Incidents au Honduras entre partisans de Zelaya et policiers (Dossier)
Publié le 12/08/2009 par " Le Grand Journal "
TEGUCIGALPA – Des incidents ont éclaté mercredi à Tegucigalpa, la capitale du Honduras, entre partisans du président déchu Manuel Zelaya et forces de l’ordre pour la seconde journée d’affilée.
Plusieurs milliers de manifestants s’étaient rassemblés à proximité du Congrès pour soutenir le chef de l’Etat, arrêté et expulsé par l’armée le 28 juin dernier.
Les forces de sécurité ont eu recours au gaz lacrymogène pour les disperser. Des pierres ont été lancées en retour par les manifestants.
Des incidents se sont également produits dans la ville industrielle de San Pedro Sula, dans le nord du pays, où la femme de Manuel Zelaya a participé à une manifestation finalement dispersée par la police.
La médiation engagée par le président du Costa Rica, Oscar Arias, entre Zelaya et le gouvernement qui dirige de facto le Honduras n’a pour l’heure guère progressé.
Roberto Micheletti, ancien président du Congrès à la tête du nouveau pouvoir hondurien, exclut que Zelaya soit rétabli dans ses fonctions.
Il a accusé mercredi des “agitateurs étrangers” d’encourager l’agitation dans le pays, tout en promettant de faire respecter les droits des personnes arrêtées.
“Nous devons faire cesser avec fermeté tous les actes criminels pour éviter que des dégâts soient infligés à des petites et moyennes entreprises, ce qui mettrait beaucoup de Honduriens au chômage”, a-t-il dit dans une allocution télévisée.
4 aout 2009
Honduras : Zelaya au Mexique réaffirme son soutien au plan Arias …
Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, s’est lancé mardi à Mexico dans une nouvelle campagne diplomatique auprès de ses alliés, au cours de laquelle il a réaffirmé son soutien au plan proposé par le président du Costa Rica, Oscar Arias, pour mettre fin à la crise.
“Nous sommes prêts à signer le plan Arias à Tegucigalpa pour mon retour à la présidence (…) mais pas à entrer dans un jeu diplomatique qui ne vise qu’à retarder le processus de rétablissement de la démocratie dans le pays”, a-t-il déclaré auprès du président mexicain Felipe Calderon, qui l’a reçu avec les honneurs réservés à un chef d’Etat.
Le gouvernement de facto de Roberto Micheletti, qui a renversé M. Zelaya par la force le 28 juin, refuse le point central du projet d’”Accord de San Jose”, avancé par M. Arias il y a deux semaines: le retour au pouvoir du président déchu, à la tête d’un gouvernement d’union nationale.
M. Micheletti a néanmoins soumis la semaine dernière ce plan à son Congrès, qui repousse de jour en jour le vote sur le texte.
M. Zelaya a estimé à Mexico que son retour au pouvoir constituait un “défi” pour la communauté internationale, qui a unanimement condamné le coup d’Etat et ne reconnaît pas les autorités de facto.
L’Organisation des Etats américains (OEA), qui a exclu le Honduras de ses rangs, devrait annoncer “entre demain (mercredi) et jeudi” l’envoi “d’une mission de niveau ministérielle au Honduras”, a annoncé de son côté le secrétaire général de l’OEA Jose Miguel Insulza, en visite en Uruguay.
Le président mexicain a, quant à lui, confirmé son soutien à la médiation de M. Arias.
“Le Mexique a constamment appelé, en de multiples tribunes, au rétablissement dans ses fonctions du président constitutionnel, Manuel Zelaya”, a rappelé M. Calderon.
M. Zelaya compte poursuivre ses visites à l’étranger au Brésil dès la fin de la semaine, à l’invitation du président “Lula”, a-t-il annoncé après avoir rendu hommage au Mexique, “l’un des premiers pays à (l)’avoir invité (…) pour rechercher des solutions au problème au Honduras”.
Cette tournée ne l’empêchera pas de maintenir son “groupe de soutien à la résistance” au Nicaragua, près de la frontière avec son pays, a-t-il indiqué.
Accueilli au Nicaragua par son allié de gauche Daniel Ortega, il y a établi voici une dizaine de jours une “base de résistance” à Ocotal, à une vingtaine de kilomètres de la frontière.
C’est une résistance “pacifique”, a-t-il répété, en réponse à M. Micheletti qui l’accuse “d’organiser la guérilla depuis des camps au Nicaragua”. “Je professe la paix comme méthode de rapports humains, je m’oppose à la violence”, a-t-il insisté.
Article du 3 août 2009
Le président destitué du Honduras, Manuel Zelaya, a quitté dimanche la ville nicaraguayenne d’Ocotal à la frontière avec le Honduras où il a installé une “base de resistance”. Laissant à Ocotal une poignée de fidèles endurcis il a expliqué son départ pour Managua, la capitale du Nicaragua, par des “raisons stratégiques” et un voyage qu’il doit faire mardi à Mexico.
A peine une centaine de fidèles sont restés à Ocotal alors qu’ils étaient près d’un millier quand le président destitué a commencé fin juillet à y installer sa “base de resistance” dans l’espoir de revenir au pouvoir, après le coup d’Etat qui l’a exilé le 28 juin. M. Zelaya a annoncé la création d’une “armée populaire” afin de rentrer dans son pays.
Le président destitué doit se rendre mardi au Mexique pour rencontrer le président Felipe Calderon après des entretiens avec des représentants des Etats-Unis au Nicaragua, a indiqué son entourage. A Tegucigalpa, le chef du gouvernement de facto, Roberto Micheletti, s’est déclaré “surpris” par l’appui manifesté à M. Zelaya par les Etats-Unis. “Il n’existe aucun pays, aucun peuple assez puissant pour nous faire plier”, a-t-il affirmé.
Article du 31 juillet 2009
Les autorités du Honduras se disent favorables à une issue négociée de la crise politique que traverse le pays depuis le 28 juin dernier, date du coup d’Etat qui a chassé du pouvoir Manuel Zelaya. Le nouveau président de facto serait prêt à envisager le retour du président déchu si ce dernier s’engage à ne pas mettre en péril la démocratie.
Jusqu’à présent, les nouvelles autorités étaient fermement opposées au retour au pouvoir de Manuel Zelaya. Ce dernier qui se trouve en exil au Nicaragua souffle le chaud et le froid dans ses déclarations. Il envisage de créer des milices pacifiques pour appuyer son retour à Tegucigalpa.
Le chef de l’Etat déposé affirme qu’un mois après le coup d’Etat il a obtenu le soutien de certains jeunes officiers de l’armée qui souhaitent dit-il le retour à l’ordre constitutionnel. Pour l’instant le chef de l’Etat déposé peut surtout se prévaloir de l’appui de 300 personnes, des hommes, des paysans, qui ont traversé la frontière et demandent aujourd’hui au Nicaragua voisin de les considérer comme réfugiés.
Milices pacifiques
C’est sur eux que veut s’appuyer Manuel Zelaya pour former ses milices pacifiques. Elles entreront dit-il au Honduras pour restaurer la démocratie. Nos armes ajoute Manuel Zelaya, « seront l’intelligence et la raison ». En même temps il a chargé le fils de l’ancien président Reina de s’occuper de la formation des hommes : idéologique, politique et aussi entraînement à la vigilance. C’est la priorité pour le chef de l’Etat en exil.
Le premier cercle comptera une vingtaine d’hommes, puis 5 formateurs en entraîneront 20 autres et ainsi de suite. Manuel Zelaya a promis une récompense à tous ceux qui le soutiennent dès qu’il aura récupéré son fauteuil présidentiel. En attendant ces troupes sont logées au Nicaragua dans des abris de fortune : dans un stade de la ville d’Ocotal où des matelas ont été installés par terre. Un hébergement provisoire sans sanitaire, sans nourriture, sans eau potable.
En raison de l’impasse politique au Honduras, ce vendredi, les pays de l’Union européenne envisagent de limiter l’octroi de visas d’entrée sur leur territoire pour les responsables du gouvernement de facto du Honduras. Cette mesure était réclamée par l’Espagne pour s’aligner sur la position des Etats-Unis, qui ont décidé mardi, de révoquer les visas diplomatiques de quatre membres du gouvernement de facto du Honduras.
RFI.fr
Article du 30 juillet 2009
Le gouvernement intérimaire serait prêt à un retour de Zelaya

TEGUCIGALPA, Honduras — Le président par intérim du Honduras, Roberto Micheletti, est prêt à négocier un retour au pouvoir du président déchu Manuel Zelaya sous certaines conditions, a rapporté jeudi un ancien responsable gouvernemental en contact avec les nouveaux dirigeants du pays.
Roberto Micheletti l’a fait savoir au médiateur en chef dans la crise hondurienne, le président du Costa Rica Oscar Arias, a précisé cet ancien responsable ayant requis l’anonymat.
Toutefois, le président par intérim a souligné que plusieurs conditions devaient être réunies pour convaincre les milieux d’affaires et d’autres secteurs de la société de ne pas s’opposer à un retour au pouvoir de Manuel Zelaya, selon ce proche de M. Micheletti.
De son côté, le président du Costa Rica, Oscar Arias, a indiqué que M. Micheletti lui avait demandé d’envoyer un émissaire spécial au Honduras afin de débloquer les négociations.
Le président Manuel Zelaya a été renversé le 28 juin par l’armée et expulsé du pays, avec le soutien de la Cour suprême et du Parlement, pour avoir voulu organiser un référendum jugé illégal par la Cour suprême. L’élection présidentielle est prévue le 29 novembre prochain et le mandat de M. Zelaya prend fin le 27 janvier 2010.
Même s’il est autorisé à rentrer dans son pays, M. Zelaya ne pourra pas se présenter à l’élection du 29 novembre car la Constitution du Honduras prévoit un mandat présidentiel unique. M. Zelaya a été renversé pour avoir voulu convoquer par référendum une assemblée constituante en vue de modifier la Constitution du pays, notamment sur la question du mandat unique.
AP
Article du 28 juillet 2009
Honduras: les USA augmentent la pression sur le gouvernement de facto
TEGUCIGALPA – Washington a augmenté la pression sur le gouvernement de facto au Honduras, un mois jour pour jour après le coup d’Etat qui a renversé Manuel Zelaya, en révoquant mardi les visas diplomatiques de quatre de ses membres, un geste immédiatement salué par le président déchu.
Les Etats-Unis, qui ont déjà suspendu leurs crédits militaires et menacé de couper le reste de leur aide au Honduras pour protester contre le coup d’Etat, procèdent actuellement au “réexamen des visas diplomatiques” de tous les membres du gouvernement de facto et de leurs familles, a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Ian Kelly.
“Nous avons déjà révoqué les visas diplomatiques de quatre personnes”, a-t-il ajouté, sans donner les noms des membres du gouvernement de facto concernés.
M. Zelaya, qui réclamait cette mesure depuis plusieurs jours, s’est réjoui de la suspension des visas de “cette élite putschiste”, à l’antenne de la radio hondurienne Radio Globo, l’un des rares médias locaux critiques à l’encontre du gouvernement de facto.
“Nous recevons des victoires de Dieu et du peuple, tandis qu’eux subissent des défaites”, a ajouté le président destitué, toujours installé au Nicaragua à quelques encablures de la frontière avec son pays.
