Airbus A310 – les boîtes noires localisées (Dossier)

Publié le 05/07/2009 par " Le Grand Journal "

comores2 300x186 Airbus A310   les boîtes noires localisées (Dossier)Six jours après le crash de l’Airbus A310 de la compagnie Yemenia aux larges des Comores, le signal des boîtes noires a été détecté par les enquêteurs du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA), a annoncé dimanche l’enquêteur principal comorien Ali Abdou Mohamed.

Ces enregistreurs de bord sont déterminants pour connaître les causes du crash.

«Le BEA confirme que le signal des deux balises acoustiques a été repéré ce matin (ndlr. dimanche) dans le cadre des recherches sous-marines entreprises pour localiser les enregistreurs de bord du vol IY 626», indique le bureau français dans un communiqué.

L’épave serait à 500 ou 600 mètres de profondeur

Le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACM), Abdou Saïd Madi, a indiqué depuis Moroni que les boîtes se trouvent de 10 à 12 km de la plage de Mitsamiouli. Selon lui, l’épave pourrait se trouver «dans les 5 ou 600 mètres de profondeur», ce qui laisse penser qu’un sous-marin sera nécessaire pour accéder à l’épave. «Pour la suite nous demandons aux pays étrangers de venir nous aider à faire sortir l’avion de la mer», a-t-il dit. Les recherches dépendent largement de la profondeur des fonds marins au large de archipel des Comores -environ 2.000 mètres dans cette zone – et de leur relief, volcanique à cet endroit.

Les balises des deux boîtes noires d’un avion émettent sous l’eau un signal (1 bip/seconde à 37,5 kHz) pendant au moins 30 jours, qui facilite leur localisation. Ces deux balises ont la taille d’un gros tube d’aspirine et sont reliées aux boîtes noires. L’analyse des boîtes noires permet en effet dans 90% des cas de déterminer les causes d’un accident, selon Robert Galan, pilote et expert auprès des tribunaux français.

L’enquête technique est menée par l’ANACM des Comores, avec la participation de son homologue du Yémen, du BEA, du Bureau américain de la sécurité des transports (NTSB), des conseillers de Yemenia, d’Airbus et du motoriste américain Pratt et Whitney.

Deux enregistreurs aux fonctions différentes

Les deux boîtes noires, en réalité de couleur orange, ont des fonctions bien distinctes. Long de 48 cm, haut de 15 cm et large de 12 cm, le DFDR (digital flight data recorder) contient l’enregistrement seconde par seconde sous forme numérique de tous les paramètres de vol de l’avion (vitesse, altitude, trajectoire…). De taille un peu plus réduite, le CVR (cockpit voice recorder), l’enregistreur de vol «phonique», comprend les conversations mais aussi tous les sons et annonces entendus dans le cockpit.

La mémoire proprement dite est protégée par un boîtier blindé qui peut résister à une immersion d’un mois à 6.000 mètres de profondeur, à un incendie d’une heure à 1.100 degrés centigrades ou à des forces d’écrasement d’environ 2,2 tonnes.

L’appareil de Yemenia s’est abîmé peu avant son atterrissage à Moroni, avec 153 personnes à bord. Un seul passager, une adolescente de 12 ans, a survécu.

Leparisien.fr – (www.legrandjournal.com.mx)

Article du 3 juillet 2009

Depuis la catastrophe du vol Yemenia qui a fait 152 victimes, la France est mise en accusation par le gouvernement de Moroni et la communauté comorienne immigrée, qui crie sa douleur, son sentiment d’injustice et de discrimination.

Quelque 130.000 Comoriens ou Franco-Comoriens vivent en France, dont 70.000 à Marseille (sud-est), soit davantage que dans la capitale comorienne, Moroni.

Les jeunes Comoriens de France manifestent leur colère face aux conditions des vols entre la France et l’archipel de l’océan indien, mais aussi face à l’attitude des autorités françaises depuis l’accident de l’Airbus A310 dans la nuit de lundi à mardi.

