Point de vue – Pourquoi l’année du Mexique en France n’aura plus lieu !
Publié le 16/02/2011 par " Alain Figadere "
En maintenant l’année du Mexique en France mais en la dédiant à Florence Cassez et qui plus est en posant comme condition préalable son transfèrement vers la France, le président Sarkozy a provoqué le courroux des mexicains qui souhaitent se retirer de l’opération conjointe. Et si la France l’avait fait exprès ? Personne ne s’est en fait vraiment posé la question… Analyse.
L’opinion publique est outrée! Les commentaires sont laconiques. On entend et on lit partout que le président Sarkozy est un “mauvais” chef d’état, que son attitude ne pouvait avoir comme conséquence que l’agacement du gouvernement mexicain, que sa diplomatie se fait à l’emporte pièce et qu’il est une “honte” pour la France voir un “danger” allant jusqu’à accuser Nicolas Sarkozy de s’être comporté “comme un éléphant dans un magasin de porcelaine”. La provocation ne peut être une solution aux différents diplomatiques…!
C’est ainsi que le député socialiste Claude Bartolone a jugé que «ce n’est jamais bon de faire la leçon à un État démocratique, surtout quand on connaît le nationalisme du Mexique». En écho, Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, a reproché à Nicolas Sarkozy d’avoir porté un «tort terrible» à Florence Cassez. «Les oukases présidentiels, tant en politique nationale qu’en politique internationale, prennent lieu et place de ce qui relève de la diplomatie», lâche-t-il dans un communiqué.
Rappelons que les critiques fusent également de la droite puisque le député UMP Christian Vanneste, membre du comité de soutien à Florence Cassez, a appelé à respecter le Mexique et sa justice et à cesser «les humiliations complètement inutiles». L’idée de dédier à la jeune femme l’Année du Mexique en France était intolérable pour Mexico «et ne pouvait que produire l’effet inverse» à celui recherché, a-t-il affirmé sur BFM TV.
De grandes personnalités mexicaines sont aussi montées au créneau.
Carlos Fuentes et le le président du comité organisateur de l’Année du Mexique Mr. Alemán Velasco sont remontés contre Sarkozy et très durs dans leurs propos , accusant notamment le président d’agir pour des raisons purement électoralistes. Carlos Fuentes, ancien ambassadeur du Mexique à Paris entre 1975 et 1977, a été invité à participer à plusieurs événements prévus dans le cadre de l’Année du Mexique en France. Selon lui, en dédiant cette année à Florence Cassez, “le président se comporte comme un dictateur de république bananière pour obtenir de la popularité, c’est ridicule”.
Étonnant ces propos, si effectivement il demeurait encore le moindre espoir de réconciliation. Un peu tendancieux aussi car Mr Sarkozy soutient la famille Cassez depuis 2008 et n’a jamais changé d’un iota sa position! Il est donc fidèle à son engagement et si aujourd’hui 3 ans plus tard on se rapproche des élections c’est principalement lié au hasard du calendrier ! Comme disent les mexicains “es congruente!”
En fait tout le monde semble avoir bien compris le message. Pas de “transfèrement”, pas d’année du Mexique en France.
Maintenant que tous les recours ont été épuisés, la France ne peut plus demander que Florence Cassez soit blanchie par une justice mexicaine qu’elle considère de toute façon comme corrompue et manipulée, c’est le fameux commentaire de MAM “le déni de justice”.
La France souhaite à nouveau que le gouvernement en tant qu’exécutif applique les accords internationaux et notamment la convention de Strasbourg qu’il a signé et qui permet à un pays de demander à une autre le transfert d’un concitoyen jugé ! Un transfèrement qu’elle estime compatible avec les textes en vigueur et que le Mexique utilise aussi pour sauver la tête de prisonniers mexicains condamnés à mort aux USA !!
La demande avait déjà été faite sur le conseil du Président Calderon et par la suite refusé pour “inconformité technique”. Paris s’est senti trahi et la France estime que les autorités mexicaines n’ont pas tenu leurs engagements.
