Sarkozy propose un référendum sur l’autonomie de la Martinique
Publié le 26/06/2009 par " Le Grand Journal "
Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi qu’il avait “l’intention de consulter les Martiniquais” sur l’autonomie de l’île, comme la Constitution l’y autorise. “Les Martiniquais seront libres de choisir en leur âme et conscience le chemin qu’ils souhaitent emprunter”, a-t-il promis au moment de baptiser l’aéroport du Lamentin du nom du poète Aimé Césaire, décédé le 17 avril 2008.
“Le débat posé n’est pas celui de l’indépendance, mais bien celui du juste statut de l’autonomie. La Martinique est Française et le restera”, a-t-il précisé, dans un discours très attendu par les élus et qui a été applaudi.
Le chef de l’Etat n’a pas dévoilé de calendrier précis pour les futurs rendez-vous en ce sens, se contentant de promettre de reprendre contact “bientôt” avec les élus.
Il a néanmoins prévenu que les changements demandés allaient nécessiter “du courage, des efforts, un esprit de responsabilité et une capacité d’imagination”, à la fois des élus martiniquais mais aussi de l’Etat.
“Plus une collectivité demande de l’autonomie, moins l’Etat aura de prise (…) Il faudra certes davantage d’autonomie pour vos élus, mais aussi davantage d’autonomie pour le représentant de l’Etat sur le territoire martiniquais”, a-t-il posé comme préalable à toute évolution.
La semaine dernière, les élus martiniquais se sont très largement prononcés en faveur d’un changement de statut et d’une collectivité autonome. Un changement possible, d’après la Constitution, une fois la population consultée par référendum. L’instauration d’une collectivité unique en Guadeloupe et Martinique avait été repoussée, respectivement à 72,98% et 50,48%, lors d’un référendum le 7 décembre 2003.
La Constitution prévoit de même des passerelles d’une catégorie à l’autre, pour tout ou partie d’une collectivité. Ainsi, les cas de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, dépendances de la Guadeloupe, qui ont choisi de se séparer de la Guadeloupe le 7 décembre 2003 et de devenir chacune une collectivité d’outre-mer.
Jeudi, Nicolas Sarkozy avait déjà jugé qu’il serait “incompréhensible” de défendre “le statu quo”. Il a précisé sa pensée sur la question institutionnelle juste avant de quitter la Martinique pour la Guadeloupe, où il devrait rester jusqu’à samedi.
Le Parti socialiste a rappelé vendredi soir qu’il était, par principe, “favorable à l’autonomie des régions d’outremer qui le souhaiteraient et respectueuse des autres aspirations comme à la Réunion”. Prenant acte de l’annonce de Nicolas Sarkozy, le PS souligne dans un communiqué “que la réussite d’un tel processus suppose qu’à la différence des référendums de 2003, la consultation soit claire et loyale, et qu’en tout état de cause, le dernier mot devra revenir à la population”.
Le PS rappelle enfin “l’urgence d’apporter des réponses immédiates à la grave crise économique et sociale que connaissent les Antilles, la question institutionnelle, pour importante qu’elle soit, ne devant pas être le prétexte pour l’exécutif de renier ses engagements”.
AP – nouvelobs.com – (www.legrandjournal.com.mx)
En Guadeloupe, Sarkozy ferme sur l’ordre républicain
A Petit-Bourg, en Guadeloupe, suite de son voyage aux Antilles, le président de la République s’est montré ferme sur l’ordre républicain, tout en appelant au dialogue.
Nicolas Sarkozy a adressé, vendredi un rappel à “l’ordre républicain” à ceux qui, en Guadeloupe, utilisent le droit de grève “comme un instrument de propagande et de déstabilisation politique” et il a appelé tous les acteurs de l’île au dialogue.
“Je serai très ferme sur le respect des principes républicains en Guadeloupe (…) le droit de grève est un droit légitime, mais il ne peut pas être utilisé comme un instrument de propagande et de déstabilisation politique”, a déclaré Nicolas Sarkozy lors d’une réunion des Etats généraux de l’Outre-mer, à Petit-Bourg.
“Je vous le dis tout net, je ne suis pas prêt à accepter l’inacceptable, ni en Guadeloupe, ni sur aucun centimètre carré de la République française”, a insisté le chef de l’Etat, en visant sans le nommer le collectif guadeloupéen LKP, fer de lance de la crise sociale de l’hiver.
Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois déploré le refus du LKP et de son emblématique porte-parole Elie Domota de participer aux Etats généraux de l’Outre-mer lancés en avril par le gouvernement. “Comment justifier qu’on a tellement de convictions qu’on est pas prêt à les confronter aux autres Guadeloupéens (…) si quelqu’un a des choses à dire, qu’il vienne le dire !” s’est-il exclamé.
Le Président a aussi déploré le discours de ceux qui mettent en cause certains “citoyens en raison de leur origine”. “On ne répond pas au racisme en créant les conditions d’un autre racisme”, a-t-il estimé.
Malgré cette charge, le président a invité tous les acteurs du pays, y compris les syndicats, à participer au dialogue. “Maintenant, il est temps de regarder plus loin et de bâtir (…) Je souhaite tendre la main à tous ceux qui se sont mobilisés pendant le mouvement social, y compris les syndicats”, a-t-il indiqué, “participez à la construction de cette nouvelle France (…) vous ne serez pas déçus”.
A ceux enfin qui lui reprochaient la brièveté de son passage en Guadeloupe (sept heures), Nicolas Sarkozy a plaidé pour l’efficacité. “Serrer les mains n’est pas le plus difficile. Ce qu’on attend de moi, c’est des décisions”, a-t-il argumenté. Avant de mettre en cause ceux de ces prédécesseurs qui venaient aux Antilles pour “prendre un petit coup d’exotisme”.
AFP -(www.legrandjournal.com.mx)
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