Expo – Le bouddhisme au « pays du Dragon » (Bhoutan) !…
Publié le 11/11/2009 par " Ludovic Moreau-Delacquis "
Jusqu’au 25 janvier 2010, le musée parisien Guimet des arts asiatiques expose pour la première fois une centaine d’œuvres sacrées de ce petit royaume himalayen méconnu. Découverte !
Connaissez-vous le Bhoutan ? Il s’agit d’un royaume grand comme la Suisse situé entre la Chine et l’Inde (sa capitale ?… Thimbu !). Cette enclave miraculeusement préservée du bouddhisme tibétain (650 000 habitants) est indépendante depuis 1971, après avoir connu un semi-protectorat indien à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Le nom du royaume signifie « pays du Dragon tonnerre ».
Rituels quotidiens de purification
« Au pays du Dragon : arts sacrés du Bhoutan » réunit de manière exceptionnelle plus de cent œuvres bouddhiques – peintures sacrées, sculptures et objets rituels. La quasi-totalité des pièces sont des objets de culte, prêtées non pas par des musées mais par 35 temples et monastères de ce pays montagneux. Soumises à des rituels quotidiens de purification, elles n’ont pour la plupart jamais été présentées hors du Bhoutan. Son gouvernement a demandé que deux moines bouddhistes les accompagnent : arpentant chaque matin les salles, ils récitent des prières et bénissent les objets… Le temps de l’exposition, les moines composent en outre dans la rotonde du musée un « mandala », cercle sacré de sable coloré destiné à la méditation – ils vous y proposent deux fois par jour d’assister à des cérémonies de prières et d’offrandes.
Age d’or de l’art bhoutanais
L’exposition, fruit de cinq ans de travail de l’académie des arts d’Honolulu, présente un ensemble rare de « thangkas », peintures sur toile raffinées, parfois de très grandes dimensions. Le plus souvent roulées et rangées dans des coffres au Bhoutan, ces œuvres qui narrent l’origine du monde et la séparation du Bien et du Mal n’en sortent que pour les célébrations. Elles sont aujourd’hui proposées à notre contemplation, une occasion rare à ne pas manquer…
Les pièces exposées, allant du VIIe au XIXe siècle, illustrent l’âge d’or de l’art bhoutanais – du XVIIe au XIXe. Outre les thangkas sont présentés des sculptures et des objets liturgiques. Vous remarquerez ainsi un splendide bouddha suprême en bronze du XVe-XVIe siècle provenant d’un temple accessible après neuf heures de marche, car à plus de 4 000 m d’altitude !
Pureté des danses bouddhiques rituelles
Au-delà des traditions artistiques bhoutanaises, l’exposition évoque la diffusion du bouddhisme tantrique dans ce pays – le seul au monde à l’avoir comme religion officielle – par l’intermédiaire de grands maîtres indiens et tibétains et de figures religieuses locales. Le tantrisme, forme ésotérique du bouddhisme, est née en Inde et a gagné le Tibet et le Bhoutan au VIIIe siècle. Le grand maître Padmasambhava fut le principal artisan de sa diffusion.
Des extraits de films montrent par ailleurs les danses bouddhiques rituelles, ou cham, accomplies par les moines lors des cérémonies. Elles ont conservé au Bhoutan toute leur pureté. Vous pourrez prolonger votre visite en découvrant les clichés de Matthieu Ricard, fils du philosophe Jean-François Revel, devenu moine bouddhiste et ayant vécu neuf ans au Bhoutan.
Indice de bonheur national brut…
Cette exposition du musée Guimet célèbre à sa manière le centenaire du règne de la dynastie Wangchuck et l’adoption par le pays en 2008 de sa première Constitution ! Le cinquième souverain de la lignée, Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, est monté sur le trône voici un an à l’âge de 28 ans – en faisant le plus jeune roi du monde – et le royaume a organisé ses premières élections législatives en début d’année. Le père du jeune souverain avait abdiqué en sa faveur après avoir entamé en 2001 le processus de transformation vers une démocratie parlementaire.
