Cyclisme : Armstrong le manipulateur, un poison pour Contador

Publié le 13/07/2009 par " Le Grand Journal "

tour de FranceLIMOGES. Les images n’ont pas de mémoire. Alors Lance Armstrong s’applique à sourire et se présenter sous un jour nouveau, car à la télé on n’évoque jamais le passé qui trouble.

« Je suis un coureur différent, plus détendu, plaidait-il dans Stade 2, dimanche soir, sur France Télévisions. Avant, j’étais le chef avec une main de fer, mais plus maintenant. » Armstrong est un remarquable bluffeur qui n’a pas son pareil pour amadouer les candides.

Rares sont ceux dans le milieu à oser dénoncer cette « peopolisation ». « Il dit vouloir récolter des fonds pour sa fondation mais réclame de l’argent aux organisateurs. Où est la sincérité dans tout cela ? » s’interrogeait Éric Boyer, l’autre jour. Le manager de Cofidis refusait hier d’en remettre une couche. « Je ne veux pas en dire en plus, je ne suis pas le seul à pouvoir m’exprimer. » Mais il y a un consensus établi autour de cet Américain n’ayant jamais reconnu la prise d’EPO (1).

Le Texan est très bien aidé dans sa double tentative de séduction du public français et d’annexion d’un huitième Tour par des relais très complaisants. Il faut bien admettre qu’il y a une part d’excitation dans son défi et sa confrontation aux adversaires. Enfin ceux de sa propre équipe Astana, car à l’extérieur, c’est le désert et on saisit mieux aujourd’hui les propos qu’il avait tenus à la fin du mois de juillet 2008 : « Si Sastre peut gagner, cela veut dire que le Tour est une plaisanterie. » Décryptage : si je reviens, je les explose tous !

C’est donc après la victoire de l’Espagnol qu’Armstrong s’était remis à rouler comme un forcené avant d’annoncer son retour à la compétition en septembre. Tout cela a longtemps paru irréel et même impossible après sa fracture de la clavicule fin mars. Mais depuis sa 12e place au Giro, Armstrong a prouvé qu’il n’avait pas égaré ses secrets de performance, ceux qui ont légitimement nourri la suspicion lors de son septennat en jaune sur le Tour (1999-2005).

Contador va payer son attaque dans Arcalis

Durant son mois de juin au Colorado, il n’a pas passé beaucoup de temps à la maison. Armstrong a d’abord affiné une préparation destinée à lui faire passer une bonne troisième semaine. « C’est mon plan, reconnaît-t-il, plus maigre que jamais. J’espère qu’il va marcher. Alberto est très fort et ambitieux. J’aimerais gagner mais s’il est le meilleur, je n’y peux rien. Il y a un peu de tension. »

L’aveu est tombé. Si Contador est le leader « naturel », en raison de son âge (26 ans) et de son savoir-faire dans les grands Tours, Armstrong ne lui fera aucun cadeau. Trop épris du Tour et de sa gloire. Il pointe seulement à deux petites secondes depuis que le Castillan a voulu jouer perso dans Arcalis. Et ça Armstrong ne l’a pas digéré et lui fera payer la note. « Il y aura d’autres moments comme celui-là où nous verrons qui est le plus fort », promet Armstrong, plus énigmatique que jamais.

À bientôt 38 ans, il sent qu’il est tout près d’un huitième Tour. Après trois ans et demi de retraite. Comme si la volonté de redevenir le premier suffisait à l’être.

Ouest France

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