M. Kelly a souligné que les responsables concernés par la mesure avaient obtenu leurs visas en tant que membres du gouvernement Zelaya mais qu’ils travaillaient désormais pour l’administration du président de facto du Honduras, Roberto Micheletti.
“Nous ne reconnaissons pas Roberto Micheletti comme président du Honduras”, a souligné M. Kelly.
“Nous reconnaissons” M. Zelaya, a insisté le porte-parole.
Parmi les personnes concernées par la mesure américaine figure Tomas Arita, magistrat de la Cour suprême du Honduras, qui avait signé le mandat d’arrêt contre M. Zelaya, selon la vice-ministre des Affaires étrangères du gouvernement de facto, Martha Lorena Alvarado.
La justice avait ordonné l’arrestation du président en raison notamment de sa volonté d’organiser une consultation populaire qu’elle jugeait “illégale”. Elle était destinée à réformer la Constitution pour supprimer la règle interdisant à un président de se représenter à la fin de son mandat.
“Nous allons presser l’Union européenne de prendre des mesures similaires”, a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, à propos de la décision américaine.
“Nous allons parler avec nos amis américains pour coordonner et renforcer les mesures que nous pouvons prendre pour atteindre cet objectif (le retour de M. Zelaya au Honduras)”, a-t-il ajouté lors d’une visite au Venezuela.
La communauté internationale a unanimement critiqué le coup d’Etat du 28 juin et de nombreuses voix ont appelé à une solution pacifique à la crise, après l’échec de la dernière tentative de médiation du président du Costa Rica, Oscar Arias.
Le Congrès du Honduras continuait mardi à examiner la dernière proposition de M. Arias, dite “Accord de San José”, même si les autorités de facto en rejettent toujours le point central, le retour au pouvoir de M. Zelaya.
AFP
27 juillet 2009
Honduras: Zelaya appelle l’armée à se rebeller

Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, appelle les militaires de son pays à la rébellion contre le gouvernement de facto qui dirige le pays depuis le coup d’Etat du 28 juin. Dans des déclarations diffusées par Radio Globo, antenne qui lui est favorable, Manuel Zelaya a exhorté les officiers de l’armée à se rebeller contre leurs généraux qui, selon lui, ont trahi le Honduras pour de l’argent. Le président déchu a décidé de rester «au jour le jour» au Nicaragua, non loin de la frontière avec son pays où il se dit bien déterminé à revenir.
Après le coup d’Etat, Hugo Chavez a, depuis le Venezuela, incité des soldats qu’il présumait fidèles à Zelaya à restaurer leur président ; il aspirait à reproduire à Tegucigalpa le sursaut militaire qui l’avait, lui, rétabli au pouvoir à Caracas en avril 2002 après un bref coup de force. Mais les contacts qu’il a cherché à nouer avec des officiers honduriens sont apparemment restés vains, le conduisant à déplorer qu’aucun « courant patriotique » n’émerge dans les rangs des militaires.
L’armée hondurienne reste semble-t-il soudée derrière son chef, le général Romeo Vasquez qui, après le long silence qui a suivi l’expulsion de Manuel Zelaya, s’est plusieurs fois exprimé ce week-end. Pour dire d’abord que les militaires ne tireraient pas sur le peuple, pour préciser ensuite que la position de soutien à une solution négociée, adoptée vendredi 24 juillet par l’armée, n’impliquait aucune volonté de retour du président destitué, seulement le respect du pouvoir civil actuel auquel l’institution militaire se veut subordonnée.
Comment alors expliquer le coup d’Etat du 28 juin? « Nous n’avons fait qu’exécuter les ordres en capturant le président Zelaya », s’est défendu le général Vasquez, qui a également démenti que quelques haut-gradés se soient tout récemment rendus à Washington pour consultations.
RFI.fr

Accompagné d’une nuée de journalistes de diverses nationalités et de caméras de télévision, Zelaya, coiffé de son traditionnel chapeau de cow-boy, a fait un pas ou deux en territoire hondurien dans la petite ville frontalière de Las Manos.
Tout en accordant des interviews par téléphone, il s’est approché de la chaîne marquant la frontière entre les deux pays et l’a brièvement franchie en brandissant la chaîne au dessus de sa tête et a touché un panneau proclamant “Bienvenue au Honduras”.
Manuel Zelaya a été renversé par l’armée et envoyé en exil le 28 juin après s’être vu reprocher de vouloir organiser un référendum afin de pouvoir briguer un nouveau mandat.
Le gouvernement intérimaire qui l’a remplacé assure que la déposition de Zelaya était légale et a prévenu qu’il serait arrêté s’il revenait au Honduras.
Le gouvernement américain a soutenu un plan costaricain prônant le retour de Manuel Zelaya dans son pays, mais il lui a déconseillé de regagner le Honduras avant la conclusion d’un accord politique.
“Nous ne soutiendrions bien sûr pas une action qui provoquerait des violences et nous pensons qu’en fait, le président viendra mardi à Washington pour de nouvelles discussions”, a dit P.J. Crowley, porte-parole du département d’Etat.
“Nous avons dit en de multiples occasions au président Zelaya que pour le moment, nous pensons qu’il faut continuer de se concentrer sur les négociations en cours et les efforts de médiation du président (costaricain) Oscar Arias et que tout retour au Honduras serait prématuré.”
COUVRE-FEU
Les discussions cette semaine au Costa Rica semblent être dans l’impasse.
Faisant fi des appels à la prudence, Manuel Zelaya a quitté vendredi la ville nicaraguayenne d’Esteli au volant d’une jeep.
“Avec ma présence au Honduras, les gens m’entoureront et les soldats abaisseront leurs armes”, a-t-il dit avant de se diriger vers la frontière.
Lorsque Zelaya a tenté une première fois de regagner le Honduras en avion, le 5 juillet, l’un de ses partisans a été tué dans des affrontements près de l’aéroport.
L’armée et la police honduriennes avaient imposé vendredi un couvre-feu près de la frontière avec le Nicaragua et avait prévenu qu’elle ne serait pas responsable si des personnes étaient prises dans des violences. Des policiers en tenue anti-émeutes se tenaient à une courte distance de la frontière et un hélicoptère a survolé la scène.
Les forces de sécurité avaient auparavant tiré des grenades lacrymogènes pour disperser des dizaines de partisans de Zelaya qui tentaient d’atteindre la frontière pour saluer le président près de la ville d’El Paraiso. La plupart des partisans du président renversé ont été maintenus à plusieurs kilomètres de la frontière.
“Le retour de l’ancien président Zelaya n’est pas possible parce qu’il serait illégal et nous devons respecter la loi”, a déclaré le président intérimaire Roberto Micheletti au quotidien chilien La Tercera.
A mesure que le temps passe, le soutien à Zelaya s’essouffle dans la population hondurienne – il n’est plus que de 30% -, même s’il peut encore compter sur de nombreux partisans dans les zones rurales.
Le Congrès hondurien doit se réunir lundi pour discuter d’une proposition du président costaricain Oscar Arias visant à mettre fin à la crise, mais on s’attend à ce qu’il rejette une proposition de réintégration de Manuel Zelaya.
Article du 23 juillet 2009
Le président destitué du Honduras Manuel Zelaya a entamé jeudi les préparatifs pour son retour au pays via le Nicaragua, alors que des organisations internationales ont accusé ses adversaires de “violations graves et systématiques” des droits de l’homme.
M. Zelaya a quitté jeudi Managua pour la ville d’Esteli dans le nord du Nicaragua, près de la frontière hondurienne afin de préparer son retour dans son pays. Il l’avait d’abord annoncé pour vendredi, mais un de ses conseillers a précisé depuis que la date n’était pas “fixée”.
Peu après l’annonce du départ de M. Zelaya, le gouvernement de facto au Honduras a annoncé une extension de la durée du couvre-feu à la frontière du Nicaragua.
A Tegucigalpa, une mission internationale de 15 experts a dénoncé des exécutions illégales pendant le couvre-feu, “la suspension des droits fondamentaux des Honduriens” et des pressions sur les médias et les journalistes ne partageant pas les vues du gouvernement de facto de Roberto Micheletti, mis en place après le coup d’Etat du 28 juin.
Cette mission comptait notamment dans ses rangs des représentants de la Fédération internationale des droits de l’Homme.
Ses conclusions ont été dévoilée à la presse alors que la médiation du président du Costa Rica, Oscar Arias, s’est achevée mercredi sans accord entre les deux parties.
Les représentants de M. Micheletti ont présenté comme “une victoire” les ultimes propositions de M. Arias, reprenant une partie de leurs exigences mais prévoyant un retour au pouvoir de M. Zelaya ce vendredi.
La position des autorités sur “l’Accord de San Jose” n’est cependant pas arrêtée. Le gouvernement de facto a soumis le texte au Congrès et à la Cour suprême avant de se prononcer, mais le ministre des Affaires étrangères de M. Micheletti, Carlos Lopez Contreras, a d’ores et déjà jugé “impossible” un retour au pouvoir de M. Zelaya.
Les Etats-Unis, qui ont fortement soutenu la médiation du Costa Rica, ont appelé “les deux parties à accepter le plan de Arias et à avancer”, par la voix du porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley.
Le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), Jose Luis Insulza, en a fait autant.
M. Zelaya, expulsé du Honduras par les militaires le 28 juin, a trouvé asile depuis au Nicaragua, où l’a accueilli son allié de gauche, le président Daniel Ortega.
Mercredi soir, il avait précisé qu’il reviendrait au Honduras accompagné de sa femme et de ses enfants ainsi que de journalistes, et sans armes.
Le président déchu a prévu de rentrer au Honduras “quand les conditions seront remplies”, à savoir “une participation citoyenne suffisante, et l’élément surprise”, a déclaré à l’AFP son conseiller Alan Fajardo. Aucune date n’a été fixée.
Une première tentative de retour de M. Zelaya à Tegucigalpa s’était soldée par un échec le 5 juillet, les militaires ayant bloqué la piste de l’aéroport.
Au Honduras, ses partisans ont déclenché jeudi une grève de deux jours dans les écoles et certaines institutions publiques.
M. Zelaya a également appelé à la convocation du Système d’intégration d’Amérique centrale (Sica), de l’Organisation des Etats américains (OEA) et du Conseil de sécurité de l’ONU pour faire plier le régime de facto. Il a aussi suggéré la création d’un Tribunal pénal international pour le Honduras.
Article du 21 juillet 2009
TEGUCIGALPA — Le gouvernement de facto au Honduras a ordonné mardi l’expulsion du personnel de l’ambassade vénézuélienne d’ici 72 heures, haussant le ton face à la communauté internationale qui accentue la pression pour obtenir le retour du président destitué Manuel Zelaya.
Le nouveau régime, installé après un coup d’Etat le 28 juin, a reproché au Venezuela, dont le président socialiste Hugo Chavez est un proche allié de M. Zelaya, sa “menace de recours à la force” et son “ingérence”.
Mais le chargé d’affaires vénézuélien à Tegucigalpa, Uriel Vargas, a fait monter la tension en affirmant qu’il n’obéirait pas à l’ordre d’expulsion lancé par le chef du régime, Roberto Micheletti, ex-président du Congrès désigné à la tête du pays d’Amérique centrale.
