Iran – L’opposant Moussavi défie le pouvoir

Publié le 01/01/2010 par " Le Grand Journal "

mousavi fans rally azadi street 211 150x150 Iran   Lopposant Moussavi défie le pouvoirMalgré les menaces du pouvoir politique, religieux et judiciaire, Mir Hossein Moussavi continue de défier les ayatollahs. Alors que les plus conservateurs réclament sa tête, le principal opposant iranien s’est dit prêt vendredi à mourir en “martyr”, dénonçant les exécutions et les emprisonnements sommaires ordonnés par le régime.

Dans l’une de ses déclarations les plus offensives depuis le début de la crise actuelle, Mir Hossein Moussavi affirme être “prêt au martyre” et promet l’échec aux autorités si elles persistent à vouloir faire taire l’opposition “via les arrestations, la violence et les menaces”.

Prenant le contre-pied du pouvoir, le chef de l’opposition a appelé le régime à reconnaître le droit du peuple à manifester pacifiquement alors même que, la veille, le procureur général d’Iran avait menacé les dirigeants de l’opposition de poursuites et de procès s’ils ne dénonçaient pas les manifestations antigouvernementales de ces derniers jours.

“J’affirme explicitement et clairement que l’ordre d’exécuter, assassiner et emprisonner (les leaders de l’opposition) ne résoudra pas le problème”, déclare Moussavi dans ce communiqué diffusé sur son site web Kaleme. “Je n’ai pas peur d’être un des martyrs offerts par le peuple dans sa lutte pour des revendications justes”.

L’Iran traverse “une grave crise”, poursuit-il, et la stratégie du régime pour bâillonner l’opposition à travers “les arrestations, la violence et les menaces” échouera. Tuer des manifestants ne fait que renforcer l’opposition, prévient Moussavi, en reprenant les termes du défunt ayatollah Ruhollah Khomeini lors de la Révolution islamique de 1979: “Tuez-nous, nous n’en deviendrons que plus forts”.

L’opposant dénonce également les ultras du régime qui prêchent la violence au nom de l’Islam. “Encourager le meurtre de gens (…) est une tragédie prônée par certains individus et la télévision publique”.

Moussavi faisait allusion aux appels lancés récemment par les plus conservateurs en faveur de l’exécution des chefs de l’opposition. Jeudi, le procureur général du pays avait dénoncé le “soutien aux apostats au mépris de Dieu”. Vendredi, c’est le No2 de l’appareil judiciaire, Ebrahim Raisi, qui qualifiait les manifestants de l’opposition d’”ennemis de Dieu” (”mohareb” en farsi), un crime passible de la peine de mort. “Les émeutiers insultent la sainteté, ce qui est indubitablement une preuve” de défi à Dieu, a déclaré Raisi sur la radio d’Etat.

Lors des manifestations antigouvernementales du 27 décembre (huit morts, des centaines d’arrestations), certains opposants ont déclenché la fureur des ultras du régime en osant pour la première fois scander des slogans hostiles à l’ayatollah Ali Khamenei, un tabou dans ce pays où le Guide suprême est censé n’être redevable que devant Dieu. Pour les plus conservateurs, s’opposer à Khamenei revient donc à s’opposer à Dieu, d’où les appels à l’exécution de ces opposants.

Dans son communiqué, Moussavi demande également aux autorités de libérer tous les opposants détenus -plus de 500 ont été arrêtés depuis dimanche- et de lever la censure imposée aux médias. Mais, lors de la prière du vendredi, l’ayatollah conservateur Ahmad Jannati lui a immédiatement répondu que ces opposants resteraient emprisonnés car ce sont, selon lui, “des corrompus sur Terre”, une accusation passible, elle aussi, de la peine de mort.

AP

Article du 30 décembre 2009

FRANCE IRAN

Les autorités iraniennes ont poursuivi, hier, les arrestations d’opposants au président Ahmadinejad, visant notamment la soeur de Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix en 2003…

Vivant en exil et très critique à l’égard du gouvernement iranien, Shirin Ebadi a estimé que cette arrestation constituait une tentative de pression contre elle car sa soeur «n’avait aucune activité politique». Le site Rahesabz, principal forum de l’opposition réformatrice, a également annoncé sept nouvelles arrestations de journalistes, dont deux dirigeants de l’Association des journalistes iraniens, Mashallah Shamsolvaezine et Badrolsadat Mofidi.

