit dans des centres de santé, ou bien dans des centres ambulatoires”. “Il y a plus de 250.000 maisons qui sont détruites”, a-t-il ajouté. Le séisme a ainsi fait plus d’un million de sans-abri.

“En terme de chiffres, c’est un désastre au niveau planétaire”, a poursuivi Jean-Max Bellerive. “Ce sont des chiffres qui sont les plus extrêmes de ces dernières 20 ou 30 années [...] Donc ce n’est pas seulement un désastre qui peut être géré seulement à partir d’Haïti”, a-t-il conclu.

latribune.fr

Article du 01 février 2010

PORT-AU-PRINCE – La police haïtienne détenait dimanche dix ressortissants américains, membres d’une association chrétienne, accusés par Port-au-Prince d’avoir “volé” 33 enfants à la faveur du séisme du 12 janvier, qui fait craindre une résurgence du trafic d’enfants.

“Dix américains sont détenus par les autorités haïtiennes pour violation présumée des lois haïtiennes sur l’immigration”, a indiqué l’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince, à propos de cette affaire qui évoque celle de “l’Arche de Zoé” en 2007 entre la France et le Tchad.

Samedi, le ministre haïtien des Affaires sociales et du Travail, Yves Christallin avait annoncé que dix Américains, cinq hommes et cinq femmes, avaient été appréhendés près de la frontière dominicaine, en compagnie d’une trentaine d’enfants qu’ils avaient selon lui “volé”.

Sa collègue de la Culture et de la Communication, Marie Laurence Jocelyn Lassegue, a précisé que 33 enfants faisaient partie de ce groupe, dont le plus âgé a 14 ans. Elle a déclaré que neuf Américains et non dix avaient été arrêtés.

“A la frontière entre Haïti et la République dominicaine, la police (…) a vu un autobus dans lequel se trouvaient beaucoup d’enfants”, a rapporté la ministre. “Lorsqu’on leur a demandé les documents concernant les enfants, ils n’en avaient pas”, a-t-elle précisé. “La police a décidé de conduire l’autobus à Port-au-Prince”.

Dans des entretiens accordés à la presse américaine, les dix Américains se sont élevés contre cette accusation.

“Nous n’avons strictement rien à voir (avec le trafic d’enfants). C’est exactement ce contre quoi nous essayons de lutter”, a dit Laura Silsby, la chef du groupe, lors d’un entretien accordé dimanche au quotidien Idaho Press-Tribune. Elle et ses compatriotes sont membres d’une association caritative chrétienne baptisée “Le refuge pour une nouvelle vie des enfants”, basée dans l’Idaho (nord-ouest des Etats-Unis).

Les ressortissants américains étaient détenus à la direction centrale de la police judiciaire, à Port-au-Prince, avec deux complices haïtiens présumés, a indiqué à l’AFP le directeur général de la police, Mario Andresol.

Une enquête a été ouverte pour déterminer dans quelles circonstances les Américains sont entrés en possession des enfants qui ont été placés dans un centre d’accueil à Croix-des-Bouquets, à une trentaine de kilomètres de la capitale.

“La plupart des enfants ont encore de la famille”, a indiqué Patricia Vargas, directrice régionale de ce centre d’accueil de l’association SOS Children’s Village.

“En parlant avec des enfants plus grands, âgés de plus de sept ans, nous avons appris que leurs parents sont en vie. Certains nous ont donné des adresses et des numéros de téléphone”, a précisé Mme Vargas. Une petite fille, âgée de quelques mois, peut-être sept, a été hospitalisée samedi soir “parce qu’elle souffrait de malnutrition”, a-t-elle ajouté.

De nombreux enfants ont été adoptés depuis le tremblement de terre qui a dévasté Haïti le 12 janvier, faisant 170.000 morts et jetant à la rue un million de personnes.

Les Etats-Unis ont joué un rôle de premier plan dans les secours aux Haïtiens sinistrés, en envoyant des milliers de soldats, de sauveteurs et de médecins.

Ce dimanche était aussi l’occasion pour des milliers de réfugiés massés dans des camps de fortune à Port-au-Prince de chercher du réconfort au cours d’offices religieux, catholiques ou protestants.

Du camp du quartier de Canapé Vert, s’élevaient des prières, des chants et de la musique.

“Je suis venue prier pour mes morts et mes blessés”, a expliqué à l’AFP Adeline Coquillon, 25 ans, réfugiée dans ce camp, alors qu’elle participait à un office.

En d’autres endroits, selon des points fixes de distribution désignés récemment par l’ONU, des casques bleus assistés de soldats américains, distribuaient des sacs de riz de 25 kilos, conséquence d’une décision du Programme alimentaire mondial (PAM) qui souhaite mieux distribuer l’aide alimentaire en la confiant aux femmes.

L’Express

Polémique : les Etats-Unis arrêtent d’évacuer les blessés haïtiens

Qui va payer pour soigner les grands blessés évacués d’Haïti vers les hôpitaux américains ? Cette question empoisonne gravement depuis mercredi l’aide américaine en Haïti.

En effet, l’armée américaine a confirmé samedi avoir suspendu ses vols d’évacuation d’Haïtiens grièvement blessés lors du séisme du 12 janvier, en attendant une décision sur la prise en charge financière de leurs soins.

«Nous avons temporairement suspendu les vols d’évacuation d’Haïtiens, mais nous avons les moyens de les reprendre», a assuré le capitaine Kevin Aandahl, porte-parole de Transcom, l’unité de gestion des transports du Pentagone.

«Apparement, certains Etats (américains) refusaient d’accepter l’arrivée sur leur sol de patients haïtiens pour des soins post-opératoires», a ajouté le capitaine Aandahl. «Nous nous occupons de missions d’évacuation, mais nous ne pouvons transporter personne si nous n’avons aucun endroit pour nous poser».

Des Etats, comme la Floride (sud-est des Etats-unis), renâclent à prendre en charge les coûts engendrés par les soins offerts aux Haïtiens.

«Des gens sont en train de mourir»

En fait, les vols pour évacuer les blessés de la colonne vertébrale, les grands brûlés et d’autres ont pris fin mercredi après que le gouverneur de Floride Charlie Crist eut demandé officiellement au gouvernement fédéral de prendre en charge une partie de ces coûts.

Selon le New York Times, les hôpitaux de Floride ont traité plus de 500 victimes du séisme, notamment un bébé qui avait été retrouvé dans les décombres avec une fracture du crâne et des côtes fracturées. Le nombre des blessés et la complexité des soins requis pourrait induire un coût de plusieurs millions de dollars, selon le journal.

