PARIS (AFP) — Le dalaï lama a accusé l’armée chinoise d’avoir “tiré sur la foule” le 18 août dans la région de Kham, dans l’est de Tibet, et avancé le chiffre, qui “demande à être confirmé”, de 140 Tibétains tués, dans un entretien au quotidien français Le Monde daté de vendredi.
Au journaliste qui lui demandait si la “répression avait continué au Tibet malgré la trêve olympique”, le dalaï lama a répondu que “l’armée chinoise a encore tiré sur la foule, lundi 18 août, dans la région de Kham, dans l’est du Tibet”.
“Cent quarante Tibétains auraient été tués, mais ce chiffre demande à être confirmé”, a déclaré le chef spirituel tibétain, en visite à vocation pastorale en France.
Le dalaï lama a également assuré que depuis le début des émeutes, le 10 mars, “des témoins fiables ont pu établir que 400 personnes ont été tuées dans la seule région de Lhassa. Tuées par balles, alors qu’elles manifestaient sans armes”.
“Si l’on considère tout le Tibet, le nombre de victimes est bien sûr plus grand. Dix milles personnes ont été arrêtées. On ne sait pas où elles sont incarcérées”, a-t-il ajouté.
Le représentant du dalaï lama à Genève, Tseten Samdup Chhoekyapa, a précisé de son côté que les violences mentionnées par le chef spirituel tibétain le 18 août s’étaient déroulées à Garze, une ville à population tibétaine du Sichuan où la situation est tendue depuis des mois.
Il a dit que l’information provenait d’une source “fiable” Ã Garze.
Le bureau du dalaï lama a pour règle de ne diffuser une information qu’après avoir obtenu deux sources, selon Chhoekyapa, mais “en raison d’un black-out absolu sur l’information là bas, nous n’avons pas pu le faire”.
Des groupes d’activistes tibétains contactés par l’AFP qui fournissent d’habitude des informations sur la répression dans ces zones ont indiqué ne pas être au courant des tirs mentionnés par le dalaï lama.
Ils ont toutefois ajouté que leurs sources d’information s’étaient taries en raison de la répression.
Dans son entretien au Monde, le prix Nobel de la paix avance également que l’armée chinoise construit désormais “de vrais campements militaires”.
“La présence militaire au Tibet est ancienne, mais la frénésie de constructions nouvelles, dans les régions de l’Amdo et du Kham, me fait dire que cette colonisation par l’armée est destinée à durer”, a-t-il déclaré.
Le dalaï lama a également estimé qu’”aucune ouverture n’a été enregistrée” dans les discussions avec Pékin.
“Après les émeutes de mars et les jeux Olympiques, nous avions cru à des signaux positifs. Nous avons vite déchanté. Nos émissaires se sont heurtés à un mur”, a-t-il dit.
Article du 10 Août 2008
Cinq mois après les événements au Tibet, le Dalaï Lama entame à partir de ce lundi une visite hautement symbolique et très attendue en France, en pleine période des Jeux Olympiques.
Cette visite, essentiellement religieuse et spirituelle, dure douze jours. Le chef spirituel tibétain a un programme très chargé pendant son séjour en France où il est une véritable icône pour les bouddhistes. Le bouddhisme tibétain apparaît comme la quatrième religion en France.
Outre sa rencontre avec Dagpo Rimpotché, l’un des grands maîtres tibétains vivant en France, le Dalaï Lama donnera mardi sa bénédiction à la nouvelle pagode d’Evry dans la banlieue sud de Paris.
Temps fort de la visite, le chef spirituel délivrera une série d’enseignements à Nantes (ouest de la France) du 15 au 20 août. Une seule rencontre politique est prévue, au Sénat.
Le président de la République, a lui, finalement renoncé à s’entretenir avec le religieux tibétain. Une annonce qui a suscité la polémique, provoquant la colère de la gauche et la déception des associations des droits de l’homme.
Pour calmer les esprits, le bureau du Tibet à Paris a expliqué que de toute façon, le Dalaï Lama ne souhaitait pas cette rencontre, les dates coïncidant avec les Jeux Olympiques de Pékin qu’il a soutenu de manière constante.
Nicolas Sarkozy a toutefois promis de rencontrer sa sainteté avant la fin de l’année.
En attendant, c’est sa femme Carla Bruni-Sarkozy qui doit l’accompagner le 22 août dans le sud de la France, à Lodève dans l’Hérault, à l’occasion de l’inauguration du temple de Lerab Ling, l’un des plus grands d’Europe.