“Nous ne reconnaissons pas le gouvernement de Roberto Micheletti”, le chef du régime installé après un coup d’Etat, a réagi M. Vargas, dénonçant un “gouvernement de facto (…) putschiste, qui s’appuie sur des baïonnettes”.
L’ambassadeur du Venezuela à Tegucigalpa a déjà quitté le pays, rappelé par Caracas peu après le coup d’Etat, comme ceux de ses alliés de la gauche radicale latino-américaine (Bolivie, Equateur, Nicaragua).
Depuis le début de la crise, M. Chavez a manifesté un soutien actif au dirigeant hondurien déchu, auquel il a fourni l’avion qui l’a emmené au Costa Rica où le président Oscar Arias mène une médiation internationale.
Cet ancien prix Nobel de la paix a proposé un “gouvernement d’union nationale” dirigé par M. Zelaya et la perspective d’une élection anticipée, avant de demander un nouveau délai de 72 heures, devant le refus de M. Micheletti.
La Cour suprême du Honduras continue de soutenir le nouvel homme fort du pays, rejetant “tout acte d’ingérence ou d’intimidation”, après que ce dernier eut reçu une mise en garde “très ferme” de Washington. L’Union européenne (UE) a également durci sa position mardi à l’encontre Tegucigalpa.
L’UE “va continuer à restreindre les contacts au niveau politique avec les représentants du gouvernement “de facto” du Honduras “jusqu’à ce qu’une solution négociée soit trouvée”, a indiqué la présidence suédoise de l’Union.
La coopération bilatérale restera suspendue “à l’exception de l’aide humanitaire et d’urgence”, a rappellé l’UE. Le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt, a aussi réaffirmé le soutien des 27 Etats membres à Manuel Zelaya devant le Parlement européen. L’UE avait déjà annoncé lundi le gel de ses 65,5 millions d’euros d’aide budgétaire au Honduras, pays pauvre de plus de 7 millions d’habitants.
M. Zelaya, lui, demande à la communauté internationale d’accroître la pression sur le nouveau régime.
“Il faut annuler des comptes, suspendre des visas et des voyages, interdire la venue de tout membre du régime issu du coup d’Etat”, a-t-il déclaré mardi dans un entretien publié par le journal espagnol El Mundo.
Depuis son exil au Nicaragua, il a répété qu’il comptait revenir au Honduras “à partir de jeudi, à l’expiration des 72 heures demandées par le médiateur”, dans des déclarations à la station hondurienne Radio Globo.
Au Nicaragua, où il a été accueilli par le président Daniel Ortega, M. Zelaya a suscité la colère de l’opposition conservatrice qui lui a demandé mardi de cesser d’appeler à “l’insurrection” ou de quitter le pays, annonçant son intention de réclamer son expulsion auprès du Parlement.
Article du 20 Juillet 2009
La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a passé hier un coup de téléphone “très ferme” au président de facto du Honduras Roberto Micheletti, a révélé aujourd’hui un porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley.
La chef de la diplomatie américaine a prévenu M. Micheletti que Washington suspendrait son aide au Honduras si la médiation entreprise par le président costaricien Oscar Arias échouait, a précisé M. Crowley au cours d’une point de presse. “Hier, depuis New Delhi, la secrétaire d’Etat a eu une conversation téléphonique avec le dirigeant du régime de facto, M. Micheletti”, a indiqué le porte-parole.
“Elle l’a encouragé à rester concentré sur ces négociations et l’a aidé à comprendre les conséquences potentielles d’un échec de ne pas tirer profit de ces négociations”. “Cela a été un coup de téléphone très ferme”, a-t-il précisé;
Interrogé sur les conséquences potentielles, M. Crowley a cité “un impact significatif en termes d’aide et d’éventuelles conséquences à long terme pour les relations entre le Honduras et les Etats-Unis”.
Article du 19 Juillet 2009
Les négociations qui ont eu lieu dimanche dans la capitale du Costa Rica entre les représentants du président déchu du Honduras Manuel Zelaya et ceux du président par intérim Roberto Micheletti se sont à nouveau achevées sur un échec.
Cependant, les deux camps adverses ont accepté de se retrouver prochainement pour essayer de trouver un terrain d’entente.
Les pourparlers sont au point mort mais le dialogue n’est pas rompu. En effet, à l’issue du ce deuxième round de négociations, les deux délégations n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un point essentiel du plan présenté samedi par le médiateur Oscar Arias. Un point qui prévoit le retour au pouvoir du président déchu Manuel Zelaya.
Les représentants du gouvernement de facto ont réitéré qu’ils considéraient cette proposition comme inacceptable. En contrepartie, ils avaient présenté au début de la session un document qui prévoyait bien le retour de Manuel Zelaya dans son pays, mais seulement pour qu’il puisse affronter la justice hondurienne.
Intensifier les efforts
Dans ces conditions, il était impossible de parvenir à un accord. D’où ce nouvel échec des négociations entre les deux camps rivaux, qui ont néanmoins accepté de reprendre les discussions prochainement.
D’ici-là, le président du Costa Rica Oscar Arias profitera de ce répit de quelques jours pour intensifier ses efforts afin de trouver une solution à la grave crise politique que traverse le Honduras. Pour cela, il devrait s’entretenir au téléphone avec Manuel Zelaya et Roberto Micheletti qui, ce dimanche, n’ont pas assisté aux discussions.
Article du 16 Juillet 2009
TEGUCIGALPA — Le gouvernement de facto du Honduras a rétabli le couvre-feu jeudi en réaction à l’appel à l’insurrection du président destitué Manuel Zelaya, alors que le Costa Rica tente de renouer sa délicate mission de médiation.
Le chef de l’Etat par intérim, Roberto Micheletti, a décrété le retour du couvre feu entre minuit et 05h00 (06h00 et 11h00 GMT), tout en se déclarant prêt à démissionner si M. Zelaya renonçait au pouvoir, une option que ce dernier a toujours écartée.
“Je suis prêt à prendre cette décision, pour la paix et la tranquillité dans le pays, à la condition qu’il soit bien établi que l’ex-président Zelaya ne revienne pas”, a-t-il dit.
Cette déclaration de M. Micheletti constitue “une avancée”, a estimé le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), Jose Miguel Insulza, qui s’est toutefois déclaré “modérément optimiste” quant à son impact pour un règlement de la crise.
Les autorités de Tegucigalpa, non reconnues par la communauté internationale, ont justifié le retour du couvre-feu en invoquant la menace de “désordres” de la part de groupes fidèles au chef de l’Etat, chassé manu militari par un coup d’Etat le 28 juin dernier.
M. Micheletti, ancien président du Congrès désigné à la tête du pays, a évoqué des rumeurs de projet de retour de M. Zelaya au Honduras samedi “par la frontière sud” et à l’aide d’un “groupe armé”.
Ses partisans ont dressé des barrages jeudi sur les principaux accès routiers à Tegucigalpa, en réponse à l’appel à “l’insurrection” lancé mardi par le président déchu au “peuple du Honduras”.
Dans ce contexte tendu, le président du Costa Rica Oscar Arias, prix Nobel de la paix en 1987 pour son action contre les conflits civils en Amérique centrale, s’apprête à relancer samedi, chez lui, sa mission de médiation.
Une rencontre est prévue à San Jose en l’absence des deux protagonistes de la crise hondurienne.
La première réunion, vendredi dernier, avait tourné court quand M. Micheletti avait quitté San Jose après un entretien avec M. Arias mais sans attendre la rencontre prévue avec son rival.
La communauté internationale, qui soutient le processus de médiation, a encore répété son soutien au chef d’Etat déchu.
L’Union européenne (UE) a réclamé à nouveau son retour à la présidence. Un retour “nécessaire pour rétablir l’ordre constitutionnel” dans le pays, a déclaré mercredi le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union.
Les dirigeants de la gauche radicale en Amérique latine, proches alliés de M. Zelaya, ont profité jeudi de la commémoration du bicentenaire de l’indépendance de la Bolivie pour fustiger son éviction.
Le “coup d’Etat” va échouer, a affirmé jeudi le président bolivien Evo Morales, lors d’une cérémonie à La Paz, en présence de ses homologues vénézuélien Hugo Chavez, équatorien Rafael Correa et paraguayen Fernando Lugo.
M. Chavez a de nouveau sommé le président des Etats-Unis, Barack Obama, de réagir, en affirmant que le coup de force des militaires honduriens avait reçu “l’aval du département d’Etat américain”.
Plusieurs organismes financiers internationaux ont gelé leurs prêts au nouvelles autorités du troisième pays le plus pauvre d’Amérique latine, et les Etats-Unis en ont fait autant pour une partie de leur aide économique.
Au pouvoir depuis 2006, M. Zelaya, un magnat de l’industrie du bois qui a opéré un virage à gauche durant son mandat, a été destitué pour avoir tenté d’organiser un vote ouvrant la voie à une possible réelection, contre l’avis de la Cour suprême de justice et de la majorité de la classe politique.
AFP
15 juillet 2009
Micheletti prêt à renoncer au pouvoir si Zelaya y renonce

Le président de facto au Honduras, Roberto Micheletti, a affirmé mercredi être disposé à renoncer au pouvoir si le président destitué Manuel Zelaya n’y revient pas. Il s’est dit préoccupé par des rumeurs sur un éventuel retour de ce dernier dans le pays.
“Je suis prêt à prendre cette décision, pour la paix et la tranquillité dans le pays, à la condition, que cela soit bien établi, que l’ex-président Zelaya ne revienne pas”, a déclaré M. Micheletti en conférence de presse.
M. Micheletti, président du Congrès, a été désigné à la tête de l’Etat le 28 juin, peu après l’arrestation, l’envoi en exil et la destitution de M. Zelaya, élu en novembre 2005.
M. Micheletti est “préoccupé”, a-t-il déclaré, par des rumeurs sur un projet de retour de M. Zelaya au Honduras samedi “par la frontière sud” et à l’aide d’un “groupe armé”, pendant une deuxième réunion de médiation à San Jose de Costa Rica chez le président Oscar Arias. Il ne s’agit toutefois que de “spéculations, sans confirmation officielle”, a-t-il souligné.
M. Micheletti a précisé qu”il ne se rendrait pas personnellement à la réunion de médiation samedi à San Jose. Mais les deux camps, le sien et celui de M. Zelaya, ont donné la composition de leurs délégations respectives pour ce rendez-vous.
Une première réunion, vendredi dernier, avait tourné court quand M. Micheletti avait quitté San Jose après un entretien avec M. Arias mais sans attendre la rencontre prévue avec M. Zelaya.
ATS
14 juillet 2009
Le président destitué du Honduras Manuel Zelaya appelle à l’insurrection
Le président destitué du Honduras, Manuel Zelaya, a déclaré mardi que les habitants de son pays “avaient le droit de s’insurger” contre le gouvernement intérimaire qui l’avait forcé à partir, lors d’une conférence de presse commune, dans la capitale du Guatemala, avec son homologue, Alvaro Colom.