D’autres Etats américains ont emboîté le pas à la Floride. Les avions qui devaient y emmener des blessés ne s’y posent plus non plus.

Cette suspension pourrait s’avérer catastrophique pour les blessés, a déclaré le Dr Barth Green, cofondateur du «Project Medishare for Haiti», une ONG qui a évacué jusqu’à présent une vingtaine de blessés par jour. «Des gens sont en train de mourir en Haïti parce qu’ils ne peuvent pas partir», a-t-il déclaré au New York Times.

leparisien.fr

25 janvier 2010

Haïti – Quelle île va sortir de ces ruines?

Haïti 150x150 Haïti: Le bilan sélève à plus de 200.000 morts

Comment reloger au plus vite un million de sans-abri? C’est le casse-tête que doivent désormais résoudre les autorités haïtiennes et l’ONU, dix jours après le séisme qui a frappé l’île des Caraïbes et qui aurait fait, selon un bilan provisoire, 75 000 morts et 250 000 blessés. La tâche apparaît pour l’heure démesurée.

Pour la seule ville de Port-au-Prince, où deux nouvelles répliques ont été ressenties vendredi matin, entre 500 000 et 700 000 personnes sont aujourd’hui déplacées. La plupart se sont réfugiées dans des camps de fortune où les conditions d’hygiène sont plus que déplorables. Vendredi, des habitants ont commencé à incinérer en pleine rue des cadavres qui n’avaient pas été ramassés.

575 millions de dollars réclamés

Le gouvernement, qui affirme reprendre peu à peu le contrôle de la situation, a bien installé 20 000 tentes pouvant accueillir 100 000 sinistrés dans la capitale, mais ces solutions restent provisoires. L’option privilégiée par les autorités consiste à désengorger la ville en envoyant les populations dans les campagnes. Des dizaines de milliers de personnes sont déjà parties rejoindre famille ou amis. Vendredi, plusieurs centaines de nouveaux candidats au départ se sont pressés autour des 34 cars gratuits mis à leur disposition par le gouvernement.

Les autorités haïtiennes ont aussi annoncé que des “villages” allaient être installés à l’extérieur de la ville. Parallèlement, pour aider à la reconstruction, l’ONU va lancer à ses frais un programme “argent contre travail”, qui doit permettre à des Haïtiens de percevoir 5 dollars par jour pour participer aux travaux de déblaiement, nettoyage et reconstruction. Quant aux opérations de recherche d’éventuels survivants, elles sont en passe d’être abandonnées. Il reste pourtant des survivants sous les débris. Hier, une femme de 84 ans a été retirée des décombres de sa maison de Port-au-Prince. Elle a été transportée à l’hôpital dans un état critique et le pronostic des médecins était hier soir réservé.

L’autre priorité des équipes humanitaires reste la distribution de l’aide, qui peine toujours à parvenir aux sinistrés. Dans certains camps de Port-au-Prince, les rescapés n’ont encore vu aucune assistance arriver. “L’aide s’organise et va continuer à s’améliorer”, a pourtant assuré jeudi le président haïtien, René Préval. Des Casques bleus brésiliens ont effectivement distribué à des milliers de survivants affamés, dont certains n’avaient pas mangé depuis plusieurs jours, dix tonnes de rations alimentaires et 22 000 litres d’eau hier dans un quartier du centre-ville.

Le Programme alimentaire mondial prévoit quant à lui de distribuer 10 millions de repas la semaine prochaine. Côté infrastructures, quatre aéroports, dont celui de Port-au-Prince, sont désormais en service en Haïti et en République dominicaine voisine afin d’acheminer l’aide. Les Etats-Unis, qui disposeront demain de 20 000 militaires sur place, ont envoyé une tour de contrôle pour faciliter la gestion des centaines de vols internationaux. Selon l’ONU, le port de la capitale est “partiellement opérationnel “, tout comme 30 % des stations-service. La plupart des supermarchés devraient rouvrir la semaine prochaine.

Enfin, la situation haïtienne va aussi devenir une question financière dans les jours qui viennent. L’appel de fonds d’urgence de l’ONU pour Haïti lancé le 15 janvier n’a été jusqu’ici couvert qu’à 36%, soit 207 millions de dollars sur les 575 millions réclamés. Les “pays amis” d’Haïti, dont les Etats-Unis, la France, le Brésil et le Canada, vont tenir lundi à Montréal une réunion d’urgence pour coordonner leur action et pour préparer une conférence sur la reconstruction du pays dévasté.

Le JDD.fr

22 janvier 2010

10 ans pour reconstruire Haïti (ONG)

Haiti 2

La reconstruction d’Haïti, dont la capitale Port-au-Prince a été dévastée par un séisme le 12 janvier, s’étalera sur une décennie et demandera un effort soutenu de la part des donateurs, a prévenu jeudi le responsable de l’association américaine Habitat for Humanity.

“La récupération sera lente et exigeante. Nous allons avoir besoin d’une aide soutenue”, a expliqué Jonathan Reckford, président de cette ONG qui avait construit 2.000 logements à Haïti avant le séisme.

“Nous estimons à dix ans”, le temps nécessaire pour reconstruire le pays le plus pauvre du continent américain, a ajouté M. Reckford qui revient tout juste d’une visite sur place.
Selon lui, le tremblement de terre qui a fait au moins 75.000 morts et un million de sans-abri est une des “pires catastrophes” naturelles qu’Habitat for Humanity ait eu à gérer. Elle se range aux côtés du tsunami de décembre 2004 dans l’océan Indien et de l’ouragan Katrina qui avait submergé la Nouvelle-Orléans en 2005.

“Une fois que l’aide de base, comme l’eau et la nourriture, aura été distribuée, les gens vont avoir besoin d’un toit. J’espère que (les secours et donateurs) pensent à long terme et ont bien conscience du fait que l’aide à court terme n’est qu’une infime partie de tout le processus” d’aide, a averti M. Rockford.

Habitat for Humanity dit avoir récolté 1,5 million de dollars, mais espère atteindre une somme bien supérieure lorsque les opérations de sauvetage auront laissé la place à celles de reconstruction.

Le Figaro

21 janvier 2010

Haïti: Les opérations de sauvetage touchent à leur fin

HAITI-QUAKE

Le gouvernement haïtien a commencé à reloger les sans-abri victimes du séisme du 12 janvier dans des «villages» pouvant accueillir chacun 10 000 individus.  Les autorités ont réquisitionné une trentaine d’autocars pour transporter les sinistrés vers le nord et le sud de Port-au-Prince.

