Tour de France: les Français à l’avant de la course
Publié le 21/07/2009 par " Le Grand Journal "
Les coureurs français ont poursuivi mardi leurs belles prestations sur le Tour de France en se montrant à l’avant de la course via les cols du Grand et du Petit Saint-Bernard.
Après les trois victoires d’étapes en première semaine, les Alpes mettent en première ligne Christophe Le Mével, septième du classement général à Bourg-Saint-Maurice, et plusieurs de ses compatriotes qui ont été parmi les grands animateurs de la 16e étape.
Plutôt malchanceux en début de Tour et victime de plusieurs chutes, Amaël Moinard, 15e de son premier Tour de France en 2001, refait surface.
Dimanche, il avait essayé de propulser son leader David Moncoutié vers le maillot à pois sans que ce dernier ait les jambes pour le conquérir. Ce mardi, le Normand a davantage pensé à lui et il n’a pas été loin de la victoire même s’il a dû se contenter de la sixième place.
Après avoir franchi le sommet du col du Petit Saint-Bernard en compagnie de Mikel Astarloza, Jürgen Van den Broeck et Franco Pellizotti, le coureur de Cofidis a porté une attaque à trois kilomètres de l’arrivée.
“Je savais que Pellizotti était trop rapide pour moi, je n’avais que ça à faire”, a-t-il raconté. “Je connaissais le final, j’ai essayé. J’ai été repris, Astarloza a contré et tout le monde s’est arrêté. Je n’ai pas gagné mais je suis super content de passer les Alpes en tête de course.”
CASAR ENCORE DEUXIÈME
Dans le final, son petit groupe a été repris par quatre autres coureurs et Sandy Casar, pour la sixième fois de sa carrière, a pris la deuxième place d’une étape.
“Je suis forcément un peu déçu mais cela n’a rien à voir avec ma deuxième place à Saint-Girons (en début de Tour) ou l’an dernier à Jausiers parce que quand je suis revenu sur la tête, Astarloza avait déjà 100 mètres d’avance et il était trop tard”, a constaté le leader de la Française des Jeux.
“Cela dit, ce n’est pas mal parce que je suis un peu malade depuis l’étape de Colmar. J’avais de la fièvre dimanche, je n’étais pas très bien lundi et donc remonter à la 15e place du classement général dans ces conditions, je ne peux pas me plaindre. Je vais sans doute attaquer encore mais je vais aussi travailler pour Christophe Le Mével pour qu’il conserve cette septième place”, a-t-il ajouté.
Troisième de l’étape, Pierrick Fedrigo ne faisait pas la fine bouche. Tout ce qui vient après sa victoire de Tarbes est du bonus.
“Je ne peux pas avoir de regret puisque je n’ai pas été capable de suivre les meilleurs dans le col du Petit Saint-Bernard. Avec Sandy Casar, nous sommes revenus trop tard sur la tête. C’est quand même dommage parce que l’équipe Bouygues Telecom avait fait un gros travail pour moi, notamment Laurent Lefèvre, Youri Trofimov et Pierre Rolland”, a-t-il dit.
Article du 19 juillet 2009
Avec une précision d’horloger suisse, Alberto Contador a répondu au rendez-vous fixé dans la première étape alpestre du Tour de France, à Verbier, où il a distancé tous ses adversaires et endossé le maillot jaune.
Le match attendu s’est joué en 5.600m. La distance parcourue en tête par Contador, irrésistible dans son démarrage et capable de creuser des écarts déjà significatifs sur cette pente régulière. Derrière son incisif cadet espagnol (26 ans), Lance Armstrong a ressenti le poids des ans. Le septuple vainqueur du Tour a même dû laisser partir ses autres adversaires, qui l’ont distancé à tour de rôle. Sans que celui qui a si longtemps dirigé la course puisse réagir. L’aperçu d’Arcalis, où Contador avait déjà grignoté 21” dans la première arrivée au sommet s’est vérifié. Armstrong n’a pu tenir le rythme de pédalage qui était sa marque de fabrique durant ses années de domination.
Andy Schleck devra attaquer
Au moins la hiérarchie est-elle clarifiée au sein de l’équipe Astana… deux semaines après le départ de Monaco. Même si Armstrong, 2e du classement à 1′37”, n’est pas définitivement hors jeu. Surtout pour une place sur le podium. L’adversaire privilégié reste Andy Schleck, dont l’équipe Saxo Bank a paradoxalement facilité l’entreprise de l’Espagnol en abordant «à bloc» les 8,8km de la montée finale. En agissant ainsi, les coéquipiers des frères Schleck (Voigt, Sörensen, Cancellara) ont démoli le fragile avantage que comptaient les rescapés de l’échappée, parmi lesquels trois Français, Pierrick Fédrigo, Amaël Moinard et David Moncoutié. Ce rythme fou a manqué d’asphyxier le vainqueur du Tour 2008, Carlos Sastre, qui a lâché prise, pour ensuite remonter très, très fort et terminer dans le premier groupe de poursuite (Nibali, F.Schleck, Wiggins). Sur la ligne, Andy Schleck a cédé «seulement» 43”. Le porteur du maillot blanc de meilleur jeune reste tout de même conscient que son retard actuel (2′26”) doit être augmenté d’un débours prévisible dans le contre-la-montre d’Annecy. En d’autres termes, le Luxembourgeois doit provoquer une défaillance de Contador.
