Droit d’expression – Lycées français au Mexique, le SNUipp vous écrit..

Publié le 20/11/2008 par " Le Grand Journal "

snuipp Droit dexpression   Lycées français au Mexique, le SNUipp vous écrit..Mr Patrick Bossard, Secrétaire de la section Mexique pour le SNUipp, le Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des écoles et Pegc nous a fait parvenir un courrier destiné aux parents d’élèves des Lycées et collèges français du Mexique. Les commentaires n’engagent que la seule SNUipp qui est seule responsable de ses propos. Droit d’expression.

Courrier du 20 Novembre 2008

Madame, Monsieur,

Tous les jours nous cherchons à créer les conditions de la réussite de tous les élèves. En effet nous savons combien l’acquisition des connaissances est décisive pour chaque élève. Nous avions à la rentrée des classes, attiré votre attention sur les profonds bouleversements liés aux nombreuses décisions ministérielles.

Le budget 2009 prévoit à la rentrée prochaine en France, la suppression de 13 500 postes d’enseignants dont 6 000 professeurs d’école alors que 16 400 élèves supplémentaires sont attendus. Le dispositif d’aides spécialisées aux élèves (RASED) risque de disparaître. La maternelle est remise en cause.

Qui peut croire qu’avec moins d’heures de classe chaque semaine, des programmes plus lourds, moins d’enseignants, la suppression des dispositifs d’aides spécialisées pour les élèves en difficulté, les élèves pourraient mieux réussir à l’école ?

Ces mesures constituent une rupture sans précédent avec les fondements de l’écolepublique. Elles tournent le dos à l’école de la réussite de tous et constituent un véritable démantèlement de l’école publique.

A l’étranger, nous assistons depuis plusieurs années au désengagement de l’Etat qui transfère sur les établissements et les familles des charges de plus en plus lourdes. Cette situation conduit à limiter le recrutement de résidents sans pour autant améliorer la situation des recrutés locaux et menace les établissements les plus fragiles dedéconventionnement.

Nous exigeons un autre budget pour l’AEFE et pour l’Education qui permette de faire face à la hausse des effectifs (créations de postes budgétaires) , d’améliorer la situation des personnels sans pénaliser d’avantage les familles, de maintenir ou de créer des réseaux d’aides (RASED). Nous demandons la reconnaissance du rôle essentiel de l’école maternelle, une prise en charge des élèves handicapés digne de ce nom. Nous exigeons respect et dignité pour l’école publique, les élèves et les enseignants !

Pour toutes ces raisons, nous sommes en grève le jeudi 20 novembre.

Nous comptons sur votre compréhension et votre soutien pour défendre et construire ensemble l’école dont nos enfants ont besoin.

Cordialement,

P.Bossard
Secrétaire SNUipp Mexique

Courrier en date du 5 Octobre 2008.

“Madame, Monsieur,

Pour vous et votre enfant, c’est la rentrée. Peut-être la première … C’est toujours un moment important. Nous vous souhaitons la bienvenue. Nous allons mettre en place les meilleures conditions pour qu’il s’étonne, expérimente, réfléchisse, persévère, qu’il apprenne et grandisse. C’est notre métier.  Nous savons comme vous combien l’acquisition des savoirs est décisive pour lui et son avenir.

Nous tenons en cette rentrée à attirer votre attention sur les profonds bouleversements liés aux décisions  prises par le Ministre de l’Education nationale, dans la précipitation et sans concertation avec les enseignants et les parents d’élèves.

D’abord les nouveaux programmes qui font l’impasse sur le développement de l’enfant, les activités de réflexion et de compréhension. Ils sont plus lourds et pourtant ils doivent se mettre en place avec un nombre réduit d’heures d’enseignement (deux heures en moins chaque semaine).

Le ministre de l’Education nationale prétend réduire le nombre d’élèves rencontrant des difficultés en mettant en place des heures de soutien après la classe,

Nous savons au contraire que les actions de prévention et de traitement des difficultés scolaires se conçoivent essentiellement pendant le temps scolaire. C’est pourquoi il faudrait pouvoir travailler en petits groupes, au cours de l’année scolaire lorsque se jouent des apprentissages décisifs. Cela permettrait de déceler rapidement des difficultés d’apprentissage et à l’échec scolaire de ne pas s’installer. C’est ce que nous demandons avec force en revendiquant plus de maîtres que de classes et des enseignants spécialisés présents pendant le temps scolaire dans toutes les écoles.

Au trouble profond que provoquent ces mauvaises décisions s’ajoute l’annonce de la suppression de 13 500 postes dans l’Education Nationale à la rentrée prochaine, dont 5000 dans le premier degré.

Depuis plusieurs années le nombre d’élèves augmente dans les écoles : les annonces de suppressions de postes sont d’autant plus inacceptables ! Les établissements français de l’étranger ne seront pas épargnés par les mesures de restrictions budgétaires. Des charges nouvelles sont transférées sur les établissements et par voie de conséquence sur les familles qui voient les écolages augmenter chaque année.

Pour les familles françaises, la prise en charge des frais de scolarité (qui ne concerne que les élèves scolarisés en première et terminale) se révèle être une mesure en trompe-l’oeil dont le financement risque de mettre en péril l’existence même des établissements de l’AEFE.