Ils ont bloqué à Paris et à Marseille l’enregistrement de vols de la compagnie yéménite Yemenia à destination de Moroni, la poussant jeudi à suspendre ses liaisons au départ de Marseille.

“Nous considérons que l’effort de la France est important” et qu’il “est très semblable à celui pour la disparition du vol Rio-Paris”, a répondu ven

dredi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Eric Chevallier.

“Il y a un travail de soutien aux familles concernées et nous considérons que la mobilisation de la France est forte”, a-t-il précisé.

“Je suis en colère”, crie Bacar Soilihi, Français d’origine comorienne et collaborateur d’un député socialiste de la région parisienne, Daniel Goldberg. “Plusieurs fois, nous avons demandé des rendez-vous à des responsables français. Ils ne nous ont jamais répondu et aujourd’hui ils viennent nous dire qu’ils connaissaient les problèmes. C’est révoltant”, dit-il à l’AFP.

Dès mardi, le secrétaire d’Etat français aux Transports Dominique Bussereau avait indiqué que Paris avait exclu de ses aéroports l’Airbus A310 accidenté à cause d’”un certain nombre d’irrégularités dans ses équipements”.

Car les passagers du vol A310, dont 66 Français, n’étaient montés dans l’”avion poubelle” qu’à Sanaa, pour la seconde partie de leur trajet vers Djibouti et Moroni. Pour la première partie du voyage, entre Paris, Marseille et Sanaa, ils avaient embarqué dans un Airbus A330 répondant aux normes européennes.

“Quelle est cette discrimination entre les Français qui doivent être protégés et les Français qu’on laisse voler dans ce genre d’avion?”, s’était agacé le vice-président des Comores Idi Nadhoim, reprochant à Paris de ne pas avoir informé Moroni de l’état de l’appareil.

Ces vols de la Yemenia sont empruntés par des familles comoriennes qui rentrent au pays pour les vacances. L’association “SOS voyage aux Comores” a dénoncé les conditions déplorables de vols entre Sanaa et Moroni, assurés selon elle par “des compagnies poubelles”.

La communauté comorienne est aussi blessée par ce qu’elle perçoit comme une inégalité de traitement entre les familles des victimes du vol Rio-Paris, accidenté le 1er juin, et celles du vol Yemenia.

Comme pour le Rio-Paris, une ambassadrice française a été nommée vendredi par le président Nicolas Sarkozy pour assister les familles. Christine Robichon étudiera en particulier la possibilité d’affréter un avion pour emmener les familles près du lieu du drame, ce qui est l’une de leurs principales requêtes.

Le président Nicolas Sarkozy a aussi annoncé qu’il recevrait la semaine prochaine les représentants des familles. Il avait assisté jeudi soir à la Grande Mosquée de Paris à une cérémonie en mémoire des victimes.

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) estime que le phénomène des “avions-poubelles” entre la France et l’Afrique est “au coeur de la question des discriminations”. “Dès lors que vous n’avez pas le look majoritaire, avez-vous le droit de crever?”, a-t-il interrogé.

AFP – (www.legrandjournal.com.mx)

comores1 300x191 Airbus A310   les boîtes noires localisées (Dossier)Article du  Juillet 2009

La communauté comorienne n’en finit pas de fulminer contre les « cercueils volants » rendus responsables de la catastrophe survenue dans la nuit de lundi à mardi. Paroles de passagers partagés entre indignation et émotion.

Au lendemain de la catastrophe aérienne de l’A310 de la compagnie Yemenia comptant 153 personnes à son bord, la colère et l’émotion sont encore vives dans la communauté comorienne installée en France. Illustration de cette rancœur palpable : quelque 200 manifestants ont bloqué, jeudi vers midi, à l’aéroport de Marseille-Marignane les accès à l’enregistrement d’un vol de Yemenia, la compagnie yéménite à laquelle appartenait l’avion qui s’est écrasé dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin.

