Cette semaine, le Grand Journal vous propose un résumé de l’actualité au Mexique avec l’organisation décidément problématique des débats pour les présidentielles 2012, la nouvelle découverte macabre dans l’Etat du Nuevo Leon, des mères en colère contre les disparitions et meurtres de leurs enfants liés à la guerre contre le narcotrafic et le concert gratuit de Paul McCartney qui a enflammé les foules de la capitale.
On vous parle aussi de la sécheresse qui s’installe dans le nord du pays et décime les troupeaux et pour finir, un concert de musique électronique expérimentale qui a retenu l’attention des passionnés du genre musical.
Le débat continue de faire parler de lui
Et cette fois-ci, ce n’est plus à cause de l’animatrice plantureuse qui avait marqué les esprits, mais pour le coût d’organisation en général de la rencontre.
L’Institut Fédéral Electoral (IFE) aurait dépensé plus de 4 millions de pesos, dont 80 000 pesos pour le producteur de l’émission Jesus Tapia, 73 000 pesos pour la modératrice du débat Guadalupe Juarez, 61 470 pesos pour l’agence qui a sélectionné la fameuse top model Julia Orayén qui aura fait parler de son décolleté plongeant et 51 504 pesos pour les services de maquillage, arrangements et opérations générales du débat.
Les montants les plus importants reviennent à la société Viconcepto qui aura reçu 564 384 pesos pour la mise en scène, au World Trade Center (956 005 pesos) pour la location de l’espace où s’est déroulé le débat, les services de sécurité et de secours et la mise en place des antennes de diffusion du débat. La chaîne télévisée 22 aura reçu 554 480 pesos pour la location d’une unité mobile et la société AMY, 597 690 pesos, pour la mise en place du circuit fermé de projection du débat.
A ces quelques sommes rendues publiques, s’ajoutent les factures d’Axtel pour la connexion à Internet (268 676 pesos), d’OR Telecom pour la transmission par satellite (23 000 pesos) et de Multidestino pour le service de micro-ondes (27 849 pesos).
IFE en quête d’un nouveau producteur pour le second débat
Le président de la Commission temporaire des Débats de l’Institut Fédéral Electoral (IFE), Sergio García Ramírez, est en train d’évaluer deux options possibles pour la production télévisée du second débat entre les candidats à la présidentielle 2012 qui aura lieu le 10 juin prochain à Guadalajara: la chaîne universitaire Canal 11 de l’Institut Polytechnique National ou la Chambre de l’Industrie de la Radio et de la Télévision (CIRT).
Suite à la polémique engagée sur les faux-pas commis par le précédent producteur du premier débat, Jesus Tapia, tant pour l’embauche fumeuse de la playmate Julia Orayén que pour les dépenses astronomiques effectuées en général par l’IFE, Sergio Garcia a affirmé que ces deux nouvelles considérations chercheront à « corriger les erreurs commises dans la première rencontre. »
En outre, il a informé que l’IFE publiera désormais les contrats, en sus des factures, passés avec les sociétés et autres agences chargées d’organiser le bon déroulement du débat, suite à une demande du représentant devant l’IFE du Parti Révolutionnaire Démocratique (PRD), Camerino Márquez Madrid, qui s’est plaint de l’information insuffisante délivrée par l’Institut quant aux dépenses du premier débat.
Il a cependant estimé que les dépenses réalisées pour la première rencontre avaient été de son point de vue « adéquates », correspondantes aux coûts et honoraires réclamés sur le marché pour ce genre d’événement. « Toute enquête, ou analyse qui voudrait être menée sur le sujet, nous sommes tout à fait ouverts » a-t-il conclu en conférence de presse.
L’horreur continue: 49 cadavres décapités et mutilés retrouvés en bord de route
Dans la nuit de dimanche à lundi, les forces de police de l’Etat du Nuevo Leon ont reçu un appel anonyme informant de la présence de 49 corps mutilés et sans tête abandonnés sur une route reliant le village de Cadereyta, Etat du Nuevo Leon à Ciudad Reynosa, Etat du Tamaulipas.
La plupart des corps étaient enfouis dans de grands sacs en plastique noir, d’autres tout simplement dispersés sur l’asphalte. 43 hommes et 6 femmes qui, aux dires du porte-parole de la Sécurité publique du Nuevo Leon, Jorge Domene, appartenaient au crime organisé, au vue des tatouages imprimés sur leur corps. un message qui n’a pas été rendu public a également été déposé près des cadavres.
L’identification des victimes par les services de médecine légiste risque d’être compliquée du fait des mutilations des corps et de l’absence des têtes, dont on craint d’ailleurs de les voir réapparaître sous peu. Selon les premières autopsies, les corps étaient déjà sans vie depuis quelques jours déjà, et il est probable qu’ils aient été tués ailleurs pour ensuite avoir été transportés jusqu’à l’endroit où ils ont été retrouvés par les forces de l’ordre.
Les autorités du Nuevo Leon ont demandé le concours des forces fédérales et militaires pour effectuer des rondes de surveillance de la zone pendant quelques jours et mettre la main sur les responsables de ces faits « si lamentables et cruels ».
