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Rubrique : Actu Monde, La Une

Serbie - La coopération avec le TPI se poursuivra, assure le président du pays

Publié le 04/08/2008 par Le Grand Journal

karadzic2.jpgBELGRADE (AFP) — La Serbie poursuivra sa coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPI) à La Haye et aucune “pression supplémentaire” sur le pays n’est nécessaire, a déclaré dimanche le président serbe Boris Tadic.

“Aujourd’hui, personne ne peut dire que la Serbie n’était pas prête à arrêter les personnes inculpées” par le TPI et à manifester “son entière disposition à coopérer” avec cette instance, a déclaré le président Tadic, dans une première intervention publique depuis l’arrestation de Radovan Karadzic.

“Aujourd’hui, personne ne peut dire que la Serbie se dérobe à la justice internationale et ne respecte pas la loi internationale”, a ajouté le président Tadic, sans citer toutefois nommément Radovan Karadzic, l’ancien chef des Serbes de Bosnie dont les autorités de Belgrade ont annoncé l’arrestation le 21 juillet.

“Tout ceux qui envisagent d’exercer une pression supplémentaire sur la Serbie (pour arrêter les autres inculpés recherchés par le TPI) enfoncent une porte ouverte, car la Serbie a non seulement montré sa volonté et sa détermination, mais a pris aussi des mesures concrètes pour assurer cette coopération” avec le Tribunal, a poursuivi le président Tadic.

Après la capture de l’ex-chef politique des Serbes de Bosnie, la justice internationale attend l’arrestation du général Ratko Mladic, l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie pendant la guerre de Bosnie (1992-1995).

L’Union européenne réclame aussi des autorités serbes l’arrestation de l’ancien chef des Serbes de Croatie, Goran Hadzic, également inculpé par le TPI.

Les Européens considèrent que la Serbie prouvera sa “totale coopération” avec le TPI en s’emparant de ces deux fugitifs et que leur arrestation permettra de dégager des perspectives européennes pour Belgrade.

“Il n’est pas nécessaire que quiconque fasse pression sur la Serbie pour qu’elle poursuive sa coopération” avec le TPI, a répété le président Tadic.

Une telle coopération est dans le propre “intérêt national” de la Serbie, a-t-il dit.

Boris Tadic a démenti d’autre part les informations de l’hebdomadaire nationaliste Pecat selon lesquelles il aurait supervisé personnellement l’opération qui a conduit à l’arrestation de Radovan Karadzic, transféré le 30 juillet à La Haye.

“En tant que président de la Serbie, je n’interfère pas dans le travail de ceux qui sont amenés à arrêter des personnes recherchées ou inculpées. Les services concernés font leur travail. En tant que président, je n’effectue pas ce travail”, a déclaré Boris Tadic.

Article du 30 Juillet 2008

LA HAYE (AFP) — L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, inculpé depuis treize ans de génocide par le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie, a été incarcéré mercredi à La Haye par le TPI, qui s’est félicité de la coopération de la Serbie.

Radovan Karadzic, transféré dans la nuit de Belgrade après le feu vert donné par les autorités serbes, comparaîtra jeudi pour la première fois devant un juge du TPI.

L’avion transportant celui qui fut l’un des fugitifs les plus recherchés au monde s’est posé à 04H30 GMT à l’aéroport de Rotterdam, dans l’ouest des Pays-Bas, où un dispositif de sécurité avait été déployé.

Radovan Karadzic, “arrêté le 21 juillet 2008 en Serbie, a été admis dans le centre de détention de La Haye”, a annoncé peu après le TPI dans un communiqué.

Lors de l’audience de comparution initiale, jeudi, il lui sera demandé s’il plaide coupable ou non coupable des accusations de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, mais il pourrait utiliser le délai légal de 30 jours pour se prononcer.

La décision de transfèrement de Radovan Karadzic a été prise par le ministre serbe de la Justice, Snezana Malovic, conformément à la loi serbe sur la coopération avec le TPI.

Contrairement à ce qu’il avait affirmé, son avocat n’a pas envoyé de recours contre son transfèrement. Il a reconnu avoir tenté de retarder le plus possible le départ de l’accusé vers La Haye.