La tension est encore montée d’un cran lorsqu’une petite poignée de manifestants, remontés à bloc, s’en est violemment prise à une journaliste vidéo de l’Agence France-Presse (AFP), l’abreuvant de coups et jetant son matériel sous le prétexte qu’ils ne souhaitaient pas être filmés. Cette brutale prise à partie a rapidement été stoppée par d’autres manifestants, soucieux de ne pas ajouter l’absurde à la tristesse. « L’émotion est légitime, mais on ne peut pas être d’accord avec ce geste », a réagi Chamoux Saydi, l’un des organisateurs de la manifestation. « Nous, on veut que l’Etat français, l’Etat comorien et la compagnie Yemenia se mettent d’accord pour arrêter le massacre », a insisté ce porte-parole improvisé.

Décidés à se faire entendre des autorités, ces membres de la communauté comorienne avaient investi l’aéroport dès le début de la matinée, dans une atmosphère tendue. Sitôt arrivés, ils ont empêché tout enregistrement pour le vol Yemenia à destination de Moroni, censé décoller à 18 heures de Marseille.

« Blocus sévère »

Tout aussi rapidement, des barrières ont été dressées devant les guichets de la compagnie yéménite, CRS inclus. C’est alors que, spontanément, des femmes en tenue traditionnelle, se tenant par la main, ont formé une chaîne en signe de protestation pacifique. « Nous menons un blocus sévère avec une ligne dure : tant que Nicolas Sarkozy et que la République française n’affréteront pas un avion, nous resterons là, a justifié Nassurdin Hadara, un manifestant. Nous avons une pensée pour les victimes. Nous essayons d’éviter une autre catastrophe. »

Tandis qu’une personne essayant de faire accéder des passagers aux guichets était violemment expulsée du hall de l’aéroport par la foule. Quelques mètres plus loin, Ahamada Bacar, attendant de pouvoir embarquer, semblait déplorer ce mouvement de fureur. « Je n’ai pas le choix, l’avion qui s’est écrasé a eu des soucis, mais ce n’est pas la solution de boycotter, il faut s’arranger avec la compagnie », a-t-il soupiré, devant sa femme et ses enfants, silencieux, partagés entre le désir de partir en vacances et le deuil ayant frappé plusieurs familles de la communauté.

« Pas honnête… »

A plusieurs milliers de kilomètres de la cité phocéenne, le premier vol Paris-Moroni depuis la catastrophe a atterri à 4 h 15, heure française. Même sentiment de colère. Vive. Tout juste débarqués, les passagers, émus, fustigent les « cercueils volants » de la compagnie yéménite. Ils confient leur traumatisme après la perte d’un proche dans l’accident. Un homme d’âge mûr, coiffé du chapeau traditionnel, portant une djellaba blanche, couleur du deuil, est submergé par l’émotion.

« Mon beau-frère est décédé dans le crash, c’est moi qui l’avais déposé, lundi, au départ du vol de Paris », souffle-t-il, les yeux rougis fixés sur le tapis roulant des bagages. Pourquoi avoir pris ce vol ? « Je n’avais pas le choix, je dois participer aux funérailles, et sur les autres compagnies c’est surchargé. Mais prendre un cercueil volant, ça fait toujours peur », susurre-t-il, entre deux sanglots. Costume noir, un autre voyageur, les sourcils en circonflexe, prend le relais. « C’est un accident auquel on s’attendait : ça fait des années que la diaspora dénonce le mauvais entretien de cet avion entre le Yémen et les Comores. » Un silence. Les larmes affleurent. « J’ai perdu ma nièce dans le crash, elle venait célébrer son mariage le 2 août, c’est terrible. »

Dans la salle des arrivées, un étrange calme domine. La tristesse n’est cependant pas loin. Elle ne met guère longtemps à poindre. Un homme évoque sa sœur et deux petits neveux disparus dans le crash. Il est venu accueillir son beau-frère afin de s’enquérir des opérations de recherche. « On a perdu tout espoir, ça fait plus de quarante-huit heures maintenant », finit-il par lâcher, avant de lancer, l’amertume dans la voix : « Pourquoi y a-t-il des avions destinés à l’Occident et d’autres pour les pays du tiers-monde ? C’est pas honnête… »

France Soir.fr – (www.lerandjournal.com.mx)

Article du 30 juin 2009

Le père de l’unique rescapée témoigne

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Une frêle adolescente de 13 ans, Bahia Bakari, fait figure de miraculée. A l’heure actuelle, elle est la seule survivante du crash de l’Airbus A310 de la compagnie Yemenia au large des Comores. Son père témoigne.

