Elections Mexique – Un revers sérieux pour Calderon ! (Vidéo)
Publié le 06/07/2009 par " Nicolas Quirion "
Le président du Parti d’action nationale (PAN) au pouvoir au Mexique, German Martinez, a présenté sa démission lundi. Cette mesure est intervenue après la victoire aux élections législatives de dimanche du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) d’opposition. Le PRI a obtenu 36,68 % des voix contre 27,98 % au PAN. Allié au Parti vert, il pourrait avoir la majorité absolue à la Chambre des députés.
Le PRI conserve les états de Nuevo Leon, Colima et Campeche et s’empare des villes de Naucalpan, Nezahualcóyotl sur Mexico et la seconde ville du Mexique, Guadalajara, Paniste depuis 1994 ainsi que les municipios de Zapopan, Tlaquepaque, Tonala qui étaient passées aux mains du Pan il y a 3 ans.

Revers électoral au Mexique pour le président Calderon
Le président mexicain, qui avait utilisé le cas Florence Cassez pour convaincre de sa politique sécuritaire, n’a pas réussi à empêcher l’échec de son parti aux législatives.
Pour Felipe Calderon, c’est un véritable revers électoral. Battu aux élections législatives, le Parti d’action nationale (PAN) du président mexicain a perdu dimanche la majorité relative qu’il possédait au Congrès au profit du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI).
«Des résultats qui confirment que le Mexique est un pays qui souhaite des propositions et des solutions», s’est félicité la présidente du PRI Beatriz Paredes, en dénonçant une campagne de «dénigrement» menée par le parti de droite catholique du président Calderon. Lequel s’est contenté de «féliciter le PRI pour sa majorité relative au sein de la nouvelle chambre des députés».
Si ces résultats étaient confirmés, le Parti révolutionnaire institutionnel souvent accusé par le passé de fraudes électorales, de corruption et d’autoritarisme deviendrait à nouveau la première force politique du Mexique, neuf ans après avoir quitté un pouvoir qu’il a dominé de 1929 à 2000. Le PAN arriverait en deuxième position avec 26,8% des suffrages, selon les résultats partiels, tandis que le Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche) serait relégué en troisième position, avec 12,34% des suffrages.
Revers pour la politique sécuritaire de Calderon
Felipe Calderon, qui avait fait de ce scrutin à mi-mandat une élection test, essuie un camouflet électoral important. Dans un pays gravement atteint par la crise économique la récession atteint 8,2% au premier trimestre et où la pandémie de grippe A a pratiquement éclipsé de la scène médiatique la campagne pour ces législatives, les électeurs ont décidé de bouder la politique sécuritaire menée par le gouvernement. Une politique illustrée par l’intransigeance de Calderon dans l’affaire Cassez, cette Française condamnée à 60 ans de prison pour complicité d’enlèvement et dont le transfèrement en France a récemment été refusé.
Dimanche soir, le président mexicain, qui avait déployé quelque 36.000 soldats pour lutter contre les cartels, a pourtant souligné la nécessité de poursuivre sur cette voie. Désormais, il devra toutefois opérer pour la suite de son mandat c’est-à-dire jusqu’à 2012 avec un parti qui lui était opposé au Congrès.
Le Figaro – Le Grand Journal avec AFP.
Article du 3 Juillet 2009