Pour la réussite des élèves, d’autres choix sont nécessaires : réduire les effectifs par classe, développer le travail en équipe, mettre en place des dispositifs d’aide sur le temps scolaire, assurer une formation initiale et continue des enseignants de qualité …

Dans les jours et les semaines qui viennent, nous aurons besoin de vous pour construire ensemble l’école dont nos enfants ont besoin.

Cordialement,”

Pour le SNUipp,
Le Secrétaire Section du Mexique
Patrick Bossard

Infos : bpbossard@hotmail.com

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Il y a 5 commentaires sur l'article “Droit d’expression – Lycées français au Mexique, le SNUipp vous écrit..”

Par Un parent d' élèveNo Gravatar Windows Vista Internet Explorer 7.0:

Et si les enseignants avaient un peu moins de vacances payées et d’avantages sociaux aussi !!!!!

Par bossard patrickNo Gravatar Windows 2000 Internet Explorer 6.0:

J’aime beaucoup le courage de certains qui n’osent même pas signer de leur nom. Sachez cher Monsieur ou chère Madame que rien ne vous empêche de passer les concours…Ainsi vous pouurrez jouir de nombreuses vacances et d’avantages sociaux non négligeables…Je me permets de vous faire remarquer qu’un niveau master 2 est actuellement nécessaire pour pouvoir s’y inscrire.
Cordialement vÔtre

Patrick Bossard
Secrétaire Section SNUipp Mexique

Par Nicolas HayeNo Gravatar Windows Vista Internet Explorer 7.0:

C’est vrai que les avantages des enseignants français au Mexique sont très importants, notamment pour ce qui concerne la caste des expatriés (revenu net de plus de 6000 euros = plus de 100,000 pesos par mois comparé aux 8000 pesos de l’enseignant mexicain qui a d’ailleurs beaucoup moins de vacances). Qu’un enseignant français au Mexique fasse grève, c’est un acte ostensiblement outrageant, qui démontre une indifférence totale à propos de la réalité mexicaine, et les réactions obtenues sont parfaitement logiques.

Je tiens juste à préciser qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un concours pour pouvoir enseigner, une bonne formation (grande école ou université) est suffisante; la France est d’ailleurs l’un des seuls pays au monde à avoir conservé ce système de recrutement par concours, un système aléatoire, pseudo-égalitaire et in efficient étant donné qu’il ne repose que sur des connaissance académiques, ce que sanctionnent déjà les diplômes universitaires, et non sur les qualités pédagogiques et humaines, qualités essentielles quand on est amené à travailler auprès d’enfants en équipe.

Un bon moyen de tester la motivation de certains enseignants français à venir travailler au Mexique, serait de les payer au tarif mexicain. Ceux qui acceptent cela méritent le Mexique.

Les autres n’ont rien à y faire, si ce n’est gaspiller avec arrogance l’argent des impôts des français.

Par florent fournierNo Gravatar Windows XP Internet Explorer 6.0:

Quelques vérités pour nos amis :

Sur les vacances payées: la paye sur l’année est égale à 10 mois de salaire mais elle est répartie sur 12 mois. Comparez le salaire d’un cadre de la fonction publique territoriale et d’un prof (les 2 censés être du niveau A de la fonction publique) et on en reparlera.

Sur les concours: pour Nicolas Haye qui ne sait pas de quoi il parle, le concours comprend de nombreuses épreuves pédagogiques à l’oral et à l’écrit qui sont à fort coefficient et discriminantes. De plus, après le concours les profs ne sont que stagiaires; leurs qualités pédagogiques et leurs capacités à gérer une classe sont rapidement évaluées et certains restent sur le carreau. Ce système est encore valable cette année à ma connaissance.

Amicalement vôtre.

Par celinemahiasNo Gravatar Windows XP Internet Explorer 7.0:

Je suis particulièrement en colère par ce que je viens de lire et ce pour plusieurs raisons:
1- En ce qui concerne les vacances, il faudrait vraiment cesser avec cet argument peu original et surtout erronné car, comme le rappelait Florent Fournier, nous sommes les seuls à ne pas bénéficier de vacances payées puisque nous ne sommes payés que 10 mois répartis sur 12. Vulgarisez donc cette information et cesser de nous reservir ce pseudo-avantage à chaque occasion.
2- En ce qui concerne la remise en cause du concours fraçais, je ne suis pas d’accord non plus; Il a très certainement ses limites, quel système n’en a pas? mais je pense que c’est encore le système le plus juste et même les Mexicains le reconnaissent, préférant cela au caciquisme et clientélisme local…qui garantit encore bien moins la qualité des enseignants. Consultez les niveaux des élèves de la SEP et vous verrez la différence.
3- Enfin, et je suis sur ce point particulièrement en colère contre Nicolas Haye, merci aux collègues français (résidents et expatriés) d’avoir fait la grève car cela témoigne justement une inquiétude par rapport aux dérives gouvernementales de la France et je pense que l’heure est vraiment grave… Quant à moi, je n’ai pas fait la grève car je fais partie de ces gens dont vous parlez-qui selon vous aiment vraiment et méritent le Mexique- je suis recrutée locale bien que titulaire du concours et j’aurais vraiment voulu faire cette grève.

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