Malgré la violence de la chute de l’Airbus A310, elle est sortie légèrement blessée de l’accident, victime d’une fracture de la clavicule et de brûlures au genou, après avoir passé plusieurs heures dans l’eau, agrippée à un des débris de l’appareil. « Elle n’a rien senti », explique son père Kassim Bakari sur RTL. « Elle s’est retrouvée dans l’eau et elle a entendu des gens parler. Elle ne voyait personne dans la nuit. Elle m’a dit qu’elle avait été éjectée », raconte-t-il.

« C’est une fille très très timide. Je n’aurais jamais pensé qu’elle allait s’en sortir comme ça. Je ne peux pas dire que c’est un miracle, je peux dire que c’est le bon Dieu qui l’a voulu », a estimé Kassim. « J’ai envie de la revoir, parce que j’imagine qu’à cette heure-ci elle se trouve toute seule », a-t-il regretté. De fait, M. Bakari devrait retrouver sa fille rapidement, le secrétaire d’Etat français à la Coopération, actuellement à Moroni, ayant annoncé qu’elle serait rapatriée dans son avion dans la nuit pour être admise dans un hôpital parisien ce jeudi matin.

Malgré la joie de savoir sa fille saine et sauve, Kassim Bakari doit faire face à la disparition de sa femme, avec laquelle Bahia voyageait. Une perte qu’il n’a pour l’instant pas réussi a annoncer à sa fille. « Quand je l’ai eu au téléphone, elle demandait où était sa maman. On lui a dit qu’elle était à côté dans une chambre pour ne pas trop la traumatiser. Je ne sais pas qui va lui dire », déclare-t-il, anéanti.

La compagnie Yemenia a annoncé mercredi soir qu’elle payerait au moins 20.000 euros de compensations pour les familles de chaque victime. Une bien maigre consolation pour ce père de trois enfants.

France Soir.fr

Article du 30 juin 2009

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Après le crash d’un A310 de Yemenia Airlines dans l’océan Indien, la communauté comorienne met en cause les «avions poubelles», qu’elle avait déjà dénoncés à plusieurs reprises, en vain.

C’était prévisible. De Marseille à La Courneuve, les représentants de la communauté comorienne, présente en grand nombre dans ces deux villes, n’ont eu de cesse mardi de signaler qu’une catastrophe devait un jour ou l’autre arriver. Depuis plusieurs années, ils dénoncent, disent-ils, les «avions poubelles» utilisés pour faire la liaison entre la France et les Comores. En première ligne de cette campagne d’action auprès des autorités compétentes, françaises comme étrangères, SOS voyage aux Comores, une association mise en place il y a un an. «Nous avons adressé des courriers à la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et au secrétaire d’État aux Transports pour les alerter sur ces conditions de vol déplorables et nous n’avons jamais eu de réponse», déplore son porte-parole, Mustapha Abdou-Raouf.

Tous incriminent la compagnie Yemenia qui, d’après eux, se joue des contrôles de sécurité. «Pour un vol France-Comores, elle organise à chaque fois une escale à Sanaa, l’occasion pour elle d’affréter un autre avion pour rejoindre Moroni, la destination finale. Il s’agit d’appareils aux conditions de sécurité douteuses et qu’elle se garde bien d’utiliser pour des vols en Europe», explique Mustapha Abdou-Raouf. «Cet appareil pose problème depuis longtemps, Stéphane Salord, consul honoraire des Comores à Marseille, c’est absolument inadmissible que cette compagnie ait joué ainsi avec la vie de ses passagers.»

