Il y a vingt ans, le mur de Berlin s’écroulait…sur le communisme !

Publié le 09/11/2009 par " Le Grand Journal "

berlin Il y a vingt ans, le mur de Berlin s’écroulait...sur le communisme !La pluie et le froid ne seront pas venus à bout de l’immense ferveur populaire. Les visages des milliers de Berlinois, qui se pressent vers la porte de Brandebourg, haut lieu symbolique de l’unité allemande, rayonnent de joie et de fierté. Vingt ans après l’effondrement du mur de Berlin, l’Allemagne a accompli le plus dur sur le chemin de la réunification.

Les esprits et les cœurs étaient suffisamment sereins, pour fêter des retrouvailles qui n’ont pas toujours été évidentes et célébrer ensemble la liberté.

À l’Ouest, la générosité a été mise à l’épreuve des sacrifices. À l’Est, l’adaptation a été difficile et le sentiment de s’être fait dérober une partie de son passé a parfois troublé le soulagement. «La réunification allemande n’est pas encore totalement achevée», a reconnu, lundi, Angela Merkel. La chancelière allemande s’est néanmoins réjouie que de nombreux Allemands de l’Est puissent enfin vivre dans les «paysages florissants» promis par le chancelier de la réunification, Helmut Kohl. Et en dépit de toutes les difficultés, elle estime que le sentiment de joie, provoqué par l’unité retrouvée, domine chez tous les Allemands. La chute du Mur «reste le moment le plus heureux de l’histoire allemande», a-t-elle dit, ajoutant qu’il y a vingt ans elle était «submergée de bonheur et sans parole».

Dominos géants
Les Allemands ne se lassent pas des images de retrouvailles euphoriques entre Ossies et Wessies, datant du 9 novembre 1989, diffusées en boucle par les télévisions. Et de celles des Berlinois aidés par des «casseurs» venus spontanément de toute l’Allemagne et d’Europe, pour s’attaquer au Mur et le faire tomber. Lundi, ils étaient des centaines de milliers à s’être déplacés pour la principale attraction de la soirée à Berlin : le renversement de la rangée de dominos décorés de fresques rappelant la séparation, l’unité retrouvée ou la chute du rideau de fer et alignés dans le centre de la capitale sur le tracé du Mur. D’une hauteur de 2,50 mètres, les dominos s’étiraient sur 1 500 mètres entre la Posdammerplatz et le Reichstag, où siège le Parlement allemand.

En début d’après-midi, des milliers de curieux étaient venus voir la chancelière, accompagnée de l’ancien président polonais et fondateur du syndicat Solidarnosc, Lech Walesa, et de l’ex-numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev, traverser le Bösebrücke. Avant de leur emboîter le pas. Ce pont reliant Berlin-Est à l’Ouest au point de passage de la Bornholmerstrasse avait été le premier à céder à la pression populaire au soir du 9 novembre 1989. Le pont était décoré pour l’occasion de grandes photos en noir et blanc montrant des scènes de liesse de l’époque. Originaire d’Allemagne de l’Est, Angela Merkel, qui était à l’époque physicienne à l’Académie des sciences de Berlin-Est, l’avait emprunté dans le sillage de milliers de ses compatriotes.

Foule en liesse
«Ce n’est pas un jour de fête seulement pour l’Allemagne, mais pour toute l’Europe et pour les personnes qui ont plus de liberté, depuis la Russie jusque dans de nombreuses parties du monde», a lancé la chancelière. S’adressant à Gorbatchev, elle a déclaré : «Vous avez laissé faire les choses courageusement et c’était plus que ce que nous avions escompté. Merci de tout cœur.» La chute du Mur a été «le résultat d’une longue histoire de manque de liberté et de lutte contre ce manque de liberté. En Allemagne, nous n’avons pas été les premiers, mais nous étions là quand la guerre froide s’est arrêtée», a ajouté Merkel, en référence aux efforts entrepris par la Pologne et la Hongrie pour se libérer de l’emprise communiste. Le syndicat Solidarité a été «un incroyable encouragement», a-t-elle indiqué à l’endroit de Walesa.

Les représentants des 27 États membres de l’Union européenne et des quatre puissances qui ont occupé l’Allemagne depuis la défaite en 1945 à sa réunification en 1990 – États-Unis, Russie, Grande-Bretagne et France – se sont retrouvés dans la soirée à la porte de Brandebourg. Nicolas Sarkozy était installé à la droite de la chancelière. Ils y ont assisté à un concert de la Staatskapelle, l’orchestre symphonique de l’ex-RDA dirigé par le chef d’orchestre israélo-argentin, Daniel Barenboïm.

Avant de traverser la porte avec Angela Merkel et d’assister au renversement des dominos. La porte de Brandebourg se trouvait dans le no man’s land du Mur, construit en 1961 pour empêcher les citoyens de RDA de passer à l’Ouest. Il y a vingt ans, elle avait été envahie par la foule en liesse. Angela Merkel a rappelé que Berlin symbolisait autrefois la «division du monde». Pour elle, «le 9 novembre, c’est la fête de tous ceux qui se sont battus pour la liberté. La porte de Brandebourg est la porte de la liberté pour toute l’Europe».