Cinq millions de Français proches du bouddhisme
Le bouddhisme tibétain en France se situe autour de 600 000 fidèles dont les trois quarts sont d’origine asiatique. Les Français convertis ne seraient guerre plus de 30 000.
Les sympathisants eux sont bien plus nombreux puisque 5 millions de Français se disent proches du bouddhisme. Il est perçu par eux comme non violent, porteur d’une sagesse humaniste, l’inverse d’une religion fanatique.
Selon le sociologue des religions, Frédéric Lenoir, le bouddhisme tibétain met particulièrement l’accent sur la compassion. Il trouve donc un écho dans une société chrétienne comme la France.
Il ajoute qu’il y a une fascination très française pour le Tibet, dans l’imaginaire mais aussi pour son histoire, le fait que cette terre très spirituelle ait été écrasée par le rouleau compresseur chinois.
Enfin, on recense 300 lieux de culte, pagodes, centres de méditation, ce qui est beaucoup par rapport aux autres pays européens. Cela confirme l’implantation croissante en France de la tradition tibétaine.
Article du 8 Août 2008
Lors de son voyage éclair à Pékin, pour assister à la cérémonie d’ouverture des JO, Nicolas Sarkozy a voulu arrondir les angles avec le régime chinois, après une période de tension, sans renoncer, selon ses dires, à aborder la question des droits de l’Homme. Un pas de deux dénoncé par l’opposition. François Hollande, au nom du PS, a décerné au chef de l’Etat “la médaille d’or de l’hypocrisie”.
A vrai dire, l’annonce de la non-rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama avait déjà détendu l’atmosphère. Nicolas Sarkozy est parti en Chine avec l’intention de réconcilier Paris et Pékin, annonçait un communiqué de l’Elysée. Qui ajoutait que lors des deux entretiens de 40 minutes avec le président chinois Hu Jintao et avec le Premier ministre Wen Jiabao, le chef de l’Etat français avait remis à ses hôtes deux listes de prisonniers politiques. La première était “une liste consolidée de l’Union européenne”. La seconde avait été donnée par Daniel Cohn-Bendit, lequel, au nom des eurodéputés Verts, avait jugé que la visite de Nicolas Sarkozy à Pékin était “une honte”.
Toutefois, la présidence a souligné que la remise de ces deux documents prouvent que le chef de l’Etat n’a “pas changé” dans ses convictions. Pas suffisant toutefois pour le Premier secrétaire du PS, François Hollande, qui a estimé qu’”avant même que la compétition ne soit ouverte, Nicolas Sarkozy a déjà gagné la médaille d’or de l’hypocrisie”. “Une nouvelle fois, la parole de Sarkozy ne l’engage même pas. De la même manière, son refus de recevoir le dalaï-lama en raison des pressions des autorités chinoises est un nouveau manquement”, a-t-il continué.
“Comment on fait avancer les choses si on ne dialogue pas?”
Des critiques repoussées par le chef de l’Etat dans l’après-midi, lors d’une rencontre avec l’équipe de France olympique. “Le dalaï-lama a fait une déclaration intelligente. Il a dit qu’il souhaitait le succès des Jeux olympiques. Il n’a pas demandé à me rencontrer”, a-t-il lancé aux athlètes. “Ne soyez pas plus dalaï-lama que le dalaï-lama lui-même. J’aurai l’occasion de le rencontrer”, a-t-il ajouté. Lors de cette intervention, le chef de l’Etat a surtout plaidé sa cause. Il a justifié sa décision d’assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux par sa volonté d’encourager les sportifs qui composent “l’équipe de toute la France” quelles que soient “leur origine, leur discipline ou leur sensibilité”. Il a également fait référence au général de Gaulle, qui avait reconnu la Chine communiste dès 1964. “On ne peut pas boycotter un quart de l’humanité”, a-t-il dit. “Comment on fait avancer les choses si on ne dialogue pas?”, a conclu le chef de l’Etat.
L’essentiel pour la France était de renouer avec Pékin. Et selon l’Elysée, la mission est réussie, même en une grosse dizaine d’heures. “Le président était à la table du président Hu Jintao lors du dîner qui a réuni 80 chefs d’Etat et de gouvernement venus assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux”, a-t-on fait valoir. “Il a eu deux entretiens de 40 minutes avec le chef de l’Etat et le Premier ministre chinois. Rares sont ceux qui peuvent en dire autant”, se félicite-t-on.
Le chef de l’Etat est reparti juste après la cérémonie d’ouverture. Il était notamment accompagné de la ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, et du secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte. Et de son plus jeune fils, Louis Sarkozy, que l’on a vu donner l’accolade au Premier ministre russe, Vladimir Poutine.
