Cyclisme – Tour de France – 9ème étape (Dossier)

Publié le 12/07/2009 par " Le Grand Journal "

8eme etapePierrick Fédrigo (francais) est sorti vainqueur dimanche à Tarbes de l’étape du Tourmalet, neutralisée par les favoris du Tour de France qui se sont gardés de s’attaquer.

A 34 secondes près, un sprinteur aurait pu s’adjuger cette neuvième étape, la troisième dans le massif pyrénéen, qui a préservé cette année tout le suspens de la course. L’Espagnol Oscar Freire a réglé un peloton de 75 coureurs sur la courte ligne droite d’arrivée.

“On a passé une journée plutôt tranquille”, a d’ailleurs reconnu l’Italien Rinaldo Nocentini, dont le maillot jaune ne s’est jamais effiloché sur les pentes ensoleillées d’Aspin et du Tourmalet, deux des cols traditionnels de la Grande Boucle.

En cette journée d’été dans les Hautes-Pyrénées, aucun candidat au podium ne s’est livré inconsidérément.

La faute, probablement, à l’éloignement du dernier sommet, situé à 70 kilomètres de l’arrivée, et à la cinquantaine de kilomètres à parcourir en faux-plat descendant pour rejoindre Tarbes. Peut-être aussi aux intérêts communs des équipes Astana et AG2R pour laisser le classement en l’état.

La première souhaite reporter sa prise de pouvoir, la seconde entend préserver le plus longtemps possible la tenue de Nocentini, inattendu leader du Tour au sortir des Pyrénées. Mais il n’a qu’une fragile avance de 6 secondes sur Alberto Contador et de 8 secondes sur Lance Armstrong, les deux meilleurs ennemis réunis sous le maillot Astana.

Les Pyrénées ont-elle été escamotées ?

La bagarre entre les favoris s’est résumée à la montée d’Arcalis, magnifique site d’arrivée au-delà des 2000 mètres d’altitude. Encore a-t-elle eu lieu sur les 4 derniers kilomètres, preuve d’une grande prudence entre les candidats à la victoire finale. A ce jeu, Contador s’est montré le plus fort.

Le compte est vite fait du côté des adversaires d’Astana. L’Australien Cadel Evans s’est risqué à démarrer à 4 kilomètres d’Arcalis, avant de se lancer dans une inutile offensive de desperado, le lendemain, dès le départ d’Andorre. Le Luxembourgeois Andy Schleck a accéléré à deux reprises dans le col d’Agnes. Pour le reste, rideau.

Cette stratégie — sauvegarder ses forces en prévision de la troisième semaine — a ouvert la voie à la réussite française. Brice Feillu et Pierrick Fédrigo ont gagné deux des trois étapes, Christophe Kern et Sandy Casar ont accroché la deuxième place.

Après neuf étapes, les coureurs français restent éloignés au classement général — aucun dans les vingt premiers — mais ils ont égalé leur résultat des Tours 2008 et 2006. L’année passée, il avait cependant fallu attendre la 19e étape, à deux jours de l’arrivée à Paris, pour voir la troisième victoire française, signée Sylvain Chavanel (après Samuel Dumoulin et Cyril Dessel).

Et le bilan est déjà supérieur à celui de 2007 (2 succès, Vasseur et Casar) et de 2005 (Moncoutié). Avant les prochaines étapes favorables aux baroudeurs, la catégorie dans laquelle émarge une bonne partie du peloton français depuis une dizaine d’années.

Fédrigo est-il passé à côté d’une grande carrière ?

Comme Thomas Voeckler, l’autre valeur sûre de l’équipe Bouygues Telecom qui l’a précédé sur le podium des vainqueurs d’étape, Fédrigo a une conscience aiguë de ses limites. “J’ai bientôt 31 ans, je sais bien que je ne vais pas gagner le Tour”, a-t-il répondu à un journaliste qui l’interrogeait sur ses ambitions.

Vrai puncheur, redoutable dans les arrivées en côte, le coureur du Sud-Ouest est très difficile à manoeuvrer. C’est un buteur qui sait conclure, avec le sang-froid et la malice de celui qui a déjà été confronté à maintes reprises à une situation de ce genre.

Son compagnon d’échappée, l’Italien Franco Pellizotti, avec lequel il a résisté au forcing des équipes des sprinteurs (Caisse d’Epargne pour Rojas, Rabobank pour Freire) dans les 45 derniers kilomètres, l’a éprouvé à ses dépens.

Sans relever de la catégorie des grimpeurs, le champion de France 2005 sait aussi, dans ses meilleurs jours, rivaliser en montagne. Son palmarès 2009 le prouve: deux de ses trois succès ont été acquis dans des étapes franchissant des cols de légende, l’Izoard dans le Dauphiné, le Tourmalet dans le Tour.

Avec Laurent Jalabert désormais aux commandes de l’équipe de France, Fédrigo s’est aussi ouvert à d’autres ambitions. “Jaja”, qui l’avait pris en affection à son arrivée dans le peloton (en 1999), a été ravi de l’entendre déclarer son intérêt pour le Championnat du monde. “On vieillit, on prend plus de responsabilité”, a souri le gentil Pierrick.