En avril 2010, les deux présidents s’entretiennent à nouveau de l’affaire : Calderon recommande la voie de la cassation. Les Français veulent encore y croire… jusqu’au 10 février dernier. «Nous avons été trahis», estime un proche du dossier. C’est ce sentiment qui explique la vivacité de la réaction diplomatique. C’est le fonds de la discorde personnelle entre les deux chefs d’état.
Aujourd’hui encore mercredi 16 février, le président Nicolas Sarkozy a redemandé au Mexique de respecter les conventions internationales qu’il avait signées, notamment celles concernant le transfèrement dans leur pays d’origine de personnes condamnées définitivement à l’étranger. Selon le porte-parole du gouvernement François Baroin, qui rendait compte des travaux du Conseil des ministres, Nicolas Sarkozy “a rappelé tout le chemin parcouru par la France, depuis six ans” que Florence Cassez est emprisonnée au Mexique.
Selon François Baroin, Nicolas Sarkozy a également rappelé “les engagements publics” du président mexicain Felipe Calderón “pour accepter le respect de la signature de ces conventions internationales”. “Nous ne souhaitons pas aller plus loin que cela, mais c’est déjà beaucoup”, a dit Nicolas Sarkozy, toujours cité par François Baroin. Le porte-parole du gouvernement a également indiqué que le chef de l’État n’avait pas eu le président Calderón au téléphone.
“La France a eu pendant six ans une position déterminée pour faire valoir le droit international, puisque le Mexique a signé les conventions internationales qu’il doit respecter. (…) Ce que nous demandons, c’est que le Mexique respecte sa signature à l’égard” de la convention sur les transfèrements de prisonniers, a dit le président, cité par François Baroin.
Et puis hier mardi 15 février. Dans la foulée de l’annonce par le gouvernement mexicain de son intention de ne pas participer à l’Année du Mexique en France, Nicolas Sarkozy a laissé entrevoir un infléchissement vers une position plus souple de la France. A l’Assemblée, Michèle Alliot-Marie a insisté sur la volonté de la France de demander le transfèrement de Florence Cassez.
«Je voudrais redire au peuple mexicain, l’amitié du peuple français, et mon admiration pour la civilisation mexicaine. Pour le reste, il faut garder son sang froid et obtenir des résultats. C’est ce à quoi je vais m’employer maintenant» a déclaré M.Sarkozy, au terme d’une table ronde sur la ré-industrialisation des territoires qui se tenait à Montmirail dans la Marne. Déterminé “à résoudre ce problème humanitaire grave“, le Président de la République a indiqué qu’il allait appeler Felipe Calderon.
L’année du Mexique en France n’est plus une priorité si au demeurant elle ne le fût un jour.
Lorsqu’en 2009 en visite d’état au Mexique, le président Sarkozy lance l’idée et l’invitation pour que le Mexique soit présent en France, le gouvernement français essaie d’une manière ou d’une autre de lui être agréable et se paie une option pour éviter la dégringolade diplomatique qui semble inévitable et qui couve depuis un bon moment déjà.
Avec l’année du Mexique, la France pensait certainement que le gouvernement mexicain mettrait de l’eau dans son vin et agirait dans le sens de la conciliation via un transfèrement possible qui permettrait aux deux parties de se sortir de ce mauvais pas. La culture était donc déjà au centre d’une négociation possible, une arme politique!
Que Mr Carlos Fuentes dise aujourd’hui que la culture ne doit pas être prise en otage (tout comme Frédéric Mitterrand) est un vœux pieux car le Mexique aussi voulait profiter de cette année culturelle pour tenter de redorer une image bien ternie dans le monde du fait de la situation déplorable qui y règne en terme de sécurité, tranquillité, droits de l’homme et liberté de la presse.
Souvenez vous des propos de notre journaliste Raphael Moran dans notre article “Conférences de Presse de lancement de l’année du Mexique en France – (Vidéos)”:
“Otro México, otro México, otro México”. Les autorités mexicaines qui ont présenté le démarrage officiel de l’année du Mexique en France n’avaient que ces mots à la bouche. Mais de quel « autre Mexico » parle-t-on ? Année du Mexique en France: ce que le Mexique va y gagner (ou y perdre!)….”