Le procureur du TPI Serge Brammertz à qualifié l’arrestation du fugitif de “succès majeur de la Serbie” dans sa coopération avec le Tribunal, lors d’une conférence de presse, exercice auquel se livre rarement le successeur de la très médiatique Carla Del Ponte.

A Bruxelles, l’Union européenne, qui a fait de la “pleine coopération” de Belgrade avec le TPI une condition pour la mise en oeuvre d’accords d’association, l’a salué comme “une étape importante (…) du rapprochement européen de la Serbie”.

Les 27 pays de l’UE avaient averti les autorités de Belgrade que la Serbie ne pourrait pas avancer dans ses perspectives européennes tant qu’elles n’auraient pas arrêté Radovan Karadzic.

Les Européens réclament encore l’arrestation de Ratko Mladic, alter ego miliaire de Karadzic, et de Goran Hadzic, ancien président de la république serbe auto-proclamée de Krajina.

“J’espère que la coopération de la Serbie avec le Tribunal permettra d’appréhender les deux derniers fugitifs (…) Sans leur arrestation, nous ne pourrons mener à bien notre mission”, a insisté M. Brammertz.

Il a ajouté qu’il ne prévoyait pas de nouvelle évaluation de la coopération de Belgrade avant celle prévue en décembre devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Mardi soir, une manifestation de l’opposition nationaliste serbe à Belgrade a dégénéré en heurts entre quelques centaines de jeunes et la police.

Radovan Karadzic, âgé de 63 ans, était avec Ratko Mladic l’un des deux fugitifs les plus recherchés d’Europe.

Tous deux sont inculpés depuis juillet 1995 de crimes de guerre, contre l’humanité et génocide, notamment pour le massacre de près de 8.000 hommes et adolescents musulmans en juillet 1995 à Srebrenica (Bosnie orientale).

Il est considéré comme le cerveau derrière le “nettoyage ethnique” lancé, avec l’appui de Belgrade, selon le procureur du TPI, contre les Musulmans et Croates durant la guerre de Bosnie (1992-1995), qui a fait 100.000 morts et 2,2 millions de réfugiés, soit la moitié de la population bosniaque.

Depuis son arrestation, des détails sur sa vie de fugitif, et notamment sur son allure de gourou de la médecine alternative, étaient apparus dans la presse.

Sous les traits méconnaissables d’un homme à l’abondante chevelure et barbe blanches, l’ancien chantre de la Grande Serbie menaçant dès 1991 les Musulmans d’annihilation exerçait la médecine alternative sous l’identité de “Dr Dragan Dabic” à Belgrade.

Radovan Karadzic devra également répondre devant le TPI du siège de Sarajevo qui a fait quelque 10.000 morts et de la détention de milliers de civils dans des camps, notamment dans la région de Prijedor (nord-ouest de la Bosnie).
Article du 22 juillet 2008

Radovan Karadzic, arrêté lundi soir à Belgrade où, méconnaissable, il vivait sous une fausse identité, sera transféré au Tribunal pénal international (TPI) à l’issue de la procédure légale, ont indiqué mardi des responsables serbes.

L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie Karadzic utilisait une fausse identité et vivait dernièrement dans la capitale serbe, a déclaré le procureur pour les crimes de guerre Vladimir Vukcevic.

«Karadzic possédait de faux documents au nom de Dragan Dabic et s’est avéré très habile pour dissimuler sa véritable identité», a-t-il dit.

«Il gagnait sa vie en s’occupant de médecine alternative et travaillait dans une clinique privée. Sa dernière adresse était à Novi Beograd», quartier moderne de Belgrade, a-t-il précisé.

Selon le procureur, Karadzic se déplaçait librement dans la capitale serbe, apparaissait dans des endroits publics, et avait réussi à duper ses employeurs ainsi que les propriétaires des différents appartements qu’il avait loués.

Le procureur a précisé que l’arrestation de Karadzic s’était déroulée «sans aucun problème et avec un minimum de risque».

