Le Grand Journal vous amène sur la route de Don Vasco de Quiroga visiter la ville de Patzcuaro, haut lieu de la culture Purépecha et vous invite à poursuivre votre chemin vers la station balnéaire d’Ixtapa. Suivez le guide et vivez une expérience inoubliable entre terres froides du haut Michoacan et terres chaudes et humides du pacifique.
En venant de Mexico DF, de Guadalajara ou les villes de Léon, Guanajuato, Queretaro, vous prendrez l’autoroute qui vous mènera en un clin d’œil vers le village de Patzcuaro se trouvant à 53 km de Morelia, capitale de l’état du Michoacan. L’air y est vivifiant, les soirées sont fraîches pour ne pas dire froides en hiver et les paysages alentours composés de forêts de conifères et de vieux volcans éteints. Des endroits si beaux et si paisibles que l’on peut dire que cette région est l’Eden du Michoacán.
Pátzcuaro est d’un enchantement sans pareil, « le lieux des délices » (traduction du nom en Tarasque). Perché à plus de 2140m, ses magnifiques constructions en brique d’argile et tuiles en font un des villages les plus courus du Mexique, un joyau de l’urbanisme espagnol, avec un plan de ville en damier qui met en valeur, ses « plazas » historiques, ses maisons rouges et blanches caractéristiques, ses bâtiments en pierres non taillées et ses allées de pavés ronds. Toute la ville montre les signes évidents de l’influence des cultures indigènes. C’est ici même qu’André Breton, Léon Trotski et Diego Rivera se sont retrouvés en 1938 pour rédiger le manifeste « Pour un art révolutionnaire indépendant ».
La ville fut fondée vers les années 1320 bien avant l’arrivée des espagnols et fut la capitale du royaume des Tarasques qui la choisirent comme lieu de loisirs pour la noblesse indigène mais également comme lieu d’adoration dans les « cues » (temples). On disait que se trouvait là la porte du ciel par où descendaient et montaient les Dieux, c’est-à-dire l’entrée du paradis.
Évoquer Patzcuaro c’est obligatoirement parler de Don Vasco de Quiroga qui en est le symbole. La place principale porte son nom. Ce juge espagnol ordonné prêtre et nommé évêque le même jour par le vice-roi de la Nouvelle Espagne Mendoza, aura la dure tâche de retrouver la confiance des Indiens révoltés par les mauvais traitements infligés par un certain Nuño de Guzmán qui les persécuta. « Tata Vasco » comme le surnomment les indiens aura pendant 30 ans fait construire des écoles, des hôpitaux et des églises.
Il s’est employé à faire respecter le mode de vie des Indiens et à faire développer dans de nombreux villages, un artisanat et un savoir-faire utile tout en tenant compte de leurs traditions ancestrales. Nous vous conseillons de visiter la basilique de Nuestra Señora de la Salud. Á l’intérieur se trouve la figure de la Vierge de la Santé, patronne de la région. Il s’agit d’une image modelée en pâte de cannes ou tiges de maïs (pasta de caña) qui date du XVIème siècle. Les restes de Don Vasco de Quiroga reposent à cet endroit.
Cet héritage préservé, les purépéchas l’ont transformé en
art. Art plumaire (tableaux à base de plumes), taille de la pierre (cantera rosa), du bois, du fer forgé, techniques de la laque, du « Maqué » aussi qui est une peinture décorative à base de pigments et graisses végétales, tout cela est emblématique de cet artisanat haut de gamme qui comprends aussi le travail du cuivre à Santa Clara del Cobre. Les tissus a base de laine, de coton, les sculptures en cire ou en pâte de cannes de maïs, vous trouverez une multitude de produits et des œuvres décoratives extraordinaires.
Nous vous conseillons de visiter la Casa de los Once Patios (La maison des onze cours). C’est un ex-couvent des religieuses Dominicaines de Sainte Catherine, de 1742. L’ensemble des bâtiments coloniaux qui l’intègrent, a donné l’origine à son nom. Là, on vend une grande variété d´artisanat régional. L’endroit est particulièrement intéressant, car on peut admirer le travail des artisans qui fabriquent à l’aide de métier à tisser des couvertures, des châles. On y voit également la fabrication d’objets en bois et en laque.
Pazcuaro se trouve au bord du lac du même nom dont les pêcheurs sont mondialement connus pour leurs filets en forme d’ailes de papillons. Sur la fameuse île de Janitzio vous apercevrez la « Statue de Moreles » perpétuant le souvenir de cet homme remarquable qui se dévoua pour la cause indienne. Faire le tour du lac sera aussi l’occasion de visiter les nombreux marchés et les ateliers qui jouxtent souvent la route. Nous vous conseillons de prendre la direction de Quiroga en passant par Cucuchucho et Tarerio le long du versant est du lac qui vous mènera a Tzintzuntzán, l’ancienne capitale des Tarasques et qui c’est spécialisée dans le tissage de la paille. Au nord du lac de Patzcuaro se trouve le village de San Jose de Gracia connus pour ses poteries en forme d’ananas recouvertes d’une émaille verte brillante.
Incontournable ! Si vous résidez au Mexique et si avez l’occasion de vous y rendre le weekend de la Toussaint. « El dia de los muertos » est un de ces rituels que l’on perpétue de nos jours au Mexique. La culture de ce pays est à l’image de ses habitants, métissée. Ainsi, ” le jour des morts “, comme tout l’imaginaire mexicain, résulte de l’acculturation entre les croyances des peuples indigènes pré-hispaniques et celles de l’Espagne du XVIème siècle, pour ne plus donner qu’une seule et même coutume mexicaine. Voir article du Grand Journal ICI.
Les familles se rendent dans les cimetières et font des offrandes, mangent, boivent, écoutent de la musique… On dit qu’après la venue des morts, les aliments n’ont plus de goût, on partage alors les offrandes entre la famille et les amis avec qui se termine la fête. L’événement à Patzcuaro est grandiose, la décoration des cimetières splendide et l’ambiance totalement mystique. C’est une approche de la mort et du souvenir des anciens qui est unique au monde et révélatrice de la culture profonde des mexicains aux antipodes du drame que cela peut représenter en Europe.
Ce voyage vous permettra d’une certaine façon de remonter le temps et de vivre une expérience inoubliable. En effet, au même instant, vous pourrez côtoyer un monde pré-hispanique, des indiens purépéchas qui ont encore conservé à la fois leurs coutumes et le modus vivendi de leurs aïeuls mais aussi visiter l’héritage colonial de Don Vasco de Quiroga tout en profitant du confort des infrastructures modernes.
Ceci est unique. Et si le sud du Mexique (Oaxaca, Chiapas) peut parfois s’avérer dur voir un peu « roots », le Michoacan, surtout cette partie là de l’état, très tourné vers le tourisme et par conséquent très sécurisé est tout à fait praticable avec n’importes quel véhicule et à n’importe quel âge. Patzcuaro, pueblo magico, son lac et les villages environnants forment un ensemble culturel époustouflant. C’est le dépaysement assuré à quelques heures d’autoroute seulement des plus grandes villes industrielles du pays. Un voyage à faire absolument!
Alain Figadère - (www.legrandjournal.com.mx)