La description qui est faite de vols avec la compagnie yéménite est consternante. Certains signalent que les sièges des avions ne sont pas vissés correctement et que les coffres à bagages ne ferment pas. Sitti Mohamed qui habite Marseille se souvient de l’unique voyage réalisé en 2007 avec Yemenia Airways. «Les toilettes étaient dans un état déplorable et il n’y avait pas de gilet de sauvetage. J’avais l’impression qu’on était entre la vie et la mort», dit-elle, abattue : «Mon cousin était dans l’Airbus qui s’est abîmé en mer.»

D’autres racontent que des voyageurs qui ne voulaient pas monter dans ces avions l’ont été par la force à l’aéroport de Sanaa. Ce drame a suscité une véritable colère au sein de la communauté comorienne, soit 260 000 personnes réparties en France. «Les autorités françaises auraient dû s’assurer de leur sécurité», souligne Mustapha Abdou-Raouf.

Depuis un an, deux autres compagnies concurrencent Yemenia Airways. D’après SOS voyage aux Comores elles donnent toute satisfaction. Mais, faute de vols suffisants, elles ne peuvent prendre à elles seules tous les voyageurs.

LeFigaro.fr – (www.legrandjournal.com.mx)

Article du 30 juin 2009

Les deux rescapés sont un enfant de 5 ans et une jeune fille de 14 ans. L’appareil transportait 153 passagers dont 66 Français. Les circonstances du crash restent floues mais des “conditions météorologiques défavorables” sont évoquées. Les recherches reprendront mercredi matin.

Un Airbus A310 de la compagnie nationale Yemenia Air, avec 153 personnes à bord dont 66 Français à destination des Comores s’est abîmé en mer, dans la nuit de lundi à mardi, au large de cet archipel de l’océan Indien. Alors que les circonstances du crash sont encore floues, les opérations de recherche ont déjà commencé, permettant de retrouver deux survivants : un enfant de 5 ans et une jeune fille de 14 ans.

Selon des sources hospitalières locales, un enfant de cinq ans, passager de l’Airbus, a été retrouvé vivant par des sauveteurs. “Un enfant a été retrouvé vivant. Il est actuellement dans un bateau des sauveteurs”, a affirmé le docteur Ben Imani, chirurgien à l’hôpital El-Maarouf, principal établissement hospitalier de la capitale comorienne Moroni. Aucun détail sur l’état de santé, l’âge ou la nationalité du survivant n’était disponible.

Un peu plus tard, on apprenait qu’une jeune fille de 14 ans était hospitalisée à Moroni, la capitale comorrienne, dans “un état pas inquiétant”, selon les déclarations de la porte-parole du Croissant Rouge des Comores, Ramulati Ben Ali, à l’AFP.

La carlingue et des corps repérés

L’Aviation civile du Yémen a annoncé que des corps avaient été repérés. “Des cadavres flottant à la surface de l’eau ont été vus et une nappe de carburant a été repérée à quelque 16 à 17 (environ 29 km) milles marins de Moroni”, la capitale des Comores, a expliqué un haut responsable de l’Aviation civile, Mohammad Abdel Kader, lors d’un point de presse à Sanaa.

comores Airbus A310   les boîtes noires localisées (Dossier)Par ailleurs, un avion affrété par les autorités comoriennes a survolé la carlingue de l’Airbus A310, a rapporté à l’AFP le secrétaire général du gouvernement comorien Nourdine Bourhane.

“Un petit avion a survolé la zone et le pilote a constaté des débris, il a vu la carlingue”, a-t-il expliqué.
Le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, doit arriver mardi soir à Moroni, capitale des Comores pour “s’assurer de la bonne coopération avec le gouvernement comorien pour la recherche des débris de l’avion et les contacts avec les familles”.

Les recherches reprendront mercredi

Le dispositif français aérien et maritime déployé depuis Mayotte et La Réunion a commencé à se mettre en place, mais la tombée de la nuit et des mauvaises conditions météorologiques n’ont laissé que peu de temps pour procéder à ces premières recherches.

Les équipes civiles et militaires dépêchés depuis La Réunion et Mayotte sont en partie arrivés sur le théâtre des opérations. Le Transall, parti dans la matinée de l’aéroport de Gillot à Saint-Denis de La réunion, est arrivé sur zone en fin d’après-midi. Selon le commandant Bertrand Mortemard de Boisse, commandant des forces armées du sud de l’océan Indien (FAZSOI), l’appareil n’avait plus que très peu de temps devant lui pour procéder à ses premières investigations avant la tombée de la nuit.