«Le juge d’instruction a, à ma connaissance, déjà pris une décision (…). Les conditions pour son transfert sont réunies», en accord avec la loi serbe sur la coopération avec le TPI de La Haye, a indiqué M. Vukcevic.

Rasim Ljajic, ministre chargé de la coopération avec le TPI, a montré à la presse une photographie de Karadzic sur laquelle il est méconnaissable, étonnamment mince, portant une longue barbe blanche et de longs cheveux blancs tombant sur ses épaules.

Karadzic a été arrêté «alors qu’il se rendait d’une localité (où il se cachait) à l’autre», a précisé M. Ljajic.

L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie a été entendu par un juge d’instruction lors d’une audition préliminaire dans la nuit de lundi à mardi, première étape en vue de son extradition vers La Haye.

«Son identité a été déterminée et l’acte d’accusation lui a été remis», a déclaré le procureur Vukcevic en ajoutant que Karadzic avait, la plupart du temps, usé «de son droit à ne pas faire déclaration». Selon le droit serbe, l’audition préliminaire est le premier pas dans la procédure menant à l’extradition du suspect vers le TPI.

Le magistrat doit ensuite, dans un délai de trois jours, décider si l’inculpé remplit ou non les conditions pour être transféré au tribunal de La Haye. Karadzic peut, dans un délai de trois jours, déposer un recours contre cette décision.

Un panel de juges du tribunal pour les crimes de guerre à Belgrade a, à son tour, trois jours pour se prononcer sur une telle requête.

L’inculpé n’a ensuite aucun nouveau recours à sa disposition et le ministère de la Justice peut alors prendre la décision de le transférer au TPI.

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Article du 21 juillet 2008

La présidence serbe a annoncé lundi l’arrestation de Radovan Karadzic, chef politique des Serbes de Bosnie et artisan avec Slobodan Milosevic du “nettoyage ethnique” qui a fait 260.000 morts et 1,8 million de déplacés durant la guerre de Bosnie de 1992-95.

Selon le bureau du président serbe Boris Tadic, Karadzic a été arrêté lundi soir en Serbie “au cours d’une action des services de sécurité serbes” puis conduit devant le tribunal serbe chargé d’instruire les crimes de guerre.

Le juge d’instruction Milan Dilparic a indiqué tôt mardi que Karadzic “est en train d’être interrogé”. C’est la première étape de la procédure d’extradition vers le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) qui inclut la présentation des 15 chefs d’inculpation à l’accusé et une période de trois jours pendant lesquels il pourra faire appel de la décision d’extradition, si celle-ci est ordonnée.

Karadzic, psychiatre de formation né en 1945 dans une famille de paysans pauvres du Monténégro, était devenu l’ennemi public n°1 du TPIY. Le tribunal l’a inculpé en 1995 de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour avoir orchestré depuis son fief de Pale, avec son comparse le général Ratko Mladic, le siège de Sarajevo, l’épuration ethnique des musulmans et croates et notamment le massacre de Srebrenica en 1995, au cours duquel furent assassinés 8.000 musulmans.

“C’est un jour très important pour les victimes qui ont attendu cette arrestation pendant plus de dix ans. C’est aussi un jour important pour la justice internationale parce que cela démontre clairement que personne ne peut échapper à la loi et que, tôt ou tard, tous les fugitifs seront conduits devant la justice”, s’est félicité le procureur général du TPIY Serge Brammertz.

Une source policière serbe a précisé, sous couvert d’anonymat car elle n’était pas autorisée à parler à la presse, que Karadzic a été arrêté dans la banlieue de Belgrade après des semaines de surveillance et grâce à des indications des services de renseignement d’un pays étranger.

S’il est extradé devant le TPIY, Karadzic sera le 44e suspect serbe présenté devant le tribunal international sous l’égide de l’ONU. Parmi les autres personnes traduites devant cette instance, l’ancien président Slobodan Milosevic, décédé 2006 alors que son procès était en cours.

A Belgrade, des unités spéciales de la gendarmerie serbe ont été déployées dans la nuit autour du tribunal où le prisonnier a été conduit, par peur de représailles des nationalistes pour qui Karadzic fait figure de héros. Des dizaines d’entre eux, rassemblés devant le bâtiment, scandaient: “Karadzic, héros!” et “Tadic, traître!”.