Manuel Zelaya a affirmé que les citoyens du Honduras avaient le droit de manifester et de faire grève contre le président de facto, Roberto Micheletti, qui a menacé le président déchu de prison s’il tentait de revenir dans son pays.
“Personne ne doit allégeance à un gouvernement usurpé”, a précisé Manuel Zelaya, renversé le 28 juin par un coup d’Etat militaire et soutenu par quasiment toute la communauté internationale. “L’insurrection est un processus légitime”.
AP
Le pays sur la corde raide après le gel de l’aide internationale
Le gel d’une partie de l’aide internationale après le coup d’État du 28 juin constitue un coup très dur pour l’économie du Honduras, déjà affaiblie par la crise mondiale et qui ne peut vivre que quelques mois sur ses réserves, estiment des analystes. Le défi est donc relevé pour le gouvernement de Roberto Micheletti, mis en place après l’éviction du chef de l’État Manuel Zelaya, qui espère assurer la transition jusqu’à la prise de fonctions du nouveau président élu, fin janvier.”La suspension de l’aide internationale est très grave, car près d’un tiers du budget national – environ 1,5 milliard de dollars – dépend de l’aide bilatérale et multilatérale”, a déclaré à l’AFP l’économiste Nelson Avila, ancien conseiller du président déchu.
Selon l’équipe de M. Micheletti, le gel des crédits annoncé par la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement après le coup d’Etat va priver le Honduras d’environ 200 millions de dollars. Le troisième pays le plus pauvre d’Amérique latine va en outre devoir se passer des 200.000 barils de pétrole à prix réduit qu’a cessé de lui fournir le Venezuela d’Hugo Chavez, proche allié de M. Zelaya. Autant de coups durs pour une économie déjà frappée par la chute des exportations (café, banane, textiles) et la baisse des envois vitaux de devises de la diaspora, à cause de la crise économique. L’industrie du tourisme a en outre enregistré une chute de 80% de son chiffre d’affaires depuis le coup d’Etat.
La marge de manoeuvre du gouvernement est donc limitée, selon les économistes.”Le Honduras peut s’en sortir tout seul pendant quatre à cinq mois”, estime Martin Barahona, ancien président du collège des économistes du pays.”Dans les conditions actuelles, un gouvernement ne peut pas résister six mois”, abonde Wilfredo Giron, professeur d’économie à l’université nationale autonome du Honduras. Six mois, c’est justement la durée de vie que s’est fixée le gouvernement Micheletti, qui espère tenir jusqu’à l’élection du nouveau président en novembre et à sa prise de fonctions deux mois plus tard. D’ici là, le Honduras devra se débrouiller avec les rentrées fiscales et ses réserves de devises pour régler les factures urgentes. Il devra en revanche sans doute laisser de côté les programmes sociaux pourtant essentiels dans un pays où 70% de la population vit dans la pauvreté.
Grâce à une croissance moyenne de 6% depuis 2003, le président Zelaya avait pu mettre en place une politique redistributive, augmentant de 65% le salaire minimum pour les emplois publics (de 180 à 280 dollars par mois). Mais en 2009, l’économie devrait se contracter de 2%, son pire résultat depuis dix ans, selon la nouvelle ministre des Finances Gabriela Nunez. “Dans ces circonstances, la seule possibilité est de dévaluer la monnaie, ce qui aggraverait la crise sociale”, estime M. Giron. “Le Honduras ne va pas pouvoir se sortir seul de ses problèmes économiques”, ajoute M. Barahona. Pour soulager les plus défavorisés, le patronat, qui soutient le gouvernement de facto, a accepté un gel des prix des produits de base, comme le poulet, le beurre ou les oeufs. Les autorités vont aussi se serrer la ceinture pour essayer de surmonter “cette situation que nous allons vivre dans les cinq à six prochains mois”, a promis M. Micheletti.
Le Point.fr
12 juillet 2009
Micheletti évoque une éventuelle amnistie du président déchu Zelaya

Le président intérimaire du Honduras, Roberto Micheletti, a de nouveau écarté dimanche tout retour au pouvoir de Manuel Zelaya, chassé le 28 juin par un coup d’Etat, mais ajouté qu’il pouvait espérer une amnistie s’il se rendait à la justice hondurienne.
“S’il rentre pacifiquement et avant tout pour se rendre aux autorités, le principe de lui accorder l’amnistie ne me pose aucun problème”, a déclaré Micheletti dans une interview accordée à Reuters au palais présidentiel de Tegucigalpa, en présence de cinq soldats en armes.
Le président par intérim, placé au pouvoir par le Congrès après le putsch, a répété que Zelaya ne pourrait revenir à la tête de l’État “à aucune condition”.
Le coup d’État a été condamné par la communauté internationale. L’Organisation des Etats américains, les Etats-Unis et l’Assemblée générale des Nations unies ont appelé à restaurer Manuel Zelaya dans ses fonctions. Ce dernier a été déposé sur ordre du Congrès et de la Cour suprême du Honduras, qui estimaient qu’il avait enfreint la Constitution en tentant de lever la limitation du nombre de mandats présidentiels.
Zelaya s’était également rendu impopulaire auprès de ses électeurs et des élites du pays en se rapprochant du président
vénézuélien Hugo Chavez.
Micheletti a accusé ce dernier d’être responsable de la crise politique du Honduras.
“Chavez est le grand fléau qui a frappé la démocratie du Honduras. Nous le considérons comme responsable de tout incident ou toute ingérence qui pourrait survenir au Honduras à partir de n’importe quel pays”, a-t-il affirmé.
Le gouvernement intérimaire hondurien et les représentants de Zelaya sont engagés dans des pourparlers sous la médiation du président du Costa Rica, Oscar Arias. Ces négociations n’ont pour l’heure débouché que sur une promesse de poursuivre le dialogue.
Micheletti s’est dit très satisfait de l’impartialité observée par Arias, lequel doit convoquer son équipe de
négociation dans les huit à dix jours prochains pour la prochaine session.
France24
Les journalistes de Telesur quittent le Honduras, après avoir été menacés
TEGUCIGALPA — Les journalistes de la chaîne internationale Telesur ont quitté le Honduras dimanche après avoir été, selon eux, placés en garde à vue pendant deux heures et menacés par les autorités en place depuis le coup d’Etat du 28 juin, a-t-on appris auprès des intéressés.
“C’était clairement une manœuvre d’intimidation contre Telesur”, avait dénoncé plus tôt Madelein Garcia, une journaliste de la chaîne d’information en continu basée à Caracas, qui s’est réfugiée à l’ambassade du Venezuela à Tegucigalpa.
Un responsable du gouvernement de transition du Honduras a affirmé à l’AFP qu’il n’y avait eu aucune arrestation et qu’il s’agissait simplement d’une enquête des services de l’immigration.
Telesur est une chaîne lancée en 2005 par le président socialiste du Venezuela Hugo Chavez, proche allié du président destitué du Honduras Manuel Zelaya, avec d’autres pays de la région pour contrecarrer “l’hégémonie médiatique” de grandes chaînes internationales comme l’américaine CNN.
Elle avait vu ses retransmissions interrompues le jour de la destitution de M. Zelaya et trois de ses journalistes avaient été arrêtés le lendemain par des militaires.
A Caracas, Lourdes Suazo, directrice exécutive de Telesur, a affirmé que cinq journalistes ou techniciens de Telesur et de la chaîne publique vénézuélienne VTV avaient été emmenés par la police pour une vérification de leurs documents d’identité dans la nuit de samedi à dimanche.
Les forces de l’ordre leur auraient déclaré qu’ils “n’ont rien à faire ici”, a-t-elle ajouté.
Deux semaines après la destitution de M. Zelaya le 28 juin, le gouvernement intérimaire dirigé par Roberto Micheletti exerce toujours un contrôle relatif sur les médias. Les messages du chef de l’Etat désigné ou de ses ministres interrompent sans prévenir tous les programmes à la radio et à la télévision.
M. Zelaya a été destitué, arrêté et expulsé du pays parce qu’il tentait d’organiser un référendum pour modifier la Constitution hondurienne contre l’avis de la Cour suprême, qui avait déclaré son initiative illégale.
AFP
10 juillet 2009
Honduras: pas d’accord à San José, mais les négociations vont continuer
SAN JOSE — Les délégations du président évincé du Honduras, Manuel Zelaya, et du régime qui l’a remplacé se sont séparées sans parvenir à un accord vendredi au Costa Rica, mais vont reprendre les négociations prochainement, a indiqué le président costaricien Oscar Arias.
Les deux parties “sont convenues de reprendre les discussions le plus vite possible” et de “ne pas mettre fin” à ce processus de dialogue, a précisé M. Arias, prix Nobel de la paix en 1987 pour avoir pacifié l’Amérique centrale après des années de guerre civile.
“C’est quasiment impossible de résoudre en une réunion des conflits aussi profonds que ceux qui divisent la famille hondurienne”, a précisé le chef de l’Etat du Costa Rica, après cinq heures de discussions.
Il s’agissait du deuxième jour de cette médiation, activement soutenue par les Etats-Unis.
Les discussions entre les deux délégations ont repris en l’absence de M. Zelaya et de son rival, Roberto Micheletti, installé au pouvoir par l’armée lors d’un coup d’Etat le 28 juin.
Les deux hommes sont repartis dès jeudi soir, après avoir pris soin de s’éviter à San Jose et en campant sur leurs positions. M. Zelaya exige son retour au poste de président, une condition rejetée par M. Micheletti.
AFP
9 juillet 2009
Médiation au Costa Rica entre les rivaux honduriens
SAN JOSÉ, Costa Rica – Le président costaricain Oscar Arias a eu jeudi des entretiens séparés avec les deux rivaux à la présidence du Honduras pour tenter de mettre fin à la crise politique née du renversement du président Manuel Zelaya.
Le président Arias s’et d’abord entretenu à sa résidence avec Manuel Zelaya puis avec Roberto Micheletti, son rival installé au pouvoir par les militaires après leur putsch du 28 juin.
Des responsables costaricains ont indiqué qu’Oscar Arias espérait dans un second temps les faire se rencontrer, pour la première fois depuis le renversement de Manuel Zelaya.
Oscar Arias a obtenu le Prix Nobel de la paix en 1987 pour son rôle dans la résolution de conflits liés à la Guerre froide en Amérique centrale.
L’Organisation des Etats américains (OEA) fait pression en faveur du rétablissement de Manuel Zelaya dans ses fonctions et son chef, Jose Miguel Insulza, a estimé ce rétablissement essentiel pour le succès des discussions de San José.
“L’essentiel est que le gouvernement de facto accepte le retour du gouvernement constitutionnel. Tout le reste est négociable”, a-t-il dit à des journalistes à Washington.
Il reste à voir si Roberto Micheletti, ancien président du Congrès du Honduras désigné par l’assemblée pour remplacer Manuel Zelaya, acceptera de s’effacer.
Avant l’ouverture des discussions, il a affirmé que la destitution de Manuel Zelaya était légale parce qu’il a violé la Constitution en cherchant à faire supprimer la limite du nombre de mandats présidentiels.
Roberto Micheletti a déclaré jeudi qu’il était prêt à rechercher une solution “dans le cadre de la Constitution”.