Le Figaro

Article du 8 Novembre 2009

mur de Berlin

Surnommé le « mur de la honte », il avait symbolisé pendant vingt-huit ans le totalitarisme communiste et les privations de liberté. Et, soudain, il s’effondrait. Un événement historique.

Pour beaucoup d’Allemands de l’Est, la DDR (Deutsche Demokratische Republik) ne signifie plus alors que Der Doofe Rest (le stupide résidu). C’est dire… En ces jours pluvieux de l’automne 1989, il règne en DDR une curieuse atmosphère, faite de désir de changement et de crainte devant un avenir incertain, évidemment plombé par cette peur de trop parler qui suinte dans les conversations.

A la fin de l’été, des milliers de compatriotes en vacances en Hongrie ont renoncé à rentrer au pays, préférant les camps de réfugiés autour de Budapest à la grisaille du paradis des travailleurs. Puis tout semble s’accélérer : le 6 octobre, devant le président russe Mikhaïl Gorbatchev en visite officielle, la foule de Berlin-Est crie : « Gorbie aide-nous. » Trois jours plus tard, à Leipzig, 70.000 manifestants scandent : « Nous sommes le peuple. »

Le 17, le Politbüro écarte Erich Honecker, à la tête de l’Etat depuis 1976, inflexible garant de l’orthodoxie marxiste la plus rigoureuse. Enfin, le 9 novembre, il y a cette modification de la loi qui n’interdit plus aux Allemands d’émigrer, pour peu qu’ils aient un passeport et un visa. Mesure annoncée vers 18 h 50 par Günter Schabowski, porte-parole du comité central du PC. Un journaliste lui demande la date d’entrée en vigueur de cette décision.

Il répond : « Autant que je sache, c’est, euh… immédiatement. » Retransmise à la radio et à la télévision, la phrase déclenche un mouvement de foule vers la frontière, comme la DDR n’en avait jamais connu. Le mur tombait dans la soirée.

Cette autre nuit de 1961

La fin d’un cauchemar qui avait commencé dans la nuit du 12 au 13 août 1961. Un week-end. En quelques heures, la partie ouest de Berlin, contrôlée à l’époque par les Américains, les Français et les Anglais, était entièrement bouclée. Les trains et les métros étaient stoppés.

Des terrassiers dépavaient les rues pour empêcher la circulation. Des dizaines de kilomètres de barbelés étaient déroulées, des chevaux de frises installés. Le « mur de la honte », qui, hérissé de 302 miradors, s’étendra sur 165 kilomètres, était officiellement destiné à empêcher un « trafic d’êtres humains » auquel se livraient, affirmait la propagande communiste, les odieux capitalistes. En fait, il s’agissait de mettre un terme aux défections de « traîtres » : 2,7 millions d’Allemands de l’Est étaient passés à l’Ouest entre 1948 et 1961.

L’obstacle devait être infranchissable. Le contourner va demander beaucoup d’énergie et d’ingéniosité. C’est un ingénieur qui fabrique une sorte de fusil doté d’un harpon et d’un câble d’acier. Une nuit d’orage, il vise l’immeuble d’en face côté ouest. Le harpon se fixe dans le mur. Le long du câble, assis sur un siège de son invention, il va franchir le mur, ainsi que sa femme et ses deux enfants.

C’est le musicien d’un groupe rock qui cache son amie à l’intérieur d’une enceinte. C’est cet homme qui envoie par la poste un récepteur radio des années 30 grand comme une commode. A l’intérieur du « colis », percé de trous, sa petite fille..

C’est cette famille qui s’enfuie à bord d’une mongolfière bricolée dans la clandestinité. Ce sont ces dizaines de tunnels creusés sous le mur. Beaucoup de tentatives, cependant, se terminent par un drame. Entre 125 et 1.245 fuyards auraient trouvé la mort. Le premier d’entre eux : Günter Lifting, un jeune tailleur de 24 ans, qui le 24 août 1961, est atteint d’une balle en pleine nuque en tentant de franchir à la nage le canal de la Spree. Le dernier : Kris Geoffroy, un garçon de café abattu par les gardes, le 5 février 1989. Il avait 21 ans.

Vers la réunification

L’année suivante, le 23 juin 1990, les ministres des Affaires étrangères français, britannique, américain, soviétique, de RFA et de RDA, assistaient au démantèlement des dernières structures de checkpoint Charlie. A cette occasion, le Russe Eduard Sheverdnadze proposait le retrait d’Allemagne de toutes les troupes étrangères dans les six mois. Le 1er juillet, le Deutsch Mark, monnaie d’Allemagne de l’Ouest, devenait officiellement celle d’Allemagne de l’Est. Ce même jour, étaient abolis les contrôles frontaliers entre les deux « pays ».

Le 3 octobre, l’Allemagne était réunifiée et le 2 décembre se tenaient les premières élections de la nouvelle Allemagne, remportées largement par les chrétiens-démocrates du chancelier Khol, avec 43,8 % des suffrages, le PDS (Parti du socialisme démocratique), nouvelle appellation des communistes, n’en obtenant que 2,6 %. Le monde n’allait plus être divisé entre bloc communiste et bloc occidental.

France Soir

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