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Rubrique : Actu France, La Une

UPM - L’Union pour la Méditerranée lancée à Paris sous le signe de la paix

Publié le 13/07/2008 par Le Grand Journal

sarko-upm.jpgLes dirigeants de plus de 40 pays ont lancé dimanche à Paris l’Union pour la Méditerranée voulue par le président français Nicolas Sarkozy, qui a salué le “geste de paix” des pays arabes participant à ce projet basé sur des partenariats concrets et un équilibre Nord-Sud.

Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont retrouvés en milieu d’après-midi dans le cadre prestigieux du Grand Palais, un monument construit au bord de la Seine pour l’exposition universelle de 1900, lors d’une session plénière de trois heures.

Ce sommet a été marqué par une première: le président syrien Bachar al-Assad et le Premier ministre israélien Ehud Olmert, dont les pays sont théoriquement en guerre depuis 1948, se sont retrouvés assis à une même table. Les deux hommes ont pris place, à distance, autour d’une table ronde, devant les caméras et flashes des photographes. Le séjour de M. Assad à Paris lui a permis de faire un retour éclatant sur la scène internationale, notamment en affichant sa volonté d’établir des relations diplomatiques avec le Liban.

Reçu dimanche matin à l’Elysée avec le président palestinien Mahmoud Abbas, M. Olmert a estimé pour sa part qu’Israéliens et Palestiniens n’ont “jamais été aussi proches d’un accord” de paix. En outre, selon des sources israéliennes, la rencontre de Paris a été l’occasion de nouveaux pourparlers indirects entre l’Etat hébreu et la Syrie.

“Le monde entier vous regarde”, a lancé M. Sarkozy aux dirigeants présents à l’ouverture du sommet dans l’après-midi. Le président français, qui coprésidait la rencontre avec son homologue égyptien Hosni Moubarak, a salué “tous les pays arabes” membres de l’Union pour la Méditerranée (UPM) qui ont “fait un geste de paix”.

Il a espéré “écrire ensemble notre histoire commune sur un pied d’égalité entre le Nord et le Sud”. M. Moubarak a de son côté souhaité que la “nouvelle phase” lancée par l’UPM soit “la phase de la paix au Proche-Orient”.

Cette union regroupe 43 pays, représentant quelque 750 millions d’habitants, du continent européen et de la rive sud de la Méditerranée, une des régions les plus divisées du monde.

Il y avait dimanche à Paris deux absents de marque: le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui a jugé le projet “effrayant”, et le roi du Maroc Mohammed VI, pour cause d’agenda “surchargé”.

Signe de la complexité de l’exercice, aucune “photo de famille” n’était prévue en fin de rencontre. Mais, pour la France, le fait de réunir autour d’une même table des rivaux de longue date a constitué en soi une “victoire”.

Le “monde ne va pas être changé” en un jour avec l’UPM, a tempéré le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, reflétant les doutes d’une partie des Européens sur le projet.

La déclaration finale du sommet, notamment le passage sur le processus de paix au Proche-Orient, a fait l’objet de tractations laborieuses. C’est précisément à cause de ce type de divergences que le “processus de Barcelone”, lancé en 1995 entre les Européens et le sud de la Méditerranée, s’est enlisé.

Dans son discours d’ouverture, M. Sarkozy s’est nommément adressé à la chancelière allemande Angela Merkel, qui avait bloqué son projet initial se limitant aux pays du pourtour méditerranéen, pour lui dire que tous partageaient le même intérêt: “que la paix et la stabilité règnent dans la Méditerranée”.

Les initiateurs de l’UPM espèrent garantir leur succès en se concentrant sur de grands projets concrets comme la dépollution de la Méditerranée et l’énergie solaire. Ils insistent aussi sur la volonté d’une parité Nord-Sud, symbolisée par deux coprésidents issus de chacune des deux rives.

Le secrétariat général devrait revenir à une ville du sud. Mais la question est à l’origine de vives rivalités et sera remise à plus tard. Le financement des projets restera lui aussi à définir une fois passée la grand-messe de lancement.

L’Algérie doute des capacités de financement de l’UE

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a émis des doutes dimanche sur la capacité de l’Union européenne (UE) à financer les projets symboliquement lancés à Paris lors du Sommet constitutif de l’Union pour la Méditerranée (UPM).

