Le Grand Journal vous propose l’actualité économique du Mexique cette semaine avec le sauvetage d’Acapulco des griffes du crime organisé par Carlos Slim; le pari des autorités sur l’attractivité touristique du territoire en cette année « de fin du monde »; Enfin, quelques brèves communiquées par le service de presse de l’Ambassade de France.
Obstacles à la compétitivité du Mexique
La Chambre National de l’Industrie de la Transformation a réclamé urgemment aux autorités la révision de l’agenda économique actuel, qui maintient les entraves à la compétitivité nationale.
Entre autres facteurs cruciaux, la CANACINTRA a cité le sous-développement de l’infrastructure productive, en particulier des routes et ports du pays ; l’insuffisance du développement technologique et la faible capacité nationale d’absorption des technologies de pointe dans le tissu industriel.
Selon leurs analyses, ces retards sont générés à cause d’une mauvaise intégration des chaînes productives qui insiste à recourir à toujours plus d’importations ; une faible participation de la banque mexicaine dans le soutien aux activités productives et enfin, un excès notoire de bureaucratie qui décourage le développement des activités productives.
Les taux d’imposition au Mexique sont actuellement les plus élevés de son histoire
Suite à une extension du registre des contribuables de 7 à 36 millions de personnes physiques et morales, l’imposition au Mexique connait des taux les élevés de son histoire, chiffrée à un billion 200 milliards de pesos d’impôts prélevés, soit 5% de plus de recouvrement par rapport à l’année passée.
Quant à la T.V.A (I.V.A pour ses sigles en espagnol – Impôt sur la Valeur ajoutée), elle a augmenté de près de 20% par rapport à 2011. Entre autres données, on observe que l’Etat de Veracruz est celui qui apporte le plus avec 11% du recouvrement national, se situant ainsi parmi les Etats qui s’acquittent le mieux du paiement de ses impôts.
Alfredo Gutiérrez Ortiz Mena, directeur du Service d’Administration Tributaire, a signalé par ailleurs que l’institut poursuivrait ses efforts pour combattre le secteur informel, qui pèse aisément dans l’altération du système fiscal national.
La COPARMEX compte bien peser dans les décisions de la prochaine administration
La Confédération Patronale de la République Mexicaine (COPARMEX) s’est engagé verbalement à rechercher avec la future administration, la réconciliation, l’unité et la construction de son pays.
“Avec le nouveau gouvernement, nous serons, comme nous l’avons toujours été, des collaborateurs critiques et promoteurs du bien commun” a déclaré l’organisme dans son bulletin hebdomadaire. « [Nous, les chefs d’entreprise] sommes obligés d’agir avec transparence, éthique et légalité. Nous ne pouvons exiger des autorités qu’elles agissent de même, sans avant tout nous retourner sur nous-mêmes de manière autocritique. »
Selon la COPARMEX, le Mexique a besoin des gouvernements responsables mais aussi des citoyens engagés et d’entreprises “hautement productives, pleinement humaines et socialement responsables.” Tout cela, dans un environnement démocratique où chacun n’ait pas peur de tisser des alliances avec le gouvernement comme de différer de leurs décisions selon les cas. L
a COPARMEX continuera de jouer son rôle de “conscience pour la libre-entreprise au Mexique”, tissant des accords avec le gouvernement en faveur du bien commun mais aussi “signalant, quand cela est nécessaire, les différences que nous avons avec les décisions prises par le gouvernement.»
La légitimité de cet organisme remonte « à plus de 80 ans de représentation de la libre-entreprise et de la démocratie » et découle de sa grande responsabilité envers la construction de l’avenir du pays, à travers la création de plus et meilleures entreprises créant les emplois nécessaires et de meilleurs salaires pour l’ensemble de la population. “Notre Nation a devant elle un futur prometteur, si nous tirons profit de nos forces et si nous nous unissons sur l’essentiel” conclut le manifeste.
Communications – Carlos Slim mise sur la TV sur Internet
Le projet de collaboration entre l’ex-présentateur de CNN, Larry King et le chef d’entreprises multimilliardaire Carlos Slim a lancé ses premières transmissions sur internet ce mardi.
Ora.TV a ainsi débuté avec la diffusion du programme “Larry King Now”, interview de personnalités comme pour cette première émission celle de Seth MacFarlane, créateur de la série animée américaine “Family Guy” et du film prochainement en salle “Ted”.
Selon les premières informations sur cette entreprise données par Jon Housman, directeur de Ora.TV, la publicité sera la principale source de revenus du portail web qui possède dès à présent des comptes Twitter, Facebook et Youtube.