Après sa rencontre avec Oscar Arias, Manuel Zelaya a souligné que l’OEA et l’Assemblée générale des Nations unies avaient réclamé sa réintégration dans ses fonctions.
La veille, il avait traité Micheletti de “criminel” coupable de trahison.
Jose Miguel Insulza a déclaré que pourvu que le rétablissement de Manuel Zelaya soit accepté, d’autres options étaient ouvertes, telles que l’organisation anticipée de l’élection présidentielle prévue en novembre, la formation d’un gouvernement d’union nationale ou une amnistie.
Pour l’OEA, qui a suspendu samedi le Honduras, un scrutin anticipé ne serait acceptable que s’il se tenait après le rétablissement de Manuel Zelaya, a-t-il cependant ajouté.
Selon un sondage publié jeudi par un media hondurien, 41% des personnes interrogées estiment justifié le renversement de Zelaya contre 28% qui s’y déclarent opposées.
La pression internationale s’est par ailleurs accrue à la veille des pourparlers. Les Etats-Unis ont ainsi annoncé qu’ils suspendaient des programmes d’assistance militaire au Honduras d’un montant total de 16,5 millions de dollars.
Dans un communiqué, l’ambassade des Etats-Unis à Tegucigalpa précise que 180 millions de dollars d’aide supplémentaire pourraient être suspendus.
L’Express.fr
7 juillet 2009
Honduras : un prix Nobel de la paix plébiscité comme médiateur

TEGUCIGALPA — Un prix Nobel de la paix, le président du Costa Rica Oscar Arias, a été plébiscité mardi comme médiateur pour tenter de dénouer la crise au Honduras, premier geste d’ouverture des autorités qui ont renversé le chef de l’Etat Manuel Zelaya il y a dix jours.
Les deux camps se rencontreront pour la première fois jeudi au Costa Rica, a confirmé M. Arias, connu comme l’artisan de la paix après des années de guerre civile en Amérique centrale. “Les deux parties m’ont invité à jouer le rôle de médiateur”, a-t-il annoncé depuis San Jose.
Cette réunion marquera le premier face-à-face entre M. Zelaya, en exil depuis son éviction, et son ancien allié, Roberto Micheletti, qui a été désigné par le Congrès pour lui succéder.
Cette médiation a été saluée par la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton, après un entretien à Washington avec le président destitué du Honduras. Mme Clinton a aussi plaidé en faveur d’un “rétablissement de l’ordre démocratique et constitutionnel” et d’une “solution pacifique” à la crise.
Ce rendez-vous a démontré l’importance du rôle joué par Washington au Honduras, où des effectifs américains sont présents sur la base aérienne de Soto Cano, à 80 km de la capitale Tegucigalpa.
Les nouvelles autorités honduriennes avaient déjà fait un pas dans la matinée: la Cour suprême avait déclaré que M. Zelaya serait autorisé à rentrer dans son pays si le Congrès l’amnistiait.
Ce magnat de l’industrie forestière, au pouvoir depuis début 2006, avait été renversé par les militaires, sur ordre de la justice, pour avoir tenté d’organiser une consultation populaire, contre l’avis de la Cour Suprême.
Dans ce cas, M. Zelaya ne serait plus poursuivi pour les chefs d’accusation “politiques”, comme la haute trahison, qui lui vaut à l’heure actuelle d’être menacé d’arrestation à son retour. Mais il devrait toujours répondre d’autres délits, notamment de corruption, devant la justice ordinaire.
De son côté Interpol, sollicitée par Tegucigalpa, a annoncé mardi qu’elle refusait d’émettre un avis de recherche international contre le président déchu.
Dans un autre signe de détente, l’aéroport, qui était fermé depuis la tentative de retour avortée de M. Zelaya dimanche, a été réouvert.
Pour sa part, le chef de l’Etat déchu, qui souhaitait modifier la Constitution pour pouvoir briguer un deuxième mandat, a aussi fait un geste en acceptant de convoquer une élection présidentielle anticipée s’il retrouvait le pouvoir.
A Tegucigalpa, ses partisans sont à nouveau sortis par milliers pour exiger son retour. Sa femme, Xiomara Castro, était pour la première fois à leur tête, après s’être réfugiée pendant plusieurs jours à l’ambassade des Etats-Unis.
Le cortège a défilé dans le calme, deux jours après la mort de deux partisans de M. Zelaya tués par balle au moment où ils tentaient de forcer les barrages militaires autour de l’aéroport.
Ce drame avait encore terni davantage l’image des nouvelles autorités qui n’ont pas réussi à convaincre la communauté internationale qu’elles n’avaient pas perpétré un “coup d’Etat”, mais procédé à une “succession constitutionnelle”.
M. Zelaya bénéficie en revanche de nombreux soutiens, de l’ONU à l’Union européenne en passant par l’Organisation des Etats américains (OEA), qui a exclu le Honduras de ses rangs, un fait inédit depuis l’éviction de Cuba en 1962.
AFP
Article du 6 juillet 2009
Le retour manqué de Manuel Zelaya

Le président déchu Manuel Zelaya, a été refoulé dimanche 5 juillet alors qu’il tentait de rentrer dans son pays, une semaine après son renversement par l’armée. Les autorités issues du coup d’Etat ont refusé l’atterrissage de son avion à l’aéroport de Tegucigalpa. Deux manifestants pro-Zelaya, venus l’accueillir à l’aéroport, ont été tués par les forces de l’ordre.
Toute la journée de dimanche, on a craint le pire au Honduras. En fin d’après-midi, l’avion à bord duquel avait pris place Manuel Zelaya à Washington est arrivé aux abords de Tegucigalpa, où il a survolé l’aéroport international à basse altitude. Au sol, des centaines de soldats et des véhicules militaires avaient pris position sur la piste d’atterrissage pour empêcher l’appareil de se poser.
De son avion, le président déchu a commenté la situation, en direct, par téléphone, sur la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur, créée par Hugo Chavez qui s’est imposée comme l’une des principales sources d’information sur la crise hondurienne. « Si j’avais un parachute, je sauterais immédiatement » a-t-il lancé en forme de défi, avant de renoncer pour mettre le cap vers le Nicaragua.
Au même moment, les dizaines de milliers de ses partisans, massés autour de l’aéroport, ont tenté de pénétrer sur le tarmac en lançant une pluie de pierres sur les forces de l’ordre qui ont dispersé la foule à coups de gaz lacrymogènes. Les affrontements font deux morts parmi les manifestants, selon la police. Ce sont les premières victimes depuis le coup d’Etat du 28 juin.
Dans la capitale, le couvre-feu nocturne, décrété il y a huit jours a été étendu, pour éviter de nouveaux débordements. Il débute désormais à 18h30 heure locale, au lieu de 22heures.
Signaux contradictoires des putschistes
Toute la journée de dimanche, les nouvelles autorités, de plus en plus isolées, ont émis des signaux contradictoires. D’une part, le président par intérim, Roberto Micheletti, a jeté de l’huile sur le feu dans la journée en annonçant que le Nicaragua voisin amassait des troupes le long de la frontière et en demandant à l’armée de se préparer à une possible agression extérieure. La menace a aussitôt été démentie par le chef de l’Etat nicaraguayen, Daniel Ortega.
D’autre part, le gouvernement issu du putsch qui a été officiellement suspendu samedi 4 juillet de l’Organisation des Etats américains, a fait une timide ouverture, en se disant prêt à un « dialogue de bonne foi » avec l’OEA. Mais un dialogue sous condition : « Le retour de Zelaya n’est pas négociable » a répété Roberto Micheletti qui continue à défendre la constitutionnalité du débarquement de Manuel Zelaya, accusé d’avoir violé la loi en s’obstinant à vouloir organiser un référendum, jugé illégal par la Cour surprême, sur une possible modification de la Constitution qui lui aurait permis de rester au pouvoir.
Appel à Barack Obama
Le secrétaire général de l’OEA, José Miguel Insulza qui avait échoué à obtenir la moindre concession des putschistes la semaine dernière, à Tegucigalpa, s’est dit prêt à poursuivre sa médiation. Quant à Manuel Zelaya, il a terminé son long voyage au milieu de la nuit à l’aéroport de San Salvador, où l’attendait un aréopage de chefs d’Etat de la gauche latino-américaine : l’Argentine Cristina Kirchner, l’Equatorien Rafael Correa, le Paraguayen Fernando Lugo et le Salvadorien Mauricio Funes, ainsi que le chef de l’OEA qui lui ont tous réaffirmé leur soutien. Mais aucun d’entre eux ne s’était risqué à faire le voyage jusqu’à Tegucigalpa, contrairement à ce qu’ils avaient promis ces derniers jours.
Elu en 2006 en tant que candidat conservateur, Manuel Zelaya, riche propriétaire terrien, s’est depuis rapproché du chef de l’Etat vénézuélien Hugo Chavez, devenu l’un de ses plus proches alliés. Ce virage à gauche lui a valu de se mettre à dos ses anciens amis politiques. Une semaine après son arrestation par l’armée, au saut du lit, et son exil forcé, le chef de l’Etat déchu en appelle désormais à Barack Obama. « A partir de demain, la responsabilité revient aux grandes puissances, notamment les Etats-Unis » a-t-il déclaré dimanche 5 juillet.
Le président américain, qui, comme le reste de la communauté internationale, a condamné le coup de force, a jusqu’à présent joué la carte du multilatéralisme en laissant l’OEA monter en première ligne pour gérer la crise. Il va sans doute devoir s’impliquer davantage pour résoudre la crise au Honduras, allié traditionnel des Etats-Unis en Amérique centrale. Quelque 500 soldats américains sont stationnés en permanence dans le pays.
RFI.fr – (www.legrandjournal.com.mx)
Zelaya annonce qu’il se rend à Washington pour rencontrer Clinton
MANAGUA – Le président déchu du Honduras Manuel Zelaya a annoncé lundi à Managua qu’il partait pour les Etats-Unis afin d’y rencontrer la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et d’autres responsables de l’administration Obama.
“Nous partons aujourd’hui (lundi) à 19H00 locales (02H00 GMT mardi) pour Washington pour y rencontrer des responsables du département d’Etat et ensuite la secrétaire d’Etat Hillary Clinton”, a déclaré M. Zelaya à des journalistes.
Il a précisé que ses entretiens avec Mme Clinton porteront sur la résolution adoptée mardi par l’ONU demandant son retour “immédiat et sans condition” à son poste de président du Honduras.
Manuel Zelaya a été renversé le 28 juin par un coup d’Etat.
Sa présence au Nicaragua a été tenue secrète par le gouvernement de Daniel Ortega, par mesure de sécurité. Il était arrivé dans la matinée à Managua, en provenance de San Salvador où il avait atterri dimanche soir après une tentative infructueuse de retour dans son pays.
Article du 5 Juillet 2009
L’Organisation des Etats américains (OEA) a suspendu samedi soir le Honduras à la suite du putsch contre le président Manuel Zelaya, dont le retour demeurait incertain dimanche, les nouvelles autorités ayant refusé l’atterrissage de tout avion le transportant.
Le président déchu, qui a été expulsé de son pays voici une semaine après un coup d’Etat militaire, a réaffirmé son intention de regagner son pays ce dimanche “à la mi-journée”, peut-être accompagné de présidents de pays sud-américains.