Les électeurs définiront dimanche 5 juillet la nouvelle composition du Congrès Fédéral, avec lequel le président Felipe Calderón devra travailler pour les 3 années restantes de son mandat. Les enquêtes annoncent un retour en force du PRI, ce qui constituerait une sanction pour le gouvernement du président et son parti, le PAN.
Les résultats de ces élections peuvent en outre être vus comme une projection de la succession présidentielle.
Dimanche prochain se dérouleront au Mexique des élections de mi-mandat pour remplacer 500 députés du Congrès Fédéral. C’est avec cette nouvelle donne que devra travailler le président Felipe Calderón Hinojosa pour les trois dernières années de son mandat.
Les dernières enquêtes prévoient un retour en force du PRI –le parti qui a été aux pouvoir durant plus de 70 ans- ce qui impliquerait un affaiblissement du président et de son parti, le PAN, réduisant fortement leur marge de manœuvre.
Alberto Olvera Rivera, politologue mexicain, docteur en sociologie pour la “ New School for Social Research” de New York et chercheur au sein de la Universidad Veracruzana (UV) signale que la victoire du PRI mettrait le PAN et le président de la république dans une position de faiblesse accrue, et entrainerait la nécessité de former une alliance avec ce parti, ennemi traditionnel.
“Calderón sera très fortement concerné par les résultats électoraux du 5 juillet, d’autant plus qu’on considère ces élections comme une appréciation du travail réalisé par le président au cours de ses trois premières années de mandat.” précise-t-il.
Éditorialiste pour El Universal, Salvador García Soto considère que, malgré le lourd passif de corruption et de discrédit qui pèse historiquement sur le PRI, celui-ci s’imposerait -s’il venait à gagner la majorité au Congrès Fédéral- comme une importante force politique pour concourir à la Présidentielle de 2012.
“Il y a déjà des aspirants clairement identifiés. Le gouverneur de l’Etat de Mexico, Enrique Peña Nieto pour le PRI ; l’ex-candidat à la présidentielle Andrés Manuel López Obrador pour le PRD ; et pour le PAN des figures importantes apparaitront également. Cette élection est considérée comme l’antichambre de la succession présidentielle “, signale-t-il.
Joy Langston, politologue et chercheuse pour le Centre d’Investigation et d’Enseignement Economique (CIDE), déclare que ces élections feront apparaitre le parti le mieux positionné pour les élections présidentielles et permettront d’identifier quelque uns des candidats qui se lanceront dans la course à la présidence.
Les trois crises dont souffre le Mexique
Au-delà de la forte concurrence politique, ces élections se déroulent sous un climat social inédit, où se fait sentir l’influence des trois crises qui touchent le pays:
- La crise économique tout d’abord, qui accule plus de 2 millions de mexicains au chômage, soit 5,5% de sans-emploi selon les chiffres de l’Institut National de Géographie et de Statistique (INEGI).
- L’insécurité générée par le narcotrafic ensuite, qui a causé 11 483 morts au cours des trois dernières années selon le décompte du journal El Universal.
- Une crise politique enfin, due au mécontentement populaire face à la corruption, la mauvaise gestion et le système de partis, et qui a fait naitre un mouvement citoyen en faveur de l’annulation du vote.
Des académiciens, associations civiles, ex-conseillés électoraux et même certains hommes politiques se sont joints à ce mouvement social spontané -dont la diffusion est assurée par les réseaux sociaux sur internet, les blogs et téléphones portables- et qui rassemble un nombre de plus en plus important d’adeptes.
D’après les dernières enquêtes, l’abstention devrait atteindre 60%, et parmi les 40% se rendront aux urnes -soit près de 1, 5 million de mexicains- 5% annuleraient leurs votes.
Bien que cette expression de mécontentement ne se trouve pas unifiée, les mexicains sont appelés à écrire “Esperanza Marchita” sur leur bulletin (pour soutenir les candidatures indépendantes) ou bien à inscrire les noms de personnages célèbres comme Tin Tan, Pedro Infante, Pancho Villa, Jim Morrison, Emiliano Zatapa ou Benito Juárez.
Jesús Cantú, ex-conseillé électoral de l’Institut Fédéral Electoral (IFE) et Alberto Olvera, politologue, considèrent que ce vote de protestation cherche à provoquer une situation de crise, afin d’obtenir des acteurs politiques “qu’ils tournent leur regard vers les citoyens et qu’ils abandonnent leur autisme”.
Ils tombent d’accord sur le fait que cette réclamation cherche à faire avancer l’idée d’une réforme électorale qui considérerait les candidatures citoyennes, la réduction du cout de la politique ainsi que du nombre de sénateurs et de députés, la possibilité de réélection, la reconnaissance du vote blanc –qui existe dans d’autres pays- et une sélection démocratique des candidats des partis politiques.
Bien que le mouvement du vote nul ait généré de la sympathie dans certains secteurs de la population, il a aussi fortement divisé l’opinion publique. Pour Leopoldo Alafita Méndez, spécialiste électoral et chercheur de la Universidad Veracruzana (UV) ce mouvement bénéficiera seulement aux trois partis qui détiennent le pouvoir, le PRI, le PAN et le PRD, et pourrait ralentir le processus de démocratisation.
La forte compétition pour le contrôle du Congrès de l’Union -où se définissent l’agenda politique du pays et le positionnement en vue de la présidentielle de 2012- ajoutée aux trois crises dont souffre le pays (économique, sécuritaire et politique) font donc du scrutin de dimanche prochain une échéance politique très importante et très attendue.

Amigzaday López Beltrán, traduction Nicolas Quirion.
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Amigzaday López Beltrán est une journaliste mexicaine, sous-directrice de la Agencia Veracruzana de Información (AVC) et correspondante du journal péruvien El Comercio.
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