Article du 10 Juillet 2008
Le président français Nicolas Sarkozy a averti jeudi la Chine que personne ne pouvait lui “interdire” de rencontrer un prix Nobel comme le dalaï lama, et qu’il “communiquerait le moment venu” sur une éventuelle rencontre avec lui.
Interrogé lors d’une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg sur une rencontre avec le leader spirituel tibétain lors de sa venue en France en août, M. Sarkozy a répondu: “est-ce qu’il serait interdit de rencontrer un prix Nobel? Je me demande bien qui pourrait interdire une chose pareille”.
Toutefois, il n’a pas dit clairement s’il le verrait. “J’aurais l’occasion de prendre d’autres initiatives et je les communiquerai le moment venu”, a-t-il simplement ajouté.
Le chef de l’Etat français, président en exercice de l’UE, a ensuite fustigé en des termes très durs les mises en garde formulées cette semaine par l’ambassadeur de la Chine en France, M. Kong Quan.
“J’ai dit que les propos de l’ambassadeur de Chine étaient maladroits, étaient déplacés. Je rajoute qu’ils ont donné le sentiment d’une brutalité que je n’accepte pas”, a-t-il déclaré. “Il s’est excusé. L’incident est clos”, a ajouté le chef de l’Etat.
L’ambassadeur de Chine avait mis en garde les autorités françaises contre une rencontre avec le dalaï lama.
“Nous nous opposons à ce que les chefs d’Etat le reçoivent à l’étranger, ce qui pourrait très bien être considéré comme une sorte de soutien”, avait-il lancé mardi à paris, après avoir menacé de “conséquences graves” sur les relations bilatérales en cas de rencontre avec le dalaï lama.
“L’ambassadeur de France en Chine a depuis fait un communiqué expliquant qu’il n’y avait pas de condition posée. D’ailleurs ses propos ne correspondaient en rien avec l’entretien que j’ai eu avec le président Hu Jintao” pendant le G8, a souligné jeudi le chef de l’Etat français.
“Il y a des choses que la Chine ne doit pas dire aux pays européens et notamment à la France” parce qu’ils “doivent être respectés au même égard que la Chine”, a-t-il estimé devant le Parlement européen, en allusion à l’opposition de Pékin à toute rencontre entre Nicolas Sarkozy et le chef spirituel des Tibétains.
“Ce n’est pas à la Chine de fixer mon agenda et mes rendez-vous”, a-t-il précisé.
Au chef du groupe parlementaire libéral Graham Watson qui lui avait demandé de “jouer collectif” en ne se rendant pas au nom de la présidence française de l’Union européenne à Pékin, M. Sarkozy a réaffirmé à Strasbourg avoir “reçu de tous les pays membres un accord” pour s’y rendre.
“A l’heure où je parle, treize seront représentés” à cette cérémonie, a-t-il ajouté.
“C’est une honte, c’est minable d’aller à l’ouverture des Jeux Olympiques”, a tonné le coprésident des Verts, Daniel Cohn-Bendit, très ému, en soulignant que Nicolas Sarkozy avait “une occasion en or” de dire : “Je ne participerai pas à la mascarade du Parti communiste chinois”.
“La France nous a donné les droits de l’Homme, maintenant la France doit être au premier plan dans leur défense, chez nous mais aussi à l’étranger en utilisant l’Union pour la Méditerranée et en condamnant les atteintes de la Chine envers les dissidents”, avait ajouté pour sa part Graham Watson.
“Chacun a le droit d’avoir un regard sur la meilleure façon” de défendre les droits de l’Homme, leur a répondu le président français, tout en estimant que “ce n’est pas par l’humiliation de la Chine que l’on fera progresser la question des Droits de l’Homme”.
Soulignant qu’il entendait “y aller, et parler des droits de l’Hommme, et les défendre”, M. Sarkozy a précisé qu’il ne pensait “pas qu’on puisse boycotter un quart de l’humanité”.
Avant l’intervention du président français devant la séance plénière, les députés européens avaient adopté une résolution très modérée des socialistes et des conservateurs qui, tout en déplorant la situation toujours “préoccupante” en Chine, évite d’aborder la question d’un boycott de la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques.
Article du 8 juillet 2008
Juste après l’annonce de la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, Paris s’est trouvé engagé mercredi dans une nouvelle épreuve de force avec la Chine qui l’a menacé de représailles si le président français rencontrait le dalaï lama.