Le Transall est arrivé avec une équipe de 12 plongeurs du SDIS (Service Départemental Incendie Secours) et de la Marine nationale, trois médecins et trois psychologues, ainsi que deux canots pneumatiques.

“Fort vent de sud”

En mer, le remorqueur civil mahorais, “Le Bambo”, n’arrivera pas avant 23h. Il transporte quatre plongeurs et des moyens nautiques de la gendarmerie et du détachement de la Légion étrangère, ainsi qu’une équipe du SMUR de Mayotte.

“Aux dernières nouvelles, la mer était formée et donc il n’est pas question d’envoyer un Zodiac à 15km des côtes et de risquer un nouvel incident”, a indiqué le commandant De Boisse. A cela s’ajoute un fort vent de sud repoussant les cadavres et les débris vers le nord.

En fin d’après-midi mardi, une autre frégate, “Floréal”, a quitté le port de la Pointe-des-Galets de La Réunion pour se rendre sur les lieux du drame. Elle n’arrivera pas avant deux jours mais pourra prendre la relève du “Nivôse”, précisait-on.

Le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) est également en train de constituer une “équipe d’enquêteurs” qui va se rendre sur les lieux de l’accident, a-t-il indiqué à l’AFP. “Dans un premier temps, nous sommes en train de constituer une équipe d’enquêteurs, qui va se rendre sur le site”, a ajouté le porte-parole.

Aide aux victimes

“Pour tous nos disparus, [Alain Joyandet] exprimera demain (mercredi), à Moroni, la solidarité, le soutien et la fraternité profonde de notre Nation”, précise Romain Nadal, porte-parole au Quai d’Orsay.

“L’ambassade de France à Moroni et le Centre de crise du ministère sont pleinement mobilisés. L’ambassade de France à Moroni a ouvert un numéro de téléphone dédié aux familles des victimes : 00 269 77 30 753. Un numéro de téléphone a été mis en place par Aéroports de Paris (ADP) pour les familles ou les proches des passagers : 01.48.64.59.59″, rappelle également le ministre.

“J’adresse aux familles et aux proches des victimes mes très sincères condoléances”, indique-t-il dans son communiqué.

La Courneuve et Marseille en deuil

Sur les 153 passagers du vol, 66 personnes étaient françaises. Certains passagers étaient monté à bord de l’avion à Marseille, principalement des familles comoriennes retournant au pays.

Des Français d’origine comorienne et des Comoriens résidant à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) se trouvaient également à bord de l’Airbus A310.

“Sur environ 60 Comoriens embarqués à Roissy, une bonne partie venait de La Courneuve”, rapporte un collaborateur du député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg.

Le maire de La Courneuve, Gilles Poux a exprimé sa “profonde tristesse” à l’égard des familles de victimes. “La ville se met à la disposition de toute la communauté (comorienne) pour lui apporter aide et assistance dans cette épreuve”, a-t-il indiqué.

La mosquée comorienne de la Courneuve organise une prière à 18h.

De son côté, le Conseil français du Culte musulman (CFCM) “exprime aux familles et aux proches des victimes” du crash “sa vive émotion ainsi que son soutien, sa solidarité et sa compassion”.

Enfin, le pape Benoît XVI a adressé ses “sincères condoléances aux familles endeuillées” à la suite de l’accident.

(Nouvelobs.com avec AP et AFP)

Article du 29 Juin 2009

Sur les 153 passagers du vol de la compagnie Yemenia Air, 66 seraient des Français, les autres des Comoriens. Les secours ont repéré plusieurs corps et la carlingue de l’Airbus. “Des vedettes et des navires des Comores et de Madagascar participent aux recherches”, indique un responsable.

