Sarkozy au Mexique – plages et pyramides durant la visite privée

Publié le 07/03/2009 par " Le Grand Journal "

sarko cassez Sarkozy au Mexique   plages et pyramides durant la visite privéePlages, pyramides et déjeuner privé : depuis vendredi, date de leur arrivée au Mexique, Nicolas et Carla Sarkozy profitent des charmes de la station balnéaire de Manzanillo. Ce court séjour s’est déroulé “à l’invitation du président Calderon” affirme l’Elysée. Dès lundi, la visite d’Etat débutera.

Avant la visite d’Etat, un peu de tourisme. Alors que le président de la République entame, lundi, une visite d’Etat au Mexique, Nicolas et Carla Sarkozy ont profité, depuis vendredi, des charmes des plages mexicaines. Plus précisément, c’est dans la station balnéaire de Manzanillo, un rendez-vous touristique très couru au bord du Pacifique, qu’ils ont séjourné le temps d’un court “séjour privé”. Selon l’Elysée, ce séjour s’effectue “à l’invitation du président Calderon”.

Le séjour se déroule sous haute protection : des éléments de l’armée mexicaine maintenaient une présence discrète aux alentours du luxueux complexe du Tamarindo, dans une réserve naturelle dont l’unique accès terrestre est une petite route de rocaille de plusieurs kilomètres. Sur place, la plage de sable doré s’incruste dans une petite baie, dont les abords étaient gardés par deux petits bâtiments de la Marine mexicaine.

Dimanche, Nicolas et Carla Bruni-Sarkozy devaient retrouver le président mexicain Felipe Calderon et son épouse pour un déjeuner “privé”. Ils doivent aborder “l’ensemble des sujets à l’ordre du jour de la visite d’Etat de Nicolas Sarkozy. Le cas de Florence Cassez, cette Française de 34 ans condamnée à une peine de 60 ans d’emprisonnement au Mexique, devait bien évidemment être évoqué, dès cette première rencontre.

Après leur déjeuner, les couples présidentiels mexicains et français doivent visiter, à l’initiative de Felipe Calderon, les fameuses pyramides précolombiennes de la cité de Teotihuacán, dans la vallée de San Juan, au nord-est de Mexico.

Europe1 – (www.legrandjournal.com.mx)

Article du 7 mars 2009

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy se rendent au Mexique pour une courte visite officielle. Initialement consacrée au renforcement de la coopération franco-mexicaine, ce déplacement a pris une tournure fortement diplomatique. Revue des presses françaises et mexicaines.

Rappel des faits :
En 2005, Florence Cassez avait été arrêtée près de Mexico lors d’une descente de police très médiatisée alors qu’elle se trouvait avec son ex-compagnon, accusé de diriger une organisation criminelle. Depuis, la Française ne cesse de dénoncer les irrégularités et les incohérences de son dossier. Nicolas Sarkozy a promis de profiter de son voyage officiel au Mexique pour évoquer ce dossier jugé «extrêmement sensible» par l’Élysée avec son homologue Felipe Calderón.

Le cas Cassez vu de France :
Cela n’aura pas échappé à de nombreux français résidents au Mexique : la presse française  -dans sa grande majorité- a pris fait et cause pour Florence Cassez. Les différents journaux de tous bords ne manquent pas de rappeler les incohérences du dossier.

L’une des attaques les plus virulentes est probablement celle venue du Figaro, qui proposait jeudi 5 mars un titre sans équivoque : « L’arrestation de Florence Cassez aurait été un coup médiatique ».

Le Figaro rappelle que « aucune charge n’existait contre elle dans l’enquête préliminaire menée pendant six mois par l’Agence fédérale d’investigation (AFI) ». Selon l’article, ses ennuis auraient commencé « lorsqu’elle a mis en difficulté le ministre de l’Intérieur mexicain, en direct à la télévision ». 4 jours après ces évènements « les victimes changent de discours et accusent la Française ».

Le Figaro se fait donc l’écho de la théorie d’une vaste machination politique au plus haut niveau de l’État mexicain…

Même son de cloche chez Libération qui titrait Jeudi « Au Mexique, le cri de l’innocence ». Mettant en avant le pathos de cette situation, le reporter de Libération –qui était en compagnie de Florence Cassez lors de la lecture de la sentence- dépeint une personne brisée («Ma vie est foutue»).

L’article décrit ensuite le contexte délétère qui règne à l’époque sur la politique mexicaine : « conspuées par l’opinion publique pour leur incapacité à contenir la vague d’agressions violentes et d’enlèvements contre rançons, les autorités mexicaines cherchent désespérément une arrestation spectaculaire. Florence Cassez est embarquée dans le tas et présentée comme une membre active d’un dangereux groupe de kidnappeurs, la «bande du Zodiac» ».