L’ambassadeur de Chine à Paris, M. Kong Quan, a été convoqué dans l’après-midi au ministère des Affaires étrangères pour des propos tenus la veille devant un groupe de journalistes français.
Il avait alors prévenu qu’une rencontre entre M. Sarkozy et le dalaï lama, attendu en France du 12 au 23 août, aurait des “conséquences graves” sur des relations franco-chinoises encore fragilisées par le fiasco du passage de la flamme olympique à Paris lié à la crise du Tibet.
“Nous avons accueilli avec beaucoup de surprise la déclaration de l’ambassadeur de Chine, je lui ai demandé de venir me voir”, a réagi le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, parlant d’une position qu’il “paraît difficile d’accepter” de la part de la France.
Après son entretien avec M. Kouchner, l’ambassadeur est descendu de sa voiture officielle pour réaffirmer devant la presse que son pays était “fermement opposé” à toute entrevue entre le président français et le dalaï lama. Il n’a toutefois plus évoqué les “conséquences graves” mentionnées la veille.
“Il ne faut pas s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays, en l’occurrence du mien dans cette affaire”, a dit M. Kong, qui a qualifié de “chef séparatiste” le leader spirituel des Tibétains.
Ses menaces voilées de mardi à l’encontre de la France avaient pris un relief particulier dans la mesure où elles sont intervenues quelques heures seulement avant l’annonce par M. Sarkozy qu’il assisterait bien à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, le 8 août.
Le président français avait tenu à réserver la primeur de cette annonce à son homologue chinois, Hu Jintao, qu’il a rencontré mercredi matin en marge du sommet du G8 à Toyako, au Japon.
“La relation franco-chinoise est à nouveau sur les rails du partenariat stratégique”, a-t-on affirmé de source française après l’entretien.
La décision de M. Sarkozy, qui se rendra aussi à Pékin en tant que président en exercice de l’Union européenne, a été aussitôt critiquée par l’opposition de gauche.
Le chef du parti socialiste, François Hollande, a estimé que M. Sarkozy avait “cédé aux pressions chinoises”. Dans un communiqué, le PS a demandé à M. Sarkozy de “recevoir le dalaï lama au cours de sa visite en France”.
Le Premier ministre, François Fillon, a en revanche salué une décision “sage” et “responsable”.
Au Parlement européen, le chef de file des Verts, Daniel Cohn-Bendit, a parlé de “scandale”, mais son indignation n’a guère été relayée et M. Sarkozy a évité une fronde des eurodéputés devant lesquels il doit s’exprimer jeudi.
Le président français n’a toujours pas fait connaître ses intentions à propos d’une rencontre avec le dalaï lama.
En mars, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, n’avait pas exclu qu’une rencontre ait lieu. M. Sarkozy “prendra sa décision le moment venu et en fonction de l’évolution de la situation”, avait-il dit.
Article du 7 Juillet 2008
Le président français Nicolas Sarkozy se rendra à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques le 8 août à Pékin, a-t-il annoncé au président chinois Hu Jintao lors d’une rencontre bilatérale mercredi en marge du sommet du G8 à Toyako (Japon).
“Le président de la République a confirmé au président chinois son intention de se rendre a Pékin le 8 août pour prendre part a la cérémonie d’ouverture des 29èmes olympiades”, indique un communiqué de la présidence française diffusé à Toyako.
“Le chef de l’Etat a consulté à ce sujet l’ensemble de ses homologues européens. En accord avec eux, c’est donc en sa double qualité de président de la République francaise et de président en exercice du Conseil européen que le président Sarkozy assistera à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin”, ajoute le communiqué.
Mardi, l’ambassadeur de Chine à Paris a averti : une rencontre entre le chef de l’État français et le dalaï-lama aurait «des conséquences graves» sur les relations franco-chinoises.
«On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre», déclarait mardi un diplomate chinois à Paris, après que son ambassadeur, Kong Quan, eut menacé de «conséquences graves» la France, si Nicolas Sarkozy s’avisait de rencontrer le dalaï-lama à Paris, lorsque ce dernier visitera la France entre les 12 et 23 août prochains. En clair, selon les Chinois, il faudra choisir entre cet entretien du chef de l’État français avec le chef spirituel tibétain et des contrats portant sur 56 rames de TGV et plus d’une centaine d’Airbus.
Évoquant la rencontre aujourd’hui entre le président chinois Hu Jintao et M. Sarkozy, en marge du sommet du G8 au Japon, l’ambassadeur de Chine en France a estimé que la France et la Chine avaient traversé des «intempéries… Mais l’atmosphère commence à s’améliorer». La réception du dalaï-lama à Paris, selon M. Kong Quan, «serait contraire au principe de non-ingérence des États dans leurs affaires intérieures».