Alors que la population a critiqué le manque de réaction du gouvernement du président René Préval pour organiser les secours,  l’évacuation constitue l’une des premières mesures prises par le pouvoir pour répondre à la crise. Le tremblement de terre a fait «au moins 500.000» sans-abri rien que dans la capitale Port-au-Prince où ils occupent quelque 447 camps de fortune.

Les bulldozers bientôt en action

Pendant ce temps, les opérations de secours d’urgence touchent à leur fin. Mercredi soir, une fillette de 11 ans a été retrouvée vivante par des voisins sous des décombres, puis transportée à un hôpital géré par des médecins français. Mais les sauvetages de ce type risquent désormais de devenir l’exception. Les États-Unis, maîtres d’œuvre de la logistique, ont dit s’attendre à achever «très bientôt» la phase de recherche des survivants pour passer au ramassage des corps et au déblaiement de la capitale dévastée. Les dirigeants haïtiens ont, pour leur part, assuré que leur pays n’était «pas sous tutelle» et que le déploiement militaire américain s’était fait à leur demande.

L’acheminement de l’aide humanitaire devrait s’accélérer : quatre aéroports, dont celui de Port-au-Prince, sont désormais en service en Haïti. Mais le travail des secouristes a encore été perturbé jeudi par une nouvelle secousse d’une magnitude de 4,8 qui s’est produite vers midi (18h à Paris). Le gouvernement haïtien a été forcé d’interrompre une réunion en cours pour permettre à ses membres de se réunir en plein air.

47% des Français comptent donner

Jeudi soir, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a annoncé la détaché auprès de la mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (Minustah).  Les équipes de secours de la sécurité civile française, qui restent mobilisées, ont dégagé 14 personnes vivantes des décombres. Un peu plus tôt dans la journée, le ministère des Affaires étrangères avait fait état d’un bilan provisoire de 22 Français morts et de 11 autres dont on était toujours sans nouvelles. Les Français qui se mobilisent toujours et continuent à donner : 47% d’entre eux comptent envoyer un don pour les victimes du séisme, selon un sondage TNS-Sofres.

Pour la première fois, les habitants ont pu retirer de l’argent dans un établissement bancaire. Ils se sont rués sur les guichets de la Banque de la République d’Haïti (BRH). Enfin, la Banque mondiale a annoncé jeudi qu’elle suspendait pendant cinq ans le remboursement des sommes que lui doit Haïti, une dette qui se monte à 38 millions de dollars, et qu’elle travaillait à l’annulation totale de cette dette.

le figaro.fr

Article du 20 janvier: les Américains débarquent pour sécuriser l’aide humanitaire

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Sécuriser les distributions de l’aide alimentaire et les hôpitaux en liaison avec les Casques bleus déjà présents, mais aussi favoriser le passage des convois humanitaires et des ambulances. Une semaine après le séisme, les premiers militaires américains se sont déployés mardi dans Port-au-Prince, la capitale haïtienne.

«Poussez-vous !» Fusil-mitrailleur à l’épaule, les soldats américains foncent en colonne vers l’Hôpital général et prennent le contrôle de la sécurité à l’entrée. Les hommes de la 82e Airborne sont arrivés mardi matin à bord d’hélicoptères qui se sont posés sur la pelouse du Palais national complètement détruit.

«Fournir de l’électricité, des infrastructures et une organisation, voilà pourquoi nous sommes ici», explique l’un d’eux. «Il y a du racket, pas mal de vols, on n’arrive pas à contrôler tout le monde. C’est pourquoi on a fait appel à eux», explique le chef de la sécurité du palais présidentiel. Rapidement et fermement, les militaires commencent à faire sortir ceux qui, apparemment, ne devraient pas se trouver là.

Tensions internationales

L’arrivée massive des forces américaines en Haïti a suscité des tensions internationales, le Venezuela accusant Washington de vouloir «occuper» Haïti. En France, des critiques ont également vu le jour, mais l’Elysée a tenu à mettre les choses au point mardi, saluant «le rôle essentiel que les Etats-Unis jouent sur le terrain».

3 500 Casques bleus en renfort pour éviter pillages et attaques

Alors que les derniers jours ont été marqués par une poussée de violence, notamment lors des distributions d’aide – obligeant ainsi la Croix-Rouge à en interrompre une dans le quartier de Delmas, à Port-au-Prince, en raison d’une «atmosphère tendue» – cette mobilisation américaine doit faciliter l’accès de l’aide à la population. L’arrivée prochaine de 3 500 Casques bleus – militaires et policiers – supplémentaires approuvée mardi par le Conseil de sécurité de l’ONU va dans le même sens.

«Les policiers envoyés en renfort vont escorter les convois humanitaires, des milliers de tonnes d’aide alimentaire sont acheminées vers 200 points de distribution et ces convois ont un besoin croissant d’être escortés», a expliqué le directeur des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Alain Leroy. «Les militaires, eux, vont assurer la sécurité des couloirs humanitaires, entre Port-au-Prince et la République dominicaine, et entre la capitale et le port qui se trouve au nord de Haïti», le port de la capitale ayant été gravement endommagé, souligne-t-il.

Au moins 75 000 morts, 90 survivants tirés des décombres

Alors qu’Haïti compte ses victimes – 75 000 morts, 250 000 blessés et un million de sans-abri, selon un bilan provisoire mardi soir – l’ONU a affirmé que «l’espoir persiste» de retrouver des survivants. Mais le général Daniel Allyn, chef adjoint de l’opération américaine en Haïti, a annoncé que la phase de recherche des survivants allait «très bientôt» s’achever. Depuis une semaine, «au moins 90 survivants» ont été tirés des décombres, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). Les blessés affluent toujours vers des centres de soins débordés, où les amputations se succèdent.

Eviter une catastrophe sanitaire

Sur le front des secours, l’urgence est désormais d’éviter une catastrophe sanitaire: sans accès à l’eau potable et à des sanitaires, les risques d’épidémie augmentent à chaque instant. A Port-au-Prince, huit hôpitaux, dont la moitié sont des structures de campagne, sont opérationnels et le navire-hôpital américain Comfort, avec 1 000 lits à bord, était attendu dans les prochains jours.

Malgré des débuts difficiles dans la distribution de l’aide dus à des problèmes logistiques et de coordination, «il y a des progrès, nous avançons sur l’assistance humanitaire d’urgence», a estimé la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) Emilia Casella.