La police a aussi arrêté la militante des droits des femmes Mansoureh Shojaie, ainsi que Chapour Kazemi, beau-frère de l’opposant Mir Hossein Moussavi, selon Rahesabz. Le président français Nicolas Sarkozy a condamné, hier, «la répression sanglante des manifestations en Iran» et mis en garde «contre des arrestations supplémentaires, qui aggraveraient encore la situation».

Des contre-manifestations organisées

Aujourd’hui, dans tout le pays, les autorités ont appelé à des contre-manifestations. Dimanche dernier, à Téhéran et dans plusieurs grandes villes iraniennes, des rassemblements d’opposants à Ahmadinejad ont fait huit morts. Des centaines d’arrestations avait déjà eu lieu. L’ayatollah Abbas Vaez Tabasi, représentant du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a affirmé que les chefs de l’opposition étaient des «ennemis de Dieu» qui méritaient la mort en vertu de la loi islamique.

Le Telegramme.com

Article du 29 Décembre 2009

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Le pouvoir iranien a effectué lundi une série d’arrestations parmi les grandes figures de l’opposition, alors que le bilan des manifestations qui ont eu lieu ce week-end à Téhéran ne cesse de s’alourdir.

La répression dans le sang des manifestations (voir ci-dessous) n’a pas suffi au régime de Téhéran, qui est passé lundi à la vitesse supérieure. En marge du mouvement populaire, plusieurs personnalités dissidentes ont été arrêtées par les forces de sécurité du pouvoir, comme le rapportent les différents sites Internet opposants au régime. Avec, dans le viseur de Mahmoud Ahmadinejad, ses trois adversaires les plus coriaces : Mohammad Khatami, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi.

Le premier nommé, ancien président de l’Iran de 1997 à 2005 et soutien principal de Mir Hossein Moussavi aux dernières élections présidentielles, a vu le directeur général de sa fondation Baran, Mortea Haji, et son adjoint, Hassan Rassouli, arrêtés dans la matinée de lundi, rapportait le site des parlementaires d’opposition Parlemannews.ir.

Moussavi perd son neveu
Parallèlement, les services de sécurité du régime ont procédé à l’arrestation d’Ali Rez Beheshti, Ghorban Behzadian-Nejad et Mohammad Bagherian, trois des principaux conseillers de Mir Hossein Moussavi. Un nouveau coup dur pour l’ancien adversaire de Mahmoud Ahmadinejad à la présidentielle de juin dernier, après la mort dimanche de Seyyed Ali Moussavi, son propre neveu, lors des manifestations à Téhéran. Le corps de la victime, selon la famille, aurait par ailleurs disparu de l’hôpital où il avait été transféré.

Un autre site d’opposition au régime, Rahesabz, a rapporté d’autres arrestations d’activistes, et parmi eux le journaliste défenseur des droits de l’homme Emadeddin Baghi, qui avait notamment soutenu l’ancien président du Parlement Mehdi Karoubi, lui aussi candidat malheureux à l’élection présidentielle.

Ce même Karoubi, leader de l’opposition à Ahmadinejad aux côtés de Moussavi et Khatami, a vu l’étau de Téhéran se resserrer par le biais de sa femme, dirigeante du magazine féminin Irandokht, dont les bureaux ont été visités lundi par les agents de sécurité. La série avait débuté dans la nuit de dimanche à lundi par l’arrestation d’Ibrahim Yazdi, ancien ministre des Affaires étrangères et chef du Mouvement de libération de l’Iran.

Le pouvoir en place ne semble au final pas vouloir lever le pied de la répression, Ali Shahrokhi, chef de la commission de la justice du Parlement, déclarant : « Le moment est venu de convoquer devant la justice les chefs du mouvement hypocrites et de la conspiration, notamment Moussavi. » Une action qui pourrait, à défaut de museler la colère de la rue, lui faire prendre davantage d’ampleur.

France-Soir.fr

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