Après le passage chaotique de la flamme olympique à Paris en mars dernier, Nicolas Sarkozy avait provoqué la colère du régime chinois, en liant sa présence lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin à l’avancée des discussions entre le gouvernement chinois et les émissaires du dalaï-lama.
Malgré l’échec patent de ces «pourparlers», M. Sarkozy avait cédé : il se rendra à Pékin le 8 août. Pour se faire pardonner cette reculade, l’Élysée avait ensuite laissé filtrer que M. Sarkozy rencontrerait le dalaï-lama à Paris.
Les Chinois sortent maintenant la grosse artillerie pour faire reculer le chef de l’État français, sur ce point également. Des conseillers de l’ambassadeur de Chine en France, en charge des relations bilatérales, évoquaient l’annulation de grands contrats.
«Pardonner aux États-Unis»
Le dalaï-lama a été reçu en grande pompe à la Maison-Blanche par George W. Bush sans que cela ne provoque des mesures de rétorsion chinoises. Après que la chancelière Angela Merkel eut fait de même, les relations germano-chinoises s’étaient un temps refroidies, sans conséquences sur les grands contrats communs.
Dans cette affaire, les Chinois jugent sans aucun doute que la France est une sorte de «ventre mou» de l’Europe, dont les diplomates peuvent facilement être ramenés à la raison. Même si l’Union européenne est le principal client de la Chine, et que M. Sarkozy assure la présidence de l’UE, la Chine a d’évidence repris à son compte l’attitude des Américains, lorsque la France avait défié Washington aux Nations unies, juste avant le déclenchement de la guerre en Irak, en 2003 : «Punir la France, ignorer l’Allemagne, pardonner à la Russie», aurait dit la secrétaire d’État américaine.
La version chinoise en est : «Punir la France, ignorer l’Allemagne, pardonner aux États-Unis.»
AFP- Figaro - (www.legrandjournal.com.mx)
Article du 18 juin 2008
Les autorités chinoises ne relâchent pas la pression sur la dissidence au Tibet depuis les émeutes meurtrières du mois de mars, et il reste peut-être des milliers de personnes derrière les barreaux qui n’ont toujours pas été inculpées, estime jeudi Amnesty International dans un nouveau rapport.
“Des centaines et des centaines, peut-être des milliers de Tibétains croupissent en prison sans que le gouvernement ait publiquement dit où ils se trouvaient, et sans qu’ils aient été inculpés en bonne et due forme de quelque délit que ce soit”, lit-on dans le rapport d’Amnesty.
“Ceci (le rapport) constitue un véritable appel au gouvernement chinois pour qu’il fournisse des informations, dise si les personnes sont détenues et explique pourquoi elles le sont”, a déclaré à Reuters Sam Zarifi, directeur d’Amnesty pour l’Asie et le Pacifique. “Qu’on les inculpe et qu’on les soumette à un procès équitable, ou qu’on les libère sans attendre”, ajoute-t-il.
Amnesty exhorte dans le même temps les autorités chinoises à mettre fin au black-out sur l’linformation dans les régions peuplées de Tibétains, en permettant aux journalistes et autres observateurs étrangers de s’y rendre librement. Les troubles antichinois qui ont éclaté en mars à Lhassa et en divers points du Tibet ont constitué le plus grand défi politique à la domination chinoise au Tibet depuis des décennies, suscitant dans le monde entier un tollé contre la répression, alors que se profilent les Jeux olympiques de cet été à Pékin.
Reuters - (www.legrandjournal.com.mx)
Chine: recul majeur de la situation des droits de l’homme
La situation des droits de l’homme en Chine a connu ces dernières années des reculs majeurs en matière de liberté d’expression et de répression des défenseurs, a indiqué jeudi le rapport annuel de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme.
“La presse chinoise est l’une des moins libres du monde, la liberté de parole étant limitée afin de satisfaire les critères de propagande du Parti communiste chinois (PCC), surtout en ce qui concerne la presse électronique”, note le rapport.
“La Chine a développé l’un des filtres internet les plus importants du monde”, souligne le texte élaboré conjointement par l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).
“Toute information non-conforme aux critères de propagande du parti est quasiment inaccessible par les internautes chinois”, relève le rapport.
Il souligne en outre “la complicité de certaines entreprises occidentales, qui fournissent la technologie nécessaire au blocage d’internet et apportent un soutien aux efforts déployés par les agences du PCC pour traquer les dissidents”.
