Rugby: les All Blacks, souffre-douleur favoris des Bleus

Publié le 15/06/2009 par " Le Grand Journal "

dusautoir blacks Rugby: les All Blacks, souffre douleur favoris des BleusRugby. La France a remporté (27-22) samedi son premier test match contre la Nouvelle-Zélande.

Et si les Bleus devenaient la bête noire des All Blacks ? Bien que séduisante, la fréquence des défaites néo-zélandaises n’autorise pas encore tout à fait ce genre de formule. N’empêche, en battant (27-22) l’équipe la plus mythique du monde – y compris quand elle n’est pas la meilleure -, samedi, chez elle à Dunedin, le XV de France a sans doute marqué les esprits… et déconcerté un peu plus les observateurs qui la voient réussir des coups d’éclats quand on la croit atone, ou cafouiller dès l’instant qu’on la pressent rassérénée.

Samedi, la copie n’a pour ainsi dire pas comporté la moindre rature. Trois essais de facture très différente (Trinh-Duc qui enfonce quatre adversaires comme s’il avait en face de lui une équipe de Fédérale, Servat en force, Médard en contre) permettant de faire la course en tête, une défense intraitable, à l’instar d’un collectif qui ne cède jamais à la panique – même quand son avantage fond de 17-3 à 17-11 durant la dernière minute de la première mi-temps -, des individualités qu’au terme d’une saison harassante on n’aurait jamais crues encore si fringantes (Médard, Trinh-Duc, Dupuy, Picamoles, Barcella)… Et voilà des All Blacks sans âme défaits à domicile pour la quatrième fois de leur histoire par l’équipe de France (1).

«Vivier». Un record qui, même si l’événement ne survient qu’en moyenne tous les quinze ans, peut cependant laisser des traces. Car, du côté néo-zélandais, on a toujours en travers de la gorge le quart de finale de la Coupe du monde 2007 à Cardiff, quand les Bleus avaient prématurément éliminé l’équipe favorite de la compétition. Alors, d’ici à ce que les feux follets français commencent sérieusement à faire gamberger au pays des moutons.

Certes, personne n’oublie que les Blacks ont joué sans une dizaine de stars – Richie McCaw, Ali Williams, Dan Carter, Rodney So’Oialo ou Richard Kahui… Mais, justement, le fait qu’ils n’aient jamais été en mesure de mettre les Français au pas incite la presse néo-zélandaise à cogiter (déjà). Sur le thème «cette défaite soulève des questions quant à notre capacité à gagner la Coupe à domicile [en 2011, ndlr]», l’édition dominicale du New Zealand Herald extrapole : «La Nouvelle-Zélande possède assurément beaucoup de joueurs de grand talent, mais pas un vivier infini d’individualités de classe mondiale.»

Replaçant le match dans son époque, Steve Hansen, l’entraîneur assistant de Graham Henry, rappelle pour sa part que la «Nouvelle-Zélande a vu de nombreux joueurs traverser les océans». Avant de philosopher : «Compte tenu des moyens actuels, on ne pouvait pas aligner une meilleure équipe. C’est un jeune groupe et, comme tout jeune groupe, il doit aussi se construire dans la douleur.»

Confiance. Côté tricolore, bien sûr, le son de cloche diffère sensiblement, sans que quiconque tombe dans le panneau de la béatitude. Sans prendre la peine de préciser que les Bleus, eux non plus, n’affichaient pas complet (avec plusieurs blessés – Nallet, Parra… – et les Perpignanais et Clermontois ménagés, une semaine après la finale du championnat), le staff tricolore a surtout commencé à se projeter dans le rendez-vous de samedi prochain, à Wellington, où les All Blacks voudront laver l’affront. Charge alors aux hommes de Marc Lièvremont de démontrer – comme ils en ont rarement été capables depuis deux ans – leur faculté à aligner deux performances consécutives de haut niveau sur des bases comparables. Si tel était le cas, là, le capital confiance néo-zélandais risque sérieusement de s’effriter.

(1) Après 1979, 24-19, et le double succès lors de la tournée de 1994, 22-8 et 23-20.

Libération.fr

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