Ce projet intervient au moment où TELMEX (qui appartient également à Carlos Slim) cherche en vain l’autorisation du Gouvernement pour ouvrir un service de télévision restreinte et payante au Mexique. Pour l’heure la Cofetel (Comission fédérale des Télécommunications) analyse si oui ou non le service Uno TV demandé par Slim violera les dispositions du titre de concession téléphonique.
Logistique – Licitation sur le port de Manzanillo
L’Administration portuaire intégrale (API) de Manzanillo a publié ce mardi une convocation publique numéro API/MAN/TUM/01/12 pour l’attribution d’un contrat de cession partielle de droits sur la concession d’une zone située dans le port de Manzanillo, pour la construction, l’équipement, l’opération et l’exploitation d’un terminal polyvalent (TUM en espagnol), d’usage public.
Il s’agit ainsi d’un concours pour lequel des visites des installations sont prévues ce 26 septembre suivie d’une session de questions ouvertes le 5 octobre prochain, puis la présentation et l’ouverture des offres le 16 novembre. Les résultats du concours seront délivrés finalement 7 décembre de cette année.
Energies renouvelables – Des bons pour le secteur éolien
Pour la première fois dans l’histoire des projets énergétiques de Mexique, des bons à hauteur de 167,5 millions de dollars seront émis sur le marché de valeurs afin de lancer la construction d’un parc éolien d’ampleur dans l’Etat de Oaxaca.
Le projet baptisé “Oaxaca IV” dont le propriétaire indirect est l’entreprise espagnole Acciona – Ingénieurie et Construction a été reçu favorablement sur les marchés, qualifié par l’agence Standard & Poor’s Ratings Services de « BBB ».
Les bons sont garantis par les droits de l’émetteur à recevoir les paiements du contrat d’achat d’énergie sur 20 ans signé dans un document avec la Commission Fédéral d’Electricité. Ils auront d’ailleurs une date de validité fixée à 2031.
Le projet Oaxaca IV prévoit ainsi de payer ses dettes à partir du flux d’effectifs de son projet éolien de 102 Megawatts que obtiendra des revenus de la vente d’énergie selon l’accord d’achats d’énergie passé avec la CFE sur le long terme.
Oaxaca IV est un parc éolien de 102 Megawatts (MW) localisé sur l’Isthme de Tehuantepec dans l’Etat de Oaxaca, à 17 kilomètres des côtes pacifiques. Ses installations sont composées de 68 turbines distribuées en trois secteurs, le projet initiant ses opérations commerciales depuis mars 2012.
Opération sauvetage d’Acapulco
Acapulco, lieu hautement touristique et destination favorite à l’instar de Cancun des stars américaines, a fortement souffert dernièrement des violences liées au narcotrafic, à tel point que le nombre de morts liés aux événements criminels a triplé l’année dernière, faisant d’elle l’une des villes les plus dangereuses du monde et faisant évidemment fuir bon nombre de touristes.
Pour contrecarrer la tendance, et réaffirmer l’attractivité du site, le chef d’entreprise et multimilliardaire Carlos Slim a décidé de mener un projet de sauvetage du port d’Acapulco, qui se développera en trois étapes : la construction de nouveaux hôtels de luxe dans la partie la plus ancienne de la station balnéaire (à travers la société hôtelière de Mr Slim, Ostar), la modernisation du système de transports publics et des zones commerciales, et enfin, la création d’un musée marin.
Le gouvernement de l’Etat de Guerrero, auquel appartient Acapulco a salué l’initiative et a annoncé que Miguel Alemán Velasco, président du conseil de la compagnie aérienne Interjet se joindra au projet sans pour autant annoncer un montant concret d’investissement. De son côté, le niveau fédéral à travers le président Felipe Calderon a annoncé l’envoi d’une centaine de policiers et militaires supplémentaires afin de rétablir l’ordre et d’organiser de plus fréquentes patrouilles.
Ce n’est pas la première fois que Carlos Slim se lance dans ce genre d’opération de récupération des zones marginalisées par la délinquance. En 2000, en effet, il a travaillé ardument avec le maire de ville de Mexico d’alors, Andrés Manuel Lopez Obrador pour rénover et moderniser toutes les rues du Centre historique de la capitale mexicaine. Il a d’ailleurs ainsi pu devenir propriétaire de multiples édifices historiques du centre.
A Acapulco, Carlos Slim est notamment connu pour ses événements fastes en compagnie de nombreuses célébrités comme la légendaire actrice italienne Sophia Loren et l’acteur émérite français Alain Delon aux côtés desquels il s’est affiché au dernier festival de cinéma.
