Le talent de García Aspe, légende du football mexicain

Publié le 08/08/2009 par " Le Grand Journal "

Garcia AspeLe Mexique a connu très peu de joueurs aussi emblématiques que Alberto García Aspe. Ses quatorze années passées en équipe nationale aztèque, ses 109 rencontres internationales, ses 21 buts et ses trois Coupes du Monde de la FIFA constituent un CV qui ferait pâlir d’envie nombre de ses contemporains.

Franc et sincère comme à son époque de joueur, l’homme revient aujourd’hui pour FIFA.com sur son illustre carrière et évoque son présent, ses activités de commentateur et l’avenir de cette équipe du Mexique si chère à son cœur.

Souvenirs, souvenirs…

“J’ai disputé mon premier match en équipe nationale en 1988″, nous indique García Aspe en guise de prélude au passage en revue de sa carrière. “Je suis passé tout près d’aller à la Coupe du Monde 1986, mais finalement Bora Milutinovic a préféré ne pas m’appeler. Ensuite, le Mexique n’est pas allé à Italie 1990 en raison d’une suspension liée à un problème de non-respect de la limite d’âge des joueurs”, nous explique-t-il.

C’est en 1994 qu’il découvre enfin le grand rendez-vous mondial, mais non sans difficultés. “Nous avons entamé les qualifications d’États-Unis 1994 par une défaite contre le Salvador, lors d’un match très dur où Francisco Uribe et Benjamín Galindo ont subi des blessures assez graves. Mais cette défaite a beaucoup rapproché le groupe et, par la suite, on n’a plus perdu un seul match”.

L’histoire ne s’arrête pas là. “Le match contre le Honduras a été encore pire, se souvient le milieu de terrain. Ç’a été un vrai combat et nous avons même dû changer d’hôtel avant le match. Nous l’avons emporté 4:1, mais nous avons dû patienter quatre heures avant de quitter le terrain et la police a dû intervenir pour nous aider. Cette victoire nous a qualifiés pour la Coupe du Monde et, après, nous avons décroché une deuxième place historique en Copa América. Ce résultat a valu à l’équipe du Mexique de gagner le respect de ses adversaires à l’échelle internationale, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant”.

Et les souvenirs continuent d’affluer :”Je crois que je n’ai jamais joué dans une équipe aussi forte. Ça jouait très bien au football, il y avait de la personnalité et plusieurs grands joueurs… Les gens étaient très proches de cette génération et je crois que l’ambiance n’a plus jamais été la même depuis lors. A la Coupe du Monde 94, nous avons fini en tête de la poule avec l’Italie. Nous avions battus les Italiens et j’étais passé les saluer dans leur vestiaire. On aurait dit des funérailles ! Ils croyaient qu’ils étaient éliminés. Malheureusement, nous avons chuté ensuite aux tirs au but contre la meilleure Bulgarie de tous les temps, dans un match que nous aurions dû gagner beaucoup plus tôt”, regrette-t-il.

Quatre ans plus tard, en s’appuyant sur un García Aspe stellaire, le Mexique a proposé un football spectaculaire lors de France 1998. “Nous nous sommes habitués à réaliser des remontées extraordinaires. Contre la Corée du Sud, on était mené à la mi-temps et on a fini par l’emporter 3:1. Face à la Belgique et aux Pays-Bas, on perdait chaque fois 2:0 et on a réussi à égaliser. Ensuite, le hasard a voulu qu’on tombe contre l’Allemagne. Le sélectionneur (Manuel Lapuente) nous avait dit qu’ils ne pouvaient créer le danger qu’avec des centres et c’est ce qui est arrivé. C’est dommage, parce qu’on avait une belle équipe, un jeu offensif et une condition physique irréprochable”.

Pour en arriver là…

Par la suite, le joueur n’a plus porté le maillot mexicain pendant trois saisons, avant d’être convoqué à la veille d’une rencontre très délicate. “Javier Aguirre nous a appelés à une semaine d’un match crucial contre les États-Unis. En cas de défaite, on ne se qualifiait pas pour la Coupe du Monde 2002. C’était un groupe complètement nouveau, mais on avait réussi à se préparer mentalement et à gagner ce match. Ensuite, en Corée, nous avons été éliminés justement par les Américains et ç’a été très dur à digérer. Je crois que certains joueurs n’étaient pas prêts à affronter notre grand rival et eux ont su en profiter. Ils ont appliqué leur petit système qui leur a donné d’excellents résultats jusqu’à la dernière Gold Cup”.

Aujourd’hui, de par son expérience et son travail de commentateur, García Aspe est la personne idéale pour pronostiquer l’issue du prochain derby du 12 août, qui survient dans des conditions très proches de celles de 2001. “Ça va être très dur. Les États-Unis vont surtout penser à ne pas encaisser de but et à imposer leur tactique. Mais dans le stade Azteca, nous sommes quasiment invincibles. Le stade sera plein à craquer et le Mexique trouvera les moyens de vaincre. En outre, la victoire dans la Gold Cup nous a fait le plus grand bien sur le plan psychologique, ce qui pourrait aussi faire la différence”, estime-t-il.

Enfin, le milieu de terrain évoque ses activités actuelles, après sept années passées loin des terrains. “Quand j’ai raccroché les crampons, je voulais surtout profiter de ma famille. C’est pour ça que je ne me suis pas lancé dans une formation d’entraîneur. Quelques mois plus tard, on m’a invité à une émission télévisée et aujourd’hui je suis ravi de pouvoir en vivre. J’ai également une société de marketing qui marche assez bien. Même si, dans un coin de ma tête, je pense encore à entraîner. Dans quelques années, peut-être…”, conclut-il, avec la franchise qui a caractérisé tout l’entretien

Alberto Garcia Aspe:

Poste : Milieu de terrain

Clubs : Pumas UNAM, Necaxa, River Plate (ARG), América et Puebla

Équipe nationale : 109 matches (21 buts)

Palmarès : quatre championnats du Mexique (1991, 1995, 1996 et 1997), une Gold Cup de la CONCACAF (1996), une Coupe des Confédérations de la FIFA (1999) et trois participations à la Coupe du Monde de la FIFA (1994, 1998 et 2002)

Fifa.com

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