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Paris-Expo “les mille rêves de Babylone”

Publié le 02/04/2008 par Le Grand Journal

babylone.jpgAu Louvre c’est ouvert la première exposition jamais organisée sur la ville née il y a cinq mille ans au cÅ“ur de l’actuelle Irak. Une fascinante plongée aux sources de notre culture.

Bienvenue dans la mère, fascinante et effrayante, de toutes les villes. Remontez aux sources les plus anciennes de notre culture. Baignez-vous dans ce Tigre et cet Euphrate, les deux artères nourricières de cette Mésopotamie d’il y a trois mille ans avant notre ère. «C’est là qu’ont puisé les Israélites auteurs de la Bible et les anciens Grecs, créateurs de notre pensée», affirmait Jean Bottéro, grand spécialiste des religions sémitiques anciennes, décédé en décembre dernier.

Au Louvre, une de ses élèves, Béatrice André-Salvini, conservateur général en charge du département des antiquités orientales, lui rend hommage en organisant, avec Sébastien Allard, conservateur au département des peintures, la toute première exposition sur Babylone, son histoire et sa légende.

On peut se demander qui des deux est la plus belle tant l’évocation en 400 Å“uvres d’une grande diversité, issues des collections de treize pays, est grandiose. À l’image du péplum démentiel Intolerance, chef-d’Å“uvre prophétique aux 15 000 figurants (terminé juste avant la Première Guerre mondiale !) de D. W. Griffith dont des extraits figurant la chute de Babylone, bouclent la visite. Entre les évocations artistiques et les vestiges archéologiques, l’exposition tisse des liens.

«Nous prétendons que Babylone est elle-même à l’origine de sa légende. Pour la sacraliser, ses propres chroniques font remonter son origine au temps des héros», résume la commissaire principale. Ainsi, la vaste partie archéologique ménage une grande place aux tablettes d’argile couvertes de cette écriture cunéiforme utile non seulement aux conteurs, mais aussi aux diplomates et aux marchands de jadis de l’Égypte à l’Inde. Elle fut perdue au tout début de notre ère et on ne peut à nouveau la déchiffrer que depuis le siècle dernier.

Les scribes ont littéralement listé leur monde

Les auteurs anonymes, les scribes que l’on voit toujours prosternés, ont raconté leur monde, la vie quotidienne comme le destin, les rêves et les légendes des Babyloniens.

En témoignent par exemple cet extrait d’encyclopédie en 24 volumes ou ce passage minuscule, mais qui en dit tant, car il est antérieur à l’Ancien Testament, sur la déportation des Juifs par Nabuchodonosor II pour la réfection de la tour de Babel. Car cet édifice, qui symbolise plus que tout autre dans notre imaginaire la concorde espérée et la vanité tragique de l’humanité, a bien existé. La confirmation a été apportée lors des premières fouilles scientifiques, menées par les Allemands, à la fin du XIXe siècle.

Si l’on n’a trouvé que ses fondations, en revanche la porte monumentale qui y menait, la porte d’Ishtar, a livré des vestiges grandioses dont quelques fameux panneaux de briques à glaçure, avec dragons et lions sur fond bleu, prêts du Vorderasiatisches Museum de Berlin. Ce lapis-lazuli si frais se retrouve parfois incrusté dans les statuettes. Avec la cornaline rouge n’est-elle pas la couleur des yeux et des dieux ?

La Babylone historique prend fin avec Alexandre le Grand dont le beau visage juvénile prélude à la seconde partie de l’exposition. «Pour son malheur, c’est ce plus grand admirateur de la cité qui a mis fin au palais. Il l’avait démoli pour le reconstruire en plus grand mais la mort l’a arrêté avant, déplore Béatrice André-Salvini. Dès l’Antiquité, il ne reste donc plus rien. Cependant les mythes babyloniens vont prospérer de plus belle, tant dans les manuscrits que dans les tableaux pour symboliser un trop grand orgueil. Déluge, mages, enchanteurs et astrologues «chaldéens?», merveilleux jardins suspendus, rois maudits, orgies, prostitution, possessions ou encore adorations d’idoles : «Babylone ressurgit à chaque période de doute pour exprimer la peur de la perte de sens?», commente Sébastien Allard.

Le Louvre n’évoque pas les Twins Towers du 11 Septembre qui ouvrent ô combien dramatiquement ce IIIe millénaire. Mais l’exposition finit sur une esquisse de 1957 du grand architecte moderne Franck Lloyd Wright. Un rêve inabouti de créer à Bagdad une tour pour Faysal II. Le premier mourut en 1959 tandis que le second était renversé et assassiné. Comme toutes les pièces réunies ici, ce document sonne comme un rappel. Celui de l’effort constant de l’homme de s’élever et de sa prétention, tout aussi constante, de s’y croire parvenu.

Jusqu’au 2 juin dans le hall Napoléon du Louvre. Tél. : 0140205317. www.louvre.fr

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Edito

Bruxelles tarde à valider le plan de recapitalisation des banques françaises, jugé peu compatible avec les règles de la Commission. Paris s'impatiente. Six semaines après avoir présenté son plan de renforcement du capital des six plus grandes banques françaises, la France attendait, hier encore, le feu vert de la Commission européenne. Au-delà d'un excès de zèle régulateur, Bruxelles se retrouve accusée d'entraver la relance que toute l'Europe réclame. L'affaire, qui brouille la complicité entre Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso, ne concerne pas le sauvetage des banques naufragées dans la tempête financière. Mais le soutien financier de 10,5 milliards d'euros que l'État français veut apporter à six banques réputées en bonne santé. Paris les considère comme les chevaux de bataille d'une relance immédiate. Le Trésor veut gonfler leurs fonds propres pour les amener à prêter plus à l'économie, une bouffée d'oxygène essentielle dans une atmosphère de crédit raréfié. C'est là que le bât blesse. Neelie Kroes, la commissaire néerlandaise à la Concurrence, retient sa signature en s'inquiétant des distorsions introduites par ces aides publiques. Bref, elle conteste l'avantage que les enseignes françaises pourraient en retirer face à leurs concurrentes européennes. En pratique, Bruxelles voudrait imposer à toutes les banques aidées - les naufragées comme celles qui restent à flot - de redresser leur bilan, c'est-à-dire de prêter moins en proportion de leurs capitaux propres, fussent-ils renforcés par les deniers de l'État. Les services de Christine Lagarde y voient un contre sens dangereux, au moment précis où les économies européennes plongent dans la récession. «Stupide», «bureaucratique», «tatillon» : les épithètes ont volé ce week-end sur la ligne Paris-Bruxelles. Le plan français prévoit explicitement que les banques aidées devront accroître leurs crédits à l'économie.

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