Les socialistes commencent à tirer les leçons des européennes

Publié le 09/06/2009 par " Le Grand Journal "

aubry14 Les socialistes commencent à tirer les leçons des européennesLe PS entame timidement sa “refondation” après sa déroute des européennes. Martine Aubry a présenté mardi soir un programme de travail pour les six prochains mois devant le conseil national réuni à huis-clos dans un hôtel parisien.

La Première secrétaire a proposé la construction d’une “maison commune” pour la gauche et promis une “nouvelle gouvernance dans les prochains jours”. Encore insuffisant, ont jugé la plupart des ténors socialistes.

L’ambiance n’était pas au règlement de comptes lors de cette réunion du “Parlement” socialiste. “Chacun est conscient de la gravité du moment”, a estimé Manuel Valls, un des plus critiques depuis dimanche soir. “Dans l’état d’esprit, c’était positif”, a confirmé François Rebsamen. Les socialistes ne voulaient pas ajouter à la débâcle électorale une guerre interne, fatale au parti. Ce conseil national marque “la dernière station-service avant le désert”, avait résumé Arnaud Montebourg.

La rencontre dans la matinée entre Martine Aubry et Ségolène Royal a contribué à cette baisse de tension. Dans un communiqué, l’ex-candidate à la présidentielle a assuré sa rivale de son “soutien complet pour toutes les initiatives qu’elle prendra pour la transformation radicale du Parti socialiste”. La Première secrétaire a accepté la proposition de Mme Royal de représenter le PS au sein de l’Internationale socialiste.

Forte du soutien de son adversaire de Reims, Martine Aubry a plaidé devant les cadres pour une “profonde refondation” des idées, de la gauche et du PS, plaidant pour un “sursaut collectif”. Sans minimiser la déroute, la Première secrétaire a expliqué la défaite par les trois “crises” de la construction européenne, de la social-démocratie et du PS.

Dans cet esprit, Mme Aubry a fait quelques propositions. Elle a d’abord promis d’écrire le projet socialiste pour 2012 “en donnant à chaque étape la parole aux Français”. Après le séminaire de la direction prévu le 7 juillet, elle a annoncé “une démarche hors les murs de Solférino”, sous la forme d’un “Tour de France du projet” lancé au lendemain de l’université d’été de La Rochelle fin août. Dans ce cadre, une vingtaine de parlementaires et élus locaux seront nommés “ambassadeurs du projet”. Des assises, des forums, des Etats généraux et des conventions sur la culture, l’éducation, la sécurité et “le nouveau modèle de développement” se réuniront d’ici la fin de l’année.

Pour gagner les régionales de 2010, les cantonales de 2011 et la présidentielle de 2012, la dirigeante socialiste a proposé la construction d’une “maison commune” de la gauche “fondée sur un projet commun et une stratégie de candidatures la plus efficace possible”.

Dans cette démarche “sans volonté hégémonique” du PS, “doit être portée la réflexion sur les primaires pour le choix de notre candidat à l’élection présidentielle de 2012″, a ajouté la Première secrétaire.

Martine Aubry a enfin annoncé une nouvelle gouvernance du PS pour les “prochains jours”. Selon son entourage, une équipe resserrée de 15 dirigeants se réunira toutes les semaines, le secrétariat national seulement une fois par mois. Vincent Peillon, Pierre Moscovici ou encore Manuel Valls ont été sollicités rejoindre ce G-15. Une sorte de “comité des sages” sera par ailleurs créé pour associer des personnalités comme François Hollande, Ségolène Royal ou Laurent Fabius.

Les réactions ont été mitigées. “Le remodelage de la direction, cela n’intéresse personne, ce n’est pas le problème des Français. Ce qu’ils attendent c’est un discours neuf, imaginatif, qui donne envie”, a commenté Manuel Valls, qui a exclu de rejoindre la direction.

“On a pris la mesure de ce qu’on avait à faire”, a jugé, plus positif, Vincent Peillon. Martine Aubry n’a cependant pas répondu aux exigences des “royalistes”, qui ont réclamé une “ligne politique claire et crédible, réformiste, écologique et sociale”, l’organisation de primaires ouvertes et un rassemblement de la gauche élargi au MoDem.

“Il faut qu’elle aille plus loin, qu’elle fasse preuve d’une plus grande audace”, a estimé Arnaud Montebourg, qui a déploré la timidité de Martine Aubry sur la question des primaires.

Le plus satisfait était peut-être Benoît Hamon, qui reste porte-parole malgré sa défaite personnelle dimanche. “On n’allait pas renverser la table en 48 heures”, a résumé le leader de l’aile gauche.

AP -(legrandjournal.com.mx)

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