La répression du gouvernement chinois s’est “accentuée en 2007″, “afin qu’aucune voix dissidente ne vienne perturber les Jeux olympiques de 2008″, note l’Observatoire.
Selon le texte, “la répression du PCC à l’encontre du mouvement de défense des droits de l’homme s’est largement développée, organisée et systématisée”.
“Un puissant système de répression composé de 200.000 membres de la police militaire qui sont équipés des dernières technologies et qui coopèrent avec la police locale” réprime toute activité de défense des droits de l’homme.
Seule lumière dans ce sombre tableau, le rapport relève des progrès concernant les condamnations à mort.
La peine de mort en Chine constitue les trois quart des condamnations à mort prononcées dans le monde. En cause notamment, les autorisations accordées aux tribunaux provinciaux ou même de district de prononcer cette condamnation, dont ils abusent par conviction politique ou vengeance personnelle.
En 2007, le gouvernement chinois a décidé que le droit d’approuver une condamnation à mort revenait à la Cour suprême.
“Dans les prochaines années, le nombre des condamnations à mort devraient rapidement décroître”, espère dès lors l’Observatoire.
AFP - (www.legrandjournal.com.mx)
Article du 4 mai 2008
PEKIN (AFP) - Les autorités chinoises et les émissaires du dalaï lama, qui ont eu une entrevue dimanche, près de deux mois après les émeutes meurtrières au Tibet, sont convenus de laisser la porte ouverte au dialogue, sans toutefois faire état de progrès dans la crise tibétaine. Evènement.
“Le gouvernement central chinois et les représentants privés du 14è dalaï lama se sont mis d’accord pour avoir de nouveaux contacts et consultations à une date appropriée”, a déclaré dimanche soir l’agence Chine Nouvelle.
La rencontre, qui se déroulait à huis clos à Shenzhen, dans le sud de la Chine, était la première entre les deux parties en près d’un an et avait lieu après des semaines de pression sur Pékin de la part de dirigeants étrangers demandant la réouverture d’un dialogue après les émeutes survenues en mars au Tibet.
Selon Chine Nouvelle, les responsables chinois ont réitéré les conditions maintes fois répétées de Pékin pour la réussite d’un dialogue, à savoir que le dalaï lama, chef spirituel des Tibétains en exil, renonce à militer en faveur de l’indépendance de sa patrie et à tenter de saboter les jeux Olympiques.
L’agence officielle chinoise n’a fait état d’aucun accord majeur entre les deux parties à l’issue de la réunion de dimanche.
Plus tôt dans la journée, le président chinois Hu Jintao avait souhaité que l’entrevue entre les émissaires du dalaï lama et des responsables chinois aboutisse à des “résultats positifs”.
“J’espère que des résultats positifs sortiront de cette rencontre”, avait dit le président chinois, cité par l’agence de presse japonaise Jiji, à la veille d’une visite officielle au Japon.
La teneur des discussions entre les envoyés du dalaï lama - Lodi Gyaltsen Gyari et Kelsang Gyaltsen - et des responsables chinois ne sera connue qu’après leur retour, selon le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil. “Ils (les émissaires) reviendront en Inde mardi ou mercredi”, a déclaré à l’AFP Samdhong Rinpoche depuis Dharamsala, dans le nord de l’Inde.
Pékin a offert le mois dernier de rouvrir le dialogue avec des représentants du dalaï lama, après une série de manifestations dans le monde contre la répression chinoise au Tibet qui ont perturbé le passage de la flamme olympique et terni l’image du régime à quelques semaines des jeux Olympiques de Pékin.
Les manifestations anti-chinoises avaient débuté le 10 mars à Lhassa, jour anniversaire de la révolte anti-chinoise de 1959, avant de dégénérer le 14 mars, puis de s’étendre à d’autres régions où vivent des minorités tibétaines, dans l’ouest de la Chine. Plus de 200 personnes y ont trouvé la mort, selon le gouvernement tibétain en exil alors que Pékin accuse des “émeutiers” tibétains d’avoir tué 18 civils et deux policiers.
En dépit de l’ouverture d’un dialogue, la presse chinoise a poursuivi ses diatribes contre le dignitaire tibétain et sa “clique” accusés de vouloir saboter les JO.
“Tant que la clique du dalaï lama existera, notre lutte n’aura de cesse. Nous devons renforcer notre vigilance et ne pas baisser la garde”, dénonçait encore samedi le Quotidien du Tibet, voix officielle des autorités chinoises dans la région autonome.
Le voyage des émissaires constitue la première rencontre - connue et rendue publique - entre des responsables chinois et des représentants du dalaï lama depuis dix mois.
