Tour de France – Première victoire française avec Voeckler
Publié le 08/07/2009 par " Le Grand Journal "
Thomas Voeckler (Bouygues Telecom), premier vainqueur d’étape français du Tour 2009 aujourd’hui à Perpignan, a avoué après l’arrivée n’avoir jamais cru que l’échappée dans laquelle il s’était embarqué arriverait au bout.
D’abord, Thomas Voeckler s’est retourné pour se rassurer. A plusieurs reprises. Puis il a pris son temps pour déguster cette première victoire dans le Tour de France. «Quand j’ai compris que c’était bon, je me suis dit ‘Savoure, il y a si longtemps que tu cours après, ça ne va pas se représenter de sitôt», a exulté le coureur de l’équipe Bbox-Bouygues Telecom, quelques minutes après avoir levé les bras sur la ligne après plus de 180 kilomètres d’échappée.
Dans la froide mécanique du Tour de France, la chance sourit rarement aux baroudeurs. Il faut croire que l’histoire de Voeckler avec le Tour est unique. «Il n’est pas comme tout le monde, Thomas! Il est fort, très sain, très pro, il a gagné brillamment, intelligemment. Et il gagne le jour de mes 53 ans», explique Jean-René Bernaudeau. Le directeur sportif de la Bbox-Bouygues Telecom (une équipe dont le sponsor pourrait se retirer à la fin de la saison) n’a pas oublié que le 8 juillet 2004, il y a cinq ans jour pour jour, un certain Voeckler se fasait un nom en endossant un maillot jaune qui n’allait plus quitter ses épaules pendant dix étapes. Depuis cette épopée, Voeckler a beaucoup attaqué et a beaucoup perdu. «C’est vrai qu’en cinq ans, on a pu trouver le temps long, mais j’ai toujours fait quelque chose sur le Tour, j’ai porté le maillot à pois, j’ai été souvent échappé, souvent dans les dix premiers d’une étape», analyse Voeckler qui a joué, mercredi, un sacré tour au peloton.
Un peloton occupé à se faire peur
Car peu d’observateurs auraient mis une pièce sur ce scénario au départ du Cap d’Agde mercredi matin. Deux petites côtes en milieu d’étape, puis 80 kilomètres de plat dans le vent, cette 5e journée de course est encore une fois promise aux équipes de sprinters. C’était sans compter sur la volonté et les mollets de Voeckler, à l’initiative de l’échappée du jour au kilomètre 12 puis à sa conclusion à 5 kilomètres de la ligne. Parti en filou dans un rond-point, le coureur de Jean-René Bernaudeau va à la fois résister aux retours de ses compagnons d’échappée et à celui du peloton qui a passé une partie de l’étape à se faire peur. Ces nombreuses cassures ont sans doute profité à l’échappée qui n’avait pas plus de 50 secondes à 20 kilomètres. «En fait je n’y ai jamais cru aujourd’hui. Avec Hutarovich dans le groupe d’échappés, je savais qu’il était le plus fort au sprint et il avait un équipier. Je me suis dit: si ça va au bout, j’ai perdu. Alors je suis sorti.» Aussi simple que ça.
20 Minutes.fr
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