La boulangerie-pâtisserie « Chez Céline » a ouvert ses portes l’été dernier en plein cÅ“ur du quartier commerçant de Playa del Carmen où les viennoiseries et autres régals proposés ont rapidement conquis les papilles des habitants. Une aventure gastronomique et humaine.
Article du 18 Octobre 2011
Céline et Rony se rencontrent alors qu’ils sont lycéens, s’aiment et construisent leur avenir en rêvant à des contrées lointaines. N’y tenant plus, ils décident de laisser leur vie plutôt tranquille et de l’échanger contre la découverte trépidante du vaste monde!
Voyageurs au long cours pendant plusieurs mois en 2007 et 2008, ils se sont posés en Argentine, ont fait une école de cuisine a Buenos-Aires pendant cinq mois! Dans cette école, ils rencontrent un mexicain… et le projet fou prend forme.
Leur premier voyage se déroulera fin 2007. Ils partent quatre mois à la découverte du Pérou, de la Bolivie, parcourent l’Argentine et le Chili jusqu’en terre de feu, arrivent en Jamaïque -où ils fêtent la fin de l’année- et finissent ce premier périple par la Floride, dans le parc animalier de Spring hill, Wildlife Survival Sanctuary.
Ils rentrent en France quinze jours, le temps d’embrasser la famille, les « potes », allègent les sacs à dos et en février 2008 foncent vers la Thaïlande, ses temples d’or, sa cuisine qui les transcende. La suite du voyage en Indonésie, via la Malaisie, va faire naitre les prémices de ce projet complètement fou!
Après cinq mois exaltants, à nouveau de retour en France.
Quelques mois a Ibiza, le temps de s’inscrire dans une école de cuisine à Buenos Aires en Argentine où ils vont séjourner cinq mois et décrocher l’équivalent d’un CAP cuisine, amélioré -chef cuisinier, chef boulanger, chef pâtissier-, qui leur offre la possibilité de concrétiser ce projet… de moins en moins fou!
Ils y ont rencontré un mexicain de Playa Del Carmen, station balnéaire de la Caraïbe mexicaine, ensoleillée toute l’année et jouissant d’une belle notoriété, une haute saison qui dure 8 mois. Ils passent de longues soirées à deviser du projet… fou (!?)
Les trois compères investissent dans la location d’un local commercial tout neuf, idéalement situé dans la Quinta -Principale rue commerçante, piétonne, de Playa Del Carmen- y font les travaux d’aménagement d’un grand fournil ultra moderne et d’une cuisine ouverte sur la salle.
La décoration sera aux accents méditerranéens du sud de le France avec tomettes au sol, des teintes azurées, du mobilier en bois. L’associé mexicain s’occupe des démarches administratives et commerciales, Céline et Rony mettent en place l’outil de travail:  la boulangerie artisanale prend forme!
La levure fraiche, le chocolat et le beurre sont importés de France, arrivent à Cancun d’une manière suffisamment régulière pour permettre le suivi des pâtisseries, viennoiseries et autres pains proposés.
La qualité du produit prime et justifie un coût à peine supérieur aux principaux concurrents déjà installés sur Playa Del Carmen.
La gestion du personnel est l’un des problèmes essentiels dans une entreprise. Avec près de 15 personnes travaillant au quotidien, ils préfèrent discuter, être moins exigeants qu’en France, s’adapter aux us et coutumes des mexicains, là ou d’autres préconisent la manière forte!
Après trois mois d’exploitation, le premier bilan est au-dessus des objectifs et déjà des idées pour développer le concept germe dans les esprits: franchiser « chez Céline » à Tulum, Merida… pourquoi pas?
Les hôtels, restaurants locaux souhaiteraient pouvoir être livrés en pain,
croissants, etc.
Dilemme que celui de permettre ou non à certains établissements -lesquels?- de proposer les produits qui font la spécificité, le succès, de la boulangerie.
Cette belle aventure démontre que quelque soit l’endroit choisi, lorsqu’un concept privilégie la qualité à la quantité, tout en sachant donner une âme à l’endroit, le succès y est alors immédiat.
A méditer pour tous ces lieux sans âmes de la Quinta, qui ne fonctionnent que lors de la saison forte, et retombent dans la morosité et l’ennui, les touristes repartis travailler… pour mieux revenir?
Toute la question de la pérennité du tourisme local est posée…
Jeanmy Cochois – (www.legrandjournal.com)