1,2 milliard de promesses de dons

A Saint-Domingue, une première réunion internationale sur la reconstruction a estimé qu’Haïti avait besoin de dix milliards de dollars sur cinq ans pour se rétablir. Selon des données communiquées mardi par l’ONU, des promesses de dons de plus de 1,2 milliard de dollars, provenant d’Etats, de personnes privées et d’entreprises, ont déjà été recueillies.

Le Parisien

19 janvier 2010

Haïti : La population est à bout !

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Six jours après le séisme qui a fait au moins 70 000 morts en Haïti, la distribution de nourriture aux centaines de milliers de sinistrés commence «petit à petit à se mettre en place», selon l’ONU. Mais «la population est à bout», reconnaît une porte-parole.

Les distributions tournent parfois à l’émeute tandis que les scènes de pillages se multiplient.

L’ONU va envoyer 3 500 casques bleus supplémentaires. Malgré les difficultés logistiques, et notamment l’engorgement de l’aéroport de Port-au-Prince, les opérations de secours montent en puissance avec l’ouverture prévue lundi de 280 centres d’accueil.

Le bilan de la catastrophe s’alourdit encore davantage. Selon le secrétaire d’Etat à l’Alphabétisation, Carol Joseph,  70 000 cadavres ont été enterrés dans des fosses communes. Les forces américaines estiment que le nombre de morts pourrait atteindre 200 000. La secousse a fait au moins 250 000 blessés et 1,5 million de sans-abri.

Des centres d’accueil et un camp de réfugiés. Afin de distribuer des vivres et d’héberger en moyenne 500 sans-abri, 280 centres d’accueil devaient ouvrir lundi, d’après le gouvernement haïtien. De son côté, l’Organisation internationale pour les migrations veut installer un camp pour accueillir 100 000 personnes. Un hôpital de la sécurité civile va être installé dans le lycée français de Port-au-Prince. De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) et prévoit la mise en place de 14 centres de distributions dans la capitale haïtienne et 30 à 40 ailleurs dans le pays.

L’eau et la nourriture manquent. L’urgence est désormais d’éviter une énorme catastrophe sanitaire : sans accès à l’eau potable, à des sanitaires, les risques d’épidémie augmentent. Cent cinq mille rations d’aide alimentaire ont été distribuées depuis le 12 janvier, selon le PAM qui estime qu’il en faudra 100 millions pour les 30 prochains jours. Arrivé sur zone, le Carl Vinson, un porte-avions nucléaire américain, a commencé à faire profiter les sinistrés de l’eau potable produite en grande quantité à son bord. Lundi, à la mi-journée, un premier hélicoptère a décollé avec environ 700 litres d’eau dessalée.

Les scènes de pillage se multiplient. Face au chaos et à une population aux abois, le gouvernement haïtien a décrété dimanche l’état d’urgence jusqu’à la fin du mois. Selon le Comité international de la Croix-Rouge, «les incidents violents et les pillages sont en hausse alors que monte le désespoir». De plus en plus d’Haïtiens n’hésitent plus à pénétrer dans les ruines dans l’espoir de récupérer des objets, de la nourriture. Les violences se multiplient, dans les rues, des pillards sont parfois armés de marteaux et de couteaux. La moindre trouvaille peut dégénérer. Pour protéger les campements de fortune, des couvre-feu ont été décrétés.

Les difficultés logistiques entravent l’organisation de l’aide. La communauté internationale continue de se mobiliser, 43 tonnes de nourriture devaient ainsi arriver lundi à Haîti. Mais les efforts sont entravés par des difficultés logistiques : l’aéroport est engorgé, le port a été détruit et les routes sont souvent coupées par les décombres. Le manque de carburant est «de plus en plus critique» et menace de provoquer une interruption des télécommunications mobiles alors que le principal opératuer de l’île, Digicel, a affirmé avoir remis en service 70 % de ses réseaux à Port-au-Prince. Le PAM espère ouvrir cinq couloirs humanitaires pour apporter l’aide aux victimes. Selon un officier américain, quelque 600 mouvements d’avions ont pu avoir lieu depuis mercredi soir à l’aéroport de Port-au-Prince, dont la tour de contrôle reste inutilisable.

Les opérations de sauvetage se poursuivent. Dans les décombres, les recherches se poursuivent six jours après la catastrophe avec de nouveaux rescapés sauvés. Mais les espoirs de retrouver des survivants s’amenuisent et certaines équipes commencent à plier bagages. Des secouristes belges et luxembourgeois sont repartis chez eux, d’autres, des Israéliens, ont décidé de se concentrer sur les blessés.

Clinton chargé de coordonner les secours et l’aide. Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a demandé lundi au Conseil de sécurité l’envoi de 1 500 policiers et de 2 000 militaires supplémentaires afin de renforcer la Mission de l’ONU en Haïti (Minustah), qui dispose déjà de quelque 11 000 hommes. L’ancien président américain Bill Clinton, émissaire spécial des Nations unies pour Haïti, est arrivé lundi dans un avion transportant de l’eau, des vivres, des médicaments, des lampes torches solaires, des transistors et des générateurs électriques. Il devra tenter de coordonner les secours et l’aide.

Les Etats-Unis, première force sur place. Au total, 12 500 soldats américains devaient être déployés sur zone lundi, le président Obama ayant ordonné dimanche la mobilisation de réservistes pour participer à des missions humanitaires. Des parachutistes de la 82e division aéroportée ont ainsi commencé lundi à établir une base d’opérations au nord de Port-au-Prince pour distribuer l’assistance humanitaire. Ce qui a poussé le président vénézuélien Hugo Chavez à accuser dimanche les Etats-Unis de profiter du séisme pour «occuper militairement» l’île caribéenne. .

Les pays donateurs réunis le 25 janvier. Le président haïtien René Préval s’est rendu lundi à Saint-Domingue où a débuté une réunion internationale destinée à préparer la conférence des pays donateurs organisée le 25 janvier à Montréal. L’Union européenne a promis lundi près d’un demi-milliard d’euros à court et à long terme.

Le Parisien.fr

Article du 17 Janvier 2010

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La communauté internationale a promis d’aider à la reconstruction de Haïti, mais dimanche, les rescapés du tremblement de terre de mardi avaient toujours le plus grand mal à se procurer eau, vivres et médicaments.

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira lundi pour se prononcer sur une proposition d’augmentation provisoire des effectifs de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), afin d’améliorer la sécurité dans ce pays après le séisme.