Une particularité du Bhoutan est d’avoir adopté un original indice de développement : le BNB, bonheur national brut, en lieu et place de l’habituel produit national brut (PNB). Plutôt que l’accroissement des richesses, le pays souhaite développer le niveau de bonheur selon quatre axes : croissance économique et gouvernance responsables, promotion de la culture bhoutanaise et sauvegarde de l’environnement !…
Ludovic Moreau-Delacquis -(www.legrandjournal.com.mx)
Danses rituelles bouddhiques du Bhoutan
Renseignements pratiques
« Au pays du Dragon : arts sacrés du Bhoutan », jusqu’au 25 janvier 2010. Musée national des Arts asiatiques Guimet, 6, place d’Iéna, 75016 Paris. Tél. : 01 56 52 53 00. www.guimet.fr Ouvert tous les jours sauf mardi de 10h à 18h. Catalogue de l’exposition, éditions RMN/musée Guimet, 392 pages avec un DVD offert de danses rituelles cham, 50 euros.Autour de l’exposition
- Parcours dans les salles himalayennes des collections permanentes, section Népal-Tibet.- Cycle de films « Himalaya(s) » à l’auditorium du musée jusqu’au 25 janvier 2010.
- Conférences : « La peinture bhoutanaise », le 26 novembre, « L’architecture religieuse du Bhoutan » le 14 janvier 2010.
- Un article du Monde consacré au Bhoutan.
A lire aussi :




Bhoutan, un petit pays possédé du ciel
un film de Ludovic Segarra
Ce film, jusqu’alors inédit, est édité en DVD à l’occasion de son unique projection le 16 novembre 2009 à 12h15 à l’auditorium du Musée GUIMET.
Le DVD contient :
Film : Bhoutan, un petit pays possédé du ciel en version française 53′
Bonus : Bhoutan, Bhoutanais : diaporama de photographies inédites prises en marge du tournage
Et un Livret de photographies inédites prises en marge du tournage
Il est disponible par correspondance auprès des Archives Anne et Ludovic SEGARRA http://www.archives-segarra.com Olivier Perpoint / info@archives-segarra.com / 06 11 18 59 51
A la boutique du musée Guimet, A la boutique du musée du quai Branly, à la boutique Terre de Bouddha (rue Guissarde, Paris VI)
Prix de vente conseillé : 15 euros
A PROPOS DU FILM BHOUTAN, UN PETIT PAYS POSSEDE DU CIEL
Ce film, tourné en 1974, est le premier film en couleur tourné au Bhoutan qui vient de “s’ouvrir”. Il s’agit d’un document rare et unique.
Le Royaume du Bhoutan est une ancienne principauté du Tibet, perchée dans l’Himalaya. Son peuple est une nation heureuse car les hautes vallées du pays sont fertiles et produisent largement de quoi nourrir le million d’habitants du royaume. Les Bhoutanais sont des hommes essentiellement religieux, insérés dans une société essentiellement religieuse. Un homme sur dix est moine et la foi bouddhique inspire le moindre geste de la vie.
Le film de Ludovic SEGARRA met en évidence les sources spirituelles de la vie de ce petit pays qui est un des derniers îlots de la culture tibétaine. … Il sait à la fois permettre la contemplation d’un beau paysage et faire amitié avec des hommes hantés par l’au-delà de la vie matérielle, par l’ordre divin du cosmos et la conviction qu’il faut vivre en accord avec cet ordre.
Ludovic SEGARRA permet de pénétrer dans un univers étrange, bien loin de celui que nous avons construit en Europe.
Jacques MEILLANT, 1975
En 1972, nous filmons les abris peints du Tassili en ALGERIE, peintures aussi anciennes que celles de LASCAUX ! Nous apprenons la mort du roi du BHUTAN à NAÏROBI.
Ludovic demande à notre ami Michel JOBERT, Ministre des affaires étrangères et à l’Ambassadeur Jean-Daniel JURGENSEN en Inde, de nous aider à obtenir les visas pour tourner un film dans ce pays qui va s’ouvrir.
Le jeune roi demande nos CV. Il voit deux films MITHILA et NEPAL, il est enchanté !
Nous demandons six visas. Difficultés. Mais, nous préparons ce tournage avec un Entêtement sans pareil, et nous partons en 1975, tourner ce beau film au PAYS du DRAGON.
Anne SEGARRA, Paris, Octobre 2009