Les exilés tibétains et Pékin négociaient officiellement depuis 2002. Mais la position des Chinois s’est “durcie” en 2006, selon le dalaï lama, et les derniers entretiens directs et officiels remontent à juin-juillet 2007.
Dimanche le porte-parole du gouvernement en exil, Thubten Samphel a estimé que la priorité était “la fin de la répression et la levée des restrictions visant les Tibétains”.
PEKIN (AFP) - La Chine a proposé vendredi de reprendre le dialogue avec un représentant du dalaï lama, une annonce surprise à la suite des troubles au Tibet et à moins de quatre mois des jeux Olympiques de Pékin, sous la pression des pays occidentaux.
“Au vu des demandes répétées du côté du dalaï lama pour une reprise des pourparlers, les départements concernés du gouvernement central auront des contacts et des consultations avec un représentant privé du dalaï lama dans les prochains jours”, a indiqué l’agence Chine Nouvelle, citant une source officielle anonyme.
Le gouvernement central “espère qu’à travers ces discussions et contacts, le dalaï lama prendra des décisions crédibles afin de cesser les activités séparatistes, les complots, la violence et les activités pour perturber et saboter les jeux Olympiques, afin de créer les conditions pour de nouveaux pourparlers”, a ajouté la source officielle citée par Chine Nouvelle.
Le dalaï lama a salué l’offre de la Chine, a annoncé à l’AFP un porte-parole du chef spirituel des Tibétains, en exil en Inde.
Il s’agit d’”un pas dans la bonne direction puisque seuls des entretiens en face à face peuvent conduire au règlement de la question tibétaine”, a déclaré ce porte-parole, Tenzin Taklha.
De son côté, le Premier ministre du Tibet en éxil, Samdhong Rinpoche a indiqué que la direction tibétaine avait eu des contacts avec la Chine.
“Nous avons eu des contacts avec les autorités chinoises, non seulement pour faire part de notre préoccupation devant les mesures de répression (…) mais surtout pour leur donner des suggestions pour résoudre la crise”, a-t-il dit dans un communiqué.
Samdhong Rinpoche a précisé que le dalaï lama avait, dès le 19 mars, “envoyé un message personnel” au président chinois Hu Jintao pour lui proposer l’envoi de représentants pour trouver les moyens de calmer la situation.
L’agence officielle n’a cependant pas donné vendredi de précisions sur la nature de cette rencontre avec un émissaire du chef spirituel du bouddhisme tibétain, ni sur les noms des participants. La télévision officielle chinoise a évoqué la nouvelle brièvement dans son journal du soir.
Depuis les troubles du mois de mars au Tibet et dans les régions environnantes, l’Union européenne et les Etats-Unis ont appelé à un dialogue avec le dalaï lama, alors que ce dernier était accusé par Pékin d’avoir tout organisé pour saboter les jeux Olympiques de Pékin.
“Nous sommes heureux d’entendre cela, c’est une chose que le président Bush a encouragé le président Hu (Jintao) à faire”, a réagi un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.
Le président français Nicolas Sarkozy, qui présidera l’UE au moment des JO et avait menacé de ne pas se rendre à la cérémonie d’ouverture, a salué “l’annonce de la reprise dans les prochains jours du dialogue avec les représentants du dalaï lama, qu’il a appelée de ses voeux depuis les événements tragiques survenus au Tibet à la mi-mars”, selon un communiqué de la présidence française.
“Il s’agit d’une étape majeure. Ce dialogue renouvelé est porteur de réels espoirs”, a ajouté le texte.
Berlin et Londres se sont également félicités de cette annonce de Pékin. L’Allemagne a précisé que son chef de la diplomatie avait appelé à trois reprises ces dernières semaines les responsables chinois pour les inviter à discuter avec le dalai lama. La Grande-Bretagne a aussi souligné avoir “constamment” appelé au dialogue.
La présidence slovène de l’Union européenne a “salué” vendredi l’annonce de Pékin.
En visite à Pékin, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso s’est déclaré “très heureux”. “Nous avons toujours prôné le dialogue car nous pensons que c’est le meilleur moyen d’aboutir à des solutions durables, acceptables à la question tibétaine”, a déclaré le président de l’exécutif européen.
L’entourage du dalaï lama et le gouvernement en exil négocient depuis 2002 avec des responsables chinois. Mais la position de Pékin s’est “durcie” en 2006, selon le dalaï lama, et les derniers contacts remontent à juin-juillet 2007.
