La France tente de revendre ses vaccins contre la grippe A/H1N1 notamment au Mexique !
Publié le 04/01/2010 par " Le Grand Journal "
La France essaie bien de revendre à d’autres pays ses excédents de vaccins contre la grippe A/H1N1, a reconnu dimanche le ministère de la Santé, confirmant une information publiée par “Le Parisien/Aujourd’hui en France”.
Déjà 300.000 doses ont été vendues au Qatar et “deux millions de doses sont en cours de cession au profit de l’Egypte”, précise un communiqué du ministère. “Des contacts sont en cours avec d’autres pays, en particulier l’Ukraine et le Mexique”.
La France, qui compte environ 63,6 millions d’habitants, a acheté 94 millions de doses de vaccins auprès de quatre laboratoires pharmaceutiques. Les contrats, pour un montant de 869 millions d’euros, ont été signés au début de l’été, à une époque où il était recommandé d’administrer deux doses à chaque personne pour la vacciner, rappelle le ministère de la Santé.
Pour décider du nombre de vaccins à acheter, les services de Roselyne Bachelot se sont basés sur ce schéma vaccinal à deux doses et sur “un taux d’attrition de 25%” – autrement dit, ils ont supposé que les trois quarts de la population française (soit 47,7 millions de personnes) se ferait vacciner.
Or, “dès le début du mois de novembre, les premiers résultats des essais cliniques ont été en faveur d’un schéma vaccinal à une seule dose. Cette orientation a été confirmée le 20 novembre par l’Agence européenne du médicament” (EMEA), rappelle le ministère de la Santé.
Propriétaire d’un “excédent de doses”, “la France a donc décidé de céder des vaccins à des pays étrangers”, explique le communiqué.
Depuis la mi-novembre, les diplomates en poste à l’étranger seraient chargés d’informer Paris en cas de manque de vaccins dans leur pays, la vente des surplus étant confiée aux ministères des Affaires étrangères et de la Santé, rapportait dimanche “Le Parisien”/”Aujourd’hui en France”.
Le quotidien ajoute que “des négociations ont été rapidement engagées avec le Qatar, l’Egypte, le Mexique, la Bulgarie, la Roumanie et l’Ukraine”. Les discussions auraient avorté avec le Mexique, la Roumanie et la Bulgarie, selon une source au ministère de la Santé citée par le journal.
Toujours selon le quotidien, la France propose les vaccins à leur prix d’achat mais est confrontée à la concurrence des autres grands pays désireux d’écouler leurs propres stocks. L’Ukraine aurait ainsi reçu des offres française et allemande. La Suisse et les Pays-Bas ont de leur côté “ouvertement proposé à la revente une partie de leurs stocks”, souligne le journal.
D’après les derniers chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur, seules 4,6 millions de personnes avaient été vaccinées contre la grippe A/H1N1 en France au 28 décembre 2009.
Pour le député socialiste de Paris Jean-Marie Le Guen, membre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, “la politique vaccinale est malheureusement un fiasco qui a provoqué la désorganisation du système hospitalier et a abouti à ce que nous ayons le plus faible taux de personnes vaccinées des pays développés”.
Le gouvernement, a ajouté M. Le Guen sur son blog, “vient de prendre une mesure tardive, pour vendre son surplus de vaccin, qui risque de tourner à la braderie”. Le député “demande une mission parlementaire pour faire le bilan de ces échecs et tirer des leçons pour le futur”.
AP
Grippe A : la politique de vaccination critiquée à droite comme à gauche
La revente d’une partie de 94 millions de doses de vaccin contre la grippe A à des pays étrangers, révélée ce dimanche dans les colonnes du Parisien-Aujourd’hui en France, suscite de vives critiques sur la façon dont le gouvernement a géré la campagne de vaccination, et notamment son coût.
Le professeur Bernard Debré, député UMP de Paris et membre du Comité consultatif national d’éthique, a affirmé sur France Info que «le principe de précaution a été poussé à l’extrême stupidité». Il estime que la France a acheté de 50 à 70 millions de vaccins en trop et un tiers des réserves mondiales de l’antibiotique Tamiflu. La facture pourrait s’élèver, selon lui, à près de deux milliards d’euros, soit plus que les déficits additionnés de tous les hôpitaux de France.
Le professeur Marc Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses et ancien président de la Croix-Rouge française, est «très sévère sur la façon dont on a agi parce qu’on n’a pas accepté un dialogue vrai sur les risques que faisait courir ce nouveau virus (…) alors que, globalement, il représente une mortalité inférieure à celle de la grippe saisonnière». «Je conçois très bien qu’on veuille prendre une assurance tous risques, mais quand une assurance coûte beaucoup plus cher que le risque, on doit quand même s’interroger», a-t-il poursuivi.
Le médecin estime aussi qu’avec «une mise hors-jeu du service de santé principal constitué par les médecins libéraux, on courait un risque de non-acceptation par la population». Il critique également une «campagne dispendieuse», en notant le prix des pages de publicité achetées par le ministère de la Santé pour promouvoir la vaccination, les 2 milliards de masques «gardés je ne sais où, et dont personne ne s’interroge sur leur utilisation».
Le député Jean-Marie Le Guen, médecin et spécialiste des questions de santé au PS, a réclamé dimanche une mission parlementaire pour faire le bilan du «fiasco» de la «la politique vaccinale» et «tirer des leçons pour le futur». «Nous avons le plus faible taux de personnes vaccinées des pays développés», écrit encore l’élu socialiste.
Le Parisien
Même problème pour le Tamiflu et les masques
L’antiviral pourrait rapidement devenir obsolète, alors que la France posséderait un tiers des stocks mondiaux.
Si le vaccin contre la grippe, H1N1 ou autre, devient obsolète au bout d’un an, du fait de la variabilité du virus, l’antiviral Tamiflu ou son concurrent le Relenza ont eux aussi des dates de péremption, tout comme les masques de protection.
Le Tamiflu est un médicament censé amoindrir les effets d’une grippe en réduisant la durée de la maladie. La France en posséderait un tiers des stocks mondiaux. La validité des premiers lots achetés de ces médicaments expirera à la mi-2011. Ils pourront donc servir fin 2010, mais peut-être faudra-t-il aussi s’en débarrasser d’une manière ou d’une autre. Car nombre de spécialistes ont fait part, ces derniers mois, de leurs doutes sur la réelle efficacité du médicament, même au pic de la circulation du virus grippal. Ce qui n’est apparemment plus le cas aujourd’hui.
Ainsi, le Pr Marc Gentilini, l’ancien chef de service des Maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et ancien président de la Croix-Rouge française, s’était élevé dès juillet dernier contre l’usage systématique préconisé du Tamiflu et contre les 2 milliards de masques achetés et «gardés je ne sais où et sur l’utilisation desquels personne ne s’interroge». Car les masques les plus efficaces sont enduits de substances qui ne sont pas éternelles. Ils risquent donc de devenir, eux aussi, obsolètes et par conséquent sans effet.
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Clin d’oeil humoristique sur le sujet :
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JEAN PATRICK