Le frère de l’accusé, Luka Karadzic, se trouvait également sur place. “Il ne s’est pas rendu, ce n’est pas son style”, a-t-il commenté.

La Serbie subit une importante pression de la part l’Union européenne, qu’elle souhaite intégrer, Bruxelles exigeant l’arrestation des fugitifs recherchés par le TPYI. L’un d’entre eux, l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, est encore en fuite.

“Cette nouvelle nous apporte une immense satisfaction”, s’est réjoui le Haut représentant pour la politique étrangère de l’Union européenne Javier Solana. “Le nouveau gouvernement de Belgrade soutient une nouvelle Serbie, une nouvelle qualité de relations avec l’Union européenne. (…) C’est une bonne journée pour la justice dans les Balkans”.

Dans une déclaration diffusée lundi soir par le ministère français des Affaires étrangères et européennes, la présidence du Conseil de l’Union européenne se “félicite” d’un “développement” qui “illustre l’engagement du nouveau gouvernement de Belgrade de contribuer à la paix et à la stabilité dans la région des Balkans. Il constitue une étape importante dans la voie du rapprochement de la Serbie avec l’Union européenne”, selon le communiqué.

La Maison blanche a pour sa part estimé que l’arrestation était “une démonstration importante de la détermination du gouvernement serbe d’honorer son engagement à coopérer avec le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie”.

La femme du fugitif, Ljiljana, a déclaré par téléphone à l’Associated Press depuis son domicile de Pale, près de Sarajevo, que sa fille Sonja l’avait appelée avant minuit. “Au moment où le téléphone a sonné, j’ai su que quelque chose n’allait pas. Je suis choquée. J’ai l’esprit un peu embrouillé. Au moins maintenant, nous savons qu’il est vivant”, a-t-elle expliqué.

AP - (www.legrandjournal.com.mx)

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Edito

La planète finance a le regard tourné vers Washington. Les ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés (G7) se rencontrent ce vendredi pour parler de la crise qui ébranle le système financier international et, surtout, des moyens pour restaurer la confiance. Par la suite, une réunion est prévue avec leurs homologues de grands pays émergents qui craignent une contagion. Les débats se prolongeront samedi lors de la réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI), garant de la stabilité financière mondiale. Le secrétaire d'Etat Henry Paulson, veut renforcer l'effort collectif face à la crise. C'est lui qui a souhaité la rencontre élargie entre pays industrialisés et pays émergents. Henry Paulson a toutefois déjà mis en garde contre toute attente démesurée de la réunion du G7. «Les pays sont différents, les systèmes financiers sont différents et les besoins et les politiques sont différents», a-t-il déclaré mercredi soir. Son pessimisme se comprend. Le plan Paulson de 700 milliards de dollars a été salué en Europe, mais aucun pays n'a pris des mesures fortes pour endiguer la crise. En réalité, les pays se déchirent même à l'intérieur de l'Union européenne. Il n'empêche que le G7 pourrait annoncer des mesures visant à stabiliser le taux de change du dollar. Sa volatilité est en effet l'une des raisons qui ont affaibli l'économie américaine. Signe avant-coureur, le cours de l'or a baissé ces dernières heures dans l'attente que le billet vert reprenne son rôle de valeur refuge. Mais avec leurs poids politiques et économiques, les ministres des Finances du G7 pourraient donner une impulsion pour que le FMI assume de nouvelles responsabilités. A cet effet, son directeur le français Dominique Strauss-Kahn n'arrête pas de revendiquer de nouveaux pouvoirs pour intervenir lorsque le système financier est en crise. «Notre point de vue est que la situation est très grave et nous pouvons résoudre les problèmes si nous agissons vite, énergiquement et de façon concertée», a-t-il déclaré jeudi. Pas plus tard que ce mardi, Robert Zeollick, président de la Banque mondiale (BM), a appelé à la fondation d'un nouveau multilatéralisme, avec une profonde réforme des institutions comme le G7, le FMI et l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

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