Pour Brian Bridges, professeur de sciences politiques à l’Université Lingnan de Hong Kong, “c’est peut-être soit juste une rencontre pour tâter le terrain (…) soit du théâtre politique pour réduire la pression internationale”.
“Cela montre en tout cas que le gouvernement chinois est plus sensible à l’opinion internationale que ce qu’on pensait”, a-t-il ajouté.
La crise tibétaine a réveillé à l’étranger l’opposition aux JO de Pékin et les appels au boycott, provoquant des incidents, parfois violents, lors du passage de la flamme olympique à Londres, Paris et San Francisco.
Article du jeudi 24 avril
Les émissaires du président français Nicolas Sarkozy ont affirmé jeudi que la Chine était “disposée au dialogue” avec le dalaï lama, assurant aussi que “la détente” était engagée entre Paris et Pékin.
“Il n’y a pas de veto (chinois) pour une reprise des discussions avec les émissaires du dalaï lama”, a assuré l’ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin jeudi soir, lors d’un point presse.
Le président chinois “Hu Jintao a fait savoir que le dialogue existait et je l’ai trouvé disposé à le reprendre”, avait précédemment indiqué le président du Sénat Christian Poncelet, après avoir rencontré M. Hu en compagnie de M. Raffarin et lui avoir remis “un message personnel” du président Sarkozy, “faisant référence à ce dialogue”.
L’un et l’autre ont toutefois précisé que la Chine maintenait ses conditions préalables à la reprise d’un tel dialogue avec le prix Nobel de la Paix, que Pékin accuse d’avoir organisé les troubles au Tibet pour saboter les jeux Olympiques.
Le gouvernement chinois demande au dalaï lama de renoncer à “ses revendications d’indépendance” — qui ont pourtant disparu du discours du leader spirituel des Tibétains–, de cesser la violence et les tentatives de sabotage des jeux Olympiques, ont précisé des membres de la délégation française.
MM. Poncelet et Raffarin sont à Pékin cette semaine, pour des voyages prévus de longue date, et tentent de réchauffer les relations mises à mal par la crise au Tibet et le fiasco de la flamme olympique à Paris, le 7 avril.
M. Raffarin, qui a également rencontré le Premier ministre Wen Jiabao jeudi, a assuré que cette “détente entre la France et la Chine était engagée”.
Il a en outre affirmé qu’”il n’y avait pas eu de menaces sur l’impact économique”, lors de ses différents rendez-vous.
Un sentiment anti-français a grandi ces derniers jours en Chine, illustré par des manifestations visant le distributeur Carrefour.
“Je pense et je suis convaincu que la poursuite du dialogue (entre la Chine et la France) permettra de sortir au mieux de la situation actuelle. Je suis plutôt confiant pour l’avenir, à la suite de mes entretiens”, a pour sa part estimé M. Poncelet.
“J’ai tenu tout au long de notre visite à rappeler la volonté de la France de maintenir et d’approfondir le partenariat stratégique qui existe entre nos deux pays depuis quelque temps déjà ”, a-t-il dit.
“L’actualité médiatique ne doit pas faire oublier l’Histoire avec un grand H”, a-t-il ajouté.
Christian Poncelet s’est dit confiant que cette approche prévaudrait chez les dirigeants chinois: “Je crois - c’est une opinion personnelle - que le président Hu Jintao a la volonté de maintenir cette amitié”, a-t-il estimé.
L’ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin à Pékin. Durée: 0mn53.
Selon l’agence Chine Nouvelle, “le président a déclaré que la Chine avait toujours attaché du prix à la relation sino-française et regretté des événements ayant heurté les sentiments chinois” tandis que Wen Jiabao “a pressé le gouvernement français de travailler avec la Chine à remettre les relations bilatérales sur une voie saine et stable”.
Wen Jiabao a aussi placé sa rencontre avec M. Raffarin sur une note positive, en se félicitant des récents propos de l’ancien Premier ministre français en faveur des JO.
“Vous soutenez l’organisation par la Chine des jeux Olympiques, vous vous opposez à lier la politique et les JO, exprimant par là l’amitié à l’égard du peuple chinois”, lui a-t-il notamment dit.
“Si Nicolas Sarkozy ne venait pas (à la cérémonie d’ouverture des jeux), cela serait interprété (par la Chine) comme un changement de ligne historique”, a commenté M. Raffarin devant la presse.
Un troisième envoyé français sera à Pékin ce week-end, Jean-David Levitte, conseiller diplomatique du président Sarkozy.
PEKIN (AFP) - (www.legrandjournal.com.mx)




Recevez la Revue de Presse