“Nous allons demander demain au Conseil de sécurité une légère augmentation (des effectifs)”, a dit à Reuters Alain Le Roy, chef des opérations de maintien de la paix de l’Onu. Il n’a pas précisé quelle serait l’ampleur de ce renforcement.

Cinq jours après le séisme d’une magnitude de 7,0 sur l’échelle de Richter, dont le bilan pourrait atteindre 200.000 morts, les équipes internationales de secours ont encore trouvé des survivants sous les décombres des bâtiments détruits de Port-au-Prince.

Des centaines de milliers de Haïtiens affamés attendent désespérément de l’aide mais des problèmes de logistique empêchaient une grande partie des secours de parvenir aux victimes qui survivent dans des camps de fortune, dans des rues jonchées de débris et de cadavres en décomposition.

“Il s’agit de l’une des plus graves crises humanitaires en plusieurs décennies. Les dégâts, les destructions, les pertes en vies humaines sont tout simplement terribles”, a déclaré le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, qui a parcouru dimanche la capitale pour se rendre compte des dévastations.

Les Nations unies fournissent de la nourriture à 40.000 personnes par jour et espèrent porter ce nombre à un million d’ici deux semaines, a-t-il dit.

“Le défi en ce moment est de coordonner toute cette assistance qui afflue”, a souligné Ban.

L’ancien président américain Bill Clinton, qui est l’émissaire spécial des Nations unies pour Haïti, a annoncé dimanche qu’il se rendrait lundi dans ce pays pour y rencontrer le président René Préval et acheminer de l’aide aux sinistrés.

Au cours du week-end, des centaines de pillards ont fait leur apparition dans les rues, s’emparant dans les magasins éventrés de tout ce qu’ils peuvent y trouver et des affrontements ont éclaté entre groupes d’hommes armés de couteaux, de haches ou de pierres.

Des heurts ont opposé des bandes de pillards et la police a tenté de les disperser et ouvert le feu. Un pilleur au moins a été abattu, ont rapporté des témoins.

Le président Préval a annoncé que 3.500 militaires américains aideraient les membres de la mission de maintien de la paix des Nations unies et les policiers haïtiens à assurer la sécurité dans la capitale.

“Nous avons à Port-au-Prince 2.000 policiers qui sont très affectés. Et 3.000 bandits se sont échappés de prison (pendant le séisme). Cela vous donne une idée de la gravité de la situation”, a dit le chef de l’Etat à des journalistes.

LYNCHAGES

Des habitants ont découvert à leur réveil les corps de voleurs lynchés par la foule ou abattus par des hommes se présentant comme des policiers en civil.

Un journaliste de Reuters a vu le corps carbonisé d’un homme qui, selon des riverains, a été brûlé vif par des habitants qui l’avaient surpris à voler. Deux jeunes hommes gisaient sur le sol, présentant des blessures par balles à la tête et les mains liées derrière le dos.

“Les Haïtiens prennent en partie les choses en mains. Il n’y a pas de prisons, les criminels courent les rues, il n’y pas d’autorités pour contrôler cela”, commente Eddy Toussaint, un enseignant, en contemplant les corps.

De nombreuses personnes emportant sur leur tête des valises avec les quelques biens qu’elles ont pu récupérer fuient à pied la capitale dans l’espoir de trouver vivres et abri à la campagne et d’échapper aux répliques et aux violences.

Les dégâts occasionnés par le séisme à la prison de Port-au-Prince ont permis aux 3.000 détenus de s’évader et beaucoup ont repris leurs habitudes à Cité Soleil, le plus grand bidonville de la capitale, autrefois contrôlé par des bandes armées.

“Il est naturel qu’ils reviennent ici. Cela a toujours été leur bastion”, observe un policier.

Les rares policiers présents dans les rues tirent de temps à autre des coups de semonce pour tenter de disperser les pillards.

Les distributions de vivres tournent à la bagarre entre rescapés où les plus forts l’emportent sur les plus faibles.

“La distribution est totalement désorganisée. Ils n’identifient pas ceux qui ont besoin d’eau. Les personnes âgées ou malades n’ont aucune chance”, se désole Estimé Pierre Deny en observant une foule se précipiter vers un camion distribuant de l’eau.

La mission des Nations unies responsable de la sécurité à Haïti a perdu au moins 40 de ses membres dans l’effondrement de son QG. L’Onu a annoncé que le chef de la mission, le Tunisien Hedi Annabi, son adjoint, le Brésilien Luiz Carlos da Costa, et le commissaire de la police de l’Onu à Haïti, le Canadien Doug Coates, avaient été tués.

Des répliques continuent de secouer Port-au-Prince, terrifiant les survivants tandis que les sauveteurs poursuivent leurs recherches.

ENCORE DES SURVIVANTS EXTRAITS DES RUINES

Dimanche aux premières heures, trois personnes ont ainsi été extraites des ruines d’un supermarché de cinq étages. Des équipes américaine et turque y ont dégagé une petite Haïtienne de sept ans, un Haïtien ainsi qu’une Américaine, a rapporté un photographe de Reuters, Carlos Rawlins.

Tous trois étaient hagards, mais aucun d’entre eux ne paraissait grièvement blessé.

Les sauveteurs étaient sur le point d’arrêter leurs recherches à cet endroit, samedi, lorsqu’une caissière a réussi à appeler un proche à Miami pour dire qu’elle était vivante sous les décombres. Une centaine de personnes pourraient avoir été prises au piège dans ce supermarché.

Samedi, une équipe russe avait dégagé deux petites Haïtiennes de neuf et onze ans des ruines d’une maison.

Le ministre de l’Intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, a déclaré que quelque 50.000 corps avaient déjà été enterrés dans des fosses communes creusées à la hâte à l’extérieur de la capitale, mais que le bilan définitif risque de se situer entre 100.000 et 200.000 morts.

Des dizaines de cadavres se décomposent au soleil dans la cour jouxtant le principal hôpital. Les jardins de l’hôpital sont envahis de lits où reposent des blessés, abrités par des bâches tendues entre les arbres.

Le séisme a détruit le palais présidentiel et les systèmes de communication et de distribution d’électricité. Le président René Préval vit et travaille au siège de la police judiciaire et le gouvernement n’est pas en mesure de gérer seul la crise.

Article du 16 Janvier 2010

Haiti UnePort-au-Prince, la capitale dévastée d’Haïti, a été secoué samedi matin par un séisme d’une magnitude de 4,5 degrés, réplique du tremblement de terre qui a détruit mardi dernier une grande partie de la ville, a annoncé l’institut géologique américain (USGS).