La surprise Wiggins
Bradley Wiggins, champion olympique de poursuite, s’est situé au niveau des grimpeurs du Tour en franchissant la ligne dans le groupe réglé par l’espoir italien Vincenzo Nibali (3e), une vingtaine de secondes devant l’Australien Cadel Evans, l’un des perdants du jour. Wiggins a fait beaucoup mieux que son chef de file théorique de l’équipe Garmin, l’Américain Christian Vande Velde (22e), dont l’approche du Tour a été contrariée par une chute. Mais pour le Britannique, désormais 3e du général, la question reste entière: peut-il supporter la répétition des efforts en montagne? Dans cette course de côte, les Français – sept dans les 30 premiers – ont tenu leur rang. A l’image du Lannionnais Christophe LeMével, qui s’est surpassé pour rester dans les dix premiers du général.
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16 juillet 2009 – VITTEL, Vosges – Nicki Sorensen est un travailleur de l’ombre rappelant rarement qu’il est un sacré rouleur, comme il a pu le démontrer jeudi sur les routes du Tour de France.
L’équipier modèle de la formation Saxo Bank s’est imposé en solitaire à Vittel dans la 12e étape.
Au sein de sa cosmopolite équipe danoise, riche dans ce Tour de France de sept nationalités, le manager Bjarne Riis s’attache chaque année à retenir au moins un coureur danois. Souvent, il appelle Nicki Sorensen, solide rouleur de Herning d’où il est également originaire.
Bjarne Riis voit en lui un maillon essentiel à son collectif, l’homme sur qui il peut toujours compter en cas de coup dur et, de temps en temps, pour représenter le maillot en tête de course.
Les deux hommes se connaissent bien, Nicki Sorensen étant le dernier rescapé de l’équipe Home-Jack and Jones reprise avec ses fonds propres par Bjarne Riis en 2000 et baptisée ensuite Team CSC.
Nicki Sorensen avait débuté sa carrière en espérant gagner beaucoup de victoires mais très vite, il s’est rangé à l’appréciation de son patron, se contentant de son statut d’équipier à qui, le soir, le leader dit merci.
“Cette victoire dans le Tour de France, je la garderai toute ma vie”, a-t-il assuré jeudi.
“Gagner une étape, pour moi c’est énorme. Dans cette course que je dispute pour la septième fois, j’ai très rarement eu l’occasion de l’échappée parce que cela dépend toujours de la stratégie de l’équipe. Au cours de cette journée, l’idée que je puisse gagner m’a à peine effleuré l’esprit”, a-t-il poursuivi.
“J’AVAIS ÉTABLI MON PLAN”
“Il faisait très chaud, il y avait dans l’échappée des gars très forts comme Franco Pellizotti et Egoi Martinez. A 40 kilomètres de l’arrivée, je me suis dit que c’était jouable parce que l’équipe Columbia de Cavendish n’avait pas encore entamé la poursuite. Enfin je pouvais penser à moi, travailler pour moi seul.”
A 34 ans, Nicki Sorensen est un “roule-toujours” comme on surnomme ces athlètes qui ne se posent pas de questions quand il s’agit de travailler en tête de peloton.
Avec ses six compagnons d’échappée, il a rapidement fait le tour de la situation. Lui qui gagne peu s’est souvenu de sa victoire dans une étape du Tour d’Espagne 2005 et il a planifié la bonne stratégie pour décrocher le 11e succès de sa carrière.
“J’avais établi mon plan à 25 kilomètres de l’arrivée. Je devais tout donner, le pire aurait été de perdre avec des regrets”, a-t-il expliqué.
“Je devais absolument me défaire de Pellizotti qui va vite au sprint. J’ai donc attaqué à 20 kilomètres de Vittel et je me suis retrouvé avec Calzati que j’ai encouragé pour qu’il collabore. A cinq kilomètres du but, sans bien savoir où se trouvait le reste de l’échappée, j’ai attaqué encore une fois et j’ai gagné. C’était sans doute l’occasion à ne pas laisser passer.”
Félicité par tous les membres de son équipe, Nicki Sorensen a offert au Danemark sa 17e victoire dans le Tour, deux ans après Michael Rasmussen au sommet de l’Aubisque. Il se glissera de nouveau dès vendredi dans la peau d’un équipier modèle.
“Nous avons eu un gros coup dur avec l’abandon sur chute de Kurt-Asle Arvesen il y a deux jours. Je sais ce qui m’attend, le rôle que je vais devoir tenir auprès de mes leaders en montagne mais je suis confiant. Un tel bonheur me donne un gros moral”, a-t-il dit.
Reuters
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