Mais les autorités provisoires, qui refusent de le rétablir dans ses fonctions et menacent de l’arrêter s’il revient au Honduras, ont prévenu qu’elles refuseraient l’atterrissage des nouvelles autorités de le rétablir dans ses fonctions.
“J’ai donné l’ordre qu’il ne soit pas autorisé à atterrir, si tant est qu’il doive revenir”, a déclaré Enrique Ortez, ministre des Affaires étrangères du gouvernement intérimaire.
“Nous ne devons permettre aucune imprudence, qu’un président de la République meure, qu’un président de la République soit blessé, que quiconque meure”, a-t-il ajouté, laissant entendre que la sécurité de Zelaya ne serait pas garantie.
Les nouvelles autorités continuent ainsi de tenir tête à l’OEA qui, réunie en urgence à Washington, a adopté par 33 voix contre zéro une résolution invitant ses membres ainsi que les organisations internationales à revoir leurs relations avec Tegucigalpa.
Le Venezuela, le Brésil et plusieurs autres Etats souhaitaient que la formulation du texte évoque la rupture des relations bilatérales avec le Honduras, mais les Etats-Unis, le Canada, le Mexique et la Colombie, entre autres, s’y sont opposés, ont précisé des diplomates.
La résolution charge également le secrétaire général de l’OEA, José Miguel Insulza, d’accentuer les initiatives diplomatiques pour tenter de ramener Zelaya au pouvoir. “Aucune de ces initiatives ne devra impliquer une reconnaissance du régime issu de l’interruption de l’ordre constitutionnel”, indique le texte.
S’exprimant lors de la réunion de l’OEA, Zelaya a répété son intention de retourner dans son pays dimanche, une initiative qu’il avait été contraint de reporter de quelques jours cette semaine, afin de laisser le temps à l’organisation panaméricaine de trouver une solution.
Insulza, qui avait mené une mission de médiation vendredi, a indiqué que le gouvernement intérimaire n’avait aucune intention de rétablir le président déchu dans ses fonctions, ni de reconnaître que l’ordre constitutionnel avait été rompu.
“Le régime intérimaire ne l’a pas dit comme cela, mais l’absence de reconnaissance internationale une semaine après le coup d’Etat inquiète le gouvernement de fait”, a dit le chef de l’OEA.
Le pouvoir en place avait anticipé cette exclusion samedi en annonçant qu’il renonçait à la charte de l’organisation et avait organisé des manifestations de ses partisans dans la capitale et dans d’autres villes du pays.
Le Honduras n’est que le deuxième pays à être suspendu de l’OEA, après Cuba en 1962.
Cette décision fait suite au renversement de Manuel Zelaya le week-end dernier. Le président hondurien, élu pour quatre ans en 2006 mais qui souhaitait organiser un référendum lui permettant de briguer un second mandat, a été arrêté par l’armée et expulsé dimanche dernier vers le Costa Rica.
Les nouvelles autorités du Honduras affirment pour leur part avoir évincé un président qui avait violé la constitution et ont rejeté la requête de l’OEA qui leur demandait de le rétablir dans ses fonctions.
“Il vaut mieux payer un tel prix, élevé, que de vivre dans l’indignité et courber l’échine face aux exigences de gouvernements étrangers”, a déclaré Roberto Micheletti, choisi comme président par intérim par le Congrès du Honduras.
Reuters – (www.legrandjournal.com.mx)

Article du 3 juillet 2009
Malgré le vote à l’unanimité de l’OEA, et de l’ONU demandant le retour de l’ordre constitutionnel, malgré les pressions des Etats-Unis,on estime qu’il sera difficile de changer les choses en quelques jours.
Au Honduras, malgré le vote à l’unanimité de l’OEA (Organisation des Etats américains) et de l’ONU demandant le retour de l’ordre constitutionnel, malgré les pressions des Etats-Unis, qui ont suspendu 300 millions de dollars de prêts (215 millions d’euros), et les pressions diplomatiques de pratiquement tous les pays qui ont rappelé leur ambassadeur, le secrétaire général de l’OEA Jose Miguel Insulza estime qu’il sera difficile de changer les choses en quelques jours.
Jose Miguel Insulza affirme par ailleurs que la destitution du président du Honduras, Manuel Zelaya, est « un coup d’Etat militaire ». De son côté, la Cour suprême a déclaré auparavant que la destitution de M. Zelaya était « irréversible ».
Les deux présidents du Honduras campent sur leurs positions. Manuel Zelaya, depuis son exil au Salvador, a annoncé qu’il planifiait son retour au Honduras dès que Jose Miguel Inzulsa, le secrétaire général de l’OEA, aura terminé sa visite à Tegucigalpa. Il espère que les négociations permettront de convaincre les putschistes de céder le pouvoir.
Jose Miguel Inzulsa a prévu des réunions avec les autorités de la Cour suprême, du ministère public et du Congrès. Il devrait également se réunir avec les membres de l’opposition qui soutiennent Manuel Zelaya.
L’autre président, Roberto Micheletti, a proposé pour sortir de la crise politique d’avancer les élections de novembre prochain, et a réaffirmé qu’il n’était pas question d’accepter l’ultimatum de l’OEA qui exige la restauration de l’ordre constitutionnel. Soutenu par des milliers de manifestants qui sont descendus dans la rue, Roberto Micheletti a prévenu que si Miguel Zelaya rentrait au Honduras, il serait arrêté et mis en prison
RFI.fr – (www.legrandjournal.com.mx)

Article du Juillet 2009
Les pays de l’Union européenne ayant une représentation au Honduras ont tous décidé de faire revenir leurs diplomates après la destitution, dimanche, par un coup d’Etat militaire, du président hondurien.
« Je peux vous dire qu’en ce moment même toutes les ambassades européennes à Tegucigalpa ont décidé de retirer leurs ambassadeurs », a déclaré le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, sur la Radio nationale espagnole (RNE). « Il s’agit de l’Allemagne, de l’Italie, de la France, de l’Espagne et de la Commission européenne, par conséquent toute la représentation européenne à Tegucigalpa sera à un niveau inférieur, avec des chargés d’affaires mais sans ambassadeurs », a-t-il ajouté.
La porte-parole de la Commission européenne a toutefois précisé que l’institution n’avait pas d’ambassadeur au Honduras, mais simplement « un chargé d’affaires ». Elle a en revanche confirmé que les quatre pays cités par Moratinos n’étaient plus représentés que par des subalternes.
Rétablir Zelaya le contesté
Pour Moratinos, la solution doit passer « par le rétablissement de l’ordre démocratique » avec, « pour précondition, que le président authentique, le président constitutionnel puisse rentrer et continuer à être président ». Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a pour sa part déclaré qu’il fallait « être très ferme pour demander le rétablissement » de Zelaya, même si ce dernier « a pu commettre des choses qui le conduisent à un jugement politique ou devant les tribunaux ». Et de conclure : « Il est indiscutable qu’un président ne peut être séquestré par des militaires et évacué du pays. »
Manuel Zelaya, au pouvoir depuis 2006, a été destitué dimanche pour avoir tenté d’organiser une consultation populaire ouvrant la voie à une possible réélection, un scrutin jugé illégal par la Cour suprême. Des militaires l’ont arrêté au saut du lit et expulsé vers le Costa Rica. Peu après, le président du Congrès national, Roberto Micheletti, était désigné président intérimaire.
France Soir.fr
Crise politique au Honduras: quel enjeu pour Washington?
Les Etats-Unis ont réagi prudemment après la destitution du président du Honduras, Manuel Zelaya, dimanche dernier. Pourquoi cette prudence? Décryptage.
“Je lance un appel au président des Etats-Unis pour qu’il condamne comme nous cette agression pas seulement à l’encontre du Honduras, mais de tous les peuples d’Amérique latine”. C’est en ces termes grandiloquents que le chef d’Etat vénézuélien, Hugo Chavez, a réagi à la destitution de son homologue hondurien Manuel Zelaya.
Le coup d’Etat survenu le 28 juin dernier à Tegucigalpa a obligé les Etats-Unis à prendre position, sous la pression de Hugo Chavez et de Miguel d’Escoto, président nicaraguayen de l’Assemblée générale des Nations Unies et Prix Lénine de la paix en 1985.
Washington s’est dit “préoccupé” par la situation au Honduras sans toutefois condamner fermement et explicitement l’intervention des militaires honduriens.
La prudence de Barack Obama s’explique par l’enjeu que représente la crise politique au Honduras. Selon l’analyste bolivien Eduardo Gamarra, “il sera très difficile de changer le cours des événements de l’extérieur sans un dialogue et une médiation qui soient crédibles et l’unique dirigeant qui peut-être crédible dans ce contexte est le Président Obama”.
S’il joue finement, l’occupant de la Maison-Blanche peut espérer capitaliser les gains qui résulteraient d’une sortie de crise pacifique.
Les événements de Tegucigalpa sont ainsi l’occasion pour le chef d’Etat américain de mettre en pratique son discours prononcé lors du Sommet des Amériques en avril dernier dans lequel il prônait “un partenariat d’égal à égal” entre les Etats-Unis et l’Amérique latine en précisant qu’il “n’y avait pas de partenaire senior ou junior dans [leurs] relations”. Un renouveau des relations entre les Amériques symbolisé par la poignée de main entre Barack Obama et Hugo Chavez.
“Beaucoup se demandent en ce moment si ce coup d’Etat fait partie de cette nouvelle politique, analyse Miguel d’Escoto, alors qu’il est bien connu que l’armée du Honduras a une histoire de totale coopération avec les Etats-Unis”. A la suite du putsch à Tegucigalpa, Hugo Chavez avait immédiatement accusé la CIA d’être impliquée dans l’exil forcé du président Zelaya.
L’image des Etats-Unis en Amérique latine est, en effet, encore profondément marquée par l’interventionnisme américain, y compris militaire, dans la région (financement des contras au Nicaragua à partir de 1982, invasion de Grenade lancée par Ronald Reagan en 1983).
L’enjeu est de taille pour les Etats-Unis. S’ils parviennent à conduire un dialogue constructif au Honduras, ce sera un véritable désaveu pour Cuba et pour le Venezuela dont l’influence est grandissante en Amérique latine et qui continuent à promouvoir un discours hostile aux Américains.
L’Express.fr
Articles du 1er Juillet 2009
Le Honduras défie l’OEA et exclut le retour du président Zelaya

TEGUCIGALPA – Les nouvelles autorités du Honduras ont défié la communauté internationale en assurant qu’il n’y avait “aucune chance” de voir le président Manuel Zelaya, renversé dimanche par l’armée, revenir aux affaires.
Le coup d’Etat a été condamné par de nombreux dirigeants et l’Organisation des Etats américains (OEA) a réclamé dans une résolution “le retour immédiat, sûr et sans conditions du président Manuel Zelaya dans ses fonctions constitutionnelles”.
L’OEA a ajouté qu’”aucun gouvernement émanant de cette interruption anticonstitutionnelle ne sera reconnu” et a chargé son secrétaire général, José Miguel Insulza, d’entreprendre des “initiatives diplomatiques visant à restaurer la démocratie et l’Etat de droit”.
