Revue du web : Piano et narco dans la Sierra Tarahumara… (vidéo)

Publié le 11/05/2009 par " Nicolas Quirion "

raramuri Revue du web : Piano et narco dans la Sierra Tarahumara… (vidéo)Connaissez-vous les Raramuri? Ce peuple indigène originaire des plaines s’est réfugié depuis la colonisation dans la région de la Barranca del Cobre – le plus vaste ensemble de canyons de la planète, qui s’étend sur 75 000 km2 dans l’Etat de Chihuahua.
Ils se nomment eux-mêmes « ceux qui ont les pieds légers », en raison d’une aptitude extraordinaire à la course à pied.

Les Raramuri sont considérés comme le peuple indigène le plus important d’Amérique du Nord en terme de population. La plupart restent fidèles à leur mode de vie traditionnel, occupant un habitat de type troglodytique ou de petites maisons faites de bois ou de pierre.

Peuple discret et autarcique par tradition, ils n’échappent pourtant pas aux menaces venues du monde moderne, si proche et à la fois si lointain… Drogues et alcoolisme font des ravages, sans compter la présence en constante augmentation des narcotrafiquants.

Le pianiste de la Sierra

Le Monde nous racontait le mois dernier le destin peu banal de Romayne Wheeler, pianiste américain âgé de 66 ans qui à élu domicile dans le Sierra Tarahumara.  Fuyant le bruit et l’agitation il s’est construit un « nid d’aigle » à flan de montagne et a réussi à y amener un piano de concert « Steinway ».

Gagnant peu à peu la  confiance des Raramuri, il a su développer avec eux une relation basée sur le respect réciproque. Un reportage émouvant.

Mais les images sont peut être le témoignage le plus fort de cette aventure. Vous pouvez découvrir ici le reportage « Le Pianiste de la Sierra Tarahumara » tourné en 2005 par les cinéastes français Judith Haüssling et Alain Tixier.

« Ils tuent nos arbres pour qu’on cultive leur drogue »

Autre point de vue sur les Raramuri, le très bel article de Yemeli Ortega publié récemment sur Rue 89.

Autant prévenir tout de suite: ce n’est pas gai…

Le reportage met en évidence l’emprise du narcotrafic sur toute la région Tarahumara. Depuis plusieurs années la Sierra est devenue –en raison de son isolement- une zone de prédilection pour la culture de la marijuana et de l’opium.

Les conséquences de cette invasion sont le déboisement sauvage des terres ancestrales, mais également l’irruption d’une violence inconnue jusqu’alors. Violence dont cet indigène apporte un témoignage poignant:

« La violence du narcotrafic est un serpent à mille têtes. Quand on lui en coupe une, cent repoussent (…) Ils viennent, tuent les arbres et après, on doit choisir : soit nous quittons nos terres, soit nous restons pour cultiver leur drogue. »

Nicolas Quirion -(legrandjournal.com.mx)

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