Aujourd’hui Le festival Rio Loco déprogramme le Mexique
Le maire socialiste Pierre Cohen vient d’annoncer la
déprogrammation du Mexique, thème du festival de musique Rio Loco prévu du 15 au 19 juin prochains. C’est cependant l’aspect financier qui aurait motivé cette décision. «Martine Aubry ne dicte pas la politique culturelle de la ville de Toulouse», martèle Pierre Cohen à l’adresse de ceux qui douteraient de son indépendance. «Le risque de voir le Mexique refuser la prise en charge, estimée à 120 000 euros, de 100 des 140 billets d’avions des musiciens invités» ne pouvait pas ne pas être pris en compte, argumentent ses services au Capitole. (Voir article sur Libération). Rio loco était le seul festival labellisé Année du Mexique….C’est important à souligner car avant de prendre une décision ils ont du consulter les autorités.
Financier? La France et la ville de Toulouse n’auraient donc pas les moyens de se substituer au Mexique? Non, la réalité est que cette crise diplomatique va perdurer dans le temps et les politiques l’ont bien compris. Ni la France, ni le Mexique ne se plieront aux exigences de l’autre! Et la France ne semble pas vraiment vouloir de l’année du Mexique dans ses conditions non plus. C’est clair, le cœur n’y est pas!!!
C’est donc le pot de fer contre le pot de terre.
L’année du Mexique en France nest fortement compromise du moins de manière officielle. C’est malheureux mais c’était prévisible. On ne met pas la charrue avant les bœufs. Et puis si l’église au Mexique, considérée comme super conservatrice, a su « séparer le bon grain de l’ivraie » le Président Sarkozy peut estimer être suffisamment dans le vrai et maintenir sa position de départ, la même qu’il y a 3 ans…! Il ne lâchera donc aucun leste…et l’année du Mexique n’aura pas lieu si Florence Cassez ne rentre pas en France.
Alain Figadère – (www.legrandjournal.com.mx)
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La sortie de Carlos Fuentes, ancien ambassadeur du Mexique en France a de quoi surprendre. Il refuse un certain pragmatisme préconisé par d’autres auteurs, notamment Alberto Ruz… Pour un ancien diplomate, on ne peut pas dire qu’il soit apte à faire une certaine autocritique sur la politique judiciaire dans son pays.
Je n’irais pas aussi loin que vous dans la défense de la position de N. Sarkozy. En son temps, il avait reconnu l’indépendance de la justice mexicaine et aujourd’hui, il la remet en cause. Ou il était naïf ou alors il était sérieusement mal informaé par Kouchner et l’ambassadeur de France au Mexique il y a quelques années. Quand bien même le gouvernement Calderon a voulu réformer la justice, les lois ont besoin d’être concrètement appliqué. Mais là ce sont les mentalités qu’il faut changer.
Pues ke chido ke no habra anio de mexico en francia, ke se lo pierdan los apestositos!!!!!!!
Aqui la güera se va a pudrir en vida yeah!
@Greta – por favor, ese comportamiento es reprochable, digno de MAM.
@tous – dommage pour tout ce qui s’est passé; pas d’évènements, plus des bonnes relations binationales et le travail de tous ce qui travaillaient pour rendent ca possible à la poubelle.
… et voilà!! aussi le Colloque Sénat Mexique c’est reporté : http://www.ubifrance.fr/programme-france/001PRG-14231+-mexique.html
Otra vez para la Greta!! serán apestositos, pero ve nuestros compatriotas a diario en la calle, se ven mas cochinos que los franceses ! Lástima de tí y de tus comentarios¡
Por cierto ¿leyeron el árticulo de la periodista Denise Dreasser (mexicana como nosotros) 21 de febrero en Vanguardia?. El consejo es para Greta, que piense antes de hablar y de emitir mensajes callijeros (así ha de ser ella supongo)
@Greta, la ignorante y es poco !!!
D’abord la Greta, va-t-on savoir si elle est Mexicaine ou non, devrait apprendre à écrire, son niveau est de CP. ou maternelle…
Ce genre de commentaire ??? devrait être effacé, digne d’une illétrée, analpaBÊTE..
Ses insultes ne lui font que du tord et se retournent contre ses compatriotes…
Je ne fais pas la traduction en espagnol parce que je m’imagine qu’elle serait incapable de le lire.
J’ai voulu écrire:
AnalphaBÊTE …..