Créé en 2010, le Festival a-part est un rendez vous phare de l’art contemporain en Provence et totalement gratuit pour mieux privilégier le dialogue entre les artistes et le grand public. Sa 3e édition se déroule sur dix communes des Alpilles.Il reçoit cette année le Mexique et plus particulièrement le Yucatán sous la direction de notre ami Alfredo Cruz-Ramirez, curateur. A ne pas manquer !
De nouveaux territoires artistiques sont inscrits au programme des neuf sections conçues pour faciliter le parcours : Céramiques contemporaines – México 2012 – Grands et petits véhicules – Discussions animées – Nuits a-part – Émergence 2012 – Incontro – Street artists – In or Out. Ces sections forment un monde dans lequel des curateurs invités guident les festivaliers. Les champs artistiques explorés sont surprenants : installations, propositions, commandes privées, expositions nées du Festival même.
L’édition 2012 est la conjonction de tous ces mondes et, durant 4 semaines, offre à chaque section son moment. Pour dynamiser les échanges et favoriser la pluralité des propositions artistiques, il faut être vigilant et renforcer les liens entre artistes, partenaires et amateurs d’art. Les personnalités du monde de l’art contemporain qui ont accepté le rôle de curateur le savent. Artistes, critiques, écrivains, collectionneurs ou commissaires d’expositions, chacun convie des artistes à intervenir dans une trentaine de lieux d’exception, tant intérieurs qu’extérieurs, tout en restant à l’écoute des partenaires.
Le Festival a vocation à se renouveler continuellement dans des invitations “surprises” ou le soutien de causes humanitaires, tel le Projet Ouakam porté par Arnaud Rabier Nowart et destiné à mettre en place des ateliers et des formations artistiques pluridisciplinaires avec comme axe l’environnement en Afrique. Mais aussi les Electronic Music Awards avec la remise du Qwartz Arts Nouveaux Médias 2012 des “Sound in Process”.
À mon sens, c’est dans ces moments d’étonnement, ces interrogations et générosités artistiques, que réside l’originalité, la clé de la réussite du Festival. Une succession de points forts qui font de cette 3e édition un opus d’excellence, afin que tous, artistes, publics et collectivités, y prennent plaisir.
Leïla G. Voight
Fondatrice du Festival a-part
México 2012 – de la proue des Alpilles au coeur de Tarascon des abords de la chapelle Saint-Gabriel jusqu’au couvent des Cordeliers
• Entre idas y vueltas
Entre allées et venues, quelque part entre Mexico DF, Merida et la France je suis resté amoureux de la Provence, et ce depuis mes débuts dans l’action culturelle en Avignon, et ne pouvais qu’accepter de retourner dans les Alpilles, pour y apporter ce « quelque chose » du Mexique et du Yucatán.
Mon choix d’artistes ne répond qu’à un seul critère : le plaisir que j’ai eu à travailler d’une manière ou d’une autre avec des artistes au cours des dix dernières années à partir de Merida, ville complètement périphérique des circuits artistiques du Mexique, et capitale du Yucatán où j’ai pu bâtir un projet culturel, d’abord dans un cadre officiel, puis de manière indépendante.
Laura Anderson, Edgar Canul, Beatriz Castillo, Marcela Diaz, Demian Flores, Yolanda Gutierrez, Paloma Menéndez, Jean Charles Pigeau, Oswaldo Ruiz Chapa, Emilio Said, Hervé di Rosa. Tous ces artistes ont été complices d’une aventure qui a contribué à créer un nouveau contexte pour les arts visuels dans la péninsule du Yucatán, état de l’extrême sud-est du pays. Aussi, quoi de plus normal que de les embarquer à destination des Alpilles ? Et cela dans le but d’y montrer la diversité de la création contemporaine mexicaine et les préoccupations esthétiques et sociales de ces artistes »au travers du prisme de leurs allées et venues – idas y vueltas – géographiques et créatives.
Pour autant, je ne tenais pas à souligner leurs origines géographiques, ni à marquer de différence entre eux. Qu’importe s’ils sont Yucatèques ou « guaches » – ceux qui ne sont pas nés au Yucatán -, si certains ont une trajectoire déjà reconnue, ou d’autres ont commencé récemment à travailler, tous ont réussi à se positionner en raison de l’originalité et de la qualité de leurs oeuvres. Il y aussi des artistes français ayant porté un regard nouveau sur le paysage, l’histoire, l’actualité sociale et les savoir-faire artisanaux mexicains, et qui depuis l’intègrent à leurs productions.
Le commun dénominateur entre tous étant à mon sens : le Yucatán, un point de rencontre.
Alfredo Cruz-Ramirez
Curateur de la section 2012 – México