Classement général:
1. Rinaldo Nocentini (ITA/ALM) 34h24:21.
2. Alberto Contador (ESP/AST) à 0:06.
3. Lance Armstrong (USA/AST) 0:08.
4. Levi Leipheimer (USA/AST) 0:39.
5. Bradley Wiggins (GBR/GRM) 0:46.
6. Andreas Klöden (GER/AST) 0:54.
7. Tony Martin (GER/THR) 1:00.
8. Christian Vande Velde (USA/GRM) 1:24.
9. Andy Schleck (LUX/SAX) 1:49.
10. Vincenzo Nibali (ITA/LIQ) 1:54.

Article du 11 juillet 2009

De la victoire de Luis Leon Sanchez à Saint-Girons à la malédiction de Sandy Casar, en passant par les contrôles antidopage de Lance Armstrong, tout ce qu’il faut savoir de la 8e étape du Tour de France.

Il a gagné :
Deux victoires d’étape du Tour de France, un Paris-Nice, des titres nationaux en contre-la-montre, Luis Leon Sanchez commence à se construire un beau petit palmarès à pas encore 26 ans. Promulgué leader de Caisse d’Epargne, suite à l’impossibilité d’aligner Alejandro Valverde, l’Espagnol s’est rattrapé d’un début de Tour en dedans en s’imposant ce samedi à Saint-Girons. «La première semaine a été plutôt difficile pour moi, mais maintenant j’ai une victoire d’étape, et ça change tout. Maintenant, nous allons rester ambitieux, je pense que toute l’équipe va être encouragée par ce résultat». L’équipe ibérique a tout de même dû encaisser l’abandon d’Oscar Pereiro plus tôt dans la journée. Sanchez, en tout cas, a manœuvré à merveille dans le final pour coiffer Sandy Casar sur le poteau, un an après son succès à Aurillac. «Le fait d’avoir gagné une étape l’année dernière apporte beaucoup en termes de confiance et d’expérience», estime celui, qui comme toujours, a dédié sa victoire à son frère décédé en 2005.

La journée des favoris :
Aucun dégât à signaler. Comme on pouvait le prévoir, le Tour de France ne se jouera pas dans les Pyrénées. Il y a bien eu l’attaque à l’emporte-pièce de Cadel Evans en début d’étape, qui a eu pour seule action directe de mettre Astana au boulot et de faire pester ses compagnons d’échappée. Cela aurait pu fonctionner si d’autres favoris s’étaient liés à l’Australien. Mais Andy Schleck, qui était avec lui au départ, a préféré attendre le col d’Agnès. Deux coups de semonce pour s’apercevoir que toute l’équipe Astana était sur son porte-bagages et le Luxembourgeois a préféré ne pas insister. Il peut passer pour l’ennemi numéro un. Mais pour l’instant, pas grand-chose ne dérange la sérénité de l’équipe kazakhe, qui, cela est passé relativement inaperçu en raison de l’offensive d’Evans, avait tenté un coup de bluff en plaçant Andreas Klöden à l’avant en début de course. A revoir dimanche.

La journée des Français :
Il n’a manqué qu’une cinquantaine de mètres à Sandy Casar pour réaliser un fabuleux doublé tricolore en montagne, et signer une troisième victoire d’étape française sur ce Tour. Echappé dès le début, le Francilien a lancé le sprint un poil trop tôt face à Luis Leon Sanchez. «J’ai vu 300 mètres au lieu de 200 mètres». Vainqueur à Angoulême en 2007, le coureur de Marc Madiot termine 2e d’une étape du Tour pour la cinquième fois de sa carrière. Dans une étape permettant aux moins bons grimpeurs de rester dans le coup, les Français ont encore une fois répondu présents en montagne avec 12 coureurs parmi le groupe principal. On en retrouve cinq dans les 10 premiers de l’étape (Casar 2e, Riblon 6e, Minard 8e, Roy 9e, Voeckler 10e), encore un score historique. Christophe Kern en a profité pour revêtir le Maillot à Pois.

Le chiffre : 41
Comme le nombre de contrôles antidopage subis par Lance Armstrong, si l’on se fie à son compteur entretenu sur Twitter, depuis l’annonce de son come-back. Le Texan s’enorgueillissait avant le départ d’avoir déjà été contrôlé 33 fois. En voilà un de plus au terme de la 8e étape. L’Américain a également eu droit à une visite surprise des contrôleurs de l’UCI le matin des deux étapes pyrénéennes, ce qui en fait deux pour la seule journée de samedi.

Il a dit :
«Je savais que ce serait un jour terrible pour défendre le Maillot Jaune. Demain, il y aura bien sûr le Tourmalet, qui est vraiment difficile, mais qui se trouve très loin de l’arrivée. Je pense que les favoris du Tour ne vont pas se battre sur cette étape», Rinaldo Nocentini.

LeFigaro.fr – (www.legrandjournal.com.mx)

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