Si ces exigences ne sont pas remplies dans les 72 heures, “l’Assemblée générale spéciale (…) suspendra le Honduras”.
Mais la perspective d’une sortie de crise négociée était maigre mercredi, le gouvernement par intérim ayant exclu tout retour de Manuel Zelaya à la présidence et prévenu une nouvelle fois qu’il serait arrêté s’il rentrait au Honduras.
“Nous ne négocions ni la souveraineté nationale ni la présidence”, a déclaré Enrique Ortez, ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire.
“Il n’y aucune chance” qu’il revienne au pouvoir, a-t-il ajouté dans un entretien accordé à Reuters.
Alors qu’il prévoyait de rentrer jeudi dans son pays avec plusieurs dirigeants étrangers, Manuel Zelaya a déclaré mercredi à la presse, après l’ultimatum de l’OEA, qu’il ne pensait pas s’y rendre avant le week-end.
Le président déchu a quitté mercredi Washington pour le Panama afin d’y assister à l’investiture du nouveau président, ont rapporté des responsables américains.
La veille, il avait affirmé au siège des Nations unies à New York qu’il serait accompagné à son retour à Tegucigalpa par les présidents argentin et équatorien et par les dirigeants de l’OEA et de l’Assemblée générale de l’Onu.
PRESSIONS
Enrique Ortez a en outre fait savoir que les nouvelles autorités honduriennes avaient renoncé à dépêcher une délégation à Washington pour entamer des pourparlers avec l’OEA, comme elles l’avaient envisagé.
Il a cependant affirmé qu’une mission de quatre pays de l’organisation panaméricaine se rendrait au Honduras cette semaine, information dont un porte-parole de l’OEA a dit ne pas avoir connaissance.
L’OEA a consacré mardi soir une séance spéciale au Honduras après le putsch de dimanche, le premier réussi en Amérique centrale depuis la fin de la Guerre froide.
L’Assemblée générale de l’Onu a adopté une résolution par consensus condamnant ce qu’elle a qualifié de coup d’Etat et a demandé “le rétablissement immédiat et sans conditions du gouvernement légitime et constitutionnel” du Honduras.
Les Etats-Unis ont également condamné l’éviction de Manuel Zelaya et le Pentagone a repoussé ses activités militaires conjointe avec l’armée hondurienne le temps que le président Barack Obama évalue la situation.
La pression diplomatique s’est en outre accentuée en Europe, où la France et l’Espagne ont rappelé leur ambassadeur pour consultations, une décision prise “en liaison avec les partenaires européens présents au Honduras”, selon un communiqué de la diplomatie française.
Aux initiatives politiques se sont ajoutées des pressions économiques avec l’annonce par la Banque mondiale du “gel” de tous les prêts accordés dans le cadre de programmes de développement.
La crise entre Manuel Zelaya et les militaires s’était aggravée avec la destitution du chef d’état-major, le général Romeo Vasquez, qui s’opposait à la tenue d’un référendum constitutionnel visant à permettre au président de briguer un second mandat de quatre ans.
La Cour suprême du Honduras s’était prononcée contre le limogeage du général Vasquez et avait demandé au chef de l’Etat, au pouvoir depuis 2006, de le rétablir dans ses fonctions. Elle dit avoir elle-même demandé à l’armée de l’évincer en raison de son intention d’organiser un référendum “illégal”.
Honduras: les nouvelles autorités lancent un “dialogue national”
TEGUCIGALPA, 1 juil 2009 – Les autorités qui ont expulsé le président Manuel Zelaya du Honduras ont lancé un “dialogue national” auquel l’ensemble de la population est invité, a annoncé mercredi à l’AFP à Tegucigalpa le Commissaire spécial du Congrès pour le dialogue national.
Le Commissaire, German Leitzelar, tenait dans la capitale la première réunion de ce “dialogue” avec l’Union civique, organisation civile dont il est un ancien membre, a-t-il expliqué. Un peu plus tôt, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement d’intérim, Enrique Ortez, avait annoncé le lancement d’une “campagne” internationale pour expliquer que le Honduras ne vient pas de connaître un “coup d’Etat” mais une “succession constitutionnelle”. Le “dialogue national” proposera une “concertation” publique, et aussi “l’incorporation de tous ses acteurs à un projet national de développement à court et long terme”, a poursuivi M. Leitzelar.
L’invitation est lancée à l’ensemble de la population et “à toutes les composantes politiques, y compris celles qui ont participé à l’administration de M. Zelaya”, a-t-il insisté. Mais à l’exception de M. Zelaya lui-même, “en raison des procédures judiciaires dont il fait l’objet”, a-t-il précisé. L’isolement du Honduras s’est renforcé mercredi, trois jours après la destitution de M. Zelaya, avec un ultimatum de l’Organisation des Etats américains (OEA) menaçant de l’exclure si le président n’était pas rétabli “dans les 72 heures”. La veille, les Nations Unies avaient condamné le “coup d’Etat”, exigeant le rétablissement de M. Zelaya dans ses fonctions.
France Info.fr
Mercredi 1er juillet

TEGUCIGALPA — Le Honduras a lancé mardi un mandat d’arrêt contre le président déchu Manuel Zelaya, au moment même où ce dernier recevait un soutien international unanime à la tribune des Nations unies.
M. Zelaya, renversé dans un coup d’Etat dimanche, sera arrêté “immédiatement” s’il revient au pays, où il est notamment poursuivi pour dix-huit crimes dont “haute trahison”, “corruption” et “usurpation de fonctions”, a déclaré le procureur général, Luis Alberto Rubi.
Au pouvoir depuis 2006, le président hondurien a été destitué pour avoir tenté d’organiser une consultation populaire ouvrant la voie à une possible réélection, un scrutin jugé illégal par la Cour suprême.
Depuis son exil, il a annoncé son intention de revenir jeudi achever son mandat au Honduras, avec une délégation de l’Organisation des Etats Américains (OEA) accompagnée par la présidente argentine Cristina Kirchner.
A New York, l’assemblée générale de l’ONU a réitéré, en sa présence, dans une résolution adoptée par acclamation, sa condamnation du “coup d’Etat dans la République du Honduras” et exigé son retour au pouvoir.
M. Zelaya a souligné qu’il refuserait d’assumer un second mandat dans son pays si on le lui demandait. “Je vais assumer mon mandat jusqu’au 27 janvier” 2010, a déclaré le dirigeant, élu pour un seul mandat de quatre ans.
Attendu mercredi à Washington, il devrait “probablement” rencontrer des responsables du département d’Etat américain, mais aucun entretien avec le président Barack Obama n’est prévu, a indiqué la Maison Blanche.
Les Etats-Unis ont toujours des installations militaires au Honduras, un pays pauvre de 7,5 millions d’habitants, utilisé comme base contre la guérilla en Amérique centrale dans les années 80.
Cependant à Tegucigalpa, des milliers de manifestants anti-Zelaya exprimaient leur soutien au nouveau gouvernement, tandis qu’une contre-manifestation de ses fidèles, “plus de 10.000″ selon un de leurs représentants, se dirigeait vers le centre de la capitale.
Désigné par intérim à la tête de l’Etat, l’ex-président du Congrès, Roberto Micheletti, a remercié “les Honduriens courageux” qui défendent “la démocratie, la paix et la tranquillité dans ce pays”, dans un discours sur la place centrale de la ville.
“Ce n’est pas un coup d’Etat”, et “Zelaya, ne reviens pas”, ont crié ses partisans.
La veille, des affrontements entre partisans du président évincé et l’armée avaient fait des blessés devant le palais présidentiel, 18 chez les militaires, selon l’armée, et 276 parmi les manifestants, selon leurs organisations.
M. Micheletti, qui bénéficie du soutien de la majorité de la classe politique et des médias, des chefs d’entreprise et d’une partie de la population, a répété qu’il n’y avait “pas eu de coup d’Etat”.
Dans un entretien à la radio colombienne Caracol, il a aussi confirmé le mandat d’arrêt contre le président déchu. “Les tribunaux de mon pays ont ordonné son arrestation car il a violé les lois”, a-t-il dit.
Le net virage à gauche de M. Zelaya après son élection comme candidat de droite a hérissé une frange de la société hondurienne conservatrice. Avant la résolution de l’ONU, en sa faveur, M. Zelaya avait d’ailleurs déjà obtenu un appui sans faille de ses alliés “gauchistes” de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Venezuela, Cuba, Nicaragua, Bolivie ou encore Equateur), qui ont rappelé leurs ambassadeurs.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a aussi jugé mardi “urgent et nécessaire” pour les pays de l’UE de rappeler en consultations leurs ambassadeurs au Honduras.
AFP

TEGUCIGALPA – Les dirigeants de gauche d’Amérique latine, réunis à Managua au Nicaragua, appellent les militaires putschistes à rétablir dans ses fonctions le président du Honduras Manuel Zelaya, renversé la veille par un coup d’Etat.
Le groupe, présidé par le Vénézuélien Hugo Chavez et composé de plusieurs présidents de gauche, comme l’Equatorien Rafael Correa ou le Nicaraguayen Daniel Ortega, ont annoncé qu’ils allaient retirer leurs ambassadeurs en poste à Tegucigalpa.
Le coup d’Etat, le premier en Amérique latine depuis la fin de la Guerre froide, a pris une dimension internationale lundi, les présidents de la région faisant front autour du socialiste Zelaya, un proche de La Havane de et Caracas.
Les Etats-Unis continuent de suivre l’évolution de la situation avec attention et la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a précisé que Washington faisait du rétablissement de l’ordre démocratique au Honduras une priorité absolue.
“Les Etats-Unis travaillent avec leurs partenaires de l’OEA (Organisation des Etats américains) pour dégager un puissant consensus condamnant l’expulsion du président Zelaya et pour appeler au rétablissement complet de l’ordre démocratique au Honduras”, a dit Clinton.
L’Union européenne, l’Onu et l’OEA ont toutes condamné le renversement de Manuel Zelaya.
“Nous n’autoriserons pas un retour au passé”, a déclaré Hugo Chavez qui a placé les troupes vénézuéliennes en alerte au cas où le Honduras menacerait l’ambassade du Venezuela. Cuba a condamné un putsch “criminel et brutal”.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a également refusé de reconnaître la nouvelle donne. “Nous ne pouvons pas accepter ni reconnaître un autre gouvernement que celui du président Zelaya”, a-t-il dit.
Manuel Zelaya, qui a rejoint le sommet des dirigeants sud-américains dans la capitale du Nicaragua, a été invité à se rendre “aussitôt que possible” devant l’assemblée générale des Nations unies.
GRENADES LACRYMOGÈNES À TEGUCIGALPA
A Tegucigalpa, l’armée et la police anti-émeutes ont pris position autour du palais présidentiel devant lequel se sont rassemblées lundi quelque 1.500 personnes pour protester contre le coup d’Etat.
Plusieurs manifestants, portant des masques et armés de bâtons, ont provoqué les forces de l’ordre et brûlé des pneus devant les grilles du palais. Dans l’après-midi, les forces de sécurité sont intervenues à coups de grenade lacrymogènes.
La veille, des coups de feu, apparemment tirés en l’air, avaient éclaté alors que 200 personnes bravaient le couvre-feu décrété par les militaires.