Le gouvernement fédéral s’engage aussi aux côtés d’Acapulco
Le Ministère de l’Economie a également annoncé une initiative d’ampleur pour redorer l’image et l’attractivité d’Acapulco. Près de 136 millions de pesos seront alloués à la création d’entreprises et de commerces dans le port et station balnéaire, au total une aide qui bénéficiera à plus de 1000 PMEs de la région. Une partie de l’investissement public servira aussi à rénover le marché central du port, lourdement affecté par un incendie il y a quelques temps.
Cette annonce formulée au cours de la réunion stratégique “Tous pour Acapulco”, par le titulaire du ministère de l’Economie Bruno Ferrari vise essentiellement les PMEs du secteur touristique et provient d’une instruction présidentielle qui en a fixé le montant (originellement de moitié).
En outre, l’initiative projette la possibilité de contracter des crédits à des conditions préférentielles pour toute entreprise ou personne physique intéressées à créer une activité qui bénéficiera à la région.
Enfin, plusieurs forums et événements seront organisés sous l’égide du Programme Corredor Comercial Seguro pour soutenir les chefs d’entreprise de la région, les aider à réactiver leurs affaires et régénérer l’économie locale.
La stratégie de promotion du Monde Maya semble porter ses fruits
Le Ministère du Tourisme et le Conseil de Promotion Touristique du Mexique ont dévoilé les premiers résultats encourageants de la stratégie de promotion du Monde Maya menée ces derniers mois: les hôtels de la région concernée ont en effet enregistré une occupation totale de leurs habitations pendant près de 61 semaines consécutives.
En mai dernier, les chiffres rapportent une occupation de 54 107 chambres sur tout le mois, soit 7,6% de plus que sur la même période 2011. En cumulés entre janvier et mai, ce sont quelques 60 712 chambres qui ont été occupées, 8,1% de plus que les 5 premiers mois de l’année antérieure.
Le Programme Monde Maya a été présenté dans les salons internationaux les plus importants du secteur touristique tels que le Salon International du Tourisme à Madrid, le ITB de Berlin, le World Travel Market de Londres, le BIT de Milan et le MITT de Moscou pour les plus importants, et dans la plupart des Etats nord-américains (Chicago, Nueva York, Los Ángeles, Seatle, Atlanta, Houston, Austin, Caroline du Nord, Washington, Miami, Montreal, Toronto, Vancouver) ainsi que dans deux grandes villes latinoaméricaines à Bogota et São Paulo.
Le Monde Maya est formé des Etats de Campeche, Chiapas, Quintana Roo, Tabasco et Yucatan, une région d’une étendue de 241,784km² considérée comme une priorité dans les politiques de développement du gouvernement fédéral.
Enfin, il est à noter que le fin du cycle dans le calendrier maya n’est pas étranger à cette augmentation des flux touristiques dans la région, réveillant la curiosité internationale, sur ce que beaucoup ont interprété à tort comme la prédiction par la prophétie maya de la fin du monde.
Les exportations tirent la croissance mexicaine
La croissance économique nationale poursuivra son rythme ascendant cette année, malgré les contractions de l’économie mondiale, selon les analyses des experts. L’explication principale de ce pronostique optimiste est le dynamisme des exportations.
Autres facteurs explicatifs, les excellents résultats à l’export de l’industrie automobile en plein essor, la dépréciation du peso face au dollar et la réduction de la brèche entre les coûts de travail chinois et mexicains, permettant de fait que les produits mexicains soient plus compétitifs sur le marché mondial.
Eduardo Loría, directeur du Centre de Modelistique et Pronostiques Economiques (CEMPE) de l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM), affirme que les fondamentaux macroécnomiques sont solides. L’économie mexicaine semble résistante face à l’incertitude financière qui se vit en Europe et aux ajustements fiscaux actuellement en cours aux Etats-Unis. Bien que les exportations américaines aient été réduites de façon sensible, au Mexique, la décélération n’a pasé té aussi forte; la flexibilité du taux de change permettant d’absorber en partie les chocs extérieurs qui auraient normalement affectés l’économie réelle. Eduardo Loría, interprétant également la situation du Mexique face à la Chine, observe une nette récupération de ce premier face à la seconde dans les préférences d’achats des Etats-Unis.