Un Airbus A310 de la compagnie nationale Yemenia Air à destination des Comores s’est abîmé en mer, dans la nuit de lundi à mardi, au large de cet archipel de l’océan Indien, a annoncé mardi 30 juin un responsable aéroportuaire yéménite. Des corps ont été repérés par les secours et les autorités comoriennes ont survolé la carlingue de l’avion.

Il y avait 153 personnes à bord, dont 66 Français et des Comoriens: 142 passagers et 11 membres d’équipage. Parmi ces passagers, 61 personnes sont montées à bord de l’avion à Marseille, principalement des familles comoriennes retournant au pays. Au total, 78 personnes avaient pris place lors de l’escale à l’aéroport de Marignane (Bouches-du-Rhône).

Soixante-et-une d’entre elles devaient poursuivre le voyage jusqu’aux Comores et ont dû prendre place dans l’A310 parti de la capitale yéménite pour Djibouti puis Moroni, où il devait se poser mardi à 01H00 (heure de Paris).

Mauvaise météo

Le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau a indiqué sur Europe 1 qu’une mauvaise météo était peut-être à l’origine de la disparition de l’Airbus. Il a ajouté que la France serait “partie prenante” dans l’enquête.
“On parle d’une approche, d’une remise de gaz puis d’une approche nouvelle qui aurait été ratée”, a-t-il détaillé. “Pour l’instant, il faut être prudent, tant que toutes ces informations ne sont pas vérifiées”, a souligné le secrétaire d’Etat.
“Peut-être également la France sera-t-elle associée à l’enquête”, a-t-il ajouté, notamment “s’il y a des compatriotes à bord”, ce qui est “certainement” le cas.

Par ailleurs, “comme l’avion est franco-allemand, nous serons également associés” aux investigations : “donc de toutes manières, nous serons partie prenante”, a poursuivi le secrétaire d’Etat. Dominique Bussereau a écarté toute mise en cause a priori de l’appareil comme de la compagnie. Yemenia “n’est pas sur la liste noire” des compagnies dangereuses, a indiqué le secrétaire d’Etat français, “sinon elle n’aurait pas eu l’autorisation de partir de Roissy”, a-t-il expliqué. De même l’Airbus A310 est “un des avions les plus connus dans le monde et les plus utilisés”, a-t-il expliqué.

Recherches

“Des vedettes et des navires des Comores et de Madagascar participent aux recherches” sur le lieu du drame, a déclaré un responsable yéménite, selon lequel l’accident “a eu lieu à 3 km des côtes”.
“Des bâtiments de la force internationale opérant dans le secteur peuvent aussi apporter leur aide” aux opérations de recherche, a ajouté ce responsable qui a requis l’anonymat.

La France a dépêché deux bâtiments de la Marine nationale et un Transall. Des corps ont été repérés en mer, a-t-on appris peu après 8h. Aucune indication n’a été fournie sur la cause de l’accident. Le ministre yéménite du Transport, Khaled al-Wazir, doit donner une conférence de presse en milieu de journée, selon les autorités. Le commandant de bord de l’A310 s’appellerait Khaled Hajeb, selon l’un de ses collègues.

Départ de Roissy

Un A330-200 de Yemenia avait décollé lundi de l’aéroport parisien de Roissy, pour faire escale à Marseille (sud), puis à Sanaa au Yémen où les passagers ont changé d’appareil pour embarquer à bord d’un A310. L’A310 a décollé pour Djibouti, puis Moroni, aux Comores où il devait arriver à 1h, heure de Paris (23h GMT lundi). Un PC de crise a été activé à Roissy peu après 5h du matin.

A Marseille, une cellule psychologique a été mise en place dans le salon panoramique de l’aéroport pour accueillir les familles des passagers.

“Je suis consterné par ce qui vient de se passer. La prudence est de mise mais il est probable, hélas, que nous devons être touchés”, a déclaré le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin sur la radio France Bleu Provence. La communauté comorienne de Marseille est estimée à environ 80.000 personnes.

Un autre Airbus A330, de la compagnie Air France, s’était abîmé en mer entre le Brésil et la France, le 1er juin, avec 228 personnes à bord.

(Nouvelobs.com avec AP) – (www.legrandjournal.com.mx)

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