Pensant que la traversée du canal du Yucatan ne durerait que quelques heures, les deux femmes et douze hommes de l’expédition n’avaient emporté que très peu de vivres.
«Nous avons passé sept jours sans boire (…) Nous avons bu notre salive et de l’urine. Nous avions une boîte de viande de boeuf, des biscuits et quelques boissons sucrées», raconte Ilsa Guerra, une des 14 survivantes.
La péninsule du Yucatan, à moins de 100 km des côtes cubaines, est souvent la première étape de l’exil à bord d’embarcations de fortune ou sur des vedettes rapides affrétées par des trafiquants cubains basés au Mexique.
Au gré des forts courants, le petit bateau des 14 Cubains qui a quitté Cuba le 25 avril a dérivé dans les eaux turquoises des Caraïbes jusqu’à Xcalak, un village de pêcheurs situé sur la côté est du Yucatan, à 320 km au sud de la station balnéaire de Cancun, où ils sont arrivés lundi.
Les Cubains ont été interpellés par la police et remis à l’Institut national de la migration (INM), organisme public qui recueille les immigrés illégaux venus de Cuba et d’Amérique centrale.
«Ils sont arrivés dans une embarcation rustique en bois (…) Un d’entre eux était dans un état de déshydratation important, il a été hospitalisé», a informé le vice-secrétaire à la Sécurité publique de l’État de Quintana Roo, Didier Vazquez.
«Cela faisait deux mois que nous préparions (notre expédition). C’est la troisième tentative de mon mari et la première pour moi», a confié Ilsa Guerra Avila à la chaîne de télévision mexicaine Canal 10.
«Nous partions pour retrouver les membres de notre famille» déjà installés aux États-Unis, a-t-elle ajouté.
D’autres ont saisi au vol l’opportunité de quitter Cuba sans attendre les résultats des réformes du président Raul Castro, qui a succédé cette année à son frère Fidel, malade.
«On nous a dit “vous voulez partir?” Il y a une embarcation, montez+», a déclaré un autre exilé cubain, José Domingo Gonzalez.
Selon les statistiques de l’INM, 208 immigrants illégaux ont été interpellés en mars 2008 dans l’État de Quintana Roo, des Cubains essentiellement.
Les autorités mexicaines se montrent en général bienveillantes vis à vis des migrants cubains.
Alors que les illégaux d’autres nationalités sont expulsés, les Cubains sont détenus 30 jours dans un centre de rétention administrative, remis en liberté après le paiement d’une amende, puis ils sont autorisés à rester dix jours au Mexique, le temps pour la plupart d’entre eux de rejoindre les États-Unis.
AFP-(www.legrandjournal.com.mx)

Recevez la Revue de Presse









