Au Yucatan, le maya s’apprend encore à l’école.
Publié le 12/01/2009 par " Nicolas Quirion "
Une cité, il y a cinq siècles. Ici, le temps s’est arrêté en 1524, lorsque les Conquistadores ont fini de mettre à genoux la presqu’île du Yucatan. Ici, c’est Tulum, à une heure trente de route de Cancun, plein sud. Presque à portée de jumelles de la pointe ouest de Cuba. Érigée en bordure de mer, Tulum (muraille, en langue maya) fut longtemps une cité fortifiée active. Mais elle n’a pu résister aux coups de boutoir des envahisseurs espagnols. Depuis près de cinq siècles, cette ville qui abritait deux mille habitants n’est plus qu’un espace inanimé, étalé sur cinq kilomètres carrés. « C’est le site maya le plus visité », assure Ulysse, le guide francophone mexicain qui, avec d’autres confrères, y cornaque chaque année des centaines de milliers de vacanciers.
Site fragile. Oublions les parkings et les marchands du temple de l’entrée. Quelques hectomètres de marche, au milieu d’une nature exubérante, et l’on arrive enfin sur zone en émergeant d’une sorte de tunnel. Quelquefois ornés de fresques, les vestiges de plusieurs maisons et de temples s’offrent alors aux yeux des visiteurs. Gare : comme à la Pointe du Raz, pas question d’enjamber les cordons qui jalonnent un plan de circulation pédestre, même pour enrichir un album de famille. Car, si l’on n’y prenait garde, les touristes pourraient vite dégrader ce site multi-millénaire. Tulum est née, croit-on, dix-sept siècles avant le Christ. Elle a vécu une belle période de prospérité entre 900 et 1524 de notre ère, jusqu’aux horreurs nées de la colonisation post-colombienne qui ont forcé les survivants mayas à prendre la fuite dans la jungle voisine.
Le maya s’enseigne. S’il ne demeure que des ruines de la présence maya à Tulum, la langue des ancêtres, elle, s’enseigne toujours à l’école primaire. Des milliers d’enfants poursuivent ainsi l’apprentissage de cette langue qui compterait vingt-neuf déclinaisons différentes ¯ souvent incompréhensibles, d’un coin du Yucatan à un autre ¯ à travers l’ancien pays maya.
Tortues et barrière de corail. Avant le débarquement des Conquistadores, Tulum possédait un port bien abrité dans une crique. Il permettait des échanges de sel, de miel, de coquillages, de maïs, de coton et d’autres produits consommés par les familles de cette partie du Yucatan. Il n’en reste rien. Toutefois, devant ce promontoire prisé des touristes qui surplombe la mer des Caraïbes, les tortues continuent de venir se reproduire par milliers, en juin et juillet. Et les vagues se fracassent toujours sur un immense récif corallien prisé par les plongeurs.
Ouest France -(legrandjournal.com.mx)
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