Quant à Jonathan Heath, chercheur à l’INEGI (Institut National de la Statistique et de la Géographie), il s’accorde à dire que l’augmentation du PIB (Produit Intérieur Brut) du Mexique, reconnu par le FMI dérive principalement des facteurs comme le meilleur dynamisme du secteur automobile, l’avantage du taux de change et la compétitivité de la main-d’œuvre mexicaine. Cela étant, indique-t-il, pour que les effets de cette croissance se ressentent réellement dans l’économie réelle, il faudrait que le taux atteigne au moins les 3,9%.
Aujourd’hui, le Mexique exportent pour plus d’1 milliard de dollars par jour des produits fabriqués nationalement. Le Ministère des Finances et Crédit public rapportent que sur la période mai 2011 à mai 2012, le Mexique a vendu pour 395 milliards de dollars, soit une moyenne de 1 milliard 082 millions par jour, soit au total 60% des exportations d’Amérique latine.
Cet effort est accompagné également par un renforcement du contrôle des douanes et démarches pour l’exportation. Le Mexique possède 69 douanes sur son territoire, que les autorités mexicaines ont progressivement dotées d’équipements de pointe pour détecter armes, argent en effectif conséquent ou drogues et surveiller constamment les équipes et personnes qui transitent dans ces zones.
Les immigrés mexicains contribuent à hauteur de 4% du PIB américain
En 2011, un rapport a estimé que les immigrés mexicains contribuaient à hauteur de 4% du PIB (Produit Intérieur Brut) aux Etats-Unis, Arizona étant jusqu’à peu l’Etat qui détient la contribution la plus grande bien que la population mexicaine immigrée y ait sensiblement diminuée après le vote de lois anti-immigration. Aujourd’hui et par Etats, les contributions majeures des immigrants mexicains au PIB national proviennent de Californie (12,2%), Nevada (10,1%), Arizona (9,8%), Texas (9,1), Idaho (5%) et le Nouveau Mexique (4,8%).
Selon l’économiste en chef pour le Mexique de la Banque BBVA, Adolfo Albo Márquez, si l’on inclut dans l’analyse les Mexicains de seconde et troisième génération, l’apport à l’économie américaine atteint les 8%. Avant la crise, on parlait de 16,1% l’apport des populations immigrées toutes ethnies confondues au PIB des Etats-Unis.
Quant à leur participation dans les différentes branches de l’économie, on observe que les immigrants mexicains sont particulièrement présents dans l’agriculture, la sylviculture et la pêche, avec un apport de près de 16,3% au PIB de ce secteur primaire. Vient ensuite la construction avec 13,4% du PIB sectoriel ; le service des aliments et l’habitat avec 9,9% ; la manufacture des biens non durables avec 7,4% et le commerce de grossiste avec 6% pour les plus importants.
Les Mini-news économiques de l’Ambassade de France au Mexique
Le Grand Journal vous publie les mini-news sur l’actualité économique du Mexique rédigées par le service de presse de l’Ambassade de France.
Télécommunications
Carlos Slim, propriétaire d’América Movil, a annoncé qu’il ne comptait pas faire de nouvelles acquisitions sur le marché européen des télécoms, mais plutôt consolider ses derniers investissements en Autriche et aux Pays-Bas.
La Commission Fédérale de la Concurrence (CFC) a donné son accord pour que des représentants du mouvement #Yosoy132 puissent participer à la supervision du processus d’appel d’offres pour la troisième chaîne de télévision.
Secteur minier
Les entreprises minières mexicaines ont annoncé des investissements de l’ordre de 6,2 milliards de dollars en 2012, soit une hausse de 24% par rapport au montant de l’année dernière, qui représentait déjà un record historique
Croissance
Selon l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l’économie mexicaine est restée au mois de mai une des cinq économies les plus dynamiques dans sa trajectoire de récupération.
Retraites
Dans un rapport sur sa situation financière 2011-2012, l’Institut Mexicain de la Sécurité Sociale (IMSS) a alerté sur son grave déficit, estimant qu’en 2016 celui-ci atteindra 30 milliards de pesos.
Baisse du pouvoir d’achat
Selon un rapport de l’Observatoire des Salaires de l’Université Ibéroaméricaine de Puebla, le pouvoir d’achat des Mexicains a baissé de 32% depuis le début du gouvernement d M. Calderón.
Energies
Pemex a annoncé la découverte de nouveaux gisements de gaz dans le Golfe du Mexique.
Finances
Monex Holding Monex a acquis pour 100 millions de dollars l’entreprise britannique Schneider Foreign Exchange Limited, rebaptisée depuis Monex Europe. Cet achat conforte l’implantation européenne de cette institution financière mexicaine.