La plupart des habitants de Tegucigalpa se sont toutefois enfermés chez eux par crainte de violence, après avoir envahi les magasins pour se ravitailler en vivres.
De son exil, le président déchu a appelé les Honduriens à la résistance pacifique face aux putschistes.
UN TEST POUR OBAMA
La crise couvait depuis des jours au Honduras, où Manuel Zelaya avait destitué le chef d’état-major, le général Romeo Vasquez, parce que ce dernier refusait de l’aider à organiser un référendum, dimanche, sur une modification de la Constitution visant à lui permettre de briguer un second mandat de quatre ans.
La Cour suprême du Honduras s’était prononcée contre le limogeage du général Vasquez et avait demandé au chef de l’Etat, au pouvoir depuis 2006, de le rétablir dans ses fonctions. Elle a indiqué avoir elle-même demandé à l’armée de l’évincer en raison de son intention d’organiser un référendum “illégal”.
Manuel Zelaya a été arrêté dimanche à l’aube par des militaires qui l’ont envoyé au Costa Rica. Sous bonne garde des soldats postés devant le parlement, les députés du Honduras ont ensuite nommé à main levée le président du Congrès, Roberto Micheletti, au poste de chef de l’Etat.
Ce dernier a décrété un couvre-feu nocturne pour dimanche et lundi et déclaré qu’aucun dirigeant étranger, “que ce soit Barack Obama ou, encore moins, Hugo Chavez, n’a le droit de venir menacer le Honduras”.
Le coup de force de Tegucigalpa constitue le premier test sud-américain de Barack Obama, déterminé à renouer avec les pays de la région un dialogue mis à mal par les années Bush.
“C’est une occasion en or (pour Obama) de rompre avec le passé et de montrer qu’il se range sans équivoque dans le camp de la démocratie, même si les gens de Washington n’apprécient guère l’homme (Zelaya)”, juge l’ancien vice-président du Costa Rica Kevin Casas-Zamora.
Les Etats-Unis disposent au Honduras de 600 militaires stationnés à la base aérienne de Soto Cano.
Ce pays de sept millions d’habitants, ancien allié des Etats-Unis pour combattre les gouvernements marxistes d’Amérique centrale, a connu la stabilité politique depuis la chute du régime militaire au début des années 1980.
L’Express.fr
Zelaya déclare qu’il retournera au Honduras jeudi
MANAGUA – Le président hondurien déchu Manuel Zelaya a déclaré depuis Managua qu’il reviendrait dans son pays jeudi après une escale à New York mardi pour défendre sa cause devant l’Assemblée générale des Nations unies.
“Je vais à Tegucigalpa jeudi. J’y vais comme président élu, j’effectuerai mon mandat de quatre années”, a ajouté M. Zelaya lundi devant les responsables du Groupe de Rio réunis dans la capitale nicaraguayenne.
Lundi, au lendemain d’un coup d’Etat militaire contre le président Zelaya qui, en exil, a obtenu un soutien très ferme des Etats-Unis et de toute l’Amérique latine, la situation s’est dégradée au Honduras où de violents heurts ont éclaté lundi, faisant plusieurs blessés.
Les affrontements ont opposé les partisans du chef d’Etat déchu, expulsé manu militari du pays dimanche, à des soldats qui gardaient l’accès au palais présidentiel à Tegucigalpa.
AFP
Obama: le renversement du président du Honduras “n’est pas légal”
Barack Obama a déclaré lundi que le renversement de Manuel Zelaya au Honduras ce week-end n’était “pas légal” et qu’il demeurait le président de ce pays.
Le président américain s’est exprimé devant des journalistes à la Maison Blanche après avoir rencontré son homologue colombien Alvaro Uribe. Il a souligné qu’il souhaitait être très clair sur le fait que Manuel Zelaya était le président démocratiquement élu du Honduras.
Le chef de la Maison Blanche a promis que les Etats-Unis étaient “au côté de la démocratie” et oeuvreraient avec d’autres pays et des instances internationales pour régler cette affaire de façon pacifique.
AP
Articles du 28 juin 2009

Honduras: le “président désigné” décrète un couvre-feu de 48 heures
TEGUCIGALPA – Un couvre-feu de 48 heures devait commencer dimanche soir au Honduras, a annoncé Roberto Micheletti, le président du Congrès désigné par ses pairs pour succéder au président Manuel Zelaya, déposé dans la matinée par les militaires et expulsé au Costa Rica.
“Le couvre-feu commence aujourd’hui et se terminera mardi”, a déclaré M. Micheletti lors de sa première conférence de presse après sa désignation.
La mesure entre en vigueur à 21H00 (0Hh00 GMT lundi), a-t-il précisé.
L’armée n’a pas commis de “coup d’Etat”, a-t-il déclaré, soulignant que les militaires s’étaient limités à “exécuter une décision de justice”, prononcée parce que M. Zelaya “enfreignait les lois du pays”.
Des militaires ont arrêté à l’aube, puis conduit de force au Costa Rica le président Zelaya, qui était sur le point d’organiser ce dimanche une consultation populaire pour obtenir un deuxième mandat dans ce petit pays d’Amérique centrale.
Son arrestation a été ordonnée par la justice, a annoncé la Cour suprême du Honduras, qui a jugé illégale la consultation qu’il tentait de mettre en oeuvre.
M. Zelaya avait été élu pour un mandat de quatre ans non renouvelable fin 2005.
Sa destitution par les militaires a soulevé une vague de réprobation à traves le monde. L’assemblée générale des Nations unies se réunira en urgence lundi pour examiner la situation politique au Honduras, et le secrétaire de l’ONU, Ban Ki-Moon, a d’ores et déjà demandé que le président Zelaya soit rétabli dans ses fonctions.
AFP
Les USA ne reconnaissent que Manuel Zelaya comme président du Honduras
Le président renversé Manuel Zelaya est le seul président constitutionnel du Honduras reconnu par les Etats-Unis, a déclaré dimanche un responsable du gouvernement américain.
“Nous reconnaissons Zelaya comme étant le président constitutionnel régulièrement élu du Honduras. Nous n’en voyons pas d’autre”, a déclaré devant la presse ce responsable qui a requis l’anonymat.
“Il s’est agi d’une tentative de coup d’Etat, elle n’a pas réussi”, a-t-il ajouté, sans autres précisions.
Le président du Congrès du Honduras Roberto Micheletti a été désigné dimanche par le parlement nouveau chef de l’Etat de ce pays d’Amérique centrale, en remplacement de Manuel Zelaya, arrêté et expulsé au Costa Rica par les militaires.
Le parlement a décidé à l’unanimité de “désavouer” M. Zelaya, en raison de “sa conduite manifestement irrégulière”, de ses “violations répétées de la Constitution et des lois” et de son “non-respect des résolutions et décisions des organes institutionnels”.
Manuel Zelaya a déclaré dimanche de San José qu’il se considérait toujours président du Honduras, démentant catégoriquement avoir démissionné, contrairement à ce qu’avait affirmé précédemment le secrétaire du Congrès.
Elu pour un mandat de quatre ans non renouvelable, M. Zelaya avait convoqué ce dimanche une consultation populaire, jugée illégale par la Cour sSuprême, pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution lui permettant de briguer un deuxième mandat le 29 novembre.
Le Parisien.fr
Honduras: Ban demande que le président Zelaya soit rétabli dans ses fonctions
NEW YORK (Nations unies) – Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a demandé que le président du Honduras Manuel Zelaya soit rétabli dans ses fonctions et que les droits de l’homme soient totalement respectés, a annoncé dimanche son service de presse.
“Le secrétaire général (…) exprime son ferme soutien aux institutions démocratiques du pays et condamne l’arrestation aujourd’hui du président de la République”, indique un communiqué de l’ONU.
M. Ban demande “le rétablissement des représentants démocratiquement élus du pays et le respect des droits de l’homme, y compris des garanties pour la sécurité du président Zelaya, des membres de sa famille et son gouvernement”.
Des militaires agissant sur ordre de la justice ont arrêté dimanche matin puis expulsé au Costa Rica le président du Honduras, Manuel Zelaya, qui était sur le point d’organiser une consultation populaire jugée illégale par la Cour suprême de ce pays d’Amérique centrale.
Huit de ses ministres ont aussi été arrêtés par les forces armées.
Le président du Congrès, Roberto Micheletti, a été désigné quelques heures plus tard nouveau chef de l’Etat du Honduras par le parlement.
AFP
Réunion d’urgence des Nations unies lundi sur la situation au Honduras
NEW YORK (Nations unies) – L’assemblée générale des Nations unies se réunira en urgence lundi pour examiner la situation politique au Honduras où le président Manuel Zelaya a été renversé et exilé, a annoncé dimanche un porte-parole de l’ONU.
Le président de l’Assemblée générale, le Nicaraguayen Miguel d’Escoto, a programmé la réunion à midi (16H00 GMT), à la demande de l’ambassadeur du Honduras à l’ONU, Jorge Reina Idiaquez, a précisé à l’AFP son porte-parole, Enrique Yeves.
Dimanche soir, M. d’Escoto a fermement condamné l’arrestation puis l’expulsion par des militaires du président hondurien Manuel Zelaya.
De son côté, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a demandé que le président Zelaya soit rétabli dans ses fonctions et que les droits de l’homme soient totalement respectés au Honduras.
Des militaires agissant sur ordre de la justice ont arrêté dimanche matin puis expulsé au Costa Rica le président du Honduras, Manuel Zelaya, qui était sur le point d’organiser une consultation populaire jugée illégale par la Cour suprême de ce pays d’Amérique Centrale.
Le président du Congrès, Roberto Micheletti, a été désigné quelques heures plus tard nouveau chef de l’Etat du Honduras par le parlement.
AFP
Incidents au Honduras entre partisans de Zelaya et policiers
TEGUCIGALPA – Des incidents ont éclaté mercredi à Tegucigalpa, la capitale du Honduras, entre partisans du président déchu Manuel Zelaya et forces de l’ordre pour la seconde journée d’affilée.Plusieurs milliers de manifestants s’étaient rassemblés à proximité du Congrès pour soutenir le chef de l’Etat, arrêté et expulsé par l’armée le 28 juin dernier.
Les forces de sécurité ont eu recours au gaz lacrymogène pour les disperser. Des pierres ont été lancées en retour par les manifestants.
Des incidents se sont également produits dans la ville industrielle de San Pedro Sula, dans le nord du pays, où la femme de Manuel Zelaya a participé à une manifestation finalement dispersée par la police.
La médiation engagée par le président du Costa Rica, Oscar Arias, entre Zelaya et le gouvernement qui dirige de facto le Honduras n’a pour l’heure guère progressé.
Roberto Micheletti, ancien président du Congrès à la tête du nouveau pouvoir hondurien, exclut que Zelaya soit rétabli dans ses fonctions.
Il a accusé mercredi des “agitateurs étrangers” d’encourager l’agitation dans le pays, tout en promettant de faire respecter les droits des personnes arrêtées.
“Nous devons faire cesser avec fermeté tous les actes criminels pour éviter que des dégâts soient infligés à des petites et moyennes entreprises, ce qui mettrait beaucoup de Honduriens au chômage“, a-t-il dit dans une allocution télévisée.
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