L’hypocentre du séisme était situé à une profondeur de 10 km à quelque 25 kilomètres de la capitale, selon un communiqué de l’institut. Plus de trente répliques ont secoué Port-au-Prince depuis le séisme de mardi d’une magnitude de 7, semant la panique parmi les survivants entassés dans les rues de la capitale haïtienne.

Des milliers d’Haïtiens, terrifiés à l’idée d’un nouveau séisme et craignant la violence des pillards, tentent de quitter Port-au-Prince, capitale dévastée d’un pays en ruines. Les troupes américaines ont commencé à distrib uer une aide humanitaire.

Dans l’ensemble du pays, les responsables haïtiens évaluent le bilan de la catastrophe à au moins 50′000 tués, 250′000 blessés et 1,5 million de sans-abri. Plus de 15′000 cadavres ont déjà été ensevelis, selon le Premier ministre. Le ministre de l’Intérieur a lui estimé que le bilan pourrait atteindre jusqu’à 200′000 tués.

Ce séisme est le pire désastre auquel l’ONU a été confrontée dans son histoire, a estimé la porte-parole du bureau de coordination des affaires humanitaires. Les agences onusiennes souhaitent intensifier leur distribution d’aide et elles prévoient d’assister 60′000 personnes quotidiennement.

Quatre jours après la tragédie, les pillages sont de plus en plus fréquents. Quelque 6000 détenus, dont un grand nombre condamnés à la prison à vie, ont profité du séisme pour s’échapper de prisons en partie détruites.

Les autorités haïtiennes sont désemparées. “Le gouvernement a perdu ses capacités de fonctionnement mais il ne s’est pas effondré”, assure toutefois le président René Préval. Vendredi, les Etats-Unis ont été officiellement chargés de faire fonctionner l’aéroport, en vertu d’une convention signée avec le gouvernement haïtien.

Côté suisse, un avion avec du matériel d’urgence pour 10 à 15′000 personnes, des médicaments, du matériel médical et du matériel pour la reconstruction a atterri à Saint-Domingue. Une quarantaine d’experts sont également dans la région. Ils sont actifs dans le domaine médical, dans l’assainissement de l’eau ou encore dans la construction d’abris provisoires. Un second avion est attendu lundi.

Article du 16 Janvier 2010

Plus de 50.000 personnes ont été tuées et 250.000 blessées en Haïti lors du séisme de mardi : tel était le bilan avancé ce vendredi soir par le gouvernement haïtien. Côté français, le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet a annoncé que huit compatriotes sont décédés et ont été identifiés.

Alors que la pénurie d’eau potable et de nourriture se faisait durement sentir à Port-au-Prince trois jours après le tremblement de terre qui a rasé une partie de la ville, Alex Larsen, le ministre haïtien de la Santé publique, a annoncé que plus de 50.000 personnes ont été tuées et 250.000 blessées. Près d’un million et demi d’Haïtiens sont, selon lui, sans abri depuis la catastrophe. Le gouvernement, transféré dans un commissariat de police près de l’aéroport international, a réquisitionné tous les centres sportifs de la capitale. Ils sont transformés en centres de santé pour soigner les nombreux blessés.

Des fosses communes vont être creusées pour enterrer les cadavres qui tombent en putréfaction. «Les corps de plus de 15.000 personnes ont déjà été collectés et ensevelis», a déclaré Jean-Max Bellerive, le Premier ministre haïtien à la presse après une rencontre avec le secrétaire d’Etat français, Alain Joyandet. Reconnaissant qu’il s’agissait là d’un bilan «extrêmement partiel», Jean-Max Bellerive a confié :«Nous nous sommes contentés simplement de ramasser des morts qui étaient dans les artères», alors que des milliers d’autres se trouvent encore sous les décombres.

Deux nouvelles victimes françaises

Alain Joyandet a annoncé vendredi soir la mort de deux Français : une religieuse et un employé de société de télécommunication, ce qui porte à huit le nombre des victimes de nationalité française. Six corps, dont ceux d’une fillette, d’une grand-mère, de deux gendarmes et de deux entrepreneurs originaires du Cantal, avaient déjà été identifiés la veille. Le Quai d’Orsay craint la «disparition» d’au-moins 20 à 30 Français. Quelque 1.400 Français vivent en Haïti, dont 1.200 à Port-au-Prince, environ la moitié ayant la double nationalité franco-haïtienne.

Les parachutistes américains ont sécurisé l’aéroport

Ce vendredi soir, la tension était palpable dans le chaos des rues de la capitale sinistrée, malgré le déploiement progressif de soldats américains venus participer aux secours et assurer la sécurité. Les parachutistes de la 82e division aéroportée de l’armée américaine ont pris le contrôle de l’aéroport Toussaint-Louverture. D’ici à lundi, 9.000 à 10.000 GI’s seront sur place, a indiqué le chef d’état-major interarmées américain, Mike Mullen. L’ONU, de son côté, va redéployer vers Port-au-Prince 5.000 Casques bleus, militaires et policiers, actuellement répartis dans le pays.

Si rien n’est fait pour satisfaire les besoins urgents de la population, tels que le manque de logements, l’accès à l’eau et à la nourriture, «on court le risque d’avoir des émeutes», a mis en garde le ministre brésilien de la Défense, Nelson Jobim, à son retour de la capitale haïtienne.

Le Parisien

14 janvier 2010

Haïti Anéantie ! – Plus de 100.000 morts…selon le 1er Ministre (Vidéos)

haiti apres le seisme port au prince 303 150x150 Haïti: Le bilan sélève à plus de 200.000 morts

Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a affirmé à la chaîne américaine CNN qu’il craignait que le bilan du puissant séisme ne soit “bien au-dessus de 100.000 morts”. Mais aucun bilan officiel n’avait pu être établi mercredi soir.

Le président haïtien René Préval a, pour sa part, annoncé au quotidien américain Miami Herald qu’il craignait que le séisme ait fait “des milliers de morts” et a appelé la communauté internationale à l’aide. Dans un pays aux infrastructures déjà très rudimentaires, il est devenu pratiquement impossible d’acheminer les blessés dans les centres hospitaliers encore debout.

Français. Une cinquantaine de Français sont recherchés “activement” par les services de l’ambassade de France à Port-au-Prince parce qu’ils se trouvaient, lors du séisme, dans des zones particulièrement “détruites”, a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. “200 Français ont été regroupés à l’ambassade et à la résidence” de l’ambassadeur, a-t-il précisé.