«La problématique de la disponibilité de ressources financières pour nourrir le Partenariat euro-méditerranéen n’est pas encore définitivement élucidée», a estimé le chef de l’Etat dans un entretien à l’Agence algérienne d’informations APS, quelques heures avant l’ouverture du sommet.

«Ayant bouclé ses équilibres financiers jusqu’en 2013, l’UE ne prévoit pas, à court terme, d’engagements financiers importants», a-t-il ajouté. «Cette attitude n’est pas sans susciter des interrogations légitimes sur la volonté réelle de l’UE de contribuer de manière décisive à la mise à niveau des pays de la rive sud de la Méditerranée».

Six projets ont été retenus par la Commission de Bruxelles pour être symboliquement lancés au sommet : autoroutes de la mer, dépollution de la Méditerranée, protection civile, plan solaire méditerranéen, université euro-méditerranéenne et Agence de développement des PME/PMI. «Il est seulement prévu que des ressources devront être mobilisées par les pays concernés par les projets, y compris à travers le recours au marché des capitaux», a relevé M. Bouteflika.

Relevant «que les difficultés auxquelles se heurtera l’UPM se situeront d’abord au niveau du financement des actions projetées», il a souligné «tout l’intérêt des projets dits “à géométrie variable”, qui seront le fruit d’une volonté partagée entre quelques uns, engagements et risques compris». En ce qui concerne le marché de l’énergie, M. Bouteflika a indiqué qu’il souhaitait «dépasser le stade d’une relation purement commerciale» avec l’UE, avec «la mise en place d’accords cadres (…) s’étendant au domaine des énergies nouvelles et renouvelables, notamment l’énergie solaire».

Quant à la circulation des personnes entre les deux rives de la Méditerranée, M. Bouteflika a souligné que «la liberté des personnes (était) devenue l’une des quatre libertés constitutives de la construction européenne».

«Notre mer devrait nous rapprocher au lieu de nous séparer. L’immigration clandestine est un fléau qui signale l’impuissance et la colère face aux murs qui s’érigent comme dans des prisons ou des ghettos (…). Dans un monde ou la marchandisation est reine, ayons l’audace de libérer les pas des hommes sur une terre en partage», a-t-il dit.

PARIS (AFP) —  (www.legrandjournal.com.mx)

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Edito

La planète finance a le regard tourné vers Washington. Les ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés (G7) se rencontrent ce vendredi pour parler de la crise qui ébranle le système financier international et, surtout, des moyens pour restaurer la confiance. Par la suite, une réunion est prévue avec leurs homologues de grands pays émergents qui craignent une contagion. Les débats se prolongeront samedi lors de la réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI), garant de la stabilité financière mondiale. Le secrétaire d'Etat Henry Paulson, veut renforcer l'effort collectif face à la crise. C'est lui qui a souhaité la rencontre élargie entre pays industrialisés et pays émergents. Henry Paulson a toutefois déjà mis en garde contre toute attente démesurée de la réunion du G7. «Les pays sont différents, les systèmes financiers sont différents et les besoins et les politiques sont différents», a-t-il déclaré mercredi soir. Son pessimisme se comprend. Le plan Paulson de 700 milliards de dollars a été salué en Europe, mais aucun pays n'a pris des mesures fortes pour endiguer la crise. En réalité, les pays se déchirent même à l'intérieur de l'Union européenne. Il n'empêche que le G7 pourrait annoncer des mesures visant à stabiliser le taux de change du dollar. Sa volatilité est en effet l'une des raisons qui ont affaibli l'économie américaine. Signe avant-coureur, le cours de l'or a baissé ces dernières heures dans l'attente que le billet vert reprenne son rôle de valeur refuge. Mais avec leurs poids politiques et économiques, les ministres des Finances du G7 pourraient donner une impulsion pour que le FMI assume de nouvelles responsabilités. A cet effet, son directeur le français Dominique Strauss-Kahn n'arrête pas de revendiquer de nouveaux pouvoirs pour intervenir lorsque le système financier est en crise. «Notre point de vue est que la situation est très grave et nous pouvons résoudre les problèmes si nous agissons vite, énergiquement et de façon concertée», a-t-il déclaré jeudi. Pas plus tard que ce mardi, Robert Zeollick, président de la Banque mondiale (BM), a appelé à la fondation d'un nouveau multilatéralisme, avec une profonde réforme des institutions comme le G7, le FMI et l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

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