Libération dresse également le portrait d’une Florence Cassez combattante : « Avec pour seule arme son franc-parler ravageur, elle défie, depuis sa prison, les responsables politiques qui ont mis en scène son arrestation face aux caméras de télévision (…) Par téléphone, elle intervient en direct lors d’un talk-show et humilie l’actuel ministre de la Sécurité publique, Genaro Garcia Luna, présent sur le plateau, en exposant méthodiquement chaque incohérence de son dossier ».

La presse mexicaine peu complaisante envers Florence Cassez.
Comme on pouvait s’y attendre, la presse mexicaine réagit d’une manière très différente…

Tout d’abord il faudra remarquer que, si en France l’affaire fait grand bruit, au Mexique la presse ne montre pas autant d’intérêt pour le cas Cassez: l’information n’apparait que sous forme de dépêches sur beaucoup de sites d’information mexicains.

Et il faudra consulter La Jornada pour un rappel très bref du bidonnage médiatique de l’arrestation.

Dans son article du vendredi 6 mars, « les médias français se font l’écho du cas Florence » El Universal se surprend de la polémique qui agite l’opinion française : « Google donne 415 résultats sur la visite du président français au Mexique, et son lien avec le cas de la française qui purge sur le territoire national une condamnation pour kidnapping (…) Les médias français, ainsi que leurs lecteurs, se sont approprié l’affaire. »

On peut remarquer dans de nombreux articles de la presse mexicaine un ton nettement  vindicatif. Par exemple El Informador évoque une lettre d’Isabel Wallace -représentante d’une association de victimes- demandant au président Calderón de ne permettre « aucune sorte de pression concernant le cas de Florence Cassez Crepin, même si elle vient du président français, Nicolas Sarkozy ».

Selon cette lettre, il y a « des évidences » sur la culpabilité de Florence Cassez, et « les délinquants doivent savoir qu’ils ne peuvent pas violer la loi sans recevoir une punition ».

El Universal  publie également un témoignage très fort, celui de Cristina Ríos, l’une des trois otages de la bande du Zodiaque : « Florence Cassez, la femme dont j’ai écouté la voix à d’innombrables occasions durant ma captivité, la même voix d’origine française qui me déchire aujourd’hui les oreilles, la même voix que mon fils reconnait comme celle de la femme qui lui à tiré du sang pour l’envoyer à mon époux, avec une oreille supposée lui appartenir  ».

La visite de Sarkozy,  officiellement consacrée au renforcement de la coopération franco-mexicaine.

On pourrait avoir tendance à l’oublier, mais comme le titre la dépêche de l’agence Reuters : « Sarkozy veut faire décoller les liens économiques France-Mexique ».

En effet, la France n’est « que le quatrième partenaire commercial européen » du Mexique.

« Un groupe de dirigeants d’entreprises des deux pays, au nombre desquels figurent GDF Suez, Lafarge, Schneider Electric, Danone, Saint-Gobain ou Safran côté français, a planché sur les moyens de remédier à cette situation et devrait présenter ses conclusions lundi en marge de la visite de Nicolas Sarkozy » signale Reuters.

D’autre part, côté politique, deux déclarations communes devraient être signées par le chef de l’Etat français et son homologue mexicain : « L’une validera une approche commune pour le prochain sommet du G20 de Londres qui vise à réformer en profondeur la supervision des marchés financiers mondiaux et de leurs acteurs (…)  L’autre entérinera la grande proximité de vues entre Paris et Mexico sur des sujets comme le “G13″, à savoir l’ouverture du G8 aux grands pays émergents comme le Mexique, et leur volonté de travailler main dans la main dans les grandes négociations internationales.».

Enfin, L’Elysée à déclaré : “Nous souhaitons également préparer ensemble la négociation sur le climat”. Une opportunité à saisir car: « le Mexique n’insiste pas pour faire porter les efforts en la matière sur le seul monde développé. »

Nicolas Quiron – (www.legrandjournal.com.mx)

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Il y a 2 commentaires sur l'article “Sarkozy au Mexique – plages et pyramides durant la visite privée”

Par vincentmtyNo Gravatar Mac OS X Unknow:

Très bel Edito qui reflète très bien ma pensée au sujet de l’affaire Florence Cassez.
J’habite au Mexique, la “justice” mexicaine, on la voit à l’oeuvre tous les jours.

Par laurent sucNo Gravatar Windows XP Internet Explorer 7.0:

dommage que les mexicains ne se passionnent pas pour l affaire colonna il pourrait aussi decouvrir la “justice” francaise a l oeuvre , donc pas de lecon a donner .

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