Le séisme le plus fort depuis au moins un siècle. Plusieurs heures après la violente secousse survenue à 16 h 53, heure locale (22 h 53, heure française), une trentaine de répliques très violentes se sont fait ressentir, allant jusqu’à une magnitude de 5,9. Le séisme, dont l’épicentre se trouvait à 10 kilomètres de profondeur, a été si puissant qu’il a été ressenti jusqu’à Guantanamo, situé à environ 300 kilomètres de Port-au-Prince. Haïti n’avait pas connu une secousse d’une telle violence (elle aurait duré plus d’une minute) depuis au moins un siècle. “Le centre de Port-au-Prince est détruit, c’est une véritable catastrophe”, a déclaré un habitant. Les scènes de chaos s’ajoutent à celles de pillages. Haïti a été frappé ces dernières années par une série de catastrophes, notamment par des ouragans meurtriers en 2008 qui ont fait plus de 800 morts et environ un million de sinistrés.

“Tragédie pour l’ONU”.
Jusqu’à 200 membres du personnel de l’ONU portés disparus, a annoncé l’Organisation des Nations unies mercredi. “C’est une tragédie pour Haïti et pour les Nations unies”, a déclaré dans la journée le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon au cours d’un point de presse au siège de l’ONU à New York. Il a annoncé que le chef de la mission de paix de l’ONU (Minustah), le Tunisien Hedi Annabi – né en 1944 -, et son adjoint étaient portés disparus. Le ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner a déclaré au micro de RTL un peu plus tôt que le représentant de l’ONU en Haïti “serait mort “.

Par ailleurs, l’archevêque de Port-au-Prince, Mgr Serge Miot, est décédé lors du séisme et son corps a été retrouvé sous les décombres de l’archevêché, a annoncé mercredi à Rome l’agence d’informations religieuses Misna. Le vicaire général, Mgr Charles Benoît, est porté disparu, selon la même source.

Étudiants bloqués. Un journaliste de la télévision haïtienne Haitipal a rapporté que de nombreux bâtiments publics de la capitale, y compris le palais présidentiel, s’étaient écroulés. Plusieurs établissements universitaires ont été endommagés par le choc et des étudiants sont bloqués sous les débris. De nombreux élèves sont également bloqués à l’intérieur du lycée français d’Haïti .

Détenus en fuite. La prison principale de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, s’est effondrée, permettant à “quelques détenus” de fuir, a annoncé mercredi l’ONU à Genève.

Liaisons téléphoniques coupées. Il est extrêmement difficile d’entrer en contact avec des personnes vivant aux alentours de Port-au-Prince. Les portables sont coupés depuis la chute des édifices les plus modernes et les plus hauts de Port-au-Prince, dont l’immeuble de l’opérateur téléphonique Digitel. Les lignes fixes demeurent accessibles, les compagnies Haïtel et Teleco fonctionnant.

“L’aéroport est opérationnel.”
L’aéroport de Port-au-Prince “est opérationnel, et l’aide va commencer à arriver”, a déclaré mercredi à New York Alain Leroy, chef du département du maintien de la paix de l’ONU. La réouverture de l’aéroport est cruciale pour permettre l’acheminement de l’aide internationale à Haïti, totalement démuni pour faire face à la catastrophe.

Le Point.fr

Paris envoie des avions d’aide, dépêche un ministre

La France a envoyé mercredi plusieurs avions d’aide et des sauveteurs en Haïti, frappé par un séisme dévastateur, et devait dépêcher son secrétaire d’Etat à la Coopération Alain Joyandet, tandis que les associations humanitaires se mobilisent.

Un total de 130 pompiers ou sauveteurs français auront rejoint la capitale haïtienne Port-au-Prince “au plus tard dans les 24 heures”, selon la sécurité civile.

Un avion a décollé mercredi de Martinique, île française des Antilles, et devait arriver à Port-au-Prince en début d’après-midi (heure locale), a indiqué la sécurité civile. Un autre avion devait décoller de Paris dans l’après-midi.

Ces premiers détachements spécialisés dans le sauvetage et le déblaiement des décombres devaient être complétés par des équipes spécialisées dans la médecine d’urgence, a précisé la sécurité civile.

Par ailleurs, deux autres avions militaires de type Casa transportant une centaine d’hommes basés aux Antilles devaient rejoindre Haïti dans la journée, a annoncé la préfecture de Martinique.

Le président Nicolas Sarkozy, qui a fait part mercredi de son “effroi” et de sa “profonde émotion”, a décidé d’envoyer sur place d’ici la fin de semaine le secrétaire d’Etat à la Coopération Alain Joyandet.

Quelque 1.400 Français vivent en Haïti, dont 1.200 à Port-au-Prince.
Le Quai d’Orsay a mis mercredi un numéro d’urgence à la disposition des familles qui veulent avoir des nouvelles des leurs après le très violent tremblement de terre de la nuit dernière. Ce numéro est le 01.45.50.34.60.

De leur côté, les ONG françaises se mobilisaient elles aussi pour envoyer des moyens sur place, et lançaient des appels aux dons. Parmi elles, Médecins sans frontières (MSF), qui a déjà accueilli 600 blessés dans ses centres de soins à Port-au-Prince, devait envoyer dans la soirée un hôpital gonflable d’une capacité de 100 lits. Médecins du Monde va envoyer “dès que possible” un charter chargé de 40 tonnes de matériel logistique et d’équipements médicaux ainsi qu’une “équipe d’urgence” d’une dizaine de médecins, chirurgiens, infirmiers et logisticiens. Action contre la faim (ACF) a annoncé le départ mercredi depuis Paris de quatre membres de sa cellule d’urgence. Un avion cargo va aussi s’envoler vendredi soir avec à son bord 40 tonnes de matériel d’assainissement d’eau et d’aide alimentaire. La Croix-Rouge française a annoncé qu’elle allait installer “dès que possible” une première unité de traitement d’eau pour 40.000 personnes et distribuer des produits de première nécessité pour 20.000 personnes et prévoit d’affréter un avion de matériel.

Le Parisien

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Article du Mardi 12 Janvier

Le plus fort séisme en plus de 200 ans à Haïti, d’une magnitude de 7,0 sur l’échelle de Richter, a frappé cette île des Grandes Antilles mardi après-midi, provoquant un “désastre total”, selon un responsable des services de secours.

L’épicentre du tremblement de terre, tout d’abord évalué d’une magnitude de 7 et au large des côtes, s’est produit en fait à l’intérieur des terres, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Carrefour, près de la capitale Port-au-Prince. Il s’est produit en outre à seulement 30 km de profondeur.