Marche contre les disparus du Mexique à l’occasion de la Fête des Mères
Ce 10 mai, jour national de la fête des mères au Mexique, des mères en colère, accompagnées de leurs proches et soutenues par une vingtaine d’organisations civiles, ont marché sur Reforma, avenue centrale de la ville de Mexico, pour réclamer justice des portés disparus de la guerre contre le narcotrafic ; près de 20 000 personnes au total selon les estimations auraient été signalées aux autorités.
Cette « Marche pour la Dignité nationale, des mères cherchant leurs fils et invoquant la justice » a pour objectif de lancer un appel déterminé au gouvernement fédéral et au Ministère public afin que soient ré-ouvertes les enquêtes relatives aux dossiers de portés disparus, souvent conclues à la hâte ou classées sans suite.
Des femmes venues de toute la République se sont ainsi réunies pour raconter leur histoire et se soutenir pendant une célébration qui leur est douloureuse, sans la présence d’un fils ou d’un mari pour fêter dignement leur lourde responsabilité d’être mère.
La sécheresse décime les troupeaux dans le sud du Sonora
L’Union des Elevages Régionaux de l’Etat de Sonora a tiré la sonnette d’alarme : on compte déjà près de 30,000 têtes de bétail décimées par le manque d’eau et d’herbage, dû à la sécheresse importante que souffre actuellement l’Etat.
Un chiffre considérable, qui pourrait s’aggraver ces prochains mois considérés comme les plus difficiles au niveau du climat, selon l’appréciation qu’en donne Luis Sierra Maldonado, président de l’association.
La saison des pluies est annoncée pour la mi-juillet, la période sèche s’éternisant bien au-delà de ce que peut supporter actuellement l’élevage bovin. Il a également indiqué que ce sont les régions de Guaymas et d’Empalme, situées au sud, qui sont les plus touchées et ont vécu des situations similaires l’année dernière.
Les éleveurs ont déjà demandé une aide d’urgence au gouvernement fédéral chiffrée à 53 millions de pesos pour affronter la période critique qu’ils sont actuellement en train de traverser.
Le concert gratuit Paul McCartney a fait des émules au Zocalo de Mexico city
Paul McCartney aura largement honoré ses fans mexicains en leur offrant un concert gratuit de plus de 3 heures non-stop dans la ville de Mexico. Le zocalo, aménagé pour l’occasion en mega-scène de concert, a accueilli près de 200,000 personnes dans une ambiance déchaînée mais allègre. La foule a accueilli à grands cris les illustres chansons du célèbre groupe des Beattles, »Hello goodbye » et « All my loving ».
Paul McCartney n’aura pas manqué de saluer les mères mexicaines, dont la fête ce 10 mai a été le prétexte du concert, en entonnant « All my Loving », ponctué d’un « Feliz Día de las Madres. »
L’un des moments les plus forts a été sans aucun doute l’interprétation de la chanson « Obladi, Oblada », accompagnée par un orchestre mariachi sur fond de drapeau mexicain.
Le concert s’est terminé sur la nostalgique mais intemporelle chanson « Yesterday », acclamée par le public.
Le Festival Mexico bat son plein
Le Festival Mexico, concert organisé au Laboratoire d’Art Alameda de la ville de Mexico est chaque année plus innovant avec la présence de groupes venus des quatre coins du monde.
Cette année, il nous a offert une sélection hors-pair de musique électronique expérimentale avec la participation du groupe KTL, des musiciens Phil Niblock, Thomas Ankersmit et Mario de Vega, originaires des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, des Pays-Bas et bien évidemment du Mexique.
Cette 28ème édition a réuni près de 200 personnes, tous amateurs de ce genre musical réalisé en live grâce à des moyens technologiques de plus en plus performants. L’exploration de sonorités n’est pas seulement une expérience auditive, mais suscite également l’intervention du corps au plus près des tonalités musicales.
Mario de la Vega, premier à apparaître sur scène a déployé une musique expérimentale complexe, associant à ses synthétiseurs et tables de mixage, des supports originaux comme l’eau ou le sel et divers appareils électriques afin d’expérimenter de nouvelles pistes de conduction du son et l’émission de sonorités toujours plus surprenantes. Un challenge de créativité qui lui a valu l’ovation du public.
Ankersmit, artiste hollandais, remarqué pour son habilité et sa grande concentration, nous a proposé une musique alliant son ordinateur et un synthétiseur analogique modulaire. Son objectif : recréer toute sorte de sons issus du quotidien des grandes villes, accompagné de battements de cœur latents et diverses vibrations du son.
Quant à l’américain Niblock, il a présenté une série d’enregistrement de notes de musique provenant d’instruments comme le violoncelle, la flûte, le trombone ou la guitare électrique, toutes soutenues sur plusieurs gammes. Les notes ont été ensuite placées dans un multitrack, mélangées de manière intuitive et reproduites à fortes décibels afin que l’expérience soit ressentie corporellement par le public. Par ailleurs, deux vidéos offrant une illustration de l’expérience musicale ont été projetées en fond de scène.
Enfin, le final a été assuré par le duo KTL, formé par Peter Rehberg, musicien anglais et Stephen O’Malley, guitariste américain, du groupe Sunn O, qui ont repoussé les limites du métal de façon vertigineuse.
Le Festival se poursuivra le 14 mai au Lunario de l’Auditorium National dans le cadre du cycle culturel Aural, avec la présence inédite du groupe Faust formé par des musiciens allemands, autrichiens et américains.