Les moyens de communications ont été fortement perturbés, rendant difficile d’évaluer l’ampleur des dommages alors que de puissantes répliques sismiques continuaient de secouer un pays désespérément pauvre. Des pannes d’électricité ont été signalées à plusieurs endroits.

Karel Zelenka, un représentant des Services de secours catholiques dans la capitale de Port-au-Prince, a déclaré à des collègues américains, avant que le service téléphonique ne tombe en panne, que le séisme “aura sûrement causé des milliers de morts”.

Selon Sara Fajardo, une porte-parole du groupe de secours, M. Zelenka a rapporté que le chaos régnait dans la capitale, qui était enveloppée de nuages de poussière.

Des membres du personnel de l’ambassade des Etats-Unis ont confié avoir vu plusieurs édifices complètement démolis et des corps étendus dans la rue et sur le trottoir, atteints par des débris.

Selon l’institut géologique américain (USGS), l’épicentre de la secousse était situé à environ 15 km à l’ouest de la capitale Port-au-Prince et à 8 km de profondeur.

Dans l’heure qui a suivi la première secousse, une série de puissantes répliques ont été enregistrées, les deux principales d’une magnitude de 5,9 et 5,5, selon Don Blakeman, de l’USGS dans le Colorado. “Nous nous attendons à encore d’autres répliques, parce que c’est un séisme important, et peu profond”, a-t-il dit.

“Je crois que nous allons avoir des dégâts et victimes substantiels”, a-t-il ajouté.

Un journaliste d’AP a vu les décombres de l’hôpital de Pétionville, près de Port-au-Prince, alors qu’un officiel américain en visite disait de son côté avoir vu des maisons effondrées dans un ravin.

“Tout le monde est totalement terrifié et sous le choc”, a raconté Henry Bahn, du ministère américain de l’Agriculture, “le ciel est gris de poussière”. Il marchait dans la rue quand la terre a tremblé: “j’ai continué à avancer, et je rebondissais contre les murs. J’ai juste entendu énormément de bruit, et des cris”.

En milieu de soirée mardi, des responsables de l’Organisation des Nations unies ont fait savoir que plusieurs membres de son personnel en Haïti n’avaient pu être retracées.

De nombreux employés de l’ONU portés disparus

Le violent tremblement de terre qui a frappé Haïti hier a provoqué des centaines de morts, ont rapporté de nombreux témoins dans les premières heures après la catastrophe. “Les morts seront comptés par centaines lorsqu’il sera possible de dresser un bilan”, a déclaré à l’AFP un médecin. Selon un autre témoin, “le centre de Port-au-Prince est détruit, c’est une véritable catastrophe”. Le gouvernement américain a annoncé l’envoi d’une première équipe de sauveteurs.

L’ONU a annoncé mercredi que le siège de sa mission de stabilisation en Haïti avait été gravement endommagé par le séisme, et qu’un grand nombre de son personnel était porté disparu.

D’autres bâtiments de l’ONU ont également été endommagés, selon Alain Le Roy, chef du département des opérations de maintien de la paix à l’ONU, qui parle d’un “tremblement de terre catastrophique”.

“Le contact avec le personnel de l’ONU sur place est très difficile à établir”, a déclaré M. Le Roy dans un communiqué. “Pour l’heure, un grand nombre de notre personnel est porté manquant”.

L’ONU entretient 9.000 employés à Haïti, stationnés dans le pays depuis 2004 et affectés au maitien de la paix civile.

Un séisme de magnitude préliminaire de 7 a frappé Haïti mardi, suivi de deux répliques d’une magnitude de 5,9 et 5,5, selon les scientifiques américains.

Le contact avec le pays est difficile, et aucun bilan n’est encore disponible, mais de nombreux témoignages faisant état de dévastations de grande ampleur laissent craindre que le sésime ait fait de très nombreuses victimes.

L’aide humanitaire mobilisée

De façon isolée différents pays ont proposé et commencé à acheminer leur aide à Haïti.

Les États-Unis ont été les premiers à réagir et à offrir leur aide. « Mes pensées et mes prières vont à tous ceux qui ont été frappés par ce tremblement de terre », a compati le président Barack Obama dans un communiqué. « Nous suivons la situation de près et nous tenons prêts à venir à l’aide du peuple d’Haïti », a-t-il ajouté.

« Les États-Unis offrent leur pleine assistance à Haïti et aux autres pays de la région. nous fournirons une aide à la fois civile et militaire prévue pour les situations de catastrophe, ainsi qu’une assistance humanitaire » a indiqué de son côté la secrétaire d’État Hillary Clinton.

Joignant l’acte à la parole, le gouvernement américain a annoncé mardi soir l’envoi d’une première équipe de sauveteurs à Haïti, qui aideront à fouiller les décombres à la recherche de survivants du tremblement de terre.

L’équipe déployée compte 72 personnes, 6 chiens dressés spécialement et quelque 48 tonnes d’équipement de sauvetage, a indiqué dans un communiqué l’agence d’aide au développement USAID. Des experts en catastrophes naturelles accompagneront les sauveteurs afin de les aider à évaluer la situation, a précisé la même source.

Par ailleurs, la Banque interaméricaine de développement (BID) a immédiatement annoncé le déblocage d’une aide d’urgence de 200.000 dollars en faveur d’Haïti. Ce fonds doit permettre de fournir de l’eau, des vivres, des médicaments et des abris aux victimes, a précisé la BID dans un communiqué. « Nous sommes en contact avec d’autres donateurs pour échanger des informations et coordonner les secours”, a précisé à l’AFP le président de la Banque, Luis Alberto Moreno.

Selon l’AFP le gouvernement vénézuélien va envoyer mercredi à l’aube une « équipe d’aide humanitaire » de cinquante experts en Haïti, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Nicolas Maduro, qui a ajouté que ce contingent transportera également des aliments et des médicaments.

Au Quai d’Orsay à Paris, la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères a annoncé l’acheminement d’une aide française d’urgence à Haïti. « le Centre de crise du ministère des Affaires étrangères et européennes a immédiatement été mobilisé (…) pour – en liaison avec la Sécurité civile – mobiliser et acheminer sans délais une aide d’urgence à Port-au-Prince », a affirmé le ministre Bernard Kouchner dans un communiqué, sans donner de détails sur cette aide ni de dates pour son départ.

« Dans ces moments dramatiques, la France exprime toute sa solidarité avec la République d’Haïti et adresse un témoignage fort et solidaire de sympathie au peuple haïtien », a conclu le chef de la diplomatie française.

AP – Associated Press

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